Champallement

commune française du département de la Nièvre From Wikipedia, the free encyclopedia

Champallement est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Faits en bref Administration, Pays ...
Champallement
Champallement
Le bourg de Champallement.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Clamecy
Intercommunalité Communauté de communes Tannay-Brinon-Corbigny
Maire
Mandat
Michel Soudan
2020-2026
Code postal 58420
Code commune 58052
Démographie
Gentilé Champallementois, Champallementoise
Population
municipale
56 hab. (2023 en évolution de +14,29 % par rapport à 2017)
Densité 6,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 13′ 59″ nord, 3° 29′ 23″ est
Altitude Min. 245 m
Max. 349 m
Superficie 8,07 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Corbigny
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Champallement
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    Ses habitants sont les Champallementois et Champallementoises.

    Géographie

    La commune de Champallement est située en Bourgogne-Franche-Comté. Sa superficie est de 8 070 hectares ; son altitude varie entre 245 et 349 mètres[1].

    La commune est implantée au centre de la Nièvre, à 47 km au nord-est de Nevers (par la route) et à 30 km au sud de Clamecy, son chef-lieu d'arrondissement.

    La voie de communication principale qui permet d'y accéder est la D34.

    Villages, hameaux, lieux-dits, écarts

    Outre le bourg, la commune regroupe quelques hameaux et habitations isolés : Bois de Champagne, Boîte aux Loups, Bouille (la), Bourg des Moulins, Champagne et Chaumes (les)[2].

    Communes limitrophes

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[5] et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement[6]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 910 mm, avec 13,3 jours de précipitations en janvier et 8,1 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Prémery à 13 km à vol d'oiseau[9], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 911,1 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −15,1 °C, atteinte le [Note 1].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Champallement est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle est située hors unité urbaine[13] et hors attraction des villes[14],[15].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (39 %), forêts (34,8 %), terres arables (20 %), eaux continentales[Note 2] (4,3 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Castellum cui vocabulum est Campus Alemannus vers 1060 (Bibliothèque historique de l’Yonne) ; Champalemant (1263), Campus Alemandi (1287) ; Champarlement (1430) ; Champlement (1441), Champallement (1462) ; Cura de Campo Allemandi (1478) et Champt Aleman (1617)[17].

    Comme Brinon-sur-Beuvron, anciennement Brinon-les-Allemands, la commune doit son nom à l’établissement d’une famille nommée ou surnommée Allemand dans la région au Moyen Ȃge, cette famille comme toutes les familles nobles de cette époque est d'origine germanique, ou, du moins, porte un nom germanique. Il peut s'agir d'une famille originaire de la Suisse ou de l'Allemagne du sud[18]. Si la première mention est correcte, on peut avoir affaire à un établissement alaman caractéristique du Bas Empire romain[18] comme les différents Allemagne, Almenêches, etc.

    Histoire

    Antiquité

    Pendant l'Empire romain est créé un vicus sur le site du hameau actuel de Compierre. Cette agglomération gallo-romaine se développe entre le Ier et IVe siècles, sur la voie romaine d'Entrains à Autun.

    Les vestiges d'un fanum octogonal, installé au centre d'une grande esplanade, y ont été trouvés en 1841-1842[19]. À partir de 1961, J.A. Palet travaille sur le fanum[19]. En 1968 il poursuit le dégagement d'un bord du sanctuaire. Côté est, il trouve divers aménagements dont des niches absidiales, des escaliers, des dallages et des sols correspondant à plusieurs périodes, un puits, etc. Les constructions et autres éléments du site ont été remaniés plusieurs fois[20].

    En contrebas de l'esplanade, côté est, était installé un atelier de tailleur d'os découvert en 1972 lors de travaux de restauration. Ce bâtiment, qui semble avoir eu deux étages, mesurait 6,20 m de profondeur et 5,40 m de largeur. Les fouilles y ont mis au jour de nombreux vestiges de l'activité qui y était pratiquée : fragments d'os de bovins bruts ou grossièrement épannelés, fragments taillés ou tournés… L'ensemble de ces pièces permet de suivre les étapes de la transformation du matériau en objet fini[21]. Sur le côté sud de l'atelier se trouve une plate-forme dallée[21], légèrement en surplomb par rapport à la rue longée d'un caniveau qui desservait l'atelier[22].

    Le site a aussi livré de la céramique plombifère, peinte ou peignée et des formes sigillées précoces. Quelques potins trouvés à un niveau situé sous le sol de l'atelier indiquent une occupation du site dès le début du Ier siècle et peut-être même avant. D'après les plus récentes monnaies retrouvées (postérieures à l'existence de l'atelier), le site a été abandonné vers le deuxième quart du IVe siècle[22].

    La route antique traversant du nord au sud le bourg a été retrouvée à cent mètres au sud du fanum. À cet endroit elle est bordée sur 9,50 m par la façade d'une construction rectangulaire, d'usage encore indéterminé en 1974[22].

    Moyen Âge

    Vue sur l'ensemble du village (bourg, château et église) sur son éperon par Alain Magdeleine

    La terre de Champallement, le campus, porte le nom d’un Alaman : de quelqu’un venu de l’est à une date indéterminée. En effet, au IXe siècle, un évêque d’Auxerre, Chrétien (857-860), est dit alaman d’origine et il semble y avoir à cette époque une vague d’implantation germanique, implantation relevée par les traducteurs dans l’introduction des Gesta[23].

    De 966 à 1194, les seigneurs de Champallement portent le titre de « vicomte de Nevers », puis « vicomtes de Champallement ». Cet attachement à leur terre est matérialisé par l’édification d’un « castellum », attesté dès le début du XIe siècle. Dans le village, le vieux donjon existe toujours, il s’agit d’un massif donjon-logis à angles arrondis[23].

    La famille de Champallement a donné notamment trois évêques à Auxerre et à Nevers au XIe siècle[23] :

    Par la suite, Champallement est à la tête d'une châtellenie comportant 16 fiefs.

    Plusieurs seigneurs de Champallement ont été enterrés dans l'église du prieuré clunisien de Saint-Révérien :

    • Robert, dont la dalle funéraire date du XIVe siècle[24] ;
    • Hugues de Lespinasse, mort en 1374, dont la dalle funéraire date du XVIe siècle[25] ;
    • Margueritte de Thianges (femme du précédent), morte en 1413, dont la dalle funéraire date du XVIe siècle[26] ;
    • Odart de Lespinasse (fils des précédents), mort vers 1430[27].

    D'après le pouillé de 1478, le prieur de Saint-Révérien nommait à la cure de Champallement. D'après ce même document, une léproserie dépendant de l'évêché était implantée à Champallement[28].

    Époque moderne

    • En 1624, le château est décrit comme "en ruines"[27] ;
    • En 1679, Philippe Lecomte, cerclier, est condamné à être « pendu à une potence érigée en la ville de Nevers pour vol avec effraction »[29].

    Époque contemporaine

    En 1901, le nombre d'habitants de Champallement, qui compte 85 maisons, s'élève à 221 individus[30].

    La commune compte un curé[31], un instituteur[32], trois cantonniers, un garde-champêtre et un garde particulier. Il n’y a que trois commerçants : un négociant, un marchand forain et une « maîtresse d’hôtel ». Les artisans sont plus nombreux : 4 carriers (dont un « maître carrier »), 2 scieurs de long, 2 charpentiers, 2 couvreurs, 2 couturiers, 2 meuniers, 1 charron, 1 maréchal-ferrant, 1 sabotier, 1 jardinier, 1 charretier, 1 maçon et 1 basse-courier[33]. La catégorie socioprofessionnelle la plus représentée est celle des cultivateurs et agriculteurs (24 individus), suivie par les domestiques (23, dont 18 « domestiques agricoles »), les journaliers (6, dont 4 « journaliers agricoles ») et les fermiers (2). On recense également dans la commune 6 rentiers. Au total, on relève à Champallement 28 professions différentes. On n’y trouve, selon le recensement de 1901, ni médecin ni notaire ni sage-femme. Il y a un étranger, un carrier de nationalité belge.

    Comme dans bon nombre de communes nivernaises, certaines familles du village accueillent un « enfant de l’hospice » : elles sont 5 à Champallement.

    Politique et administration

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    mars 2001 en cours Michel Soudan DVD Exploitant agricole
    Les données manquantes sont à compléter.
    Fermer

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[34]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[35].

    En 2023, la commune comptait 56 habitants[Note 3], en évolution de +14,29 % par rapport à 2017 (Nièvre : −2,78 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    225192226217261280282328325
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    327332245283287278276289236
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    22122221918516613312312889
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
    956155444527554751
    Davantage d’informations - ...
    2021 2023 - - - - - - -
    5256-------
    Fermer
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[36] puis Insee à partir de 2006[37]. |recens-prem=2006 |.)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    Vestiges antiques

    • Compierre : Vestiges d'un vicus (MH) dont le nom antique n'est pas connu, au lieu-dit Compierre. Ce site a été redécouvert entre 1824 et 1843. Cette bourgade gallo-romaine aurait pu accueillir entre 1 000 et 1 500 habitants[38]. Elle comporte :
      • un forum ;
      • un sanctuaire octogonal avec cella intérieure circulaire ;
      • un théâtre gallo-romain, urbain, orienté au nord - nord-ouest, construit au IIIe siècle. Le diamètre de la cavea est de 72 m et sa capacité est de 5 000 places ;
      • des habitations sur caves, ateliers, abondant mobilier.

    Le classement monument historique s'est réalisé en deux temps. D'abord le quartier des Mèges, qui se situe à l'ouest du forum, en 1963, puis le reste en 1989[39],[40]. Le mobilier mis au jour au cours des fouilles est exposé au musée Musée d'Art et d'Histoire Romain-Rolland de Clamecy.

    Église Saint-Eustache

    C'est un édifice à nef romane du XIIe siècle et d'un chœur gothique flamboyant du XVIe siècle à chevet plat, largement remanié au XIXe siècle. Ensemble de mobilier du XIXe siècle, christ, chaire, chemin de croix.

    Château de Champallement

    Façade orientale du château de Champallement par Brigitte Colas

    Il s'agit d'une tour maîtresse ou tour résidence datant du XIIe siècle. C'est un édifice privé.

    Autres lieux

    Camp romain à Champagne-Manoir.

    Notes et références

    Annexes

    Related Articles

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