Charentes
Charente et Charente-Maritime
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Les Charentes constituent un toponyme régional désignant les deux départements de la Charente et de la Charente-Maritime, plus que le nom du fleuve lui-même, dans le Sud-Ouest de la France, plus précisément en Nouvelle-Aquitaine, et dont l'utilisation est largement répandue[2].
- Charente (16)
- Charente-Maritime (17)
La Rochelle (17)
| Charentes Chérentes (Saintongeais) | |
Localisation des Charentes en France | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Statut actuel | Départements : - Charente (16) - Charente-Maritime (17) |
| Préfectures | Angoulême (16) La Rochelle (17) |
| Sous-préfectures | Cognac, Confolens (16) Rochefort, Saintes, Jonzac, Saint-Jean-d'Angély (17) |
| Démographie | |
| Gentilé | Charentais, Charentaise |
| Population | 1 024 962 hab. (2023) |
| Densité | 80 hab./km2 |
| - Charente (16) | 352 683 hab. (2023)[1] |
| - Charente-Maritime (17) | 672 279 hab. (2023)[1] |
| Géographie | |
| Superficie | 12 820 km2 |
| - Charente (16) | 5 956 km2 |
| - Charente-maritime (17) | 6 864 km2 |
| modifier |
|
Les habitants sont les Charentais et Charentaises.
Origine et histoire brève du toponyme Les Charentes
Un toponyme en lien avec le chemin de fer
Il s'agit d'une appellation contemporaine, plus ancienne qu'il n'y paraît, puisque le vocable géographique "les Charentes" remonte dans le courant de la seconde moitié du XIXè siècle avec la réalisation du chemin de fer entre Angoulême et Rochefort où est créé à Saintes, en 1862, le siège de la Compagnie des chemins de fer des Charentes, plus communément connue sous l'appellation Compagnie des Charentes.
L'idée est largement maintenue dans les années d'après-guerre où cette appellation géographique se généralise dès les années 1950 avec la création de la région Poitou-Charentes en 1956.
Ainsi, à partir de la seconde moitié du XIXè siècle, vers la fin du Second Empire, la désignation "les Charentes" fait son apparition assez naturellement grâce au chemin de fer. Cependant, le nom que la Compagnie ferroviaire choisit fut un raccourci commode pour désigner les deux départements charentais qui s'étaient cloisonnés derrière leurs limites départementales pendant la première moitié du XIXè siècle. La création de la voie ferrée en 1867 le long du fleuve Charente a permis de rapprocher les anciennes provinces de l'Angoumois, de la Saintonge et de l'Aunis.
D'ailleurs, le nom a été externalisé au-delà des deux départements charentais par la Gare de Limoges-Montjovis qui s'appelait anciennement Gare des Charentes et dont le vocable est toujours utilisé pour désigner la place de la Gare SNCF de Limoges, la Place des Charentes.
Ce projet de réalisation d'une voie ferrée le long du fleuve s'est appuyé sur des recherches géologiques à la demande des deux départements charentais[3]. Des explorations géologiques ont donc accompagné les différents travaux ferroviaires pour affiner les connaissances de terrain. Ces études du soubassement sédimentaire ont mis en évidence une certaine unité naturelle où "les Charentes sont le pays du calcaire"[4]. Ces assises géologiques ont été confortées plus tard par des observations géographiques dans le tournant des années 1950 dont les travaux du géographe Daniel Faucher dans "La France - Géographie - Tourisme" aux éditions Larousse en 1952[5].
Un vocable qui s'affirme dès les années 1950
Le vocable géographique fut conservé par la suite et trouva un véritable écho à partir des années 1950.
Ainsi l'expression "les Charentes" a contribué à la formation de l'ancienne région de programme Poitou Charentes, créée artificiellement en 1956, pour différencier l'appellation du Poitou, au nord, des anciennes provinces d'Angoumois, Aunis et Saintonge, au sud. Ces trois dernières provinces, unies par une histoire commune liée en grande partie au fleuve et regroupées en deux départements articulés autour du fleuve Charente[6], ont alors reçu l'appellation générique des Charentes, confirmant un concept géographique déjà existant, certes simplifié, mais très éloquent.
Le géographe Louis Papy a appuyé ce concept régional dans son étude géographique Le Midi Atlantique réalisée en 1982. L'appellation s'est également généralisée dans toutes les revues touristiques à l'instar des éditions de voyage Michelin comme le célèbre Guide Vert Poitou Vendée Charentes, ou plus recemment, le Guide Vert Les Charentes[7]. Le tourisme qui occupe une importance croissante dans la vie économique des deux départements charentais a même vu la concrétisation de l'union des deux offices de tourisme départementaux au sein d'un office interdépartemental dénommé Charentes Tourisme[8],[9].
De ce concept en ont découlé naturellement des appellations d'origine, provenant des riches terroirs agricoles des pays charentais, dont deux en particulier se sont illustrés, le beurre et le pineau des Charentes. Ainsi, suite au vaste mouvement régional de la coopération laitière, né à Surgères, le célèbre beurre des Charentes, plus communément connu sous l'appellation beurre Charentes-Poitou, a contribué au renom des Charentes. Il en est de même dans le domaine du vignoble charentais qui, en dehors de la célèbre eau-de-vie de Cognac, a élaboré le pineau des Charentes dont la renommée s'est étendue bien au-delà de la région des pays charentais.
Par ailleurs et un peu à titre anecdotique, dans les bulletins météorologiques, l'appellation "les Charentes" est largement utilisée. S'il s'agit d'établir une ligne de séparation entre le nord et le sud, c'est le fleuve, la Charente, qui sert de limite. Cependant il arrive de temps à autre, que le vocable est erronément employé lorsqu'il est désigné abusivement sous l'expression "les Charentes-Maritimes" par des présentateurs météorologiques[10].
Histoire
Les deux départements charentais ont été formés en 1790 sur la base des anciennes provinces d'Aunis, de Saintonge et d'Angoumois, ainsi que de quelques territoires ôtés au Poitou (Ruffecois, Pays d'Aulnay), à la Marche (Confolentais) et au Périgord.
Administrativement, les Charentes ont fait partie de la région Poitou-Charentes de 1956 à 2016 et en formaient la moitié sud. Depuis 2016, elles sont en Nouvelle-Aquitaine.
Duché d'Aquitaine
Jacquerie des Pitauds
Révolte des Croquants
Géographie
Géologiquement et climatiquement, les Charentes font partie du Bassin aquitain et sont traversées par le fleuve Charente qui sert de trait d'union entre des terroirs très semblables, à l'exception des bordures orientales et méridionales. Elles sont séparées du Poitou au nord par le seuil du Poitou, qui fait communiquer le Bassin aquitain avec le Bassin parisien.
Plusieurs régions naturelles structurent les Charentes sans véritablement les différencier. Celles-ci ont été définies par le géographe Frédéric Zégierman. D'ouest en est : l'Aunis, le Rochefortais, Marennes-Oléron, le Royannais, la Saintonge romane, la Haute Saintonge, le Petit Angoumois, le Cognaçais, le Ruffécois, l'Angoumois, le Montmorélien, le Pays d'Horthe et Tardoire et le Confolentais.
Ces micro-régions présentent généralement une certaine uniformité entre elles, notamment dans l'occupation de leurs terroirs agricoles où la vigne à cognac, notamment, singularise fortement les Charentes.
De plus, le caractère rural de cette région y est largement prédominant avec un habitat dispersé, des fermes isolées ou de petits hameaux. Parmi eux s'individualisent de belles maisons en pierre de taille, avec plusieurs étages, surmontées de toits mansardés en ardoises, et entourées le plus souvent de hauts murs. Ce type d'architecture est également présent dans les centres anciens des petites et moyennes villes et dans celui des bourgs plus ou moins importants, rappelant pour la majorité d'entre eux leur riche passé viticole, sinon leurs anciennes industries jadis prospères, conférant à la région un caractère assez original.
Fleuve Charente

Le bassin versant de la Charente couvre la majeure partie des deux départements charentais et se rattache au vaste bassin hydrographique Adour-Garonne, dont ce dernier couvre à peu près l'ensemble du bassin Aquitain.
Le bassin hydrographique de la Charente occupe la majeure partie des Charentes où le fleuve y joue encore un rôle de liaison. Ce grand bassin fluvial côtoie d'autres bassins qui ont une emprise sur la région des pays charentais, comme celui du cours moyen de la Vienne à l'est, dans les premiers contreforts du Limousin occidental, et qui arrose Confolens, petite cité en pays charentais, ou servent de délimitation géographique comme ceux de la Sèvre niortaise et de son affluent de rive gauche, le Mignon, au nord-ouest, marquant une nette séparation avec la Vendée, portion de l'ancienne province du Poitou, du vaste estuaire de la Gironde au sud-ouest ou encore de la Dronne et de son affluent, la Lizonne, les différenciant nettement du Périgord au sud et au sud-est.
Le fleuve Charente, d'une longueur totale de 381,4 km, prend sa source à Chéronnac dans le département de la Haute-Vienne. Après une incursion vers le nord-ouest, puis le sud, le fleuve traverse la région des Charentes d'Est en Ouest avant de se jeter dans l'Océan Atlantique, face au Pertuis d'Antioche.
Le fleuve a joué un rôle majeur dans l'histoire des pays charentais fixant notamment les principales villes et quelques autres dont, d'amont en aval, se trouvent Ruffec, Angoulême, Châteauneuf-sur-Charente, Jarnac, Cognac, Saintes, Saint-Savinien, Tonnay-Charente, Rochefort et Fouras à l'entrée de son embouchure, sur sa rive droite.
Les principaux affluents du fleuve ont également permis le développement de petites villes et irriguent des territoires assez individualisés.
- Sur la rive droite, deux affluents se distinguent de par leur longueur et leur débit : l'Antenne qui, après avoir drainé Matha, conflue sur le cours moyen de la Charente juste en aval de Cognac, et la Boutonne, qui est son principal affluent, arrose Saint-Jean-d'Angély et mêle ses eaux avec la Charente quelques kilomètres en amont de Tonnay-Charente où commence véritablement l'estuaire du fleuve.
- Sur la rive gauche de la Charente, les affluents sont beaucoup plus nombreux mais de plus modestes dimensions; cependant, les principaux parmi eux sont des tributaires assez importants au fleuve. D'amont en aval affluent la Bonnieure qui rejoint le fleuve à Mansle, celle-ci reçoit sur sa rive gauche la Tardoire, rivière qui draine La Rochefoucauld-en-Angoumois; puis en amont d'Angoulême, la Touvre, qui arrose Ruelle-sur-Touvre et Gond-Pontouvre et qui est la deuxième résurgence de France; le Né, qui arrose Barbezieux-Saint-Hilaire et qui sert de limite administrative entre les deux départements charentais dans son cours aval, et, enfin, la Seugne, qui passe à Jonzac et à Pons, rejoint le fleuve par un delta en amont de Saintes.
Vignoble charentais

Le cœur des Charentes est son vignoble, cultivé pour produire le cognac et le pineau des Charentes, ainsi que les vins Charentais et Atlantique. Cette région viticole est quelquefois incluse dans la plus vaste région des Vignobles et vins du Sud-Ouest.
Les Charentes : une région relativement peuplée en Nouvelle-Aquitaine
Situées dans la partie septentrionale de la Nouvelle Aquitaine, les Charentes sont une région relativement peuplée puisque les deux départements charentais qui les composent rassemblent près de 1 025 000 habitants en 2023 et ont une densité moyenne de 80 hab/km². Ces données démographiques font des Charentes le deuxième espace géographique par sa population en Nouvelle-Aquitaine se situant après le départementvde la Gironde mais devancant nettement les Pyrénées-Atlantiques.
La densité moyenne des Charentes qui est de 80 hab/km² est supérieure à la moyenne régionale qui n'est que de 73 hab/km². Cependant la répartition de la population est assez inégale et laisse entrevoir deux grands foyers de peuplement qui concentrent l'essentiel des habitants et des activites économiques. Il s'agit, en premier lieu, de la zone littorale, y compris les îles, qui s'étend de La Rochelle à Royan, où les densités de population atteignent par endroit plus de 400 hab/km² et, en deuxième lieu, de la vallée moyenne et basse de la Charente, depuis Angoulême jusqu'à Rochefort en passant par Cognac et Saintes; dans cet espace géographique, les densités de population avoisinent par endroit plus de 200 hab/km².
Les principales villes des Charentes sont cependant peu nombreuses, six seulement ont plus de 20 000 habitants avec leurs agglomérations. Il s'agit par ordre de population des agglomérations de La Rochelle, Angoulême, Royan, Rochefort, Saintes et Cognac.
Un réseau assez serré de petites villes est en place depuis longtemps et celles-ci y jouent un rôle notable de relais entre les principales agglomérations et le milieu rural. Dans le département de la Charente, Barbezieux-Saint-Hilaire commande tout le sud-ouest, tandis que Jarnac, Châteauneuf-sur-Charente et Ruffec sont de petits centres actifs dans la vallée de la Charente; La Rochefoucauld-en-Angoumois et Chasseneuil-sur-Bonnieure jouent un rôle de service le long de la voie expresse entre Angoulême et Limoges tandis que Confolens, du fait de son rôle de sous-préfecture, est le principal centre de la Charente Limousine. En Charente-Maritime, Saint-Jean-d'Angély et Surgères sont respectivement les principaux pôles urbains des Vals de Saintonge et de l'Aunis, Marennes et Saujon animent la vallée de la Seudre tandis que Saint-Pierre-d'Oléron est le pôle d'attraction au sein de l'île d'Oléron; enfin, Jonzac et Pons sont les villes principales de la vallée de la Seugne en Haute Saintonge.
Culture
Architecture charentaise
Les deux départements ont une certaine architecture commune, aussi bien en ville (immeubles, toits) qu'à la campagne (fermes, églises romanes)[11], qu'on retrouve dans d'autres endroits du Sud-Ouest, en particulier dans le département voisin de la Gironde.
En revanche, le nord-est du département de la Charente (Charente limousine) offre une architecture différente du reste du département, y compris dans ses matériaux puisqu'on ne trouve plus ici le calcaire très clair qui est omniprésent ailleurs, mais schiste et granit.
- Architecture charentaise
- Vue de La Rochelle
- Immeubles dans le Vieil-Angoulême
- Portail à Balzac
- Maison en pierre calcaire derrière un vignoble à St-Même-les-Carrières.
Dialectes

D'un point de vue linguistique, les Charentes appartiennent en grande partie au domaine des langues d'oïl (saintongeais, appelé patois charentais; partiellement poitevin dans le nord de la Charente et de la Charente-Maritime et l'île de Ré) et en partie à celui des langues d'oc (occitan limousin) dans le tiers est de la Charente.
Toponymie
Sport
- Stade rochelais, club de rugby à XV (fondé en 1898) évoluant en Top 14
- Soyaux Angoulême XV Charente, club de rugby à XV, issu de la fusion du Sporting club d'Angoulême (fondé en 1910) et du RC Soyaux, évoluant en Pro D2
- ASJ Soyaux-Charente, club de football féminin (fondé en 1968), évoluant en D1