Charles Griffiths

footballeur et entraîneur anglais From Wikipedia, the free encyclopedia

Charles Griffiths, né fin 1878 à Oswestry (Angleterre) et mort le 15 mai 1936 à Rugby (Angleterre), est un entraîneur de football anglais.

NomCharles James William Nield Griffiths
Nationalité Britannique
NaissanceFin 1878
Oswestry (Angleterre)
Faits en bref Biographie, Nom ...
Charles Griffiths
Image illustrative de l’article Charles Griffiths
Charles Griffiths en 1933.
Biographie
Nom Charles James William Nield Griffiths
Nationalité Britannique
Nat. sportive Anglais
Naissance Fin 1878
Oswestry (Angleterre)
Décès (à 57 ans)
Rugby (Angleterre)
Taille 1,70 m (5 7)
Poste Attaquant
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1907 Preston North End 0 (0)
1907 Lincoln City 1 (0)
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1911-1912 Bayern Munich
1912-1914 Stuttgarter Kickers
1920 Belgique[1]
1920-1922 Vitesse Arnhem
1922 Be Quick 1887
1922-1923 Union Saint-Gilloise
c. 1923 ? Olympique lillois
1924 France
1924-1925 RC Roubaix
1925-1926 Berchem Sport
1926-1927 Excelsior Tourcoing
1926-1927 Olympique lillois
-1931 ? RC Roubaix
1932-1935 Union Saint-Gilloise
1933 Excelsior AC
1933-1934
1935-1936
Valenciennes-Anzin
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.
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Après une modeste carrière de joueur en Angleterre, au poste d'attaquant, il émigre en Europe continentale et officie comme entraîneur en Allemagne, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en France, parfois dans plusieurs clubs simultanément. Dans un contexte de professionnalisation progressive du football continental, il intervient parfois comme entraineur de l'équipe première à plein-temps, mais aussi parfois sur des courtes durées, comme formateur ou conseiller.

Il remporte le championnat de Belgique avec l'Union saint-gilloise, vraisemblablement en 1923, 1933, 1934 et 1935, en réalisant au passage une série record de 60 matchs sans défaite en championnat. Il remporte également la Coupe de France avec l'Excelsior AC en 1933.

Biographie

Joueur

Charles Griffiths[6] naît dans le dernier trimestre de 1878[7],[8] à Oswestry[9], une ville limitrophe du pays de Galles où on parle gallois.

Griffiths réalise une carrière de footballeur au niveau semi-professionnel, au poste d'attaquant. En 1899, il est suspendu pour avoir participé à des tournois « à six contre six et autres compétitions illégales »[9]. En 1904, il est rapporté que l’attaquant est recruté par Coventry City en provenance de Barnsley, après avoir joué pour Luton Town, St Helens (en) et Oswestry (en)[10]. Il porte ensuite le maillot de Barrow, de Preston North End et dispute en novembre 1907 le seul match professionnel de sa carrière avec Lincoln City, en Football League Second Division[11],[12]. Il termine sa carrière en 1909 à Wrexham AFC, au pays de Galles[9].

S'il n'est pas international comme certaines sources l'affirmeront plus tard, sa carrière lui a permis d'acquérir une certaine réputation dans son comté natal du Shropshire[13].

Entraîneur

Charles Griffiths émigre en Allemagne vers 1909 et travaille apparemment d'abord au Borussia Mönchengladbach. En 1910, il est selon certaines sources l'adjoint de l'Anglais William Townley, de douze ans son ainé, au Karlsruher FV, qui remporte le championnat d'Allemagne[9]. Le Bayern Munich, devancé par le club de Karlsruhe en Allemagne du Sud, approche Griffiths, sur la recommandation du président Angelo Knorr (en). En août 1911, il devient le premier entraîneur embauché à plein-temps par le club[14]. Mais après l’échec en championnat de Bavière, son contrat est résilié en avril 1912. Quelques jours plus tard, il est embauché par Stuttgarter Kickers[9], avec lequel il remporte championnat de Südkreis en 1913 et 1914, et celui d'Allemagne du Sud en 1913. Il doit quitter le pays avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale[9]. Il rentre en Angleterre et s'installe à Rugby[13].

Après guerre, Griffiths revient en Europe continentale. En 1920, il est embauché par la fédération belge pour intégrer le comité de la sélection belge et son staff technique pendant le tournoi olympique à Anvers en 1920, au côté de l’entraîneur belge Raoul Daufresne. À domicile, les Belges dominent successivement l'Espagne, les Pays-Bas et la Tchécoslovaquie, qui abandonne la finale après 39 minutes, et remportent par conséquent la médaille d'or[15],[16].

Il est embauché en octobre 1920 par un club néerlandais, le Vitesse Arnhem, où il reste jusqu'en janvier 1922[17]. Il termine sa première saison à la 4e place du groupe Est, en progrès par rapport aux saisons précédentes, mais la saison suivante se termine sur une 10e place est une relégation en deuxième division. On dit cependant qu'il a porté une attention à la formation de jeunes joueurs, ce qui a permis à ses successeurs de remonter immédiatement la saison suivante. Il dirige ensuite l'équipe de Be Quick, située à Groningue, vraisemblablement pendant le tournoi final de la saison 1921-1922 qui oppose les champions régionaux[18].

En 1922, il trouve un poste à plein-temps à l'Union saint-gilloise, dans la banlieue de Bruxelles, avec laquelle il remporte le championnat de Belgique en 1923. Il en part pour des raisons financières[9]. Vers cette époque, il collabore aussi avec l'Olympique lillois en France. Certaines sources indiquent un passage en 1921, après le titre de Division d'honneur du Nord, d'autres vers 1923, puis plus tard, lors de la saison 1926-1927[19].

En septembre 1923, il est embauché par la Fédération française (FFFA) en vue de préparer la sélection francaise pour le tournoi olympique prévu l'été suivant à Paris[20]. Après une année 1923 où les Français n'ont remporté aucun de leurs six matchs, il dispute début 1924 son premier match de préparation, où la France s'impose face à la Belgique (2-0), mais il perd les deux suivants. Les Bleus commencent le tournoi en battant largement la Lettonie (7-0), mais sont éliminés en quart de finale par le futur vainqueur, l'Uruguay[21], champion d'Amérique du Sud - qui étonne les observateurs par sa supériorité pendant le tournoi[22]. Griffiths quitte la sélection en juin 1924, après six rencontres[23].

En 1924, après son passage sur le banc de l'équipe de France, il est embauché par le Racing Club de Roubaix pour prendre en charge l'entrainement de toutes les équipes, puis pour mettre en place une école de football sur le modèle anglais[24],[25]. Pendant l'automne, il intervient à l'US Quevilly, puis revient en décembre au RC Roubaix, pour une durée de trois mois[26].

En 1925-1926, il entraine Berchem Sport en Belgique[6]. L'équipe impressionne pendant la première partie de saison, jusqu'à ce qu'un conflit éclate entre les deux vedettes de l'équipe et plombe la fin de saison[5].

Il entraîne l'Excelsior Club tourquennois lors de la saison 1926-1927, en même temps que l'Olympique lillois[27],[28],[29]. Griffiths quitte l'Excelsior en 1927 mais poursuit un peu son travail à l'Olympique lillois[30]. La fin de sa collaboration avec le club lillois n'est pas certaine, le premier entraineur n'y étant officiellement appointé qu'en 1931[6]. En 1931, la presse fait état de la décision du RC Roubaix de ne pas renouveler le contrat de son entraineur « Griffiths » à l'issue de la saison[31].

Équipe de l'Excelsior en avril 1933. Griffiths est debout, à gauche.
Équipe de l'Excelsior avant la finale de Coupe de France 1933. Griffiths est debout, à gauche.

En 1932, le professionnalisme est officiellement autorisé en France et un premier championnat professionnel a lieu. Charles Griffiths est l’entraîneur « conseiller » de l'Excelsior AC. Si son équipe ne finit qu'en milieu de tableau en championnat, il la mène à la victoire en Coupe de France[32]... en même temps qu'il entraîne l'Union saint-gilloise, qu'il mène au titre de champion de Belgique[33]. Il remporte donc cette saison-là deux titres dans deux pays différents[34].

Il poursuit son travail avec l'Union saint-gilloise pendant deux autres saisons, pendant lesquels il gagne deux nouveaux titres de champion, en 1933-1934 et 1934-1935. Son équipe réalise au passage entre janvier 1933 et février 1935 une série de 60 matchs consécutifs sans connaître la défaite en championnat, un record en première division toujours d'actualité en Europe, popularisé sous l'appelation « Union 60 »[35].

En 1933, alors qu'il est toujours en poste à l'Union saint-gilloise, Charles Griffiths est recruté par l’Union sportive Valenciennes-Anzin, ambitieux club de deuxième division dont il est le premier entraineur officiellement appointé. La saison suivante il laisse sa place à Raymond Demey, un entraineur français dont il a été l'instructeur à la Fédération. Demey obtient la promotion espérée en première division, puis l'Anglais retrouve le banc la saison suivante. Alors que son équipe pointe au quatrième rang, Griffiths, touché par des ennuis de santé, quitte son poste en cours de saison, en janvier 1936[36].

Travail avec la Fédération française

Photo de groupe d'une trentaine de personnes, de face.
Cours d'entraîneur dirigé par Charles Griffiths, debout au centre en costume sombre, en 1930.

À la fin des années 1920 et au début des années 1930, Griffiths travaille pendant plusieurs années pour la Fédération française, où il est principalement chargé de la formation des entraîneurs, sans lien avec la sélection qui est dirigée par un comité mené par Gaston Barreau[37].

Pendant l'été 1930, il donne ainsi la première formation d’entraîneur de football, en région parisienne[38]. L'expérience est poursuivie les étés suivants[39]. Son apport par rapport aux habitudes en France tient notamment à son attachement à une condition physique permettant de jouer 90 minutes[9], l'attention aux massages et soins médicaux[9], ses exigences en termes d’intensité de l'entraînement physique au quotidien, et la nécessité de développer un esprit collectif, n'hésitant pas à écarter les éléments jouant de façon trop personnelle pour le bien de l'équipe[40]. Mais il est aussi précis et exigeant sur un plan tactique, et déplore le manque de culture tactique de nombreux joueurs[9].

En décembre 1933, il accompagne encore la délégation française à l'occasion d’un match amical contre l'Angleterre[41]. En 1934, il vient en Algérie organiser des formations similaires[42].

Retraite

Après son départ de Valenciennes, Charles Griffiths rentre en Angleterre en février 1936[9], et meurt le 15 mai à l’hôpital de Rugby[43],[36],[44]. Il est alors qualifié dans la presse de « plus grand entraineur britannique ayant opéré en France »[45].

Palmarès

Notes et références

Liens externes

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