Charron-Laycock
marque automobile
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Charron-Laycock est un constructeur anglais d'automobiles créé en 1919 par Davison Dalziel par la fusion des sociétés Charron Limited (anciennement Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) fondée en 1902 par Fernand Charron, Léonce Girardot et Émile Voigt) et W.S. Laycock fondée par William Samuel Laycock.
| Charron-Laycock | |
| Création | 1919 |
|---|---|
| Disparition | 1930 |
| Fondateurs | Davison Dalziel |
| Siège social | Puteaux |
| Directeurs | Fernand Charron |
| Activité | Constructeur automobile |
| Produits | Automobile |
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Produisant environ 300 véhicules par an au début du XXe siècle, elle a parmi ses clients, Charles Ier, Louis Blériot, André Michelin, William Kissam Vanderbilt, Armand Fallières, Octave Mirbeau, Martine de Béhague et James Gordon Bennett junior. Charron-Laycock est considéré comme la Rolls-Royce des petites voitures par le journal The Times en 1921.
Historique
En novembre 1897, Fernand Charron, directeur pour le marché français de la marque cycliste anglaise Humber[1], Léonce Girardot, commerçant en bois des iles[2] et Émile Voigt, rentier fondent une société de réparation et de location de voitures nommée Agence Générale des Automobiles. Cette société à pour but de but la vente, le garage, l'échange, les réparations de toutes les marques d'Automobiles et de motocycles jour et nuit. La société possède son local situé au 2 rue Brunel, au coin de l'avenue de la Grande-Armée. Le local peut contenir de jusqu’à 100 Voitures ou Tricycles[3],[4],[5]. Le 19 décembre 1898 les trois associés organisent des enchères publiques de voitures de toutes marques[6] et en février 1900, ils déménagent au 45 de l'avenue de la Grande-Armée pour la vente de voiture Panhard et Levassor[7] puis mettent en circulation en 1901 le premier van de transport de chevaux de course entre Maisons-Laffitte[8].
Les trois associés font un appel de fonds fin 1901[9] et fondent le 25 février 1902 la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV)[10] qui produit le châssis C. G. V avec les bureaux au 45 de l'avenue de la Grande-Armée[11] et dont la production se fait à Puteaux par 300 ouvriers (les trois associés sont rejoint par Étienne Giraud, metteur au point, transfuge de Panhard & Levassor)[12],[13],[14].
Toujours en février 1902, Émile Voigt se déplace à New York avec deux ingénieurs de la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) pour mettre en marche la fabrication de la nouvelle voiture de la société Rome Locomotive Works[15]. La société fera appel au conducteur Muhlbacher pour la carrosserie[16]. En 1902 toujours, lors du mondial de l'automobile de Paris, l'automitrailleuse Charron modèle 1902 nommée Char Charron de la C.G.V est présentée au public. Ce véhicule est équipé d'un baquet blindé à l'arrière du véhicule, d'une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm[17],[18] et de pneus Michelin[19]. Lors de ce mondial, ce char est présenté à Jean Estienne[19]. En juillet de cette année, l'agent des brevets de la société est félicité par l'United States Patent and Trademark Office pour les différentes inventions que comportent les voitures CGV[20].
La société réalise une production totale d’environ 300 véhicules par an. Les clients de ces automobiles coûteuses sont entre autres Charles Ier, Louis Blériot, André Michelin, William Kissam Vanderbilt, James Gordon Bennett junior[21] et Martine de Béhague[22]. En mars 1903, Émile Voigt emmène en Angleterre un exemplaire de la nouvelle voiture CGV à la demande de l'automobile club anglais[23].
Le comte de Penha-Longa fait la publicité en juin 1903 de la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) en télégraphiant son périple de Paris à Lisbonne sans faire un arrêt[24] et la même année Proctor Smith de la maison Smith et Mabley bat le record du monde du mille avec un canot équipé d'un moteur CGV. Le record est effectué dans le fleuve Hudson[25]. La société Smith et Mabley est une société d'importation d'automobiles européennes comme les C. G. V., Panhard, Renault et Mors. La société américaine a lancé en 1902, une production de sept voitures sous licence de C. G. V., sous la marque American C. G. V. La même année, au concours Reliability Trials de Londres, Hevart Hall remporte la médaille d'argent pour la voiture qui soulève le moins de poussière[26]. En 1903, la marque participe au à l'exposition automobile de Vienne[27].
La société ouvre un garage avenue Gambetta à Nice en 1904[28].
En 1905, son capital est de deux millions de francs et la même année, un moteur Charron-Girardot-Voigt de 100 chevaux équipe le bateau-automobile Le-Camille engagé par Camille du Gast pour la coupe de la méditerranée Alger-Toulon[29]. Toujours en 1905, lors de la Guerre russo-japonaise l'armée russe passe commande de 12 chars Charron et 6 automitrailleuse Charron[30],[31]. Lors du transfert vers la Russie, deux véhicules disparaissent en Allemagne et l’ambassade russe fait le nécessaire pour reprendre les véhicules[31]. En avril 1905, au meeting de Monaco, le marquis de Jessé remporte la Coupe Alexandre Burton disputée à Cannes avec un moteur C.G.V[32]. En mai de cette année, en l'honneur d'Alphonse XIII, la marque C.G.V fait partie d'un défilé de voiture au bois de Boulogne[33].
La société participe en mars 1906 au salon automobile d'Amsterdam[34] et en juin des rumeurs font part du départ de Léonce Girardot du groupe C.G.V pour fonder une société d'automobile. La société C.G.V dément ces rumeurs par un communiqué[35]. La même année, un moteur Charron-Girardot-Voigt de 100 chevaux équipe le bateau-automobile L'Apache de la société Jessé et compagnie[36].
Au , la société des Automobiles Charron-Girardot-Voigt est en liquidation[37] avec Fernand Charron désigné comme liquidateur[38] pour être reprise par Davison Dalziel qui change le nom commercial pour Charron Limited et dont le siège social est basé à Londres au 32 Old Jewry, à Londres[39]. Fernand Charron reste directeur général jusqu'en 1908. Louis Delâge est directeur de fabrication en 1912[40].
Le 27 juillet 1907, les actions de la société des Automobiles Charron-Girardot-Voigt cessent de figurer sur la cote du marché en banque[41].
On trouve une agence Charron Expédition avenue des Champs-Élysées en 1908[42].
En 1914, juste après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, une automitrailleuse Charron de l'usine de Courbevoie est réquisitionnée par l'armée française[31].
En 1919, Davison Dalziel devient président de l'entreprise W.S. Laycock Limited à la suite du décès du président William Samuel Laycock en 1916. Charron Limited et W.S. Laycock fusionnent pour donner la société Charron-Laycock[43]. Le premier model de la Charron-Laycock est du au designer William Francis Bennet Milward.
L'entreprise rencontre des difficultés financières et est placée en redressement judiciaire en décembre 1920. Malgré la poursuite de la production, les dirigeants voient un risque potentiel.
En 1921, W. S. Laycock fabrique le châssis de cette voiture, considérée comme la Rolls-Royce des petites voitures[44]. La demande dépasse l'offre. Les constructeurs ont su tirer parti de l'expérience des constructeurs français car elle intègre les meilleurs éléments du design anglais et français[44].
En 1925, les droits sur la société Charron-Laycock sont vendus à la société Birmingham Railway Carriage & Wagon Company, tandis que les pièces détachées sont reprises par la société Gower & Ixe, qui devient le nouveau constructeur. Cependant, la production diminue et bien que la Charron-Laycock est citée dans certains guides automobiles jusqu'en 1928, la production a cessé depuis 1926. On estime qu'environ 500 exemplaires sont produits, dont seulement trois auraient survécu jusqu'à nos jours. L'année 1930 est donc la dernière année de production de la marque Charron-Laycock[43].
Identité visuelle
Les modèles
Le premier modèle appelé modèle 1903 sortie fin 1902, possède quatre cylindres de trois litres utilise une transmission à chaîne[45]. Dès 1903, la société propose l'une des premières voitures avec moteur à huit cylindres en ligne de 7,2 litres. Il faut attendre 1906 pour l'implantation d'un arbre de transmission.
En 1907, cinq moteurs différents ont été proposés, le moteur à quatre cylindres (14 HP de 3402 cm³ avec un alésage de 95 mm et une course de 120 mm), le moteur à quatre cylindres (20 HP de 4942 cm³ avec un alésage de 110 mm et une course de 130 mm), le moteur à quatre cylindres (30 HP de 6786 cm³ avec un alésage de 130 mm et une course de 150 mm), le moteur à quatre cylindres (50 HP de 9852 cm³ avec un alésage de 140 mm et une course de 160 mm.) et le moteur quatre cylindres (75 HP de 12868 cm³ avec un alésage de 160 mm et une course de 160 mm)[46].
En 1906, une Charron 30CV devient la voiture d'Armand Fallières, président de la République française.
Le modèle "10 HP" de 1913 est équipé d'une boîte à trois vitesses, de freins sur les roues arrière, de deux essieux rigides suspendus sur ressorts elliptiques. Le moteur à quatre cylindres en ligne de 1,6 l de cylindrée est équipé de soupapes latérales.
En 1914, la marque présente un petit modèle 6 CV d'un litre de cylindrée. Grâce aux achats de l'armée, Charron Limited traverse la Grande Guerre.
En 1919, la gamme s'élargit à sept modèles, mais rapidement le succès n'est plus au rendez-vous et la gamme se réduit à trois modèles l'année suivante. En 1925, il ne reste que la 12/14 CV à moteur à six cylindres de 2,7 litres.
Innovations
Une des originalités du constructeur a été d'élaborer les premiers véhicules armés et blindés destinés à l'armée française, dès 1902. Réalisée à partir d'une voiture de 50 ch, l'automitrailleuse Charron modèle 1906 est armée d'une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm, montée sur une tourelle circulaire. Il présente comme innovations, le démarrage du moteur de l'intérieur du véhicule et des pneumatiques permettant 10 minutes de roulage après perforation par balle.
Brevets
- 1900 : brevet pour un réservoir d'essence formant caisse[47].
- 1901 : brevet pour un système perfectionné de régulation pour moteurs à pétrole[48].
- 1901 : brevet pour des freins à sabot interne agissant dans les deux sens[49].
- 1901 : brevet pour un réservoir d'essence à jaugeage automatique[49].
- 1901 : brevet pour un carburateur à enveloppe d’eau chaude pour moteurs à pétrole[50].
- 1901 : brevet pour le perfectionnements dans la construction des moteurs à pétrole et à gaz[51].
- 1903 : brevet avec dispositif pour éviter l'éclatement des pneumatiques[52].
- 1904 : brevet pour un embrayage[53].
- 1904 : brevet pour un encliquetage pour embrayage d'automobiles[53].
Récompenses
- 1902 : Médaille d'or au concours d'élégance au salon de l'automobile de Paris — Médaille d'argent au concours de décoration de stands, au salon de l'automobile de Paris[54].
- 1903 : Prix de la voiture la plus confortable au salon du tourisme de Touraine[55] — Médaille d'argent pour la voiture qui soulève le moins de poussière, au concours Reliability Trials de Londres[26].
- 1906 : Médaille de bronze au concours d'élégance au salon de l'automobile de Paris[56] — Médaille de vermeil au concours de décoration de stands au salon de l'automobile de Paris[57].
Littérature
En 1907, l'écrivain Octave Mirbeau (1848-1917) a dédié « à Monsieur Fernand Charron » La 628-E8, un récit de voyages à travers la France, la Belgique, la Hollande et l'Allemagne, qui doit son titre au numéro d'immatriculation de l'automobile achetée à ce constructeur, dont il fait un vif éloge.
Galerie
- Charron, Girardot & Voigt 15 HP (1902).
- Char Charron (1905).
- Voiture Charron Limited.
- Avant de la voiture Charron Limited.
- Charron 15 HP (1919).
- C.G.V. (moteur à huit cylindres en ligne de 7,2 litres) 1903.
- Charron- Laycock (1922).
- Voiture Charron (1903)
- Voiture Charron Limited utilisé par la SPCA (1917)
