Prionailurus
genre de mammifères
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Chats-léopards (Lato sensu)
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Super-classe | Tetrapoda |
| Classe | Mammalia |
| Cohorte | Placentalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Famille | Felidae |
| Sous-famille | Felinae |
- Ailurin P. Gervais, 1855[2]
- Ictailurus Severtzov, 1858[3]
- Zibethailurus Severtzov, 1858[4]
- Viverriceps J. E. Gray, 1867[5]
- Ailurogale Fitzinger, 1869[6]
- Aelurina Gill, 1871[7],[note 1]
- Plethaelurus Cope, 1882[8]
- Ailurina Trouessart, 1885[note 1],[9]
- Priononfelis M. Kretzoi, 1929[10]
- Mayailurus Imaizumi, 1967
Prionailurus est un genre de mammifère carnivore de la famille des félins, dans la sous-famille des félinés. Ce groupe comprend les Chats-léopards au sens large. On les trouvent principalement en Asie du Sud-Est[11].
Les forêts constituent leur habitat de prédilection ; ils se nourrissent de petits mammifères, de reptiles et d’oiseaux, et occasionnellement d’animaux aquatiques[12]. Plusieurs de ces félins ont la particularité d'être adaptés au milieu aquatique et d'avoir des griffes seulement partiellement rétractiles.
Taxonomie
Le genre Prionailurus a été proposé pour la première fois par l’explorateur et naturaliste russe Nikolai Severtzov en 1858 comme nom générique pour un seul félidé présent en Asie tropicale, à savoir Felis pardachrous décrit par Brian Houghton Hodgson : le chat du Bengale. Comme variétés, Severtzov mentionne Felis nipalensis décrit par Thomas Horsfield et Nicholas Aylward Vigors, Leopardus Elliotti, Leopardus Horsfieldi et Leopardus chinensis décrits par John Edward Gray, ainsi que Felis bengalensis décrit par Anselme Gaëtan Desmarest[13].
Le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock a reconnu la classification taxonomique de Prionailurus en 1917. En 1939, il a décrit le genre à partir de peaux et de crânes, qu’il a comparés à ceux du genre Felis. Les espèces du genre Prionailurus présentent un pelage tacheté, les marques étant souvent lancéolées, parfois en forme de rosette, et tendant parfois à se rejoindre en chaînes longitudinales, mais ne fusionnant jamais pour former des rayures verticales comme chez Felis. Les crânes des Prionailurus sont plus bas et moins bombés que ceux des Felis ; la partie faciale est plus courte que la partie crânienne, et la base de l’orbite est plus longue. Les os nasaux ne sont pas relevés au-dessus des narines antérieures, et la chambre externe de la bulle auditive est beaucoup plus petite que la chambre interne. Pocock a classé le chat du Bengale, le chat rubigineux et le chat viverrin comme appartenant au genre Prionailurus[14].
Le chat d’Iriomote (P. bengalensis iriomotensis) a été proposé comme espèce distincte sur la base de la morphologie, mais fut à la suite analyses génétiques considérée comme une sous-espèce de P. bengalensis[15], mais aujourd’hui considéré comme une population de P. b. euptilura depuis une réévaluation en 2017[16].
Les analyses moléculaires des populations de chats léopards indiquent une distinction nette entre les populations septentrionales de Tsushima, de Corée, de Sibérie, de Chine et de Taïwan, et celles d’Asie du Sud-Est. Si ces différences génétiques reflètent une divergence spécifique, P. b. euptilura pourrait constituer une espèce valide[17].
La classification de Prionailurus proposée par Pocock a été largement acceptée, et cinq espèces sont désormais reconnues[18].
Liste des espèces
Espèces actuelles
| Nom binominal, vernaculaire et auteur | Répartition | Description | Statut UICN |
|---|---|---|---|
| Prionailurus bengalensis Chat du Bengale (Kerr, 1792) |
Asie du Sud, du Sud-Est et de l’Est continentale |
Petit félin tacheté de taille comparable à celle d’un chat domestique, au pelage doré à brun clair marqué de taches sombres. Espèce très adaptable, occupant divers habitats forestiers et agricoles. | |
| Prionailurus javanensis Chat de Java (Desmarest, 1816) |
Îles de la Sonde (Java, Bali, Bornéo, Sumatra) et Philippines |
Proche du chat léopard continental, mais généralement plus petit, au pelage plus sombre. Espèce insulaire occupant principalement les forêts tropicales et les zones marécageuses. | |
| Prionailurus planiceps Chat à tête plate Vigors & Horsfield, 1827 |
Péninsule Malaise, Sumatra et Bornéo |
Petit chat aquatique reconnaissable à sa tête allongée et aplatie, à ses yeux rapprochés et à son museau étroit. Étroitement associé aux zones humides et rivières. | |
| Prionailurus viverrinus Chat viverrin (Bennett, 1833) |
Asie du Sud et du Sud-Est |
Félin robuste et trapu, à la tête large et au pelage tacheté. Excellente nageuse, cette espèce chasse poissons et amphibiens dans les zones marécageuses et les mangroves. | |
| Prionailurus rubiginosus Chat rubigineux (I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831) |
Népal, Inde et Sri Lanka |
L’un des plus petits félins du monde. Pelage gris brun parsemé de petites taches rousses. Espèce discrète et principalement nocturne, vivant dans les forêts sèches et les zones rocheuses. |
Espèces fossile
| Nom binominal, vernaculaire et auteur | Répartition | Description | Statut |
|---|---|---|---|
| Prionailurus kurteni (Jiangzuo et al., 2024) |
Province de l’Anhui, Chine | Espèce fossile décrite à partir de restes découverts dans le Pléistocène de l’est de la Chine. Présente des caractères proches du chat du Bengale (P. bengalensis)[21]. | Espèce fossile † |
Phylogénie
Les analyses phylogénétiques de l’ADN nucléaire effectuées à partir d’échantillons tissulaires provenant de toutes les espèces de félidés ont montré que la radiation évolutive des Félidés a débuté en Asie au cours du Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d’années[11],[22].
L’analyse de l’ADN mitochondrial de l’ensemble des espèces de Félidés indique une radiation survenue il y a environ 16,76 à 6,46 millions d’années[23].
Les deux modèles s’accordent pour considérer que le chat rougeâtre (Prionailurus rubiginosus) fut le premier représentant du lignage Prionailurus à diverger génétiquement, suivi du chat à tête plate puis du chat viverrin[11],[23]. La divergence avec le chat du Bengale est estimée entre 4,31 à 1,74 millions d’années[11] et 4,25 à 0,02 millions d’années[23].
Le cladogramme suivant illustre leurs relations phylogénétiques d’après l’analyse de l’ADN nucléaire[11],[22] :
| Pantherinae |
| |||||||||||||||||||||||||||
| Felinae |
| |||||||||||||||||||||||||||
