Châtelineau

section de Châtelet, Wallonie (Belgique) From Wikipedia, the free encyclopedia

Châtelineau (en wallon Tcheslinea) est une section de la ville belge de Châtelet située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Ses habitants sont appelés les Castellinois.

Faits en bref Administration, Pays ...
Châtelineau
Châtelineau
Vestiges du puits no 10 du charbonnage du Gouffre.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Charleroi
Commune Châtelet
Code postal 6200
Code INS 52012B
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Castellinois(e)
Population 16 910 hab. (1/1/2025)
Densité 2 210 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 24′ 55,19″ nord, 4° 31′ 11,5″ est
Superficie 765 ha = 7,65 km2
Localisation
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Châtelineau
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    Panorama de la ville de Châtelet, Châtelineau se trouve à l'arrière plan derrière l'église Saints-Pierre-et-Paul.

    Au XIXe siècle, la localité s’est transformée en cité industrielle avec l’ouverture de nombreux puits de charbon et la création d’ateliers métallurgiques. Aujourd'hui, Châtelineau est devenue une localité résidentielle et commerciale qui accueille deux centres commerciaux : Shopping Cora et Frunpark. Sur le plan industriel, Châtelineau accueille la société sidérurgique Aperam Stainless Belgium.

    Étymologie

    Le diminutif de castellum est Castellinum qui signifie château en latin. En 1079 est déjà question du château de Chestelineal, jugé petit en comparaison avec celui de Chastelin qui signifie Châtelet qui est situé sur l'autre rive de la Sambre[1].

    Le terme de Chestelineal est trouvé en 1247, qui devient Kaisteliniel en 1265, Castellinal en 1292, Chastelinial en 1219, Chasteliniels en 1343. En 1380 et 1417, l'ancienne forme Chestelineal réaparaît et une lettre qui change donne Chestelinial en 1436 et 1466. Le nom Chastelineau apparaît en 1444 et se retrouve en 1468, 1481, 1545, 1556, 1559, 1580, 1591, 1618, 1626, 1629, 1632, 1679, 1680, 1682, 1698[1].

    La forme la plus employée, dont sera remplacé par un accent circonflexe pour donner Châtelineau en 1713, 1737, 1768, 1780, 1781 et plus tard. En 1733 et 1755 on trouve Chattelineau et Chatelineau (sans accent) en 1757, mais ces formes sont incorrectes[1].

    On connaîtra entretemps ce nom : Chastelinia, en 1470 : Chastelinea, en 1481, 1500, 1514, 1527, formes proches du nom wallon Tcheslinia que porte actuellement la localité. On a aussi en 1685 Castellineaux[1].

    Géographie

    Géologie

    La couche arable a une profondeur moyenne de 50 centimètres environ. Le sol est généralement argileux. Par endroits, il est sablonneux ou schisteux. On voit de ces affleurements schisteux. Le sous-sol est généralement houiller. Les veines de houille sont intercalées entre des couches de grès et de schistes. Ces roches des bords de la Sambre, ainsi que celles des rives de la Meuse, datent de l'ère primaire[2].

    Limites

    Châtelineau est entourée par Fleurus, Farciennes, Pironchamps, la Sambre qui sépare de Pont-de-Loup et de Châtelet, Montignies-sur-Sambre et Gilly[3].

    Enclave

    Une enclave de Châtelet située sur la rive gauche de la Sambre où s'élevait les Laminoirs de Châtelet, rappelle l'ancien tracé de la rivière, qui a été rectifiée pour facilité la navigation et pour empêcher les inondations[3].

    Morphologie urbaine

    Quartiers, lieux-dits et cités

    Quartiers

    Châtelineau possède plusieurs quartiers :

    • Taillis-Pré se situe entre Fleurus et Gilly ;
    • La Vallée, dont une rue porte le nom. Cette rue a été aménage dans la vallée du ruisseau de Soleilmont[4];
    • Châtelineau-centre ;
    • Corbeau se situe aux confins de Gilly et de Montignies-sur-Sambre. Il apparait dans les archives de Châtelineau pour la première fois en 1711[5].
    Lieux-dits et autres quartiers
    • Au Calvaire, situé au centre de la localité, nom donné au calvaire qui se situe près du cimetière de Châtelineau-Centre.
    • Au no 8, situé à la limite avec Pironchamps, le nom vient d'un ancien puits de charbonnage de la concession du Gouffre.
    • Campagne des Marchands, il se situe au sud de la rue de Gilly et la rue de Montigny.
    • Chant des Oiseaux, sur les hauteurs de la localité.
    • Dessus l'Etang, situé entre le quartier du Corbeau et le quartier des Haies, à proximité du R3.
    • Grand Trieu, situé et à la limite avec Pironchamps, au nord de la route de la Basse-Sambre.
    • La Chambre, situé au sud, à l'entrée de Châtelet après le ring sur l'ancien lit de la Sambre. Le mot « chambre » signifie d'ailleurs brasserie[6]. Ce quartier formait autrefois une île entre le lit naturel de la Sambre et le canal de dérivation[7] et à la suite des travaux de normalisation de la Sambre en 1965 ont modifié la topographie des lieux[8].
    • La Floche, quartier situé au sud de la route de la Basse-Sambre (nationale 90), dont un cimetière porte le nom.
    • Les Hayettes se trouvent près de la place Wilson. C’est le diminutif du mot haies[9].
    • Les Six-Bras, nom donné au carrefour des rues Maréchal Foch, chaussée de Gilly, rue du Chemin de fer et rue du Général Leman, situé entre la gare et la place d'Arenberg.
    • Les Haies, à l’ouest de l’axe de la rue Culot Reine[10], est un quartier situé entre celui de la Floche et près de la cité Edmond Leburton.
    • Les Mottards, lieu-dit situé dans le quartier du Corbeau dont une rue porte le nom.
    • Le Faleau, quartier situé entre la rue Wilmart et la Sambre. Un brasserie qui a été fondée en 1860 et fermée en 1961[11] porta son nom.
    • Les Pays-Bas[12][13], quartier situé au sud de la rue de Montigny, dont le nom fut donné au puits no 8 des charbonnages du Trieu-Kaisin.
    • Les Masuirs, lieu-dit situé entre la rue du même nom et la rue de Brabant. Un bois existait à cet endroit nommé bois des Masuirs[3] et à l'époque bois de Flichée maintenant défriché[14].
    • Les Masuages, lieu-dit situé entre la chaussée de Fleurus et la rue du Sart-Allet.
    • Les Campagnes, lieu-dit situé au nord de la national 90 et à proximité du quartier du Grand Trieux.
    • Sart du Fayt, situé à la limite de Gilly, entre le cimetière de la Floche et le R3, est le nom donné à un bois qui a été défriché[15].
    Cités et résidences
    Vue vers la cité Leburton.

    Châtelineau possède plusieurs cités et résidences d'habitations : cité des Frères Réunis, cité Louis Van Laere, cité Louis Dumont, Cité « Les Crocus », Cité Edmond Leburton, Cité des Corvées, Résidence Bel Air, Quartier du Grand Trieu et Résidence Les Mimosas.

    Terrils

    • Terril no 7[Note 1].
    • Terril no 8, dit des Pays-Bas[Note 2].
    • Terril Sébastopol, accolé au terril des Pays-Bas[Note 3].

    Hydrographie

    La Sambre sur la rive gauche à Châtelineau.

    Ruisseau de Soleilmont, il prend sa source au Wainage, à Farciennes. Il a trois affluents :

    • le Taillis-Pré prend naissance à la ferme de Fontenelle, au Wainage, à 179 m d'altitude. Avant son confluent, ce ruisselet marque la limite sur 1 200 m entre Fleurus et Farciennes ;
    • le Bois-du-Roi commence entre la ferme d'Appaumée, à Heppignies, et la gare de Vieux-Campinaire, à 175 m d'altitude. Il sépare Fleurus d'Heppignies sur 1 600 m, de Ransart sur 825 m et de Gilly sur 700 m ;
    • le Sart-Culpart prend sa source près de la gare du Sart-Allet.

    Le ruisseau de Soleilmont atteint parfois une profondeur de 50 centimètres et une largeur moyenne de 1,50 m. Il sépare Châtelineau de Fleurus sur 1 300 m jusqu'à l'abbaye de Soleilmont. Autrefois, il alimentait l'étang et le moulin à eau de l'abbaye. Ensuite, il traverse Gilly, entre à Châtelineau près de l'ancienne oseraie à 110 m d'altitude, et alimentait un étang d'un hectare comblé en 1924 et se jette dans la Sambre après un trajet total de 6 800 m[16]. On y trouve également le ruisseau de Gomainrou.

    Géographie paroissiale

    Saint-Barthélemy, paroisse de Châtelineau, paroisse Saint-Antoine (Taillis-Pré), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy en 1876 et érigée en paroisse en 1899, paroisse Sainte-Marie (Corbeau), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy et devenue paroisse vers 1911 (désacralisée), Chapellerie Notre-Dame de Grâce (Pays-Bas), dépendante de la paroisse Saint-Barthélemy en 1955, Chapellerie de l'Enfant Jésus de Prague (La Floche), rattachée à la paroisse Saint-Barthélemy en 1945 (désacralisée)[17].

    Évolution démographique

    • Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

    Histoire

    Antiquité

    À l'arrivée de Jules César, le territoire des Aduatiques englobait les cantons actuels de Châtelet, Charleroi, Gosselies et une grande partie du canton de Seneffe. Les Nerviens se trouvaient à l'ouest d'une ligne passant par Nivelles, le Piéton, la Sambre, le ruisseau de la Hantes, ainsi que le sud de Philippeville et de Dinant[18].

    Moyen-âge

    L'origine de Châtelineau, comme celle de la plupart des communes, reste inconnue. Aux premières traces que l'on peut retrouver, ce n'était qu'un simple hameau dont la seule particularité notable était son « Castellum in aquis », ou château dans l'eau, d'où il tirerait son nom selon l'opinion générale[19]. Le château, démoli entre 1794 et 1796 sur ordre de la duchesse d'Arenberg, se trouvait dans un quadrilatère délimité par les rues Maréchal Foch, la Place d'Arenberg, la rue de l'Yser et une partie des voies de réception et de sortie de la gare SNCB[20].

    À l'origine, la majorité des habitations étaient principalement situées à proximité de l'église, probablement construite par les premiers habitants pour être accessible au plus grand nombre. Un autre facteur qui a poussé les colons à installer leurs cabanes à cet endroit était la protection offerte par le château fort, qui dominait la vallée de la Sambre jusqu'à la Révolution française. À cette époque d'incertitude, où la force brute était quasiment la seule autorité reconnue, les manants se réfugiaient rapidement derrière les murs protecteurs du château, emportant avec eux leurs biens les plus précieux[21].

    Depuis longtemps, Châtelineau et seize autres seigneuries des environs étaient revendiqués par le prince-évêque de Liège et par le comte de Namur. Celui-ci prétendait posséder les seigneuries de la rive gauche de la Sambre. En 1375, le Pape trancha le différend et accorda Châtelineau au comte de Namur[22], mais Farciennes, Montigny-sur-Sambre, la ville basse de Charleroi et Jumet, sauf Heigne, furent attribués au prince-évêque. La décision du Pape fut ratifiée le par Guillaume Ier, comte de Namur, et par Jean d'Arkel, prince évêque de Liège. Les limites ainsi fixées subsistèrent jusqu'en 1793[23].

    Parmi les familles seigneuriales figurent : Chestelinaeal (XIIIe siècle), Glimes (XIVe siècle), Du Bois (XVe siècle), Mérode (XVIe – XVIIIe siècles), De Gand dit le Vilain (XVIe – XVIIe siècles), et Arenberg (XVIIIe siècle). Le seigneur de Châtelineau possédait un château, des terres, des prés, des sources, des brasseries, des moulins, des rentes, une cour de justice ainsi que tous les droits seigneuriaux, tels que la taille, les corvées, les cens et divers autres droits et redevances[24]. Le comté de Namur comptait neuf bailliages. Celui de Fleurus regroupait Fleurus, Baulet (sans Wanfercée), Boignée, Brye, Chassart, Lambusart, Saint-Amand, l’abbaye de Soleilmont, Wagnelée, Wangenies et Châtelineau[25].

    L'abbaye de Soleilmont

    Vue sur l'ancienne abbaye de Soleilmont, avant l'incendie de 1963[26].

    Selon la tradition, bien qu’aucun document ne l’atteste, la fondation de l’abbaye de Soleilmont remonterait au XIe siècle[27]. La première mention de l’abbaye remonte à mai 1237, lorsqu’elle est intégrée à l’ordre de Cîteaux[28] et placée sous le contrôle spirituel de l’abbaye d’Aulne. Deux ans plus tard, le pape Grégoire IX la place sous sa protection, un privilège précieux à une époque où l’arbitraire des grands seigneurs dominait[27].

    Cependant, la discipline des moniales de Soleilmont se relâcha, et au XVe siècle, Marie de Senzeilles, de l’abbaye de Marche-les-Dames, vint y rétablir l’ordre. Soleilmont retrouva l’ancienne règle de Saint-Benoît et devint ensuite un centre de réforme pour d’autres couvents des environs[27]. Les XVIe et XVIIe siècles, marqués par de rares instants de paix, furent une époque où les Pays-Bas espagnols furent le théâtre de conflits incessants entre catholiques et protestants, ainsi qu'entre Français, Allemands, Hollandais et Espagnols[27].

    La région de Charleroi et l’abbaye de Soleilmont ont traversé de nombreux assauts. Pillé et incendié à plusieurs reprises, le couvent commence le XVIIIe siècle dans une grande précarité. Depuis la première donation en 1237, son domaine n’a cessé de croître, mais il est aujourd’hui en ruines[29]. Pour soutenir les sœurs, le pouvoir central choisit de les exempter d’impôts et de contributions. Grâce à la gestion judicieuse des abbesses, le patrimoine fut peu à peu reconstitué, atteignant une superficie maximale de 500 à 600 hectares[29].

    L'hôpital

    Au début du XVIIe siècle, l'historien Grammaye écrivit l'Histoire du Comté de Namur. Il y mentionna qu'en 1079, le Pape Grégoire V, lors de la quatrième année de son pontificat, autorisa la construction d'un hôpital à Châtelineau, avec quatre lits pour les voyageurs, montrant ainsi que l'endroit était un passage très fréquenté. Cependant, Grammaye fit deux erreurs : en 1073, un nouveau Pape avait été élu, ce qui date l'hôpital de 1077. Ce Pape n'était pas Grégoire V mais Grégoire VII, Pape de 1073 à 1085, connu pour ses conflits avec l'Empereur d'Allemagne Henri IV, qui dut se rendre à Canossa. À l'époque, la création d'hôpitaux nécessitait une autorisation papale, et la protection de Rome était essentielle en ces temps troublés. L'hôpital se situait où furent construits, au XIXe siècle, les laminoirs de Dorlodot, rue Grégoire Soupart[30].

    Le directeur, d'abord religieux puis laïc, était nommé par le seigneur de Châtelineau, signe d'un ancien droit de propriété selon le droit féodal. Parmi les revenus de l'institution, il y avait le Pré de l'Hôpital, où fut édifié le château Pirmez à la Franche-Chambre, près de l'écluse. Ce pré comprenait plus de 6 bonniers : 2 bonniers et demi de prairies, 4 bonniers et 1 mesure de terres arables. En contrepartie, les voyageurs recevaient le gîte, le chauffage, l'éclairage et de la soupe aux pois pendant le carême. L'hôpital subsista jusqu'en 1721. En compensation de la perte de son emploi, le dernier directeur, Leroi, reçut un pré[30].

    La création à Châtelineau d’un hôpital pour les voyageurs montre clairement que cette commune était un lieu de passage important, particulièrement pour les voyageurs pauvres, très nombreux à l’époque, d’autant plus que les longs pèlerinages étaient alors très populaires[31].

    Temps modernes

    En 1503, une Grande Charte a été accordée aux habitants de Châtelineau[24][32]. De 1506 à 1515, Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint, fut régente des provinces. En 1513, des troupes traversèrent Châtelineau mais, semble-t-il, sans causer de dégâts. Dès 1521, la guerre éclata entre Charles-Quint et François Ier, roi de France, et dura plusieurs années[33].

    Le , Charles Quint passa par Fleurus. Début août 1542, après avoir menacé Anvers, rançonné Louvain ainsi que les abbayes de Gembloux et d’Aubenton, 16 000 Gueldrois menés par le maréchal Van Rossem, connu pour son inhumanité, pillèrent Châtelineau et Châtelet, passèrent la nuit à Florennes et assiégèrent Yvoir. Cette même année, le roi de France Henri II tenta en vain de prendre Châtelet. En 1544, il y passa la nuit, puis se rendit le lendemain à Châtelineau, épargnée, avant de faire incendier Gilly et Jumet. Le , Charles Quint, fatigué du pouvoir, abdiqua en faveur de son fils Philippe II[34].

    En 1572, les troupes du prince d’Orange traversèrent Châtelineau, accompagnées du chef des insurgés belges et hollandais, puis du comte de Mansfeld, et enfin du redoutable duc d’Albe espagnol. En 1577, ce furent les Écossais, puis les Français, qui occupèrent une garnison en Wallonie dans l’espoir de voir le duc d’Anjou reconnu comme prince. En 1578, le gouverneur des Pays-Bas fit venir 5 000 cavaliers germaniques et anglais, qui incendièrent, pillèrent et commirent des exactions. Le , les Hollandais prirent possession du château de Châtelineau et s’y installèrent aux frais de la communauté. Ils montaient la garde depuis le clocher, le tambour résonnant à chaque relève pour signaler l’approche d’une troupe suspecte[35].

    En 1583, les Français tentèrent en vain de prendre Namur, où se trouvait l’épouse du gouverneur espagnol Alexandre Farnèse, prince de Parme. Le duc d’Alençon s’empara d’Alost et de Lierre, mais dut se replier en France, où il mourut à 28 ans. Les Espagnols revinrent à Châtelineau, réquisitionnèrent tous les chevaux et les installèrent dans les écuries de l’auberge « La Coupe d’Or », ce qui coûta 137 florins à la commune[36].

    En 1599, des Espagnols et des Italiens, privés de leur solde, se mutinèrent et ravagèrent Châtelineau et les alentours. Lambusart accueillit des Espagnols. En 1605, Châtelineau échappa aux flammes en versant 200 florins aux Hollandais, somme prêtée par Dinant. L’Espagne conclut ensuite la paix avec la Hollande. Hormis le passage de troupes en 1616, nécessitant une escorte de voitures jusqu’à Valenciennes et Namur, Châtelineau connut une période de tranquillité jusqu’en 1621[37].

    En 1627 eut lieu le procès d’Adrienne Le Rousseau, surnommée Madrouillette, qui compara devant la cour le . Elle fut accusée d’avoir donné une pomme à la fille d’Antoine Pocet, provoquant un gonflement du gosier, de la tête et du visage pendant quatre ou cinq jours. L’enfant resta malade durant trois semaines. Une autre fois, raconte-t-on, Madrouillette tenta de lui offrir une pomme, mais l’enfant refusa. Le , la sorcière fut déclarée coupable de sortilège et condamnée à être pendue, puis réduite en cendres. L’exécution se déroula à l’endroit indiqué par le seigneur, sur le pont de Sambre, près de la porte de Châtelet[38]. Le nom de Madrouillette est resté dans l’histoire comme celui d’une victime de la superstition populaire[39].

    En 1638, les troupes espagnoles du général Picolomini pillèrent Châtelineau[40], causant des dégâts estimés à 300 florins. L’année suivante, elles s’emparèrent de Châtelet et imposèrent aux communes voisines une taxe de 2 379 florins au total. Châtelineau fournit également de la houille. En 1640, des hommes de Charles de Lorraine, au service de l’Espagne, passèrent la nuit à la ferme de la Basse-Cour, située à l’angle de la rue de la Vallée et de la rue Général Leman[41][42]. En 1647, les campagnes de Châtelineau furent ravagées pendant cinq semaines par les 120 chevaux d’artilleurs lorrains, puis par les cavaliers du baron de Lomboy[43][44].

    En 1651, Châtelineau accueillit le prince de Chimay, gouverneur de Namur, avec les honneurs. On lui offrit un bateau de foin d'une valeur de 44 florins, un bœuf estimé à 22 florins et demi, ainsi que 10 florins pour le transport de l'animal jusqu'à Namur. Le de la même année, le prince de Condé fit également une visite, durant laquelle ses officiers reçurent du vin[43][45].

    En 1652, le fils de l’ancien bailli Desmartins, devenu capitaine, recruta des soldats à Châtelineau et les laissa commettre les habituels méfaits[46]. Les troupes passèrent en 1653 et 1654, puis, en 1655, Châtelineau hébergea le comte de Neuville et des Espagnols[47]. En 1656, le prince de Condé fit son retour à Pont-de-Loup. Des militaires occupèrent encore les lieux en 1657 et 1658[48], jusqu’à ce que, après onze années de guerre, soit signé le traité des Pyrénées, le , entre l’Espagne et la France[43].

    Le , la guerre reprit entre la France et la Hollande. Le , à Charleroi, Louis XIV, accompagné de Condé, Turenne, Luxembourg et d’autres nobles, passa en revue ses 110 000 hommes et logea au château de Monceau. Le , l’Espagne s’allia à la Hollande, et leurs troupes attaquèrent ensemble Charleroi, campant à Châtelineau jusqu’au , date à laquelle le siège fut levé. En 1675, du au , 60 Français séjournèrent au château de Châtelineau, recevant des présents d’une valeur de 60 florins. De plus, 2 000 fascines coupées dans le bois de Foret, appartenant au seigneur et destinées à Charleroi, furent payées par la communauté[49].

    En 1690, le gouverneur espagnol de Charleroi se rendit, accompagné de sa suite, au château de Châtelineau[50]. Le , le maréchal de Luxembourg triompha des Espagnols et des Allemands dirigés par le prince de Waldeck lors de la célèbre bataille de Fleurus, où 6 000 soldats alliés furent mis hors de combat[51]. Châtelineau subit l'incendie de 35 maisons, fut rempli de blessés et dut verser une taille de 1125 livres au maréchal de Luxembourg, établi à Farciennes[43]. En 1691, les soldats du Prince-Évêque de Liège, sous le commandement de T'Serclaes de Tilly, passèrent par Châtelineau[52].

    En 1696, les dragons français installés à Châtelineau mirent la localité au pillage pendant que les habitants assistaient à la messe. Les dégâts furent estimés à 6 000 florins[53]. Cette même année, Louis XIV passa la nuit à Pont-de-Loup, endroit que l’on appelle encore aujourd’hui le Quartier du Roi. Le traité de Rijswijk restitua Charleroi et ses environs à l’Espagne le [54].

    En juillet 1746, Conti commandait les Français qui investirent Charleroi. Il fit construire un pont à Châtelineau et un autre à Pont-de-Loup. Il entra dans Charleroi le . Le , Louis XV signa la paix d’Aix-la-Chapelle, abandonnant ses conquêtes territoriales et reconnaissant Marie-Thérèse comme souveraine. Avant d’évacuer Charleroi, les Français démolirent toutefois partiellement la forteresse. Châtelineau retrouva alors les bienfaits de la paix[55].

    Le , une société a été fondée pour exploiter la veine « Le Gouffre ». Parmi ses principaux actionnaires figuraient le seigneur de Châtelineau, le duc Louis-Engelbert d’Arenberg et le vicomte de Sandrouins, tous deux grands industriels et membres éminents de la noblesse locale. Pendant la période agitée allant de la fin de l’Ancien Régime à la Révolution de 1830, l’entreprise a changé plusieurs fois de nom et de propriétaires[56]. Le , des troupes autrichiennes s'installèrent à Châtelineau. François Allard fut chargé de leur construire un campement près du pont de la Sambre. Les Autrichiens tentèrent sans succès de recruter des volontaires wallons[57]. Entre 1794 et 1796, le château a été démoli sur ordre de la duchesse d'Arenberg. De nombreuses pierres ont été réutilisées pour réparer les chemins communaux[58].

    Époque contemporaine

    Carte postale illustrant la rue de la vallée dans les années 1900 au fond, l'ancienne église Saint-Barthélemy qui avait été érigée en 1855.

    En 1815, après une défaite dans un bataillon carré dans la commune, les Français deviennent totalement maîtres de la campagne de Châtelineau. La cavalerie Pajol repousse les Prussiens au-delà du bois de Soleilmont et s’y installe pour la nuit. Plusieurs habitants de Châtelineau et de Pironchamps, s’aventurant sur les lieux du combat après la fin des hostilités, reçoivent l’ordre de transporter les blessés à la houillère Sainte-Pauline, le seul bâtiment proche servant d’hôpital improvisé. Cependant, les blessés dispersés dans la campagne des Grands-Trieux sont trop nombreux pour être accueillis dans ce bâtiment ; beaucoup sont alors transportés dans les maisons de Châtelineau et de Pironchamps[59].

    Châtelineau s'est transformée en une cité industrielle avec l'installation de nombreux puits de charbonnage et ateliers de métallurgie. En 1827, la Sambre a été canalisée pour faciliter la navigation, soutenant ainsi la grande industrie qui allait émerger. En 1829, les fondations de quatre hauts fourneaux au coke furent posées : trois par Cockerill et Wilmart, et un par Dupont. Cet événement a radicalement changé Châtelineau. Cette localité, autrefois une commune agricole, est devenue soudainement une commune industrielle. Sa population, jusque-là immuable et paisible, a connu un essor soudain et s'est, en quelque sorte, renouvelée[60].

    En 1835, deux accidents se produisirent aux charbonnages du Trieux-Kaisin, causés par un coup de grisou, entraînant la mort de 24 mineurs, dont 17 périrent[61]. En 1837, la société du Gouffre a construit un chemin de fer pour transporter du charbon vers la Sambre[62]. En 1839, l'industrie connaît une croissance rapide : la société anonyme de Châtelineau installe 9 nouvelles machines à vapeur pour alimenter ses hauts fourneaux et ses charbonnages[62].

    Le charbonnage no 10 du Gouffre en activité.

    En 1854, le chemin de fer reliant Morialmé à Châtelineau entre en service. Initialement conçu pour transporter aux usines de Châtelineau les minerais de fer extraits près de Morialmé et les castines provenant de Bouffioulx, il deviendra par la suite la ligne ferroviaire de Châtelineau à Givet[63],[Note 4]. La gare de Châtelineau était un important nœud ferroviaire où se croisaient la ligne internationale Paris-Cologne et celle reliant Givet à Bruxelles et Anvers[64].

    En 1866, la fusion avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet, appartenant à la Société Générale, fut accomplie. La banque bruxelloise prit ainsi le contrôle des charbonnages de Gendebien[65]. Après la scission des activités métallurgiques et charbonnières de la Société Générale, les charbonnages de Châtelineau furent réunis le au sein de la Société Anonyme des Charbonnages du Gouffre, qui est toujours active aujourd'hui[65]. La concession, qui s'étend sur 729 hectares, englobe Châtelineau, Gilly et Pironchamps. Les puits no 8 (situé sur la place Jules-Destrée), no 9 (près de l'église du Taillis-Pré) et no 10 (au Sart-Allet) ont été creusés respectivement en 1867, 1903 et 1916[65].

    Le charbonnage du Nord de Gilly a été créé en 1874, par la fusion de deux petites sociétés houillères locales : celle du Bois de Soleilmont et celle des XVIII Bonniers de Soleilmont[65]. Quatorze ans plus tard, la société anonyme des Charbonnages du Nord de Gilly à Fleurus fut officiellement fondée. La propriété fut partagée entre plusieurs familles industrielles de Charleroi et d'ailleurs, comme les Fontaine-Gilbert, les Gilleaux, les Cornil et les Quinet[65]. La concession couvre plus de 155 hectares répartis entre Gilly, Fleurus, Farciennes et Châtelineau au quartier du Taillis-Pré. L’exploitation s’effectuait via deux puits creusés en 1875 au centre de la concession, dans le bois de Soleilmont[65]. C’est ainsi qu’à partir de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, avec l’ouverture des puits au Taillis-Pré, le quartier a connu la révolution industrielle et une spectaculaire expansion démographique[65].

    Le , une grève éclate aux charbonnages du Gouffre. Les émeutiers, dans la partie basse de la commune, causent des dégâts à la fonderie de M. Jacquemin, aux usines de la Société Anonyme, au plan incliné, au laminoir de M. Gallez, au moulin à vapeur, au laminoir de M. De Dorlodot et enfin aux bureaux du Trieux-Kaisin. Ils se dirigent ensuite vers Montignies-sur-Sambre, où ils rencontrent la troupe près de la fosse de l’Épine, entraînant la mort de 4 habitants de Châtelineau et blessant 7 autres[66].

    Le , une catastrophe vient frapper la population ouvrière, à l'ancienne fosse Sainte-Pauline ayant rencontrés par une galerie du puits no 7 du Gouffre, un violent coup d'eau se produit dans cette galerie et occasionne la mort de 29 personnes[67].

    En 1919, la commune a accueillit des militaires australiens[68].

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, il y a eu des bombardements sur le Moulin de « La Royale » et sur la gare de formation le [69]. Après la Seconde Guerre mondiale, la croissance démographique ne ralentit pas. Cela est dû à une politique planifiée de construction de logements sociaux, qui a conduit à de nombreuses extensions[70].

    En juillet 1969, les charbonnages du Gouffre ferment et leur mise en liquidation apparaît dans le Moniteur belge en janvier 1971[71]. À Trieu-Kaisin, ce sont le puits des Viviers qui cessent leur activité en juin 1959, puis en mars 1967, c’est au tour du puits des Pays-Bas, dernier siège encore en exploitation[72][12].

    La commune de Châtelineau a été fusionnée avec la ville de Châtelet et Bouffioulx en 1977.

    Liste des bourgmestres de 1825 à 1977

    • Pierre Huart, de 1825 à 1837 (unioniste).
    • Léon Wilmart, de 1837 à 1840 (unioniste).
    • Pierre Huart, de 1840 à 1846 (unioniste).
    • Charles Binard, de 1846 à 1851 (tendance catholique).
    • Léonard Pirmez, de 1851 à 1855 (tendance catholique).
    • Louis De Vries, de 1855 à 1858 (tendance catholique).
    • Joseph Lhoest, de 1858 à 1861 (tendance catholique).
    • Léopold Wautiez, de 1861 à 1884 (Parti catholique).
    • Auguste Binard, de 1884 à 1887 (Parti catholique).
    • Grégoire Soupart, de 1888 à 1906 (Parti catholique).
    • Léon Delbove, de 1909 à 1908 (Parti catholique).
    • Auguste Binard, de 1908 à 1921 (Parti catholique).
    • Anna Ponsart[Note 5], en fonction de 1921 à 1925 (POB).
    • Désiré Rondeau, de 1925 à 1929 (POB).
    • Victor Thomas, 1929[Note 6] (POB)[73].
    • François Prévot, de 1929 à 1942 (POB).
    • Louis Dumont, de 1942 à 1964 (PSB).
    • Frans Blampain, en fonction de 1964 à 1965 (PSB)[Note 7],[74].
    • Théophile Toussaint, de 1965 à 1976[75],[Note 8],[Note 9] (PSB).

    Patrimoine et culture

    Patrimoine architectural

    Religieux

    Églises
    • L'église Saint-Barthélemy. La première église fut construite sur un embranchement situé à droite de la place de la Madeleine, connue en 1850 sous le nom de place de la Vallée[76]. La construction de la deuxième église a commencé avec la pose de la première pierre en juin 1855. Les plans ont été conçus par l'architecte Carlier de Nivelles, et le coût total s'est élevé à 45 000 francs. Une fois la nouvelle église achevée, le monument dédié à la famille de Mérode y a été transféré[76]. L'église a été construite en 1911 dans le style néo-roman, grâce à la générosité de Rosalie Pirmez, selon les plans de Jules et Henri Dal de Châtelineau[77].
    • L'église Saint-Antoine. Elle est située dans le quartier du Taillis-Pré et fut construite vers 1876[78][79] par Sylvain Pirmez. Elle resta la propriété de la famille jusqu'en 1897, avant de devenir un bien paroissial[80]. L'église et de style néo-gothique[81].
    • L'église Sainte-Marie. Entre 1906 et 1907[5], une église a été construite dans le quartier du « Corbeau ». Dédiée à sainte Marie, elle a été réalisée d'après les plans de l'architecte Valentin Vaerwyck de Gand[79]. Son architecture est de style néo-roman[82]. L'église a été désaffectée. En 2015, elle est incendiée lors d'un vol de cuivre de câbles[83],[84],[85].
    Chapelles

    La chapelle Notre-Dame de Grâce et de Beauraing[86], dite des Pays-Bas construite en 1955 de style moderniste par l'architecte Pol Genard[79], elle se situe dans le quartier du même nom.

    D'autres chapelles sont situées sur le territoire : la chapelle Notre-Dame de Hal[86], chapelle[86] située rue du Taillis-Pré, la chapelle Notre-Dame des Affligés[86], La chapelle de l'Enfant Jésus[86] (quartier de la Floche), la chapelle[86] située rue Des Essarts, la chapelle Notre-Dame de Lourdes[86], la chapelle Notre-Dame de Rome[86] située place Louis De Brouckère, accolée au cimetière et une chapelle[86] située rue du Moulin.

    Bornes-Potales

    D'autres édifices religieux sont situées sur le territoire : le reposoir Sainte-Anne[86], le reposoir Sainte-Barbe[86], la potale Sainte-Thérèse[86], la potale du Sacré-Cœur[86], la potale Notre-Dame de Lourdes[86] et la statue du Sacré-Cœur[86].

    Abbaye de Soleilmont
    Cloître de l'ancienne abbaye de Soleilmont.

    L'abbaye de Soleilmont se trouvait sur le territoire de Châtelineau[87] à la frontière entre les communes de Gilly et Fleurus[Note 10]. Elle a été fondée par le comte de Namur au XIe siècle , qui y a installé des religieuses de l'ordre de Saint Benoît. En 1237, le monastère fut intégré à l'ordre de Citeaux et placé sous la direction de l'abbé d'Aulne. Pendant la nuit du 25 au , un incendie d'une rare intensité détruisit complètement le vénérable monastère cistercien. Le , les religieuses cisterciennes emménagèrent dans leur tout nouveau monastère construit dans le bois de Soleilmont, sur le territoire de Fleurus, au lieu-dit « terre à l'Ermitage »[82].

    Civils

    La maison Allard sur la place Wilson, classée le [88].
    • La maison Allard. Située place Wilson cette maison de style Art nouveau, caractérisée par une façade animée par un jeu harmonieux et coloré des matériaux[89].
    • Une maison de style art déco, située rue Général Leman, œuvre des architectes Crickx et Marit de Bruxelles[90].
    • À la rue Clémenceau, se trouve une maison de style art déco réalisée par l'architecte A. Gilson en 1925[81].
    • La maison communale. La première maison communale, située à côté de l'église sur la place de la Madeleine, avait été construite en 1843. Au début du XXe siècle, le bâtiment présentait déjà des signes de vétusté[91]. La deuxième maison communale était située sur la place Wilson, aujourd'hui remplacée par la salle omnisports. Le projet de construction d'une nouvelle maison communale a été abandonné[92]. C'est en 1971 que l'administration communale a acquis le bâtiment de la société du Gouffre, avant la fusion des communes en 1977[92].
    • Les bâtiments et entrepôt de l'ancienne firme commerciale de « L'Elan », rue Grégoire Soupart. Le bâtiment a été rénové et abrite l'académie des beaux-arts de Châtelet qui a déménagé en septembre 2024[93].
    • Les anciens bâtiments du puits no 10 de la société du charbonnage du Gouffre[94].
    • La gare. La première gare de Châtelineau, construite vers 1860, se situait entre l'écluse et la brasserie du Faleau[95]. Le bâtiment actuel, de style éclectique, date de 1911[96].
    Monuments
    • Le monument aux morts des deux guerres. Après la Première Guerre mondiale, la commune de Châtelineau a fait construire, aux Six Bras en 1922, un monument en hommage aux victimes des deux guerres, ce monument a été transféré sur la place d'Arenberg en 1966[97].
    • Le monument aux marcheurs, monument dédié aux marcheurs de la Marche de la Grande Terre Notre-Dame de Rome, il se situe à l'angle des rues Ferrer et de la Loi.
    • Le monument à Louis Dumont, il est situé dans la cité Louis Dumont.
    • L'ancien tram qui était exposé sur le rond-point près du centre commercial Cora, démonté en 2016.
      Sur le rond-point près du Cora, il y avait un tram placé dans les années 1990 qui était surnommée « Pimpon » qui a été démoli en septembre 2016[98],[99]. Aujourd'hui une stèle dédiée « Au Emigrés Castelterminesis » est érigé sur le rond-point en hommage des mineurs expatriés et pour les dix ans du jumelage de Châtelet avec la ville de Casteltermini en 2019[100],[101]. Une autre stèle similaire a été installée dans la ville de Casteltermini[100].
    • Buste d'un mineur, se trouve sur un rond-point près du cimetière de Châtelineau-centre.
    • Le monument de Louis Van Laere, il est situé dans la cité portant le même nom et a pris en charge la gestion du Foyer Moderne à partir de 1922[102].
    • Le monument commémoratif de la Première Guerre mondiale (1914-1918) réalisé par Gustave Massart, situé au cimetière central de Châtelineau[103].
    • Le monument « Aux enfants du Taillis-Pré morts pour la Patrie lors des guerres 1914-1918 et 1940-1945 ». Offert par Solvay S.A., ce monument est situé à droite, au pied de l'église du Taillis-Pré[104].
    • Une plaque commémorative dédiée aux soldats français morts pour la Belgique se trouve dans le cimetière de Châtelineau-centre. Un seul soldat, Roger Romuald, repose au pied de cette plaque[105].

    Culture

    Marche folklorique

    Notre-Dame de Rome (Marche impériale de la grande terre) célébré le dernier dimanche du mois d’août[106]. Fondée en 1946, elle honore la mémoire du régiment formé en 1808 par le duc d'Arenberg ainsi que celle des troupes napoléoniennes qui ont traversé la commune le [107].

    Enseignement

    Le collège Pie X.

    Enseignement communal

    Châtelineau possède des écoles communale régis par la ville de Châtelet qui en fait partie : groupe scolaire Hayettes-Solvay[108], rue Sainte-Anne et groupe scolaire Destrée[109], rue du Sart-Allet.

    Implantations

    Groupe scolaire Destrée ; implantation Charbonnages (maternelle), groupe scolaire Boubier ; implantations Gendebien (maternelle) et Sart-Allet (maternelle et primaire), groupe scolaire Solvay-Hayette ; implantation Mérode (maternelle) et groupe scolaire du Grand Chêne[110] ; implantation Taillis-Pré (maternelle et primaire).

    Enseignement libre

    Primaire

    Châtelineau possède des écoles libre : école primaire et gardienne Sainte-Marie[111], rue Llyod George et école Saint-Barthélemy[112], rue Adolphe Chif.

    Secondaire

    Institut Sainte-Marie[113], place d'Arenberg et Collège Episcopal Saint-Pie 10[114], rue Llyod George.

    Académie et conservatoire

    Châtelineau possède dans le domaine des arts le conservatoire de musique et des arts parlés Meurice Guillaume (place Wilson) et dans le domaine des beaux-arts, l'académie des Beaux-Arts de Châtelet dénommée « Académie de dessin et des arts décoratifs Gustave Camus »[93], située allée de la Sambre.

    Lieux publics

    Parc

    Parc de la Grande Terre, rue des Hayettes.

    Cimetières

    Châtelineau possède trois cimetières : cimetière de Châtelineau (centre), qui possède des sépultures de guerre belges, rue de la Croix, cimetière de la Floche qui possède des tombes de combattants de 1940-1945, rue des Haies et cimetière du Taillis-Pré, rue des Masuirs.

    Économie

    Industries de l'époque

    Industries métallurgiques

    La société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau
    Groupe de massiers de Châtelineau en 1882.

    La société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau est fondée en par les frères Willmar et John Cockerill, ainsi que la société civile L. Willmar et Cie. Deux hauts-fourneaux sont construits et, au cours du deuxième trimestre de l’année 1832, produisent leurs premières coulées. À cette époque, l’usine compte 278 ouvriers. En 1834, la production de fonte s'élève à 9 360 tonnes est occupe la deuxième place au niveau de la production dans le bassin de Charleroi, après celle de la société Fontaine-Spitaels à Marcinelle et Couillet[115].

    Le , à l’initiative de la Société Générale, la société L. Willmar et Cie choisit de modifier la structure juridique de son entreprise pour adopter la forme d’une société anonyme, baptisée Société des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau, elle est approuvée le par l'arrêté royal [115].

    Carte postale représentant les usines.

    En 1852-1853, elle installe un atelier de construction mécanique qui lui appartient entièrement, mais partage les bénéfices réalisés avec Clémentin Deneubourg, directeur de l'atelier. En 1906, la société anonyme des Hauts Fourneau, Usines et Charbonnage de Couillet et Marcinelle est englobée par la Société Métallurgique de Couillet. Le , via la société en nom collectif Gustave Dumont et Cie, Châtelineau fusionne avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle et Couillet. À cette époque, l'entreprise emploie 1 134 ouvriers mineurs et 984 ouvriers métallurgistes, produisant 18 300 tonnes de fer[116].

    Le , le charbonnage du Gouffre quitte le giron de la société anonyme de Couillet et apporte à la nouvelle société anonyme des Charbonnages du Gouffre les installations et la concession du Gouffre. Le , Hippolyte Renson, industriel à Ham-sur-Heure, achète les installations, et le , une nouvelle société anonyme appelée Usines de Châtelineau est fondée[116]. Renson apporte ses installations en nature à cette société, recevant en échange 2 000 actions de 500 francs chacune dans un capital social de 4 millions de francs. Ces fonds permettent la construction d'une nouvelle aciérie Thomas et la remise en activité du second haut fourneau. À la fin de 1911, la production atteint 95 000 tonnes de fonte et 40 000 tonnes d'acier brut[116].

    De 1914 à 1918, pendant l’occupation, les laminoirs et autres installations fonctionnent sous réquisition de l’ennemi, au service de la machine de guerre de l’envahisseur. L’usine porte alors le nom de Militär Walzwerke Châtelineau, dépendant de l’Abteilung J III du Gouvernement général en Belgique[117].

    La SA Usines de Châtelineau absorbe la SA des Hauts Fourneaux du Sud de Châtelineau, laquelle disparaît à son tour en étant intégrée à la SA Société Métallurgique de Sambre et Moselle en 1924. Après la fusion avec cette dernière en 1955, elle prend le nom de SA Société Métallurgique de Hainaut Sambre, avant d’être intégrée en 1981 au groupe Cockerill Sambre[117][118][119].

    Les laminoirs Schumacker

    Les laminoirs ont été fondés en 1860 par deux frères, Félix et Léon Schumacker, qui ont installé près du moulin à eau de Châtelineau un laminoir sous la raison sociale Schumacker Frères. L’usine comptait 8 fours à puddler et 2 fours à réchauffer, et employait 80 ouvriers métallurgistes produisant chaque année 2 100 tonnes de fil, principalement destinées à la construction de lignes télégraphiques[120].

    La firme devient une société anonyme le sous le nom de SA du Laminoir de la Concorde. Après le décès de Félix Schumacker en septembre 1879, les installations sont rachetées par l’industriel Clémentin Denebourg pour 60 000 francs. Celui-ci intègre le laminoir à la nouvelle société anonyme qu’il fonde le 1er décembre 1879, la SA des Tréfileries et Laminoirs de Châtelineau[120]. Après le décès de Denebourg en janvier 1880, Louis Lambert prend les fonctions d’administrateur délégué. En raison des pertes et d’une conjoncture économique défavorable, le laminoir ferme définitivement et la société est dissoute le [120].

    La société anonyme des Usines du Phénix

    A la fin de 1861 et début de 1862, la Société Gustave Dumont et Cie fait construire, au lieu-dit « le Palis » à Châtelineau, un laminoir connu sous le nom « Etablissement Gustave Dumont et Cie » spécialisé dans la laminage des tôles en acier. L'entreprise occupait en 1866 une centaine d'ouvriers et produisait 6 150 tonnes de tôles. À la suite de la construction en 1870 en France, à Louvroil précisément par Emile Dumont qui est le frère de Gustave d'une nouvelle société « Gustave Dumont et Cie », l'usine de Châtelineau prend alors la dénomination d'« Emile Dumont et Cie »[121].

    Après le décès d’Émile Dumont, le , alors que la situation économique est difficile, le laminoir, contre toute attente, non seulement survit mais prospère. En effet, le , la « Société Anonyme du Phénix » est créée à Châtelet. La direction de l’entreprise ainsi que celle de l’usine de Louvroil, en France, est confiée à Victor Dumont. Par la suite, Armand Gilles puis Eugène Bisenius lui succéderont à la tête de la société[121].

    À partir de 1884, face à la forte concurrence sur les marchés de l'acier entraînant une baisse des commandes de fer, l’entreprise traverse une longue période de chômage. Les activités ne reprennent pas et la firme est liquidée. En 1888, les frères Dumont rachètent le laminoir du Phénix et, le , fondent avec d’autres industriels une nouvelle société anonyme[122].

    Sous l’impulsion de M. E. Renson, l’usine connaît d’importants chantiers d’entretien et de transformation. Le laminoir, entièrement rénové, rouvre en 1891 et produit désormais des tôles fines, striées ou lisses, ainsi que de larges plats pour ponts, navires et chaudières. Dès lors, la société du Phénix ne conserve plus que des liens formels avec la famille Dumont. En 1908, elle est absorbée par la « SA de Sambre et Moselle ». Le laminoir restera en activité jusqu’en 1950[123]. Après sa fermeture, le site sera désaffecté et nettoyé[122].

    Laminoirs, Fonderies, Forges et Ateliers de Construction F. Dupont
    Illustration dans La Belgique industrielle.

    Tout commence en 1829, quand des ouvriers, d’abord sous les ordres de François Isidore Dupont puis de son fils Émile Dupont, construisent deux hauts fourneaux et une centaine de fours à coke, sous la raison sociale « Laminoirs, Fonderies, Forges et Ateliers de Construction ». En , l’ensemble est repris par la « Société Anonyme du Bassin Houiller du Bassin de Charleroi », dont l’actionnaire principal est Simon Philippart. Celui-ci les transfère ensuite, comme apport en nature, à la nouvelle « Société Anonyme Métallurgique et Charbonnière Belge », fondée le et approuvée par arrêté royal le . Un troisième haut fourneau est allumé en 1874, mais face à des difficultés économiques, la société est rapidement mise en liquidation[124].

    Par la suite, les installations furent reprises par la nouvelle Société Anonyme des Hauts-Fourneaux Sud de Châtelineau, fondée le . Le site, couvrant 8 hectares, était relié à la gare de Châtelineau et à la Sambre canalisée. En 1911, la production atteignait 35 000 tonnes de fonte et 30 000 tonnes d’acier brut, et l’entreprise comptait 120 ouvriers[124].

    La « Société Anonyme des Usines de Châtelineau » absorbe en 1924 les « Hauts Fourneaux du Sud de Châtelineau ». Plus tard, cette société est elle-même intégrée à la société sidérurgique « Sambre et Moselle », qui sera ensuite reprise par le groupe « Hainaut-Sambre »[124].

    Autres anciennes industries implantées à Châtelineau

    La principale industrie de Châtelineau au XVIe siècle était la fabrication de clous[125]. Un moulin à vapeur fut installé près de la Sambre sous le nom « Les Moulins à Vapeur Koeler-Pitteurs et Cie », un établissement qui prit successivement, en 1884, le nom de « Moulin à Vapeur de Châtelineau » et, en 1890, celui de « La Royale », société anonyme des moulins à vapeur de Châtelineau[126]. En 1936, les ateliers Crame-Crame de Bouffioulx, installés à Châtelineau dans le quartier de la gare, étaient réputés pour la fabrication de tuyaux et d’accessoires en grès vernissé[127].

    Les ateliers de constructions mécaniques G. Genard-Denisty

    Fondés en 1879, occupaient le coin formé par les rues de Gilly et du Faleau. En 1911, ils participent à l'exposition de Charleroi, où ils présentent principalement du matériel destiné aux charbonnages, qui sont à l'époque leurs principaux clients. Avec l’arrivée des nouvelles sources d’énergie, et dès 1960, la fermeture des puits s’enchaîne et les commandes de matériel auprès des ateliers de construction diminuent[128].

    Le , l’atelier exploité en indivision est intégré en nature à la création de la « Société Anonyme Atelier Genard-Denisty ». Il ferme définitivement ses portes le . Après quelques années d’inoccupation, les bâtiments sont rachetés par la firme Decamps. En 1980, ils retrouvent une nouvelle vie avec l’ouverture d’un magasin regroupant une boissellerie-quincaillerie et un espace de matériaux de construction[128].

    La société anonyme des agglomérés de houille de Châtelineau

    Le , la société demande officiellement l’autorisation d’implanter, à Châtelineau, au lieu-dit « Pré des Masuirs »[64], une usine pour fabriquer des agglomérés de houille ainsi qu’une autre pour distiller les goudrons[64]. Les autorités de Châtelineau et de Châtelet donnent un avis favorable à ce projet. Dès le lancement de la production d’agglomérés, la société se fournit en charbon, principale matière première de ses produits, auprès des charbonnages d’Aiseau-Presles[129].

    En 1893, sous l’impulsion de François Henin et pour faire face au problème persistant de la vente de poussières et de charbons de petite taille, les dirigeants des charbonnages d’Aiseau-Presles décident de racheter une usine d’agglomérés. Ils acquièrent alors les actions des agglomérés de Châtelineau. L’opération se concrétise en 1897 par une absorption, permettant ainsi au charbonnage d’Aiseau-Presles de faire traiter, dans les installations de Châtelineau, les charbons du siège de Roselies. À cette époque, l’usine employait 125 ouvriers[129].

    La fusion, apparemment réalisée début 1897, voit la « SA des Agglomérés de Houille de Châtelineau » remplacée par la « Fabrique d'Agglomérés de Houille de Châtelineau ». En 1928, Carlo Henin, administrateur délégué du charbonnage d'Aiseau-Presles, propose la création de nouvelles installations, plus performantes, à Tergnée. Le Conseil d'administration donne son accord, mais la crise économique persistante retarde le projet. Ainsi, les agglomérés de Tergnée, financés par les fonds propres de la société, ne deviennent opérationnels qu'en août 1931. Après cette date, la fabrique de Châtelineau ferme et sera ensuite démontée[129].

    La société des Agglomérés Réunis du Bassin de Charleroi

    Cette société exploitait une fabrique de briquettes à Marcinelle, autrefois appartenant à la société « Félixe De Haynin et Cie ». La division de Châtelineau a diversifié sa production en fabriquant des produits issus de la distillation du goudron : couleurs d’aniline, benzine brute pour le dégraissage et le traitement du caoutchouc, naphtaline, phénate de soude utilisé comme désinfectant, eau ammoniacale, sulfate d’ammoniaque, huile distillée, essence de houille brute à 25 %, créosote, acide phénique, noir de fumée, etc.[130].

    En 1913, l’usine de Châtelineau employait 240 ouvriers et disposait de machines à vapeur avec une surface de chauffe de 800 m2, ainsi que de moteurs électriques d’une puissance totale de 12 CV. En janvier 1922, à l’instar d’une autre usine d’agglomérés de Châtelineau, les « Agglomérés Réunis du Bassin de Charleroi » participèrent à hauteur de 10 000 francs à la création du capital social de la Société d’Habitation à Bon Marché de Châtelineau. Avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la société d’agglomérés mit fin à ses activités, du moins sur le site de Châtelineau[130].

    Charbonnages

    La société anonyme du charbonnage du Gouffre
    Puits no 7 de la société du Gouffre.

    Le , une société est créée dans le but d’exploiter la veine appelée « le Gouffre ». À la base financière de cette entreprise, on retrouve le duc Louis Engelbert d’Arenberg, seigneur de Charleroi, Gilly et Châtelineau, ainsi que le marquis Stanislas de Sandrouins. Le , le duc d'Arenberg accorde à la toute jeune société le droit exclusif d’exploiter toutes les veines de charbon présentes sur sa juridiction. Peu de temps après, de Sandrouins, estimant que l’affaire n’est pas très rentable, se retire de la gestion de la société et est remplacé par le financier Gendebien[131].

    Le puits no 9 de la société du Gouffre.

    Le charbonnage est ensuite exploité par la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Châtelineau, fondée le . Le , elle fusionne avec la Société Anonyme des Hauts Fourneaux, Usines et Charbonnages de Marcinelle à Couillet. Le , cette dernière autorise le charbonnage du Gouffre à quitter l’association pour devenir autonome sous le nom de Société Anonyme des Charbonnages du Gouffre[131].

    En 1874, la société du Gouffre acquiert la fosse Maton, qui comprenait déjà la fosse Thomas située au Taillis-Pré[132] (en activité de 1855 à 1873). Précédemment, en 1855, les propriétaires de la fosse Thomas avaient acheté la fosse du Grand Chêne, aussi appelée de Soleilmont, qui avait été intensément exploitée entre 1806 et 1847[131].

    Le charbonnage a fermé ses portes le , et sa mise en liquidation a été publiée au Moniteur Belge le [133][71]. Les bureaux ont été acquis par l'administration communale, qui y a installé ses services et accueille la plupart des services communaux de l'entité[134].

    Parmi les puits de la concession, il y avait : puits no 3, d'une profondeur de 381 mètres et en exploitation de 1834 à 1907[135]; rue Gendebien, puits no 5 ; emplacement sur l'actuelle Intermarché, près de l'église Saint-Barthélemy, ce puits a été creusé en 1845 et son exploitation arrêté en 1902[136], avait une profondeur de 593 mètres[137] ; puits no 6, puits no 7 avait la profondeur de 853 mètres en 1848[71], rue des Charbonnages ; puits no 8 qui datait de 1848[136] avait la profondeur de 800 mètres en 1870[132] ; puits no 9, rue Pirmez et puits no 10, rue du Fayt ; arrête son extraction, le , par la suite il devient une sorte de zoo pendant quelque temps[94].

    La société anonyme du charbonnage du Trieu-Kaisin

    L'un des plus anciens actes de concession liés à l'exploitation houillère de la mine du Trieu-Kaisin date du . À cette époque, Marguerite de Mérode, comtesse d'Isenghien et seigneur de Châtelineau, accorde aux exploitants parchonniers Nicolas Collart, Rémy et François Jennart le droit d'exploiter toutes les veines de houille situées entre le moulin et le bois Belle Haye à Châtelineau, moyennant une somme annuelle de vingt florins[138].

    Le bois de « Belle Haye », près du Trieu-Kaisin, est mentionné en 1675 dans une liste de tailles établie à Châtelineau sur les terres, prés et jardins. On retrouve aussi le Trieu-Kaisin dans un document de 1699 de la cour féodale, mais avec une orthographe différente : le Try Caisin[138]. En 1808, le Trieu-Kaisin fusionne avec une exploitation voisine appelée « Grand Forêt ». Les deux sociétés réunies forment alors une concession de 454 ha, 96 a et 53 ca. Le 17 septembre 1845, le Trieu-Kaisin intègre deux petites sociétés charbonnières, Les Combles et Petit Forêt. La nouvelle société ainsi formée prend alors le nom de « Société Charbonnière du Trieux-Kaisin Deux Forêts et Combles Réunis ». La concession couvre désormais une superficie de 557 hectares et 92 ares[138].

    Le 29 juin 1886, cette société civile devient une société anonyme sous le nom de « Société Anonyme des Charbonnages du Trieu-Kaisin à Châtelineau ». La concession des charbonnages des Viviers Réunis, située à Gilly, a été rattachée à celle du Trieu-Kaisin le . L’aspect légal de cette fusion a été entériné le suivant. La concession du Trieu-Kaisin couvre une superficie totale de 732 hectares et s’étend sous les communes de Gilly, Châtelineau et Montigny-sur-Sambre[138].

    En 1929, l’extraction totale atteint 366 185 tonnes et 22 258 personnes travaillent pour la société. En 1959, les deux seuls puits encore en activité produisent 18 833 tonnes pour les Viviers et 95 665 tonnes pour les Pays-Bas. Ce dernier extrait encore 107 821 tonnes en 1960 et 88 470 tonnes en 1963[139].

    Les bâtiments qui abritaient les bureaux et ateliers du Trieu-Kaisin ont été construits en 1865, près de l'ancienne forge du charbonnage de Forest[140]. En 1978, le site a été entièrement assaini pour accueillir la grande surface Cora City[Note 11]. Au fil des années, les puits d'extraction ont fermé progressivement. Le puits no 1 des « Viviers » a cessé toute activité le , et le , ce fut au tour du no 8 « Pays-Bas », dernier site en activité du charbonnage du Trieu-Kaisin[139][12].

    Parmi les puits de la concession il y avait : Les puits no 1 et 2, dits des Viviers, commune de Gilly, desservis par la gare de Gilly-Sart-Culpart ; le puits no 4 dit de Sébastopol sur Châtelineau, qui avait une profondeur de 672 mètres[141]; le puits no 6, dit de la Duchère ; sur Montignies-sur-Sambre et le puits no 8, dits des Pays-Bas, sur Châtelineau, desservi par la gare de Montignies-Formation[138] qui avait la profondeur de 843 mètres en 1868[142].

    Industries actuelles

    Laminoir sidérurgique Aperam stainless Belgium (ex-Carlam)

    En 1976, la société Hainaut-Sambre crée la Société Carolorégienne de Laminage, appelée « Carlam » et un laminoir à chaud est construit sur les bords de Sambre à Châtelet. En 1981, Hainaut-Sambre fusionne avec Cockerill et la société devient une filiale de Cockerill-Sambre. En 2001, le nouveau groupe Arcelor absorbe Cockerill-Sambre et décide d'investir massivement dans le bassin carolorégien en y installant sur le site de Carlam une aciérie électrique inox. Celle-ci est inaugurée en 2005[143]. Arcelor devient par la suite Arcelor-Mittal qui, en 2011, crée une spin-off, le groupe sidérurgique Aperam, notamment implanté à Châtelet. Châtelet reste ainsi un pôle important de la sidérurgie belge et européenne.

    Le laminoir à chaud du groupe international Aperam à Châtelet est l'un de plus grands d'Europe et produit une tonne d’acier inoxydable sur quatre en Europe. Cet outil a une capacité de production de 2,8 millions de tonnes d'acier par an. En 2022, 750 personnes travaillent sur le site de Châtelet, chiffre auquel il faut ajouter 200 personnes en sous-traitance[144]. En 2017, 15 millions d'euros ont déjà été investis sur le site d'Aperam à Châtelet. Deux moteurs au cœur des dégrossisseurs qui aplatissent les plaques d'acier chacun une puissance de 12 Mégawatts ont ainsi été installés[145]. Le laminoir de Châtelet, gros consommateur d'énergie fossile, s'est engagé dans un processus de réduction de son empreinte énergétique et environnementale. Dans le processus de fabrication, la gamme d'acier Aperam infinite est fabriquée avec jusqu’à 98 % de matériaux recyclés, permettant de réduire jusqu’à 85 % les émissions de CO2 par rapport aux normes de l’industrie, avec de l’énergie renouvelable, des minerais d’origine durable et de la biomasse de charbon de bois[146].

    En 2024, deux projets d'investissement sont envisagés dans le cadre de la stratégie de décarbonation d'Aperam : la construction d'une centrale Organic Rankine Cycle (ORC) pour valoriser la chaleur des fumées et l'installation sur le site d'un traitement thermique pour réduire directement la consommation énergétique. Les deux projets permettraient d'importantes économies d'énergie et réduiraient les émissions de CO2. Ils pourraient se concrétiser avec le concours des pouvoirs publics[147].

    Port autonome de Charleroi

    Port de Praye-nord : concession d'exploitation à Aperam stainless Belgium.

    Commerces

    Commerces disparus

    Des entreprises commerciales avaient leur siège social et des commerces qui avait leur succursales à Châtelineau :

    • Brasserie du « Faleau », créée par la famille Binard vers 1860 et cessa ses activités en 1961[11][148];
    • Manufacture Générale de Tabacs, Cigares, Cigarettes & Rolles, fondé au début du XIXe siècle, par les frères C. et L. Patron[149];
    • L'Elan, fondée en 1914 et disparue en 1972 remplacement le magasin Bolle-Dinsart, cette firme fournissait à ces succursales et clients, épiceries merceries, vins et liqueurs[150]. Le siège social se trouvait à la rue Grégoire Soupart. Le nom de l'entreprise se trouve encore sur le mur au-dessus du portail ;
    • Carlo & Fils, déclaré en faillite le [151];
    • Cultura, magasin de produits culturels dont l'ouverture a eu lieu en 2021 et sa fermeture définitive a eu lieu en 2023[152].
    • L'hypermarché Cora dont la fermeture définitive a eu lieu le [153].

    Commerces actuels

    Le centre commercial Shopping Cora Châtelineau, ouvert le sous le nom de Cora-City[140] outre l'hypermarché du même nom qui a été fermée définitivement d'autres enseignes vont s'installer notamment DreamLand, Dreambaby, Jysk et Kiabi[154], Tournesols, magasin de jardinage et de décoration[Note 12], Brico Planit, magasin de bricolage, Décathlon, magasin d'articles de sport. Il y a aussi dans le centre de Châtelineau des commerces de proximités. Un nouveau complexe commercial dénommé « Frunpark » ouvert au début de 2024 et construit sur le site des Mottards près du Cora[155],[156].

    Marché

    Marché hebdomadaire chaque samedi sur la place Wilson. C’est devenu un lieu de marché très important, attirant de nombreux marchands et chalands. Depuis la fin de l’année 2000 et le début de 2001, ils profitent d’un marché couvert[157].

    Santé

    Maisons de repos

    Maison de repos « Le Sart-Allet »[158], inaugurée le [159], rue du Sart-Allet, Le Centenaire, rue Gendebien et Résidence « Les Peupliers », rue Wimart.

    Transports

    Bus

    Châtelineau est sillonnée par les lignes 14, 17, 25, 28, 29, 35, 62, 154, 155, 156, 158, 172 et 710 exploités par les TEC Charleroi.

    Métro

    Châtelineau sera desservie par la ligne M5 du métro de Charleroi en 2026, il dessévera le nouvel hôpital des Viviers et la station Corbeau[160],[161].

    Train

    La gare de Châtelet.

    La ligne 130 de Namur à Charleroi, dite ligne de la Basse-Sambre passe dans les communes de Farciennes, Tamines, Auvelais (Sambreville), Jemeppe-sur-Sambre, Floreffe et Namur.

    Ligne 138 Châtelet-Florennes, aujourd'hui disparue. Elle traversait les communes de Bouffioulx, Acoz, Gerpinnes, Hanzinne, Hanzinelle, Morialmé et Florennes.

    Routes

    Châtelineau est traversée par les routes N90 Mons-Liège, N569 Châtelet-Fontaine-l'Evêque en interrompue à Jumet, N571, Farciennes-Châtelineau et par la N29 Charleroi-Beringen. Châtelineau est aussi traversée par le grand ring de Charleroi (R3).

    Sports et vie associative

    Sports

    Clubs

    • Le Royal Châtelineau Sport, fondé en 1925, les joueurs étaient surnommés les « Tigres »[162],[163]. Ce club a cessé d’exister en 2009.
    • Le FC Châtelineau, fondé en 1925, les joueurs étaient surnommés les « Radis »[164],[163]. Ce club a disparu en 1937.
    • L'AS Châtelineau fondé en 1976 s'appelait avant l'AS Panama Roselies[165].
    • Union Athlétique Châtelineau[166].

    Infrastructures

    Complexe sportif, construit en 1976[167], place Wilson et stade du Taillis-Pré.

    Vie associative

    Personnalités liées à Châtelineau

    • Léonard Pirmez, (1768-1866), astronome[168] et bourgmestre.
    • Eudore Pirmez (1830-1890), docteur en Droit de formation, il fut député et ministre de l'intérieur.
    • Grégoire Soupart (1841-1906), docteur en médecine et bourgmestre de Châtelineau 1888 à 1906.
    • Fernand Allard (1878-1947), missionnaire jésuite, y est né.
    • Théophile Toussaint (1927-2005), sénateur, bourgmestre socialiste de Châtelineau, de 1965 à 1977 et de Châtelet, de 1980 à 1994.
    • Claude Barzotti, (1953-2023), chanteur de variétés italo-belge[169].
    • Alpaslan Beklevic, bourgmestre de Châtelet, en décembre 2024 et réside à Châtelineau[170],[171].

    Notes et références

    Voir aussi

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