Chevrier

commune française du département de la Haute-Savoie From Wikipedia, the free encyclopedia

Chevrier est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Faits en bref Administration, Pays ...
Chevrier
Chevrier
Vue de l'ancienne église Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Saint-Julien-en-Genevois
Intercommunalité Communauté de communes du Genevois
Maire
Mandat
Agnès Cuzin
2020-2026
Code postal 74520
Code commune 74074
Démographie
Population
municipale
757 hab. (2023 en évolution de +38,9 % par rapport à 2017)
Densité 141 hab./km2
Population
unité urbaine
2 540 hab. (2023)
Géographie
Coordonnées 46° 06′ 34″ nord, 5° 55′ 00″ est
Altitude Min. 332 m
Max. 932 m
Superficie 5,35 km2
Type Bourg rural
Unité urbaine Vulbens
(banlieue)
Aire d'attraction Genève - Annemasse (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Julien-en-Genevois
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Chevrier
Liens
Site web https://chevrier.fr
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    Géographie

    Le terroir villageois, d'une étendue fort réduite, se trouve au pied et à l'ombre du mont Vuache, en Haute-Savoie. Le Rhône sépare Chevrier du Pays de Gex (Ain).

    Jadis vouée à l'élevage bovin, la commune compte actuellement de nombreux vergers.

    Communes limitrophes

    Rose des vents Léaz
    (Ain)
    Collonges
    (Ain)
    Rose des vents
    Clarafond-Arcine N
    O    Chevrier    E
    S
    Clarafond-Arcine Vulbens

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[2]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[3] et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 1 200 à 1 500 mm, irrégulièrement répartie en été[4]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[5],[6].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 18,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 454 mm, avec 11,3 jours de précipitations en janvier et 8,8 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Valserhône à 7 km à vol d'oiseau[7], est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 184,6 mm[8],[9]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −17 °C, atteinte le [Note 1].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Chevrier est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[I 1]. Elle appartient à l'unité urbaine de Vulbens[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 3],[I 2],[I 3]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[I 3]. Cette aire, qui regroupe 158 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[I 4],[I 5].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (49,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (54,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (44,2 %), terres arables (26,7 %), zones agricoles hétérogènes (23,2 %), zones urbanisées (4,7 %), eaux continentales[Note 5] (1,2 %)[10].

    L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

    Toponymie

    Le toponyme actuel est utilisé sous sa forme simple à partir de 1780[11]. Avant cette date, parfois encore au niveau local, on trouve la forme Chevrier en Vuache, Chevrier au Vuache.

    Il semble désigner l'éleveur de chèvres, dérivant très probablement de l'ancien français chevrot (latin capra), ou pourrait être un patronyme[12].

    En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Shèvrî, selon la graphie de Conflans[13].

    Histoire

    Le territoire de Chevrier est occupé dès le Néolithique puis à l'époque romaine. Une statue de Bacchus, aujourd'hui conservée au MAH de Genève, est découverte en 1870, à l'occasion « du réaménagement de la route menant au Pont Carnot »[14].

    Période médiévale

    Au Moyen Âge, le village dépend principalement des seigneurs du Vuache dont le château, aujourd'hui disparu, se trouvait à côté de l'église de Vulbens[15].

    Le village avait une église paroissiale aujourd'hui désaffectée et une chapelle dite de Sainte-Victoire au sommet du mont Vuache. Chaque année à la Pentecôte un pèlerinage se déroule à la chapelle Sainte-Victoire.

    Les Hospitaliers

    L'abbaye de Chézery (Pays de Gex) et la commanderie de Compesières (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) y détenaient également des droits.

    Période contemporaine

    L'ensemble du duché de Savoie opte pour la France lors du plébiscite de 1860.

    La route des Murets (1866/67) vers Arcine puis le pont Carnot terminé en 1873 améliorent les transports. Avant cela, les habitants utilisaient le bac à traille de Cologny (Vulbens) pour traverser le Rhône. Le pont de Grésin sous Arcine-Clarafond permettait d’aller dans la vallée de Chézery. Il existait aussi un sentier le long du Rhône vers Bellegarde, mais il a disparu lors de la mise en eau du barrage de Génissiat.

    Pendant la première moitié du XIXe siècle, Chevrier se développe ; le nombre des habitants était plus élevé que de nos jours. L'almanach du duché de Savoie note pour 1828 une population de 517 individus (alors qu’en 1978, il y n’y en a plus que 182). Une fruitière est fondée vers 1885.

    En , un détachement de trente travailleurs coloniaux travaille aux carrières. Le monument aux morts est construit par le tailleur Bouvier avec la pierre de Châtillon-en-Michaille.

    Le chemin de fer du PLM faisait une halte à Chevrier où une cabane abritait les voyageurs.

    Au cours de la Seconde Guerre mondiale, deux prêtres originaires de Chevrier font passer la frontière aux personnes persécutées par Vichy et les nazis. Il s’agit de l’abbé Marius Jolivet curé à Collonges-sous-Salève[16] et de l’abbé Jean-Joseph Rosay, curé à Douvaine[17].

    En , les soldats allemands de Fort l'Écluse font plusieurs incursions à Chevrier. Ils pillent et menacent les habitants[18]. Le en fin d'après-midi, les Allemands en provenance de Fort l'Écluse arrivent à Chevrier. Les habitants fuient vers la montagne. Le lendemain , les habitants et les animaux sont évacués vers la Suisse et les Allemands reviennent à Chevrier. Bilan : 23 maisons incendiées entre l'église et la ferme Chatelain (ex-ferme Burlat) ; une personne âgée - Alphonse Chatelain - est tuée par les Allemands. C’est la partie basse du village de Chevrier qui a été détruite. La reconstruction dura de 1945 à 1954, aidée par des dons suisses, américains, égyptiens, mais aussi de Clarafond, d'Annemasse, , etc.[19].

    Politique et administration

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    maire en 1958 ? Edmond Marmilloud MRP Cultivateur
    Président de la MSA de Haute-Savoie
    Député suppléant de Charles Bosson
    avant 1988 ? Bernard Giazzi    
    mars 2001 en cours Bernard Gaud ... ...
    Les données manquantes sont à compléter.
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    Démographie

    Les habitants de la commune sont appelés les Chevriérois[11].

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[21].

    En 2023, la commune comptait 757 habitants[Note 6], en évolution de +38,9 % par rapport à 2017 (Haute-Savoie : +6,66 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
    260214218403468469442394387
    1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
    398374331357352348323309280
    1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
    257253228231187184194182182
    1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2022 2023
    203221306350356439545717757
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    • L'ancienne église paroissiale de Chevrier, à l'architecture complexe, jadis sous la protection de saint Martin[24].

    On entre par un portail en cintre brisé typique de la période 1450-1500. La nef comporte une chapelle au sud et un chevet rectangulaire voûté en berceau brisé, survivance romane tardive. Les fenêtres paraissent plus récentes. Dans le chœur, deux fenêtres entourées de bandeaux fleuris surmontés de vases de fleurs. Des panneaux analogues se trouvent dans les embrasements. Sur le mur nord, on peut voir une guirlande de fleurs au-dessus d’un bandeau de feuillage. Au centre, une corbeille de fleurs et un évêque. À droite, l’archange saint Michel. Sur la partie gauche de l’arc triomphal, une Visitation et une corne d’abondance. L'ensemble des peintures du chœur serait italianisant et daterait de 1745. Le mur nord de la nef porte aussi sept panneaux peints : enfance du Christ, vie de la Sainte Famille et Passion. Sous les deux derniers panneaux, un personnage tient une palme et un livre (sainte Victoire ?). De quand datent ces peintures de la nef ? Au début du XVIe siècle, les Genevois devinrent protestants tandis que la Savoie était comme un avant-poste du catholicisme. Le commerce rhodanien reliait alors la région aux contrées méridionales. L’ensemble fut donc probablement réalisé à l’époque de la Réforme catholique ; la période 1665-1745 semble plausible. L'église fut abandonnée par le culte en 1793, puis restituée en 1821 comme chapelle dédiée à saint Joseph[25].

    • Le vieux village de Chevrier, le long du chemin qui monte à la montagne, a de belles maisons anciennes. On distingue à droite en montant la grande ferme des Burlat, anciens notables du village aux XVIIIe et XIXe siècles.
    • Pont Carnot.
    • Au sommet du mont Vuache se niche la chapelle de sainte Victoire.

    Une légende affirme qu’il s’y trouvait un couvent de moniales. Il aurait été attaqué par les Sarrasins et Victoire aurait bondi par-dessus le Rhône jusqu’au rocher de Léaz. Une autre légende affirme que l’agresseur était le seigneur d’Arcine. Certains récits présentent une version totalement différente selon laquelle les moniales fuyaient depuis la Semine.

    Il y a peu, on affirmait qu’en patois Sainte Victoire se prononçait Sainte Avintire et on traduisait avantire par "avant-toit" parce que le Vuache protégerait Vulbens de la pluie. La première mention écrite du toponyme date de 1296. Quatre bâtiments s’y succédèrent[26] :

    • Une construction gallo-romaine.
    • Un bâtiment de dix mètres sur douze avec des tombes. Un document de 1467 mentionne une « chapelle de la Bienheureuse-Victoire sise sur le mont Vuache, dans laquelle, comme on l'assure, reposent plusieurs corps de saints ». Il ajoute qu'elle a besoin de réparations.
    • Puis on construisit une chapelle plus petite qui tomba en ruines au XVIIIe siècle.
    • La chapelle actuelle date de 1851. Le clergé local voulait effacer les « fautes » de la période révolutionnaire. Jusque vers 1930 certaines femmes s’y rendaient parce qu’il y avait une souche remplie d'eau de pluie guérissant les maux de têtes, surdités, migraines, etc. À quelques mètres, il y a une cavité nommée le puits de l’Ermite, un lilas planté en 1927 et une enceinte antérieure aux Romains. Chaque printemps un pèlerinage s’y déroule.
    • Les maisons le long de la route de Vulbens à Arcine sont récentes, cette partie du village ayant été incendiée par les soldats allemands en .

    Personnalités liées à la commune

    • Jean Rosay (abbé) (1902-1945), originaire de Chevrier, curé de Douvaine (74) en 1941. Fait passer plusieurs personnes en Suisse par Veigy. Déporté à Auschwitz, Birkenau et Bergen-Belsen, matricule (186.350). Décoré de la médaille des Justes parmi les nations.
    • Marius Jolivet (abbé) (v. 1905-1964), originaire de Chevrier, curé de Collonges-sous-Salève (74) en 1941. Fait passer plusieurs personnes en Suisse. Agent de liaison pour la Résistance. Décoré de la médaille des Justes parmi les Nations.
    • Paul Collomb (1921-2010), peintre et lithographe, inhumé au cimetière du village.

    Notes et références

    Voir aussi

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