Tamia
groupe de mammifères rongeurs
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Suisse, Chipmunk
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Sous-classe | Theria |
| Ordre | Rodentia |
| Sous-ordre | Sciuromorpha |
| Famille | Sciuridae |
| Sous-famille | Xerinae |
| Tribu | Marmotini |
Genres de rang inférieur
Les Tamias, également connus sous le nom de Suisses au Québec ou encore sous l’anglicisme de Chipmunks, sont un groupe de petits mammifères rongeurs de la famille des Sciuridae (écureuils vrais, marmottes, etc.). Semblables à des écureuils, ils sont caractérisés par leur petite taille, ainsi que leur pelage rayé, et sont présents essentiellement en Amérique du Nord, à l’exception du tamia de Sibérie, qui vit en Eurasie. Les tamias sont répertoriés en trois genres : Tamias, Eutamias et Neotamias, tous rassemblés dans les taxons informels de Tamiini et Tamiina. Les espèces des différents genres sont souvent confondues entre elles en raison de leur ressemblance.
Dénominations et Étymologies
Le terme « tamia » viendrait du grec ancien grec tamias, « économe, intendant », du fait que cet animal amasse généralement des provisions pour l’hiver[3]. Le nom « Tamia » est un nom vernaculaire qui peut également désigner les espèces du genre Sciurutamias.
Au Québec, l’animal est couramment désigné sous le nom de « suisse », ainsi que ses variantes, notamment celui de « petit suisse » (p’tit suisse) ou « suisse rayé » (désignant plus particulièrement l'espèce Tamias striatus). Le nom de « suisse » aurait été une dénomination utilisée en France pour désigner des animaux à rayures, qui aurait évoqué la tenue des gardes suisses du Vatican ou bien des mercenaires suisses qui ont servi la France du XVe siècle au XIXe siècle. Mais certains littéraires français affirment qu’il ne s’agit que d’un terme exclusivement canadien[4].
Notamment par l’intermédiaire de la culture populaire américaine, ils sont également connus sous le nom anglais de « chipmunk »[5]. Le nom provient probablement du mot en ojibwé ajidamoo (ᐊᒋᑕᒨ)(ou possiblement ajidamoonh, la même forme dans le dialecte ottawa de l’ojibwé), qui signifie littéralement « celui qui descend les arbres la tête la première »[6].
Pendant un temps, les ces animaux ont été commercialisés en Europe sous les noms vernaculaires « d’écureuils de Corée » ou encore « écureuils japonais », mais en plus d’être ambiguë ou trompeurs, ces noms sont désormais devenus obsolètes, la ventes de ces espèces étant devenue illégale dans l’Union Européenne.
Taxonomie
Le genre Tamias était autrefois divisé en trois sous-genres regroupant l’ensemble des espèces de tamias : Tamias, qui comprend le Tamia rayé ainsi que d'autres espèces fossiles ; Eutamias, dont le Tamia de Sibérie (Eutamias sibiricus) est le seul représentant actuel ; et Neotamias, qui regroupe les 23 autres espèces, majoritairement occidentales. Ces classifications sont subjectives, et la plupart des taxonomies du XXe siècle plaçaient les tamias dans un seul genre. Toutefois, des études basées sur l’ADN mitochondrial montrent que la divergence entre chacun des trois groupes de tamias est comparable au degré de dissimilarité génétique observé entre Marmota et Spermophilus[7],[8],[9],[10], si bien qu’ils sont aujourd’hui souvent considérés comme des genres distincts.
Liste des espèces
| Genre | Nom commun, nom binominal et auteur | Image | Répartition géographique |
|---|---|---|---|
| Tamias | Tamias striatus Tamia rayé[12] |
Est de l'Amérique du Nord | |
| Eutamias | Eutamias sibiricus Tamia de Sibérie[12] |
Asie : Russie, Chine, Corée, Japon. Introduits en Europe. | |
| Neotamias | Neotamias minimus Tamia mineur[12] |
Amérique du Nord : des Rocheuses aux Grandes Plaines et au Canada | |
| Neotamias alpinus Tamia de montagne[12] |
Sierra Nevada, Californie, États-Unis | ||
| Neotamias amoenus Tamia amène[12] |
Nord-ouest des États-Unis et sud-ouest du Canada | ||
| Neotamias bulleri Tamia de Buller[12] |
Mexique (Sierra Madre Occidentale) | ||
| Neotamias canipes Tamia à pattes grises[12] |
Sud-est du Nouveau-Mexique et ouest du Texas, États-Unis | ||
| Neotamias cinereicollis Tamia à col gris[12] |
Centre et est de l'Arizona, Nouveau-Mexique, États-Unis | ||
| Neotamias cratericus (Blossom, 1937) |
Idaho, États-Unis | ||
| Neotamias dorsalis Tamia des falaises[12] |
Sud-ouest des États-Unis et nord du Mexique | ||
| Neotamias durangae Tamia du Durango[12] |
Mexique (Durango, Chihuahua) | ||
| Neotamias grisescens (Howell, 1925) |
Washington, États-Unis | ||
| Neotamias merriami Tamia de Merriam[12] |
Centre et sud de la Californie, États-Unis | ||
| Neotamias obscurus Tamia du chaparral[12] |
Sud de la Californie, États-Unis et Mexique | ||
| Neotamias ochrogenys Tamia des séquoias[12] |
Californie, États-Unis | ||
| Neotamias palmeri Tamia de Palmer[12] |
Nevada, États-Unis | ||
| Neotamias panamintinus Tamia des Panamint[12] |
Californie et Nevada, États-Unis | ||
| Neotamias quadrimaculatus Tamia à grandes oreilles[12] |
Californie, États-Unis | ||
| Neotamias quadrivittatus Tamia du Colorado[12] |
Colorado, États-Unis | ||
| Neotamias ruficaudus Tamia à queue rousse[12] |
Nord-ouest des États-Unis et sud-ouest du Canada | ||
| Neotamias rufus Tamia roux[12] |
Arizona, États-Unis | ||
| Neotamias senex Tamia d'Allen[12] |
Californie, États-Unis | ||
| Neotamias siskiyou Tamia des Siskiyou[12] |
Oregon et Californie, États-Unis | ||
| Neotamias solivagus (Howell, 1922) |
Mexique (Coahuila, Nuevo León) | ||
| Neotamias sonomae Tamia de Sonoma[12] |
Californie, États-Unis | ||
| Neotamias speciosus Tamia de Californie[12] |
Californie, États-Unis | ||
| Neotamias townsendii Tamia de Townsend[12] |
Nord-ouest des États-Unis et sud-ouest du Canada | ||
| Neotamias umbrinus Tamia des Uinta[12] |
Montagnes Rocheuses, États-Unis |
Espèces similaires
On peut confondre les tamias avec certains spermophiles rayés comme Spermophilus lateralis, les écureuils palmistes (Funambulus sp.) ou encore l'Écureuil de Barbarie (Atlantoxerus getulus). Mais ces derniers ont des rayures dorsales qui s'arrêtent à la nuque et sont plus gros.
Au Québec, les espèces similaires sont[13] :
- Écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus) ;
- Écureuil gris (Sciurus carolinensis) ;
- Grand Polatouche (Glaucomys sabrinus) ;
- Petit Polatouche (Glaucomys volans).
- Écureuil terrestre doré (Callospermophilus lateralis)
- Comparaison entre l'Écureuil terrestre doré (en haut) et le tamia rayé (en bas)
- Écureuil de Barbarie (Atlantoxerus getulus)
- Écureuil palmiste (Funambulus sp.)
Alimentation
Comme la plupart des écureuils, les tamias sont relativement omnivores, et notamment mycophages[14]. L'animal tient sa nourriture dans ses pattes antérieures et la grignote avec adresse en utilisant ses incisives comme levier pour casser une graine, un fruit sec ou encore de limaces. Il fréquente volontiers les mangeoires disposées pour les oiseaux. Les tamias possèdent des abajoues particulièrement extensibles dans lesquelles ils stockent provisoirement les graines afin de les transporter dans des cachettes.
Problèmes sanitaires
La maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme), maladie vectorielle causée par des bactéries du genre Borrelia, hébergées notamment par les rongeurs, est transmise à l'homme par la piqûre de tiques. La recrudescence des cas de maladie de Lyme ont conduit des chercheurs de l’Inra, du Muséum national d'histoire naturelle et de l’Institut Pasteur à étudier le rôle spécifique du tamia de Sibérie (Tamias sibiricus barberi) introduit dans les forêts d'Europe dans les années 1960, par marronnage des animaux de compagnie abandonnés par leur possesseur à proximité des grandes villes européennes. Ils ont étudié ce tamia acclimaté dans la forêt de Sénart, près de Paris. L'étude a démontré qu'il contribue de façon prédominante au risque de transmission de la maladie de Lyme pour l’homme, beaucoup plus que les rongeurs autochtones, en raison d’une prévalence d’infection élevée, mais aussi du fait qu’il héberge un plus grand nombre de tiques. Ces résultats démontrent que l’introduction d’une espèce exotique peut ne pas être anodine en matière de santé publique[15].
En conséquence, la détention de cette espèce est interdite dans l'Union Européenne depuis 2016[16].
Les tamias dans la culture populaire
Dans le dessin animé de Disney, on trouve des tamias, ainsi que des ratons-laveurs, parmi les animaux qui aident Blanche-Neige dans la forêt, alors que le conte est censé évoquer l'Europe de la Renaissance[17].
- Les deux héros de dessin animé Walt Disney Tic et Tac sont des tamias anthropomorphes.
- Trois petits tamias sont mis en scène dans le groupe de musique fictif Alvin et les Chipmunks, popularisant la dénomination anglaise de « chipmunk » à l’international, notamment en français.
- Dans le film Il était une fois, Pip est un tamia.
- Dans la série Happy Tree Friends, Giggles est un tamia.
- Dans le jeu vidéo Red Dead Redemption 2, le tamia y est présent comme animal à chasser.
- Titana, un des nombreux Jewelpet qui est le partenaire de Nicola dans la deuxième saison de la saga, et représentant l'équilibre et la chance, est un petit tamia.