Cholula

ville mexicaine de l'État de Puebla, Mexique From Wikipedia, the free encyclopedia

Cholula, officiellement Cholula de Rivadavia, est une ville mexicaine de l'État de Puebla, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Puebla, la ville capitale de l'État. Son nom vient de Cholōllān en langue nahuatl, qui peut signifier « le lieu où l'eau tombe » ou bien « lieu de la fuite » (choloa, « fuir » et -llan, « lieu »). Elle est connue pour sa Grande Pyramide et ses très nombreuses églises (environ 70).

Pays
Municipalité
San Pedro Cholula (en) (chef-lieu)
Superficie
111,03 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Pays, État ...
Cholula
Géographie
Pays
État
Municipalité
San Pedro Cholula (en) (chef-lieu)
Superficie
111,03 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
2 150 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
102 260 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
921 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Identifiants
Code postal
72750Voir et modifier les données sur Wikidata
Indicatif téléphonique
222Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
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Elle est située à 2 135 mètres d'altitude, au pied du Popocatepetl, un volcan toujours en activité. Sur le plan administratif, elle est constituée de trois municipalités, Santa Isabel Cholula, San Andrés Cholula, San Pedro Cholula, avec une population totale de 275 558 habitants selon des chiffres de 2015[1]

Histoire

Epoque précoloniale

Si la zone est occupée depuis le paléolithique, c'est à la fin du premier millénaire av. J.-C. qu'un centre religieux en adobe est édifié[2].

Aa IIe siècle av. J.-C. un centre urbain se constitut, autour de l'activité religieuse de la ville. Vers 200, la première pyramide de Cholula est construite. La ville partage pendant toute la période sa sphère culturelle et d'influence avec la cité de Teotihuacán, avec laquelle elle est très liée bien que non-subordonnée politiquement[3]. La période classique marque le développement stable de la ville qui s'affirme comme centre centre rituel majeur de la région. La ville se dote de nouveaux temples, et la grande pyramide se voit agrandie. Une première période d'apogée est atteinte à la fin de la période classique, et dans la transition vers l'épiclassique (VIe siècle), avec par exemple la construction du Patio de los altares[3].

Au VIe siècle, les centres religieux connaissent des rituels de "terminaisons", caractérisés par la mutilation intentionnelle de statues et de constructions sacrées, des fragmentations d'objets rituels ainsi que des offrandes de conques et pierres vertes. Ces rituels, contemporains de la chute de Teotihuacán, démonteraient que la ville connaît un bouleversement politique, où les élites perdent leur légitimité et leur monuments sont désacralisés[4]. Cependant, l'épiclassique ne marque pas l'abandon de la ville, contrairement à certaines théories de la fin du XXe siècle[5],[3]. Les principaux sites religieux semblent effectivement abandonné après leurs rituels de terminaisons, mais d'autres lieux de cultes mineurs restent en activité, et la ville ne semble avoir aucune destruction massive comme Teotihuacán. Mais la ville de Cholula perd en effet de son importance, tandis qu'une partie de la population s'installe sur le Cerro Zapotecas, qui devient une sorte de place forte pour contrôler les routes commerciales de Cholula[5].

Au IXe siècle, la ville semble passer sous l'influence des Olmèques-Xicallanca, mais ses pratiques religieuse et sa représentation du pouvoir se différencie de Cacaxtla, suggérant une certaine indépendance de la ville[4]. Cholula réussit à maintenir une place importante pendant l'épiclassique, au côté de Xochicalco, Cacaxtla, Tula et El Tajín. C'est à cette période que la grande pyramide connaît le réaménagement de sa Grande Pyramide, témoignant du regain de son importance religieuse[6].

Située au carrefour de plusieurs villes et régions d'importance (Oaxaca, le golfe et les hauts plateaux), à partir du XIIe siècle Cholula commence à se développer comme ville artisanale et commerciale[6]. Des quartiers spécialisés et des unités corporatives (calpullis) se forment et favorisent l'étalement urbain. La cité devient alors un pôle majeur de la production de céramique et notamment de céramique polychromées (ou "Mixteca-Puebla")[7]. En parallèle, les pèlerinages se poursuivent et la ville affirme comme lieu sacré[6].

A partir des années 1300, face à l'expansion du pouvoir des cités de la vallée de México, Cholula se rapproche politiquement de Tlaxcala, sans pour autant se subordonner. Elle se positionne en intermédiaire diplomatique relativement neutre entre Tlaxcala et la Triple Alliance, notamment grâce à son prestige religieux, lui permettant de conserver ainsi son statut de ville commerçante. Son marché permanent devient l'un des plus important de Mésoamérique. Les produits locaux (céramique, tissus) côtoient les biens de prestige des pochtecas y commercent ː plumes, cacao, obsidienne, etc. Ainsi, grâce à cette protection militaire et à son prestige religieux, la cité ne sera jamais conquise par la Triple Alliance, et son activité économique reste stable[6],[7].

Epoque coloniale

À l'arrivée d'Hernán Cortés en 1519, c'était la seconde plus grande ville de l'empire Aztèque (après la capitale Tenochtitlan), avec probablement plus de 100 000 habitants. Cortés, qui s'y était arrêté alors qu'il marchait vers Tenochtiltan, eut vent d'une embuscade que les Aztèques voulaient lui tendre à la sortie de la ville. Il décida de frapper le premier et convoqua les notables de Cholula au temple de Quetzalcoatl. Une fois ceux-ci arrivés, Cortès les fit massacrer et ses alliés Tlaxcaltèques mirent la ville à sac (massacre de Cholula).

Grande Pyramide

Cholula est célèbre pour sa Grande Pyramide bâtie, selon les archéologues, du IIe au XVIe siècle, par les différentes ethnies ayant peuplé la cité. Selon les indigènes, elle aurait été bâtie par des géants avant le déluge. C'est la plus grande pyramide faite par l'homme en termes de volume déplacé (4,45 millions de m3)[8]. Elle fait 350 m de côté[9] et 66 m de haut.

Construite à l'origine par les Olmèques vers , elle a été complétée et utilisée par les Toltèques et les Aztèques comme lieu de rituel religieux et de sacrifice humain. Aujourd'hui la pyramide disparaît presque entièrement sous une colline d'aspect naturel au sommet de laquelle trône l'église de Nuestra Señora de los Remedios, « Notre-Dame-du-Bon-Secours » en français.

Mythologie

Dans la mythologie aztèque, cette montagne a été la maison des géants, fils de Cihuacoatl et Mixcoatl, qui habitaient sur la terre pendant le déluge Atonatiuh[10].

Galerie

Notes et références

Liens externes

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