Chris Rea

musicien britannique From Wikipedia, the free encyclopedia

Christopher Anton Rea, dit Chris Rea, né le à Middlesbrough (Yorkshire du Nord) et mort le à Londres, est un auteur-compositeur-interprète, guitariste de soft rock et blues rock britannique d'origine italienne et irlandaise.

Nom de naissance Christopher Anton Rea
Décès (à 74 ans)
Londres (Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Faits en bref Nom de naissance, Naissance ...
Chris Rea
Description de cette image, également commentée ci-après
Chris Rea en 2012.
Informations générales
Nom de naissance Christopher Anton Rea
Naissance
Middlesbrough (Yorkshire du Nord, Royaume-Uni)
Décès (à 74 ans)
Londres (Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Pop, blues, rock
Instruments Vocal, guitare, piano
Années actives 1978 - 2025
Labels United Artists Records
Geffen Records
East West Records
Motown Records
Fermer

L'artiste, à la voix rocailleuse et au jeu de guitare slide, est connu pour ses titres I can hear your Heartbeat (1983), Josephine (1985), On the Beach (1986), The Road To Hell, part 2 (1989) Auberge (1991) Julia (1993). Le chanteur produit 25 albums et a du succès principalement dans les pays européens[1]. En France, il a vendu 1 200 000 albums selon le site Infodisc[2].

Biographie

Christopher Anton Rea est né le à Middlesbrough, dans le North Riding du Yorkshire, d'un père italien, Camillo Rea (décédé en décembre 2010), originaire d'Arpino, dans la province de Frosinone[3],[4],[5],[6], et d'une mère irlandaise, Winifred K. Slee (décédée en septembre 1983)[7],[8]. Chris Rea a deux frères et quatre sœurs[9],[10]. Sa famille était de confession catholique[11]. Son père était glacier à Guisborough, dans la proche banlieue de Middlesbrough. Le nom Rea était bien connu dans le coin en raison de l’usine de crème glacée et de la chaîne de cafés de son père[12],[3],[13]. Dès l'âge de douze ans, Chris Rea travaille comme serveur au café et à la fabrication de glaces à l'usine. Il souhaite alors développer l'entreprise mais ses idées ne rencontrent aucun soutien de la part de son père. Après son départ, il est remplacé par l'un de ses frères[14]. À cette époque, il aspire à devenir journaliste et étudie au Saint Mary's College de Middlesbrough[15].

Débuts

Chris Rea succède à David Coverdale (futur Deep Purple et Whitesnake) dans le groupe Magdalene, et gagne un concours national de jeunes talents en 1975, mais le groupe ne parvient pas à signer un contrat avec une maison de disques. Chris Rea le quitte pour entamer en 1976 une carrière solo et signe alors un contrat avec la maison de disques Magnet. En 1978, il enregistre l'album Whatever Happened to Benny Santini? avec le titre Fool (If You Think It's Over) écrit pour une de ses sœurs, l'album devient disque d'or aux États-Unis. Il obtient une nomination pour le Grammy Award du meilleur nouvel artiste[16].

Le nom de l'album Whatever Happened to Benny Santini? provient du fait que sa première maison de disque lui avait conseillé d'abandonner son vrai nom au profit de « Benny Santini », ce qu'il a refusé[17].

Percée européenne

Chris Rea dans les années 1980.

Chris Rea commence par se concentrer sur l'Europe, sortant huit albums dans les années 1980. Après quelques échecs, son cinquième album Water Sign (1983), porté par la chanson I can hear your Heartbeat, est un succès en Irlande et en Europe continentale. Ce n'est qu'avec les albums suivants Wired to the moon (1984) et Shamrock Diaries (1985) qu'il renoue avec le succès au Royaume-Uni[18]. Les titres Josephine (1985) et On the Beach (1986) ont un grand succès en France[19]. La compilation New Light Through Old Windows (1988) regroupe ses plus grands titres d'alors.

Son album The Road to Hell (1989) l'amène au sommet de sa carrière : il est no 1 dans les hit-parades anglais. Cette popularité européenne ne traverse toutefois pas l'Atlantique, où ses chansons connaissent des résultats plus modestes. L'album Auberge (1991), trouve lui aussi son public en Europe et se hisse en haut des classements britanniques[20].

Durant cette période, l'artiste obtient trois nominations comme meilleur artiste solo masculin : aux Brit Awards 1988, aux Brit Awards 1989 ainsi qu'aux Brit Awards 1990.

Après Auberge

En 1991, Chris Rea compose une chanson pour Johnny Hallyday, True to you[21]. De 1991 à 2005, Chris Rea produit presque chaque année un album. Même s'il ne rencontre pas le même succès, il poursuit enregistrements et tournées.

En 2000, le groupe français de musique électronique Superfunk, associé au chanteur américain Ron Carroll, s'inspire largement dans leur morceau Lucky Star du morceau Josephine[22].

En 2001, un remix du titre de Chris Rea On The Beach (1986) rencontre un petit succès sur les pistes de danse.

Maladie et retour au blues

En 1994, on lui diagnostique un cancer du pancréas. Il subit une intervention chirurgicale d'urgence au cours de laquelle son pancréas, sa vésicule biliaire et une partie de son foie lui sont retirés. Il développe alors un diabète insulinodépendant[23]. Au total, il subit neuf opérations chirurgicales majeures et passe 32 semaines à l'hôpital[24].

Après ce cancer, Chris Rea se promet de revenir aux racines du blues, si jamais sa santé le lui permet. C'est ce qu'il fait en 2002, avec l'album Dancing Down The Stony Road, résultat de séances d'enregistrement en France et en Angleterre. Une version raccourcie de cet album sortit plus tard sous le titre Stony Road. L'album est suivi d'un DVD du même nom incluant un making-of et l'enregistrement du concert donné au Montreux Jazz Festival[17].

En 2003, il crée le label Le Jazzee Blue afin de se libérer de la pression des maisons de disques et de leurs contraintes dans la création[25]. La même année, il sort l'album de blues intitulé Blue Street (Five Guitars), album jazz-blues instrumental contenant un impressionnant jeu de guitare. En 2004, The Blue Jukebox, un autre album jazz-blues, voit le jour.

En tant que bluesman, Chris Rea est un musicien fidèle à ses racines. Il a travaillé avec David Knopfler sur deux albums, Wishbones en 2001 et Ship of Dreams en 2004. Après la sortie d'un coffret de 11 nouveaux CD fin 2005 intitulé Blue Guitars, il entame en février 2006 ce qu'il dit être la dernière tournée de sa carrière.

En 2008, il fait un retour remarqué avec The Return of the Fabulous Hofner Blue Notes, album très travaillé artistiquement que les amateurs considèrent en même temps comme un retour aux sources mais aussi comme un renouveau musical, comme l'atteste la surprenante Russian Roulette[26]. La même année sort une nouvelle compilation intitulée selon l'un de ses titres les plus connus, Fool if You Think it's Over Tu es idiot si tu crois que c'est fini »).

En 2016, il est victime d'un AVC, après quoi il arrête de fumer[27]. Il se rétablit suffisamment pour enregistrer des albums et repartir en tournée[28].

En 2022, sa chanson Driving Home for Christmas entre dans le Top Ten britannique. Sortie en 1986, elle connait un succès tardif mais durable[29].

Cinéma

L'un des rêves d'enfant de Chris Rea était de réaliser des films et de travailler comme compositeur de musique de film[30]. Il a composé la chanson-titre du film allemand Auf immer und ewig de Buschmann sorti en 1986[31], également présente sur l'album On The Beach. Il a également écrit la chanson-titre de la comédie dramatique britannique primée Soft Top, Hard Shoulder de Stefan Schwartz sorti en 1992, ainsi que les bandes originales de ses propres films. Il a de plus composé et interprété la musique du film policier allemand Blutsbrüder d'Hajo Gies, sortie en 1997. Plusieurs de ses chansons ont également été utilisées dans des films classiques, comme Looking for the Summer (en) dans Basic Instinct de Paul Verhoeven sorti en 1992, ou encore Road to Hell (Part 2) dans Der Schattenmann de Dieter Wedel, sorti en 1995[32].

Chris Rea est le réalisateur du long-métrage La passione, sorti en 1996. Le film, dont l'action se situe au début des années 1960, s'articule autour de la rencontre passionnelle entre un jeune garçon et l'atmosphère du monde des Grands Prix de Formule 1. Ce thème est largement révélateur d'un sujet cher à Chris Rea, lui-même grand passionné de sport automobile. La chanteuse de jazz Shirley Bassey y apparaît. Chris Rea compose lui-même la bande originale de l'œuvre.

Chris Rea joue également dans le film de Michael Winner, Parting Shots (en) sorti en 1999, une comédie dans laquelle il tient le rôle principal, aux côtés de Diana Rigg, John Cleese, Oliver Reed, Bob Hoskins et Joanna Lumley. Il y joue le rôle d'un homme à qui l'on révèle que le cancer lui laisse six semaines à vivre et qui décide de tuer ceux qui lui ont fait du mal durant sa vie.

Son dernier travail cinématographique est la production de deux documentaires : Santo Spirito, sur la basilique Santo Spirito de Florence, et Bull Fighting, sur le matador El Juli. Ces deux films font partie du projet musical britannico-italo-espagnol sorti en 2011, Santo Spirito Blues[33].

Vie personnelle

Chris Rea se décrivait consciemment comme un musicien et non comme une rock star[34] : « Ils (les rock stars) se préoccupent de leurs cheveux. Ils ont constamment recours à la chirurgie esthétique. L’apparence et la voix sont primordiales. C’est narcissique. Ce n’est pas mon genre. »[35]

Vie familiale

Chris Rea s'est marié à Joan Lesley, avec qui il entretenait une relation depuis leur rencontre à l'adolescence, le 6 avril 1968, dans leur ville natale de Middlesbrough[36],[37]. Ils ont deux filles, Josephine, née en 1983, et Julia, née en 1989. Chris Rea a dédié les chansons Stainsby Girls (en) (1985), Josephine (1985) et Julia (en) (1993) à sa femme (une ancienne élève de la Stainsby Secondary Modern School à Middlesbrough) et à ses filles [38],[39],[40],[41]. Il se décrivait comme un homme de famille et subordonnait certaines décisions de sa carrière à ses proches, notamment en renonçant à des tournées aux États-Unis. D'une part, cela aurait entraîné des séparations fréquentes et, d'autre part, ses enfants n'auraient pas eu une vie stable dans ces conditions.

Chris Rea vivait à Cookham dans le Berkshire[42],[43], où il possédait les studios d'enregistrement Sol Mill (en). Il y a produit certains de ses derniers albums[44],[45]. Lorsqu'il n'écrivait pas de chansons, il s'adonnait notamment à la peinture[46],[47],[48],[49]. Chris Rea confiait qu'il aimait « beaucoup lire et que, même s'il avait choisi la musique, le journalisme était sa première passion. Il voulait être journaliste et écrire sur les courses automobiles […] au fond de lui, il croit qu'il aurait pu être un bon journaliste »[50].

Voitures et courses automobiles

Chris Rea en course au volant de sa Lotus Mark VI au Goodwood Revival de 2009.

Comme en témoigne son film semi-autobiographique La Passione (en), Chris Rea est passionné d'automobile depuis son enfance, et plus particulièrement de sport automobile.

Il participe occasionnellement à des courses de voitures classiques[51],[52]. Il pilote notamment une Dino[53], une Ferrari 328[54] et une Lotus Mark VI (en) de 1955[54],[55],[56]. En 1993, il participe à l'épreuve ToCa (British Touring Car Championship) en tant que pilote invité[57]. Il a possédé et piloté une Lotus Elan 26R de 1964[54],[58],[59] et la Lotus Seven figurant sur la pochette de l'album Auberge[60], ainsi que dans le clip de la chanson Looking For The Summer, et ce jusqu'à sa vente en 2005. L'intégralité du produit de la vente (11 762 £) a été reversée à l'association caritative NSPCC (en) (The National Society for the Prevention of Cruelty to Children)[61]. Il a également possédé la Ferrari 330 qui a servi de base à la réplique de la Ferrari 250 Le Mans utilisée dans le film La Passione (1996)[62]. En 2014, il achève la restauration, entamée vingt-deux ans plus tôt, d'une réplique d'une Ferrari 156 Sharknose de Formule 1[38]. Il a également rejoint le Historic Racing Drivers Club, où il a conduit une voiture de police Morris Minor 1000 de 1957[63].

L'influence de cette passion transparaît dans les paroles de nombre de ses chansons, grâce à ses fréquentes références aux routes et aux voitures, ainsi que dans le son de sa guitare, qui prend parfois des sonorités automobiles, notamment dans ses morceaux rock.

Chris Rea a profité de plusieurs occasions pour s'impliquer en Formule 1, notamment en tant que mécanicien dans les stands pour l'écurie irlandaise Jordan Grand Prix lors du Grand Prix de Monaco 1995[64]. Il a par ailleurs enregistré une chanson, Saudade, en hommage au triple champion du monde de Formule 1 Ayrton Senna. Cette chanson a été mise en avant dans le documentaire de la BBC diffusé en 1995, The career and life of Senna, à propos de la vie et de la mort tragique de l'un des plus grands pilotes de Formule 1[65].

Politique

« Je suis un anarchiste constructif. […]
La vérité, c'est que je ne pense pas que la réponse se trouve à gauche ou à droite. Je trouve les deux camps absolument scandaleux et stupides[66].

L'idée de la chanson I Ain't The Fool m'est venue lors d'une émission de télévision en direct ; en coulisses, dans la zone des invités, se trouvaient deux politiciens qui étaient des ennemis publics ; en public, ils étaient de véritables adversaires, et j'étais stupéfait de leur amabilité apparente, de l'indifférence apparente à tout le reste, et du fait qu'ils planifiaient tout cela comme s'il s'agissait d'un grand spectacle. Ça m'a sidéré. J'avais toujours naïvement cru que le but premier d'un politicien était de changer le monde. Jusqu'à ce jour, je n'avais pas réalisé que ces gens ne sont que des égocentriques, rien de plus[67]. »

Chris Rea

Sur le plan politique, Chris Rea critique les idéologies de gauche comme de droite, une position qui transparaît dans plusieurs de ses chansons et dans certaines interviews qu'il donne au fil des ans.

Durant ses études de journalisme, au plus fort des critiques contre l'intervention américaine au Vietnam, Chris Rea s'attire des inimitiés après avoir déclaré lors d'un débat que la plupart des gens préféreraient que leurs rues soient patrouillées par des chars américains plutôt que russes. Peu après, il est renvoyé de l'université suite à un incident avec un professeur au sujet d'une dissertation qu'il avait rendue sur le poète pacifiste Siegfried Sassoon qui, selon lui, ne présentait pas une perspective de gauche[66]. À l'inverse, dans le documentaire accompagnant le DVD The Road to Hell & Back, Chris Rea critique la montée du consumérisme en Russie et affirme qu'un gouvernement – celui de l'ex-URSS – capable de fabriquer des bracelets-montres pour les aveugles ne pouvait pas être si mauvais.

Chris Rea critique également les politiques de droite, notamment le gouvernement de Margaret Thatcher, auquel il fait allusion dans les chansons Gonna Buy a Hat et Looking for a Rainbow. Il critique aussi vivement Tony Blair et George W. Bush après la guerre d'Irak, leur dédiant respectivement les chansons Legacy Blues et Speak of God, Act Like the Devil. Concernant Blair, il passe de la conviction qu'il était un homme politique honnête à l'insulter violemment[68].

En 2008, le quotidien britannique Daily Mail rétracte son article précédent selon lequel Chris Rea aurait fait un don important au Parti conservateur. Il s'agissait en réalité d'un donateur portant le même nom[69].

Dans une interview accordée en pleine campagne pour les élections générales britanniques de 2017, Chris Rea apporte son soutien à Jeremy Corbyn et a composé une chanson intitulée What's So Wrong with a Man Who Tells the Truth? (Qu'y a-t-il de mal à dire la vérité ?), déclarant : « Auparavant, Corbyn ne servait à rien. Parce qu'il disait des mauvaises choses. Mais les jeunes en ont assez. »[70] Chris Rea estime alors que les politiciens et les gouvernements du Royaume-Uni et de l'Union européenne sont déconnectés des réalités du peuple[50]. Il est sceptique quant à l'idée d'une unification de l'Europe car, selon lui, un marché unique européen « force des gens différents à vivre ensemble [alors qu']ils n'en ont tout simplement pas envie »[50], rappelant l'effondrement de la Yougoslavie[50].

Concernant ses convictions religieuses, Chris Rea a déclaré être ouvert et optimiste après avoir renoncé à l'orthodoxie catholique, tout en reconnaissant l'influence de son éducation religieuse sur son écriture : « Pendant plus de 15 heures par semaine, j'étais plongé dans un monde peuplé de types qui volaient avec des ailes, de types barbus qui dominaient le monde, de stigmates, d'exorcismes… tout ça. Quand tout cela se passe dans le cerveau d'un enfant de trois à quatorze ans, il n'est pas étonnant que cela le façonne d'une certaine manière. »[66]

Mort

Chris Rea meurt le à l'hôpital à Londres, à l'âge de 74 ans, des suites d'une courte maladie[71],[72]. Il est ainsi le troisième parmi ses frères et sœurs à mourir au cours des derniers mois[73].

Discographie

Albums studio

Compilations

  • 1988 : New Light Through Old Windows (en) (album remastérisé de ses meilleurs morceaux)
  • 1994 : The Best of Chris Rea (en)
  • 1998 : Square Peg, Round Hole[74]
  • 2001 : The Very Best of Chris Rea (en)
  • 2005 : Blue Guitars: A Collection of Songs
  • 2006 : The Road To Hell & Back (Live)
  • 2008 : Fool if you think it's over (en)
  • 2009 : Still So Far to Go: The Best of Chris Rea (en)
  • 2020 : ERA 1: As, Bs and Rarities 1978-1984
  • 2025 : The Christmas Album

Prix et distinctions

Autographe, empreintes de mains et un dessin de Chris sur le « Walk of Stars olympique de Munich ».
  • 1994 : Médaille d’or RSH (de) dans la catégorie « Power Groove de l’année »[75]
  • 2013 : Promenade des étoiles des Jeux olympiques de Munich (de).

Notes et références

Liens externes

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