Chromista

règne d'organismes eucaryotes From Wikipedia, the free encyclopedia

La taxinomie des Chromista est en pleine évolution voire révolution, et les différentes classifications sont très disparates, notamment entre les classifications qui maintiennent une taxonomie plus classique et les classifications purement cladistiques qui ont réparti le groupe dans les clades SAR, Telonemia, Haptista, Pancryptista.

Faits en bref Clade, Domaine ...
Chromista
Description de cette image, également commentée ci-après
Classification Taxonomicon
Clade Biota
Clade Neomura
Domaine Eukaryota
Clade Neokaryotes
Clade Neozoa
Super-règne Corticata

Règne

Sous-règnes de rang inférieur

  • Hacrobia Okamoto, Chantangsi, Horák, Leander & Keeling (2009)
  • Harosa Cavalier-Smith, 2010
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Les Chromistes[a] (Chromista) sont un règne d'organismes uni- et pluricellulaires eucaryotes regroupant des taxons historiquement considérés comme des protozoaires (Foraminifères, Radiolaires, Ciliés, etc.), comme des champignons (Oomycètes, Labyrinthulomycètes, etc.) et des algues (Algues brunes, Diatomées, Dinoflagellés, Coccolithophores, etc.).

Historique

Ce règne a été proposé par le biologiste britannique Thomas Cavalier-Smith en 1981[1]. Les Chromista étaient d'abord un clade supposé d'organismes eucaryotes pour la plupart photosynthétiques, regroupant également certains organismes autrefois classés parmi les « champignons inférieurs » — donc hétérotrophes. La pertinence de ce clade a été remise en cause par des études de 2007[2] rapprochant les Stramenopiles des Rhizaria. Il a donc été proposé d'utiliser le terme de Chromista pour désigner l'ensemble présumé monophylétique formé par les Harosa et les Hacrobia à la place du terme de Chromalveolata au sens large[3].

Les Chromistes sont moins diversifiés que les algues vertes mais plus que les algues rouges[4].

Le groupe Chromista est polyphylétique, alors, ce nom n'est plus utilisé pour le groupe[5],[6],[7].

Étymologie

Le terme Chromista dérive du grec χρῶμα / chróma, couleur, en référence aux pigments de ces organismes qui leur donne une teinte plus ou moins soutenue. Le terme fut inventé en 1981 par le biologiste britannique Thomas Cavalier-Smith, sur la base de termes plus anciens, par exemple Chromophyta.

Caractéristiques propres

On trouve des caractéristiques propres au groupe, qui peuvent avoir disparu secondairement :

  • Un réticulum périplastidial, situé entre les deux enveloppes du chloroplaste et les deux membranes externes.
  • Les deux sous-groupes Straménopiles et Haptophytes présentent les mêmes pigments photosynthétiques.
  • Le chloroplaste de la cellule est constitué de quatre membranes : les deux membranes communément trouvées chez les chloroplastes et deux membranes externes reliées le plus souvent à l'enveloppe nucléaire. Cette situation serait le résultat d'une endosymbiose secondaire et plus précisément d'une ingestion d'une Rhodophyte unicellulaire par un autre Eucaryote. À ce sujet, la communauté scientifique cherche à savoir si l'endosymbiose s'est effectuée plusieurs fois au sein des Chromistes ou si cela a été réalisé une seule fois — et l'endosymbiote ensuite perdu —, ce qui résoudrait le problème des Straménopiles non photosynthétiques.

Géologie

Le plus ancien fossile connu présumé date du Précambrien (700 Ma).

En effet, le Précambrien récent a livré des fossiles de type « film carboné », se présentant principalement sous la forme de simples empreintes noirâtres dans la roche. Si certaines de ces compressions sont dépourvues de caractéristiques distinctes et correspondraient à d'anciens tapis microbiens, d'autres exhibent une structure dotée d'un thalle. Cette morphologie suggère qu'elles appartiennent à des organismes analogues à des algues, peut-être des algues brunes, ou phéophytes. Bien que les phéophytes puissent avoir des origines remontant à l'Ordovicien, leurs traces fossiles demeurent rares avant le Miocène[8],[9].

Les chromistes dotés d'un squelette minéral, de silice ou de carbonate de calcium, possèdent un registre fossile bien plus fourni. L'accumulation de leurs tests fossilisés, comme ceux des diatomées, des coccolithophores et des silicoflagellés, est parfois à l'origine de formations rocheuses entières. Leur origine est ancienne, avec des fossiles potentiels mais contestés dès le Précambrien récent. Les premiers diatomées et coccolithophores incontestables apparaissent au Jurassique, tandis que les chrysophytes et les silicoflagellés sont avérés à partir du Crétacé. Pour la majorité des autres chromistes, les témoignages fossiles, extrêmement fragmentaires, ne remontent pas au-delà de cette même période. Au Cénozoïque, les restes de chromistes siliceux, notamment les diatomées et les chrysophytes, deviennent souvent prépondérants dans les sédiments lacustres[8].

Liste des embranchements/divisions

Selon AlgaeBase (29 janvier 2022) :

  • Embranchement des Bacillariophyta Karsten
  • Embranchement des Bigyra Cavalier-Smith
  • Embranchement des Cryptophyta Cavalier-Smith
  • Embranchement des Katablepharidophyta N.Okamoto & I.Inouye
  • Embranchement des Ochrophyta Cavalier-Smith
  • Embranchement des Telonemia Shalchian-Tabrizi & al.
  • Embranchement des Chromista phylum incertae sedis
  • sous-règne des Hacrobia
    • Embranchement des Cryptista Cavalier-Smith
    • Embranchement des Haptophyta Hibberd ex Edvardsen & Eikrem
  • sous-règne des Harosa (supergroupe SAR)
    • infra-règne des Halvaria (ou Heterokonta ?)
    • infra-règne des Rhizaria
      • Embranchement des Foraminiferida d'Orbigny

Selon Cavalier-Smith (1981, 2004, 2010)[10],[11],[3] :

  • sous-règne des Harosa (Cavalier-Smith 2010)
    • infrarègne des Heterokonta (Cavalier-Smith 1986)
      • embranchement des Bigyra (Cavalier-Smith 1998)
      • embranchement des Pseudofungi (Cavalier-Smith 1986)
      • embranchement des Ochrophyta (Cavalier-Smith 1986)
        • sous-embranchement des Phaeista (Cavalier-Smith 1995)
          • infraembranchement des Hypogyrista (Cavalier-Smith 1995)
          • infraembranchement des Chrysista (es) (Cavalier-Smith 1986)
        • sous-embranchement des Diatomeae (Dumortier 1821)
    • infrarègne des Alveolata (Cavalier-Smith 1991)
      • embranchement des Myzozoa (Cavalier-Smith 2004)
        • sous-embranchement des Dinozoa (Cavalier-Smith 1981)
        • sous-embranchement des Apicomplexa (Levine 1970)
      • embranchement des Ciliophora (Doflein 1901)
    • infrarègne des Rhizaria (Cavalier-Smith 2002)
      • embranchement des Cercozoa (Cavalier-Smith 1998)
      • embranchement des Retaria (Cavalier-Smith 1999)
        • sous-embranchement des Foraminifera (Eichwald 1830)
        • sous-embranchement des Radiozoa (Cavalier-Smith 1987)
  • sous-règne des Hacrobia (Okamoto et al. 2009)
    • embranchement des Cryptista (Cavalier-Smith 1989)
    • embranchement des Haptophyta (Hibberd 1976)
    • embranchement des Heliozoa (Haeckel 1862)

Selon ITIS (13 mars 2012)[12] :

Selon Catalogue of Life (13 mars 2012)[13] :

Selon World Register of Marine Species (13 mars 2012)[14] :

Selon Aubert (2017)[15] :

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

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