Citeo (France)
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Citeo est une entreprise privée, à but non lucratif, spécialisée dans le recyclage des emballages ménagers et des papiers graphiques. C'est également un lobby.
| Citeo | |
| Création | 8 septembre 2017 |
|---|---|
| Forme juridique | Société anonyme à conseil d'administration (s.a.i.) (d)[1] |
| Slogan | Donnons ensemble une nouvelle vie à nos produits |
| Siège social | Paris |
| Direction | Jean Hornain |
| Président | Antoine Fiévet |
| Activité | Collecte des déchets ménagers[2] |
| Filiales | Adelphe |
| Effectif | 285 (2021) |
| SIREN | 388380073 |
| Site web | https://www.citeo.com/ |
| Chiffre d'affaires | 894,2 M€ (2021) |
| Résultat net | 0 € (2021) |
| Société précédente | Ecofolio (d) et Éco-Emballages |
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Elle naît de la fusion en septembre 2017 d’Eco-Emballages et d’Ecofolio. L’activité de Citeo est réglementée par un agrément d’État pour une durée de cinq ans.
La mission de Citeo est de réduire l’impact environnemental des emballages et papiers, en proposant à ses clients metteurs en marché des solutions de réduction, de réemploi, de tri et de recyclage dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur.
Histoire
Création du principe de la Responsabilité élargie du producteur (REP)
Imaginée pour la première fois par le chercheur suédois Thomas Lindhqvist[3] la Responsabilité élargie du producteur (REP) est définie par l’OCDE, comme une approche de politique environnementale qui confère aux producteurs la responsabilité de leurs produits tout au long du cycle de vie de ces derniers[4].
En France, le dispositif des filières REP prend son essor en 1992[5] avec le décret no 92-377 du [6] qui impose aux entreprises de pourvoir à l’élimination des déchets d’emballages issus de la consommation de leurs produits mis sur le marché français et qui leur permet de déléguer cette obligation a un éco-organisme agréé par l'État.
Apparition des premières entreprises agrées en France
Eco-Emballages est une entreprise à but non lucratif agréée par l’État et créée en 1992, en application de ce décret, par les entreprises de la grande consommation[7]. Les entreprises des Vins et Spiritueux fondent la société Adelphe pour gérer la fin de vie des emballages de leur produits.
Plus tard, son périmètre s'élargit aux secteurs de la boulangerie, aux métiers de bouche et aux entreprises du médicament. Adelphe, filiale d'Eco-Emballages, reste depuis la fusion de 2017 une filiale de Citeo à 85 %.
Ecofolio a été créée en 2007 pour développer le recyclage de tous les imprimés papiers, gratuits ou non, sollicités ou non et des papiers à usage graphique.
Naissance de Citeo
En 2016, sur la préconisation de la Cour des comptes, une fusion est envisagée entre Eco-Emballages et Ecofolio afin de mutualiser les moyens et l'expérience des deux organismes pour améliorer le recyclage des emballages et des papiers en France[8].
Le 27 juin 2017, les assemblées générales de Eco-Emballages et Ecofolio votent la fusion des deux entreprises pour renforcer la compétitivité des filières de collecte et de recyclage des emballages ménagers et des papiers[9].
Le 17 novembre 2020, Citeo adopte le statut d’entreprise à mission en assemblée générale[10].
Depuis 2020, Citeo travaille particulièrement au développement d’actions Trois R (réduction, réemploi et recyclage) telles que définies par le décret Réemploi de 2021[11], en investissant notamment dans des centres de sur-tri permettant de mieux trier certains emballages plastiques[12],[13], ou en menant des expérimentations comme la réintroduction de la consigne d’emballages en verre dans quatre régions françaises[14].
En 2024, l’entreprise annonce la création d’un quatrième centre de sur-tri à Thiverval-Grignon, dans le 78[15], qui sera construit et exploité par la société SEPUR[16].
En 2025, Citeo finance 367 projets de collectivités locales, à travers des appels à projet qui ont reçu trois fois plus de candidatures que les années précédentes[17].
Gouvernance
Conseil d'administration
Au 24 juin 2025, la gouvernance de Citeo est composée de 6 collèges, avec un total de 18 administrateurs
- Industrie : 8 administrateurs (L'Oréal, Fromageries Bel, Henkel France, Andros, Nestlé France, LDC, Danone, Heineken)
- Commerce, distribution et vente à distance : 6 administrateurs (Auchan, La Redoutee, Silve, Fédération du commerce et de la distribution, Carrefour France, Coopérative U)
- Papetiers et éditeurs : 1 administrateur (Papeteries de Clairefontaine)
- Filières d'emballages : 1 administrateur (Interemballage)
- Représentants d'autres parties prenantes : 1 censeur d'État, 1 administrateur indépendant
Le conseil d’administration de Citeo est présidé par Antoine Fiévet (Fromageries Bel) depuis 2021, en remplacement de Philippe-Loïc Jacob (Danone) qui exerçait depuis 2009[18].
Comité de mission
Lors de l'adoption du statut d'entreprise à mission, un Comité de mission de 10 personnalités[19] a été nommé, rassemblant des représentants des clients de Citeo, des opérateurs, associations environnementales, collectivités locales, personnalités qualifiées et des salariés.
Activités
Citeo est l’un des éco-organismes agréés par l’Etat dans le cadre de la filière à Responsabilité Elargie du Producteur des emballages ménagers et papiers graphiques (EMPAP)[20]. Sa mission : réduire les quantités de déchets d’emballages ménagers et papiers, développer les solutions de réemploi des emballages, améliorer les performances de collecte et de tri des emballages et papiers, organiser la reprise et le recyclage des déchets d’emballages ménagers[21].
Réemploi
En mai 2023, Citeo lance l’initiative « ReUse » qui sera déployée en 2025 dans quatre régions françaises[22]. 30 millions d’emballages réemployables sont prévus dans l’ouest et le nord de la France à partir de mai 2025[23].
Recyclage
En 2021, Citeo fait partie du consortium PS25 qui remet une charte au gouvernement visant à « faire émerger une filière française inédite de recyclage des emballages en polystyrène avec retour au contact alimentaire » pour 2025. L'État français débloque un financement public de 300 millions d'euros pour développer trois projets de recyclage chimique en France. Les projets sont ensuite abandonnés sans justification sur l'utilisation des fonds. Citeo choisit deux projets industriels pour le recyclage du polystyrène, un en Espagne et un en Belgique, pour une capacité totale de 10 000 tonnes. Citeo assure que « l'objectif de la charte de recycler 100 % des déchets collectés et triés sera bel et bien atteint à temps », tout en admettant ne pas connaître la quantité de déchets collectés en France chaque année[24].
En septembre 2025, la société Indaver inaugure avec Citeo[25] une usine belge qui permet pour la première fois de recycler les pots de yaourt en nouveaux contenants alimentaires[26].
Au premier janvier 2025, la loi AGEC (adoptée en 2020 ) rend obligatoire le tri hors foyer ce qui entraîne une « explosion des projets » menés par les collectivités territoriales et accompagnés par Citeo[27].
En janvier 2024, Citeo inaugure le premier centre de sur-tri français à Ruffey-lès-Beaune (Côte d’Or)[28], qui permet de créer des débouchés pour les emballages en plastique qui jusqu’à présent échappaient en partie au recyclage[29].
Prévenir et traiter les déchets abandonnés
Citeo accompagne les collectivités dans la gestion des « déchets abandonnés », comme par exemple à Montpellier[30], Dinard[31], Nîmes[32], Amiens[33], Oraison[34], Versailles[35], Besançon[36], Calais[37], Bastia [38] ou encore Nantes[39].
Lobbying
Auprès des institutions de l'Union européenne
Citeo est inscrit depuis 2015 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne, et déclare en 2017 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre 200 000 et 300 000 euros[40].
En France
Citeo déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 200 000 euros sur l'année 2018[41].
Le sénateur Joël Guerriau, qui bénéficie en 2015 d'un voyage à Mayotte acquitté par Éco-Emballages, devenu ensuite Citeo, prend peu après position au Sénat contre la fin du monopole des organismes de l'emballage[42],[43].
