Cité Hellemans

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La Cité Hellemans (en néerlandais : Hellemanswijk), située à Bruxelles en Belgique, dans le quartier des Marolles et inaugurée en 1915, est un des premiers exemples de cité sociale constituée de logements collectifs et implantée au cœur même de la ville. Elle représente également un ensemble architectural remarquable par sa conception et par son esthétique influencée par l’Art nouveau.

Cité Hellemans, rue Blaes.

Contexte historique

Au XIXe siècle, une bonne part de la ville de Bruxelles est constituée d’un enchevêtrement de ruelles tortueuses, d’impasses et de cours qui ont au fil du temps occupé tout l’espace disponible, des anciennes terres agricoles aux jardins des anciennes maisons bourgeoises. À partir du milieu du siècle les autorités entreprennent une série de grands travaux destinés à assainir et mieux contrôler ces quartiers ainsi qu’à doter la ville des infrastructures correspondant à son nouveau statut de capitale de la Belgique.

La première action spectaculaire de l’administration de la ville est le percement de la rue Blaes (1853-1858), nommée du nom de l’échevin concepteur du projet. La rue assez large et rectiligne, d’une longueur d’un kilomètre, est tracée parallèlement à l’antique rue Haute dans le but d’améliorer la circulation et le passage de la police tout en détruisant de nombreuses habitations insalubres[1]. À l’époque on ne se préoccupe pas de reloger les habitants, et ceux-ci vont encore augmenter la promiscuité des quartiers voisins. Ce sera encore le cas lors des grands travaux suivants, voûtement de la Senne (1867-1872), construction du chemin de fer et du palais de justice (1866-1883), ou la première phase de la jonction ferroviaire Nord-Midi (1910-1914).

Les premières initiatives sociales en matière de logement, issues des conceptions libérales de l’époque consistent, à faciliter l’accès à la propriété dans de nouveaux quartiers ouvriers, constitués de petites maisons unifamiliales mitoyennes, construits en périphérie. Ce type d’habitat sera plus tard adapté par les coopératives et les sociétés de logements sociaux pour concevoir les cités-jardins. Ces initiatives restent cependant largement hors de portée d’une bonne partie de la population et ne résolvent pas la situation de misère qui règne au sein même de la ville.

La ville de Bruxelles avait toujours réfusé d'intervenir directement dans la construction des logements, comme l'avaient commencé les communes voisines de Schaerbeek et Saint-Gilles quelques années plus tôt. Ça change avec l'entrée des socialistes dans la majorité communale[2],[3].

La vie dans les impasses

Les autorités envisagent alors l’assainissement d’un quartier situé entre les rues Haute et Blaes, la rue de la Rasière et la rue Pieremans (à l'époque encore Rue Pieren). Une enquête est effectuée en 1903, son rapporteur est l’architecte et urbaniste Émile Hellemans (1853-1926), qui avait déjà participé à la construction des logements sociaux dans la rue Marconi à Saint Gilles[4],[2].

Le bloc est constitué d’une dizaine d’impasses habitées par 2164 personnes qui s'entassent dans 152 masures. La promiscuité et les conditions de vie, d’hygiène et de confort y sont épouvantables. Seules 12% des maisons ont l’eau courante, certaines latrines sont utilisées par plus de 72 personnes. La majorité des familles, parfois avec de nombreux enfants, ne disposent que d’une seule pièce[4],[5].

La population qui y habite fait partie du sous-prolétariat, pratiquant une foule de petits métiers en marge de la société. Repliées sur elles-mêmes, les impasses représentent pour les autorités de l’époque un danger pour l’ordre public. Au regard des idées hygiéniste, de telles conditions de vie ne peuvent avoir pour conséquences qu’une moralité déviante[4].

La Cité Hellemans

Émile Hellemans, l'architecte de cette cité, vers 1907.

Dès 1905, Émile Hellemans imagine déjà le remplacement des impasses sordides par une série de blocs parallèles. La conception de la Cité Hellemans est résolument nouvelle. Elle rompt avec les grands travaux de transformation urbains du XIXe siècle dont la conséquence était l’expulsion massive des classes populaires au profit de classes plus aisées. Il s’agit ici de substituer un nouveau type d’habitation aux îlots insalubres sans exclure les plus démunis. Les bâtiments sont pensés pour permettre une vie plus digne et plus décente. Les promoteurs de la cité désirent sans doute démanteler la culture sous-prolétarienne des impasses, pour la remplacer par une culture ouvrière plus conforme aux normes sociales modernes[6].

Les 272 logements de la Cité sociale Hellemans seront finalement mis en chantier entre 1912 et 1915[7]. Très impliqué en faveur des plus démunis, Émile Hellemans s’est clairement inspiré de réalisations anglaises qu’il avait découvertes dans les villes industrielles de Liverpool et Manchester[8].

Elle se compose de sept barres parallèles séparées par de larges allées piétonnes, qui favorisent l’ensoleillement des appartements et sont reliées par des passages sous arcades. Leurs noms rappellent les anciens métiers exercés dans les marolles, rue des Ramoneurs, des Chaisiers ou des Tonneliers. L’ensemble présente un aspect monumental. L’esthétique extérieure est renforcée par la présence de détails Art nouveau, de bandes de briques polychromes, de ferronneries ou d’éléments en pierre[9].

Les escaliers ne desservent que deux appartements à chaque étage, ce qui atténue l’impression de promiscuité. Les appartements de la cité sont disposés sur toute la profondeur des bâtiments, au bénéfice de la lumière et de la circulation d’air, et pourvus d'une à trois chambres, d’une toilette, d’une cave, d’une terrasse et d’un point d’eau courante dans une petite cuisine-buanderie jouxtant le séjour et les chambres[7],[10]. Un luxe pour l’époque ! Réussite architecturale, elle ne permet pas de reloger l'ensemble des habitants expropriés. Le loyer demandé est dissuasif pour d'autres.[réf. nécessaire]

Pour pouvoir empêcher les habitants de laver le linge dans l'appartement, on installe un lavoir et une buanderie communs dans un des bâtiments. Les travaux déjà en cours, on ajoute en plus une crèche pour les petits enfants aux plans. Au début, c'était prévu d'aménager les terrasses sur les toits, qui donnent une belle vue sur la ville. Mais ces plans n'ont jamais été réalisé, les habitants n'y ont pas accès[11].

La commune choisit, à l'époque, sur base d'une enquête, incluant un rapport de la police, qui peut entrer dans les nouveaux appartements. Les candidats doivent le mériter. Les questions portent sur le nombre des enfants, la bonne vie et moeurs, la solvabilité, mais il n'est plus possible de savoir exactement, comment les choix s'opèrent[12].

La Cité était construit par la ville, c'est seulement en 1922 que cette dernière fonde le "Foyer Bruxellois", pour sa gestion et des futurs constructions. En 2016 le Foyer fusionne avec une autre société communal des logements sociaux et s'appelle "Logement Bruxellois" depuis[3].

Inspiré par la pratique dans le quartier, la ville démande un loyer différent par étage: plus cher en bas, moins cher à haut. Mais les candidats préfèrent louer le plus haut possible, le rez-de-chaussée étant trop humide, pas assez ensoleillé, et il était de toute façon interdit d'utiliser les appartements pour des activités professionelles. La logique des prix est donc inversé dans les années 1920[13].

Comme la Cité s'était fortement dégradée par le temps, de nombreux architectes proposaient la déstruction au moins partielle, le Foyer Bruxellois décide, dans les années 1980 une première rénovation extérieure et intérieur par bloc. En 2004 suit une deuxième rénovation. Après les deux rénovations, il restent 234 appartements, tous avec salle de bains et toilettes modernes, chauffage centrale au gas et gas dans les cuisines[14],[7],[15],[16].

Curiosités

La cité sert comme scène de tournage pour les films suivants[15]:

Galerie de photographies

Références

Voir aussi

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