La Cité de la Mer
musée français
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La Cité de la Mer est un musée maritime, situé à Cherbourg-en-Cotentin, consacré à l'exploration sous-marine et à la découverte des grandes profondeurs. Inauguré le , il est complété en 2012 par un nouvel espace Titanic, retour à Cherbourg.
| Type | |
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| Ouverture | |
| Gestionnaire | |
| Surface |
plus de 10 000 m2 |
| Visiteurs par an |
304 330 () |
| Site web |
| Collections |
Exploration sous-marine |
|---|
| Pays |
France |
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| Commune | |
| Adresse | |
| Coordonnées |
Il prend place dans l'ancienne gare transatlantique Art déco inaugurée en 1933.
La Cité de la Mer relève de la communauté d'agglomération du Cotentin, qui a notamment financé ses derniers travaux de modernisation dont ceux la grande halle de la gare maritime transatlantique.
Historique
La gare transatlantique

L'ancienne gare maritime transatlantique est le plus grand monument français de style Art déco. Elle a été construite par René Levavasseur à partir de 1928, en collaboration avec les ingénieurs Chalos et Fleury, en béton armé, briques claires et pierres de béton imitant le granit. Surnommée Notre-Dame des Queens, en référence aux paquebots de la Cunard Line, elle a été inaugurée le par le président de la République Albert Lebrun.
L'ensemble était composé du hall des trains de 240 m, et du hall des transatlantiques — surmonté d'un campanile de 70 m — (avec salle des pas perdus, bureaux des compagnies, boutiques, etc.) et de la galerie couverte d'embarquement. Quatre trains et deux paquebots pouvaient être accueillis simultanément. Elle est dynamitée par les Allemands dans la nuit du , partiellement reconstruite à partir de 1948 avant d'être réinaugurée en 1952 en présence d'Antoine Pinay.
Abandonnée dans les années 1970, la gare maritime transatlantique est partiellement démolie, avant d'être inscrite au titre des monuments historiques en 1989 puis en 2000.
Genèse d'un musée maritime

À la fin des années 1980, Olivier Stirn, président de la Communauté urbaine de Cherbourg (CUC) et ministre délégué au tourisme, lance le projet de transformer l'ancienne gare maritime en musée, un « centre de découverte des technologies sous-marinières et de l'aventure transatlantique »[1]. Ce projet est né de l'occasion de pouvoir ouvrir au grand public Le Redoutable, premier sous-marin nucléaire français, alors que la Marine nationale allait le désarmer et ne souhaitait pas forcément financer son démantèlement[2].
Mais l'ampleur de la tâche décourage les élus. Quelques associations actives (dont l'association pour une cité navale à Cherbourg, créée en 1991 par Claude Coutanceau) parviennent toutefois, en 1995, à faire inscrire par les conseils municipaux de l'agglomération, le transfert de compétence à la CUC pour la conception, la réalisation et la gestion d'un musée naval, au sein de la gare transatlantique[3].
Le projet est dès lors porté par Bernard Cauvin, président de la Communauté urbaine de Cherbourg qui doit convaincre ses partenaires de la ville, du département et de la région de l'intérêt de cet investissement[4]. En février 1997, la Communauté urbaine de Cherbourg adopte le projet de création d'un « musée consacré aux aventures industrielles de la navigation et de l'exploration sous la mer, de la propulsion navale nucléaire et de la force océanique stratégique ». La réhabilitation de l'ancienne gare maritime de René Levavasseur, plus grand monument « Art déco » de France, est confiée à l'architecte Jean-François Milou. La muséographie est imaginée par Jacques Lichnerowicz, à qui l'on doit déjà celle de la Cité des sciences et de l'industrie et du Musée d'Orsay. Le coût du projet est chiffré à 130 millions de francs, financé par l'État (25 millions de francs du ministère de la défense, 10 millions du ministère de la culture et 5 millions de la Délégation à l'aménagement du territoire), l'Union européenne (49 millions) et les collectivités locales (42 millions)[2].
Le 28 juin 2002, la Cité de la mer de Cherbourg est inaugurée officiellement. L'exposition permanente prend place dans les bâtiments rénovés de la gare maritime transatlantique et dans un pavillon construit spécialement pour accueillir notamment un aquarium vertical de 10 mètres de hauteur. La hall de l'ancienne gare accueille le bathyscaphe Archimède avec lequel deux hommes sont descendus, en 1962, à 9 545 mètres de profondeur, dans la fosse des Kouriles, au Japon. Le Redoutable, long de 128 mètres, trône quant à lui dans une darse de béton spécialement créée pour l'accueillir[4].
L'exploitation de la Cité de la mer est confiée à une société d'économie mixte (SEM). La première année d'ouverture est un succès avec près de 300 000 personnes accueillies en huit mois[5].
En 2004, la salle des bagages de la gare maritime transatlantique est rénovée permettant son accès au public[6].
Développement de la Cité de la mer
En 2012, cent ans après le passage du Titanic en rade à Cherbourg le 10 avril 1912, la Cité de la mer inaugure une exposition dédiée au célèbre paquebot. Elle a coûté 3,3 millions d'euros financés principalement par la communauté urbaine et l'UE[6]. Pour réaliser cette exposition, le musée s'est allié à l'Association française du Titanic[7].
D'octobre 2018 à avril 2019, le musée rénove son pavillon des expositions. Une nouvelle muséographie, baptisée « l'Océan du futur », est conçue représentant un investissement de plus de 4 millions d'euros[8].
Le 1er janvier 2019, la Communauté d'agglomération du Cotentin, créée deux ans plus tôt, rachète les deux tiers des parts des communes de Cherbourg-en-Cotentin et de La Hague et devient l'actionnaire principal de la Cité de la Mer. Elle ambitionne d'étendre le rayonnement régional du site[9].
En avril 2019, la Cité de la mer ouvre une nouvelle exposition intitulée « Cherbourg 1944... et la liberté vint de la mer ». Elle retrace le parcours des soldats américains débarqués à Utah Beach, dans leur libération des villes manchoises en juin 1944. Elle s'accompagne d'un film de 20 minutes du Débarquement à la libération de Cherbourg diffusé dans l'auditorium[10].
En septembre 2022, deux composants de la Cité de la Mer de Cherbourg, la Gare maritime transatlantique et le sous-marin Le Redoutable, sont élus Monument préféré des Français 2022[11].
Le 7 décembre 2023, la Communauté d'agglomération du Cotentin confie la gestion du musée à l'entreprise Edeis à partir du 1er janvier 2024 pour sept ans[12]. D'ici 2028, l'agglomération prévoit de consacrer 15 millions d'euros pour la création d'une nouvelle attraction, nommée le « Parcours aventure », qui ouvrirait en 2027, mais aussi pour l'entretien patrimonial de l'ancienne gare maritime et la rénovation de l'aquarium. Le groupe Edeis financera l'achat de nouveaux équipements modernes pour le musée pour 5 millions d'euros[13].
Espaces du musée
Titanic, retour à Cherbourg
Titanic, retour à Cherbourg a ouvert ses portes en 2012, soit 100 ans après le naufrage du Titanic et de sa dernière escale continentale en rade de Cherbourg le .
281 personnes ont embarqué à bord du Titanic à Cherbourg : 151 passagers en 1re classe ; 28 passagers en 2e classe et 102 passagers en 3e classe.
Implanté dans la salle des bagages et une partie du rez-de-chaussée de la gare maritime transatlantique, ce nouvel espace offre aux visiteurs la possibilité de vivre en différé et en accéléré le voyage du Titanic depuis son escale à Cherbourg le à 18 h 35 jusqu’à la nuit du naufrage le au large de Terre-Neuve.
Les visiteurs peuvent ainsi se replonger dans la société d'avant 1914, découvrir — aux travers des témoignages de passagers de 1re, 2e ou 3e classes — les équipements et distractions du paquebot, son organisation spatiale, reflétant la hiérarchie stricte et les discriminations sociales.
Le Redoutable
Le Redoutable est le premier sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) construit par l'arsenal de Cherbourg et lancé en présence du président de la République Charles de Gaulle le .
Au service actif entre 1971 et 1985, Le Redoutable a été désarmé en 1991 après 58 patrouilles opérationnelles. Il a rejoint La Cité de la Mer le . Il est le seul sous-marin nucléaire lanceur d'engins visitable.
Un monde à explorer, les fonds marins
Au sein du pavillon des expositions permanentes, le parcours muséographique permet aux visiteurs de découvrir comment l’homme, tiraillé entre ses peurs de l’inconnu et son goût pour l’aventure, s’est risqué de plus en plus profond sous la surface. Dix-sept aquariums avec plus de mille poissons — dont l’aquarium abyssal, de 10,70 m de profondeur ou le bassin tactile — permettent de voir comment l’homme s’est inspiré du monde animal pour inventer des techniques d’évolution sous-marine.
La grande galerie des engins et des hommes

Inaugurée en , la grande galerie des engins et des hommes présente dans la nef d’accueil (espace en accès libre) une collection unique d’engins sous-marins internationaux (maquettes ou engins mis à disposition) : Alvin, Mir, Nautile, Bathysphère. Elle met également en avant les hommes (ingénieurs, scientifiques, pilotes, etc.) qui ont conçu, testé ou utilisé ces sous-marins habités.
Les visiteurs peuvent ainsi découvrir le bathyscaphe Archimède mis à disposition par le musée national de la Marine. Le , l'Archimède, avec à son bord le commandant O'Byrne, le professeur Sazaki et Henri Germain Delauze, a atteint, dans la fosse des Kouriles, la profondeur de 9 545 mètres.
Sont également visibles deux sous-marins industriels de la Comex : le sous-marin humide Total Sub et le sous-marin biplace Globule. Sur les cinq sous-marins offerts par la Comex en 2007, deux sont en réfection tandis que le sous-marin d’observation monoplace Remora a pris place, au sein du pavillon des expositions permanentes, dans un espace consacré à l'entreprise et à Henri Germain Delauze, pionnier des grandes profondeurs.
En 2004, Cherbourg est reconnu par les États-Unis comme l'unique site étranger conservant la mémoire de la guerre de Sécession[réf. souhaitée]. En 1864, un combat naval opposa le bateau sudiste CSS Alabama et l'USS Kearsarge au large de Cherbourg. Le canon remonté de l'épave du CSS Alabama est exposé dans la nef d'accueil de La Cité de la Mer.
« On a marché sous la Mer »
Depuis , une attraction propose une visite virtuelle des fonds abyssaux, On a marché sous la mer, un voyage aux côtés du « capitaine Glass », à la découverte d'oasis et de créatures sous-marines. L'attraction a fermé en 2020.
La médiathèque
Située dans la nef d’accueil, la médiathèque est en accès libre. Sa vocation est d'être un centre de ressources documentaires thématiques à destination du grand public, enfants et adultes.
Elle met à disposition plus de 3 120 livres en français et en anglais, 18 000 articles de revues, 230 DVD sur le monde sous-marin, la gare transatlantique de Cherbourg ou le paquebot Titanic, aussi bien fictions que documentaires.
La médiathèque propose régulièrement des animations et des expositions sur les thématiques en lien avec le parcours de visite.
Fréquentation
Célébrant l'ambition maritime de l'agglomération cherbourgeoise, La Cité de la Mer a été un succès dès son ouverture, devenant le troisième lieu touristique payant le plus visité de la Normandie, après l'abbaye du Mont-Saint-Michel et le Mémorial de Caen[14]. Le premier million de visiteurs est atteint en juin 2005[15]. Fin 2012, elle accueille son 2 500 000e visiteur et son 3 000 000e en mai 2015[16]. La barre du 4 000 000e est franchie en [17], puis celle des 5 millions en avril 2024[18].
307 114 ()[19]
324 963 ()[19]
253 565 ()[19]
203 248 ()[19]
201 436 ()[19]
201 357 ()[19]
206 019 ()[19]
193 080 ()[19]
194 006 ()[19]
191 957 ()[19]
271 488 ()[19]
199 394 ()[19]
202 601 ()[19]
223 117 ()[19]
207 826 ()[19]
220 757 ()[19]
202 841 ()[19]
237 841 ()[19]
143 926 ()[19]
168 325 ()[19]
275 864 ()[19]
316 465 ()[19]
304 330 ()[20]
Dans la culture populaire
- La Cité de la Mer apparaît dans le film Les Cadors de Julien Guetta, sorti en 2022. Elle sert de décor au récit qui se déroule à Cherbourg, Marie Gillain jouant le rôle d'une guide-conférencière de la Cité de la Mer.
