Civette
petit mammifère carnivore
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Civette est un noms vernaculaires qui désignent en français de nombreuses espèces de petits mammifères du sous-ordre des Feliformia, principalement de la famille des Viverridés. L’espèce nominale de cette terminologie est la Civette africaine (Civettictic civetta).
l'appellation « Civette » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Taxons concernés
Parmi le sous-ordre des Feliformia :
Dans la famille des Viverridae, dans les sous-familles :
- Viverrinae
- Paradoxurinae
- Hemigalinae
Espèces n’appartenant pas à la famille des Viverridés
Dans la famille des Eupleridae, sous-famille des Euplerinae:
- l'espèce Fossa fossana
Dans la famille des Nandiniidae :
- l’espèce Nandinia binotata
Dans la famille des Prionodontidae, sous-famille des Prionodontinae, du genre Prionodon :
- l’espèce Prionodon linsang
Définition
Histoire et étymologie du terme
Étymologie
Le mot « civette » dérive du terme arabe zabād désignant le musc et signifiant écumeux[1], via l'italien zibetto (it), ou bien le catalan civetta[2]. Les Arabes désignaient l'animal entre autres sous le nom de قط الزباد (qaṭṭ az-zabād) , c'est-à-dire « chat à musc », زبد (Zabad) désigne donc une odeur, le musc mais aussi une couleur (l’« écume », la « crème ») zebda est le « beurre »[3].
L’italien zibetto donnera également la dénomination de Zibet ou Zibeth, utilisée pour désigner certaines espèces du genre actuel Viverra, en particulier Viverra zibetha. L’utilisation de cette terminologie est moindre par rapport à « Civette », mais se retrouve en allemand comme équivalant de Civette sous le nom de Zibetkatze.
Histoire
Ces animaux ont posé des problèmes de classification aux naturalistes dès le Moyen Âge. Au XVIe siècle Pierre Belon rapporte, conformément aux croyances de l'époque, que la civette était nommée Hyaena (ce qui en ferait une sorte de hyène), mais qu'elle ressemble plus à une Panthère odoriférante. Pour Buffon au XVIIIe siècle[4], la civette était bien une sorte de blaireau[5],[6]. Il fut capable de donner une description et surtout d'annoncer que sous ce terme se cachaient en fait plusieurs espèces différentes[7]. Buffon rapporte aussi que des civettes étaient effectivement en voie de domestication au Moyen-Orient et en Inde et même dans certains cas apprivoisées. Buffon distingue les genettes des civettes du fait que les premières sont plus petites que les secondes[8].
En taxonomie
En zoologie pré-Linné, le terme « Civette » rapporte en français à la Civette africaine (Civettictic civetta) : dans son histoire naturelle Buffon différencie clairement les deux grands Viverridés que sont la Civette et le Zibeth qui ont une entrée distincte.
Mais la traduction française du Systema Naturae de 1793 utilise le nom « Civette » comme une traduction française pour le nom de genre Viverra : ainsi, l’on trouve des animaux désignés sous le nom de « civette palmiste » comme la Civette de Ceylan (Viverra zeylonensis), le Civette hermaphrodite (Viverra hermaphroditus), d’autres viverridés apparentés comme la genette tigrine sous le nom de Civette tigrine (Viverra tigrine), mais aussi le ratel, désigné sous le nom de « Civette du Cap de Bonne espérence » (Viverra capensis), mais la civette à proprement dite, reste toujours la civette africaine nommée Viverra civetta[9].
Durant le XIXe siècle, le genre Viverra va s’enrichir de nouvelles espèces d’origine asiatique, qui sont alors désignées sous le nom de « Civette ». Cependant, avec la création de la famille des Viverridés, ainsi que la création de nouveau genres, comme le genre Genetta, ainsi que la reclassification des différentes espèces, le terme de « Civette » va toujours plus se réduire au genre Viverra.
Le nom « Civette palmiste » pourraît être une évolution des terminologies « Martre des cocotiers » ou encore « Martre des palmiers » utilisées pour désigner différentes espèces de Paradoxurinés. Cette dernière appellation est notamment formalisée en 1820 par le naturaliste Anselme-Gaëtan Desmarest dans son ouvrage Mammalogie, où il répertorie l'animal sous le nom de « Marte des palmiers », en précisant qu'il s'agit du nom rapporté par Leschenault de la Tour[10].
Biologie, comportement et écologie
Caractéristiques communes
Les civettes partagent plusieurs caractéristiques communes à la majorité des espèces. L'odeur de la civette provient de la civettone, substance contenue dans un liquide blanc produit par les glandes anales de tous les Viverridae. Ce liquide possède à l'état brut une odeur très forte, avec des relents d'excréments, mais une fois dilué il dégage une odeur de musc et de fleur[11]. Les sécrétions des glandes anales de la civette étaient utilisées en pharmacie et dans la fabrication des cigares ou de parfums. Leur usage remonte à plus de 2 000 ans ; elles avaient la réputation d'être très appréciées de Cléopâtre[11].
Noms français et noms scientifiques correspondants
Ci-dessous une liste non exhaustive des espèces désignées sous le nom de civette en français, dans l’histoire et actuellement. Les noms binomiaux sont issus de Mammal Diversity Database (2026-02-11)[12].
Les Viverrinés
Il s’agit du groupe de civette d’Afrique et des espèces qui lui sont le plus apparentées, elles sont toujours couramment désignées sous le nom de « civette » du fait que l’espèce nominale fut pendant longtemps désignée sous le nom de genre Viverra, mais nombre d’entre elles possèdent des noms d’espèces ou de genre spécifique.
| Genre | Espèce | Noms vernaculaires français | Synonymes scientifiques / Notes |
|---|---|---|---|
| Civettictis | Civettictis civetta (Schreber, 1776) |
Civette[13] Civette africaine[14] Civette d'Afrique[14],[15] |
Liste
|
| Viverra | Viverra zibetha Linnaeus, 1758 |
Civette zibeth Grande civette de l'Inde Grande civette d'Inde[16] Civette de l'Inde[17] Grande civette[15] |
Liste
|
| Viverra tangalunga Gray, 1832 |
Civette tangalunga[17] Civette malaise[15] Civette de Malaisie Civette de Sumatra Civette orientale |
| |
| Viverra megaspila Blyth, 1862 |
Civette à grandes taches[15] Civette tachetée Civette de la Malaisie[17] |
| |
| Viverra civettina Blyth, 1862 |
Civette civettine[17] Civette de Malabar[15] Civette du Malabar Civette à Malabar Civette à grandes taches[16] |
| |
| Viverricula | Viverricula indica (Desmarest, 1804) |
Petite civette Civette indienne[15],[14] Petite civette de l'Inde Civette rasse |
Liste
|
D’autres genres de viverridés
Dans ce groupe-ci, il n’est pas question de « civettes » à proprement dites ; nombreuses d’entre elles étant des viverridés arboricoles sont désignées sous l’appellation vernaculaire de « civette palmistes ». Hormis le luwak (Paradoxurus hermaphroditus) et dans une moindre mesure la pagume masquée (Paguma larvata), la plupart de ces animaux, souvent très rares voire menacés, sont méconnus du grand public et mal caractérisées ou présentés par les zoologies.
| Famille / Sous-famille | Genre | Espèce | Noms vernaculaires français | Synonymes scientifiques |
|---|---|---|---|---|
| Euplerinae | Fossa | Fossa fossana (P. L. S. Müller, 1776) |
Civette de Madagascar[14] Civette fossane[14] Civette malgache |
|
| Nandiniidae | Nandinia | Nandinia binotata (Gray, 1830) |
Civette palmiste africaine Civette palmiste d'Afrique |
|
| Prionodontidae | Prionodon | Prionodon linsang (Hardwicke, 1821) |
Civette tachetée | |
| Eupleridae | Galidictis | Galidictis fasciata (J. F. Gmelin, 1788) |
Civette à bandes[9] |
|
| Mustelidae | Mellivora | Mellivora capensis (von Schreber, 1776) |
Civette du Cap de bonne espérence[9] |
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La civette et l’Homme
Menaces
La Civette de Malaisie (Viverra tangalunga) se rencontre dans de nombreux habitats, notamment les forêts, les habitats secondaires, les terres cultivées et la périphérie des villages ; l'espèce est très adaptable aux perturbations humaines, y compris l'« exploitation forestière sélective » (élimination partielle de la forêt)[21].
La Civette d'Afrique (Civettictis civetta) est classée comme préoccupation mineure. Cependant, dans certaines régions d'Afrique, sa population est en déclin en raison de la chasse, des empoisonnements directs et indirects, et de l'augmentation des clôtures agricoles à grande échelle qui limitent les flux de population. Elle est également considérée comme une option relativement abondante dans le commerce de la viande de brousse[22].
Problème de santé publique
Des civettes masquées (Paguma larvrata) vendues pour leur viande sur les marchés locaux du Yunnan, en Chine, ont transmis le virus du SRAS des chauves-souris rhinolophes à l'homme[23] ; cela a entraîné l'épidémie de SRAS de 2002-2004.
Exploitation
Les civettes sont également élevées en captivité par l'homme pour deux raisons. En Asie, elles sont élevées pour transformer les grains de café (voir Kopi luwak). En Éthiopie, elles sont élevées en captivité pour récolter leurs sécrétions périnéales, également appelées civette, utilisées dans la fabrication de parfums[24],[25].
Le « café civette »
Les excréments de la Civette palmiste commune (Paradoxurus hermaphroditus) sont utilisées dans la confection d'un café dispendieux, le Kopi luwak. Les « cerises » de Caféier sont partiellement digérées par l'animal qui rejette les graines (grains de café) dans ses déjections, transformation réputée bénéfique aux arômes où se mêle celui du musc produit par ses glandes anales. Ce café d'exception, initialement récolté dans la nature, a donné lieu dans le sud-est asiatique à des dérives d'élevage de civettes contraires au bien-être animal. Les organismes de protection animale et les consommateurs tentent de décourager ces procédés en privilégiant le café de civette sauvage[26].
Tabac
Le tabac parfumé « à la civette » est à l'origine du nom souvent donné par les buralistes à leur débit de tabac, inspirés par un célèbre établissement parisien portant ce nom, fondé en 1716. Cette tradition a pour origine l'utilisation des glandes à musc de la civette pour conserver et parfumer le tabac à priser[27],[28].
Environnements urbains
Les civettes palmistes s'aventurent souvent dans les villes et les banlieues, les habitants se plaignant souvent de leurs excréments et du bruit qu'elles font en grimpant sur les toits. Des études ont été entreprises pour examiner et atténuer ces conflits entre l'homme et l'animal[29].
Littérature
Dans la pièce de William Shakespeare Comme il vous plaira (acte III, scène 2), le chat de civette est mentionné comme la source « malpropre » du parfum des courtisans.




