Clara Schumann

pianiste et compositrice allemande From Wikipedia, the free encyclopedia

Clara Schumann, née Clara Wieck le à Leipzig et morte le à Francfort-sur-le-Main, est une pianiste et compositrice allemande. Considérée comme l'une des plus grandes pianistes de l’époque romantique, elle compose des concertos pour piano et de la musique de chambre.

Sépulture
Ancien cimetière de Bonn (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Clara Josephine WieckVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Clara Schumann
En .
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Ancien cimetière de Bonn (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Clara Josephine WieckVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Mère
Mariane Bargiel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Alwin Wieck (d)
Gustav Wieck (d)
Woldemar Bargiel (frère utérin)
Marie Wieck (sœur consanguine)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Robert Schumann (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Marie Schumann (d)
Elise Sommerhoff (d)
Julie Schumann (d)
Emil Schumann (d)
Ludwig Schumann (d)
Ferdinand Schumann (d)
Eugenie Schumann
Felix SchumannVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Instrument
Maîtres
Genre artistique
Œuvres principales
signature de Clara Schumann
Signature.
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.
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Elle est l'épouse du compositeur romantique Robert Schumann et le couple est très proche de Johannes Brahms. Elle est la première à interpréter les œuvres de son mari et celles de Brahms, et se produit également auprès du violoniste Joseph Joachim.

À l'âge de 11 ans, elle commence à partir en tournée. Sa carrière internationale se poursuit pendant 61 ans.

En 1878, elle intègre le Conservatoire Hoch de Francfort comme professeure de piano.

Biographie

Clara Schumann à environ 15 ans.
Vers 1830.
Vers 1840.
Avec Robert Schumann.
Médaillon sculpté.
1853.

Clara Wieck naît le à Leipzig dans une famille de cinq enfants[1]. Sa mère Marianne Tromlitz est pianiste et soprano[1], son père, Friedrich Wieck professeur de piano et marchand de musique[2]. Ses parents divorcent en 1824. lui donne des cours de piano et complète son enseignement par des cours de composition, d’orchestration, de chant et de violon[2]. Il travaille à faire d'elle une concertiste prodige[3]. Il lui enseigne un répertoire correspondant à un style contemporain, des pièces appartenant à Kalkbrenner, Henselt, Thalberg, Herz, mais dans ses créations elle s’inspire de compositeurs baroques tels que Scarlatti ou Bach.

Sa demi-sœur, Marie Wieck, est également pianiste et compositrice.

À 6 ans, elle donne son premier concert auprès d'Émilie Reichhold, une pianiste réputée, et rencontre son premier succès[4].

En 1827, l'année de ses 8 ans, elle rencontre Robert Schumann, qui étudie auprès de son père et est âgé de 17 ans. À l'âge de 16 ans, elle s'éprend de lui. Il demande sa main à son père lorsque la jeune fille atteint sa 18e année, mais Friedrich Wieck s'oppose vigoureusement à leur mariage. Les jeunes gens sont séparés de force, mais communiquent par le biais d'amis et de messages musicaux dans les concerts de Clara Schumann. Le mariage est finalement célébré en 1840 à Schönefeld, en exécution d'une décision judiciaire[5]. Huit enfants, vont naître de leur union entre 1841 et 1854[6], dont Felix Schumann, ce qui ralentit le parcours musical de Clara Schumann. Néanmoins c'est elle qui organise les tournées de concert en Europe[5].

Première interprète des œuvres de son mari, elle fait connaître et apprécier sa musique dont, selon ce dernier, elle est alors la seule à bien comprendre les délicatesses[réf. souhaitée]. Clara Schumann est elle-même la compositrice d'environ soixante-dix œuvres, mais elle néglige en partie la composition au profit du piano et de son rôle de maîtresse de maison. En tant que pianiste, elle est considérée comme l'une des plus grandes du XIXe siècle[7].

En 1854, Robert Schumann est interné à l'asile pour aliénés du Dr Richarz, près de Bonn. Veuve en 1856, à 36 ans, Clara Schumann devient l'amie, la conseillère et l'inspiratrice de Johannes Brahms, mais elle affirme désormais que ses seuls moments de bonheur sont ceux où elle joue ou écoute la musique de son mari disparu[réf. souhaitée].

Carrière artistique

De son vivant, Clara Schumann est reconnue à travers le monde. Elle effectue des tournées en Angleterre, en France, en Russie[3] jusqu'en 1891, date de son dernier concert. Entre 1831 et 1889, elle réalise plus de 1 300 performances dans toute l’Europe et rencontre un grand succès[8]. Elle passe une grande partie de sa vie à interpréter les œuvres de son mari, de Brahms, Bach, Beethoven, Chopin et Mendelssohn[9].

En 1831, elle se produit au Gewandhaus de Leipzig, où elle est remarquée par les personnalités et compositeurs de l'époque comme Goethe ou Chopin.

« Nous avons entendu la petite Wieck à Leipzig. C’est une véritable merveille. Pour la première fois de ma vie, je me suis surpris à admirer avec enthousiasme un talent précoce. Exécution parfaite, mesure irréprochable, force, clarté, difficultés de tout genre surmontées avec bonheur [...] Le piano sous ses doigts prend de la couleur et de la vie. »

 Charles Alexandre, grand-duc de Saxe-Weimar-Eisenach[4]

En tournée à Paris, elle connaît un triomphe. Dès 1829, Clara Schumann publie ses premières œuvres, Quatre Polonaises, tandis qu'en 1832, Robert publie Papillons ; Clara Schumann joue cette œuvre en concert l'année même. Entre 1834 et 1836, elle compose les Soirées musicales, qui connaissent un grand succès notamment auprès de Liszt. En 1838, elle est élue à la Société philharmonique de Vienne[6].

Sa plus grande période de concertiste a lieu après la mort de son mari, entre 1856 et 1873[10]. En 1865, elle est applaudie pour son interprétation du concerto de piano en sol de Beethoven, en Grande-Bretagne.

À la fin de sa vie, elle accompagne des vocalises et récitals au piano[9].

Bien que son travail d’interprétation et de transcription en tant que pianiste soit son activité principale, elle compose environ soixante-dix œuvres entre 1828 et 1856, date de la mort de son mari[2]. De 11 à 29 ans, elle compose une à huit pièces par an. Sa rencontre avec Brahms en 1853 stimule sa créativité. En effet, cette année-là, elle compose 16 morceaux, qui sont publiés un an plus tard[11].

Les 43 années suivantes seront dédiées à la transcription au piano des travaux de son défunt mari et de Brahms. Assistée par sa fille Marie Schumann[8], elle édite les œuvres complètes de Robert Schuman en 34 volumes, de 1881 à 1893[12].

Elle enseigne par ailleurs le piano au conservatoire Hoch de Francfort de 1878 à 1892[5]. Elle est reçue dans le salon de la landgravine de Hesse-Cassel, nièce de l'empereur, mélomane et musicienne.

La dernière année de sa vie, elle réalise plusieurs ébauches de préludes au piano pour ses étudiants, mais la plupart demeurent incomplètes[11].

Ce serait en écoutant son fils, Ferdinand, interpréter une œuvre de Robert Schumann (Romance en fa majeur, op. 28 no 2)[réf. souhaitée] qu'elle meurt le , ayant enduré vers la fin de sa vie des problèmes de surdité. Elle est enterrée aux côtés de son mari au Vieux-Cimetière de Bonn.

La majeure partie des compositions de Clara Schumann n’a jamais été jouée de son vivant. Depuis 1970, ses œuvres sont activement retravaillées et enregistrées[13].

Compositrice

Son effacement du milieu de la composition est directement lié à sa condition de femme. L'une des raisons pour lesquelles Friedrich Wieck s'est opposé à l'union de sa fille avec Robert Schumann est qu'il n'était pas connu alors que sa fille l'était. Clara Schumann semblait aspirer à une certaine liberté avant de se marier :

« J'ai besoin d'une vie sans soucis afin d'exercer mon art en toute tranquillité. [...] Vois si tu penses pouvoir m'offrir une existence telle que je la souhaite. »[4]

 24 novembre 1837

Mais l'artiste se voit confrontée aux tâches domestiques, que son père lui avait épargnées durant sa jeunesse pour qu'elle se concentre sur son art. Elle doit désormais s'occuper de huit enfants, d'un mari qui ne gagne pas suffisamment d'argent pour subvenir aux besoins de sa famille. Aussi donne-t-elle des concerts. Elle ne peut pas composer, doit se contenter d'être mère et musicienne à temps partiel. Bien que parfaitement conscient des qualités musicales de son épouse  il dira d'elle qu'elle le « complète comme compositeur »[14] , Robert Schumann ne l'encourage pas : « Clara sait bien qu'être mère est là sa principale mission »[4].

Après la mort de son mari, Clara Schumann ne poursuit pas la composition. Sa correspondance témoigne de la difficulté à concilier sa condition de femme et sa vocation de compositrice :

« Il fut un temps où je croyais posséder un talent créateur, mais je suis revenue de cette idée. Une femme ne doit pas prétendre composer. Aucune encore n'a été capable de le faire, pourquoi serais-je une exception ? Il serait arrogant de croire cela, c’est une impression que seul mon père m'a autrefois donnée. »[4],[13]

Bien qu'elle ait renié ses capacités de son vivant, elle est aujourd'hui considérée comme l'une des compositrices ayant marqué le XIXe siècle[2].

Œuvres

Clara Schumann (vers 1878-1879).
Pastel de Franz von Lenbach.

Clara Schumann laisse environ 45 œuvres musicales.

Œuvres sans numéro d'opus

Lieder

  • Alte Heimat (1831) (perdu)
  • "Der Traum" von Tiedge (1831) (perdu)
  • Der Wanderer (1831)
  • Der Wanderer in der Sägemühle (1832)
  • An Alexis (1832–1833)
  • Walzer (1834)
  • Der Abendstern (1834)
  • Am Strande (1840)
  • Ihr Bildnis (1840)
  • Volkslied (1840)
  • Die gute Nacht, die ich dir sage (1841)
  • Sie liebten sich beide, 1re version (1842)
  • Die stille Lotosblume (1842)
  • Liebeszauber (1842)
  • Der Mond kommt still gegangen (1842)
  • Ich hab' in deinem Auge (1843)
  • Lorelei (1843)
  • Oh weh des Scheidens, das er tat (1843)
  • Ich stand in dunklen Träumen (1843–44)
  • Sie liebten sich beide, 2de version (1844)
  • Mein Stern (1846)
  • Beim Abschied (1846)
  • Das Veilchen (1853)

Musique vocale

  • Schwäne kommen gezogen (1830)
  • 3 Gemischte Chöre (Abendfeier in Venedig, Vorwärts et Gondoliera) (1848, composé pour le trente-huitième anniversaire de Robert Schumann)
  • Wenn Ich Ein Voglein War, canon (1840)

Œuvres orchestrales

  • Scherzo pour orchestre (1830–1831)
  • Concerto pour piano en fa mineur (1847, inachevé[15])

Pièces pour piano seul

  • Variationen über ein Tyroler Lied (1830)
  • Variationen über ein Original-Thema (1830)
  • Étude (vers 1830)
  • Phantasie-Variationen über ein Wieck Romanze (1831)
  • Rondo en si mineur (1833)
  • Sonatine (1841–42)
  • Romance en la mineur (1853)
  • Romance en si mineur (1856)
  • Geburstagmarsch en mi bémol majeur (1879)
  • Vorspiele (Improvisations) (1895)
  • Praeludium and Praeludien für Schueler (Improvisations) (1895)
  • Prélude et fugue en fa dièse mineur
  • Transcriptions de lieder de Robert Schumann

Cadences de concertos

  • Beethoven : Concerto pour piano en do mineur, opus 37, cadence pour le premier mouvement (1868)
  • Beethoven : Concerto pour piano en sol majeur, opus 58, cadences pour les mouvements 1 et 3
  • Mozart : Concerto pour piano en ré mineur, K466, cadences pour les mouvements 1 et 3 (1891)

Hommages

Un cratère vénusien, Wieck, est nommé en son honneur[16].

Deux écoles de musique portent son nom, une à Baden-Baden et une à Düsseldorf.

Discographie

  • Concerto pour piano et orchestre en la mineur, op. 7 - Orchestre symphonique de Tasmanie, Howard Shelley, piano et direction (2019, coll. « Concerto romantique pour piano » Vol. 78, Hyperion) — avec Ferdinand Hiller ; Henri Herz et Friedrich Kalkbrenner.
  • Complete Piano Works (Œuvre complète pour piano) – Jozef De Beenhouwer (2001) cpo 99 758-2.
  • Complete Songs (Toutes les mélodies) – Miriam Alexandra , soprano; Peter Gijsbertsen, ténor ; Jozef De Beenhouwer, piano (2019) Musikproduktion Dabringhaus und Grimm MDG 903 2114-6.

Publications

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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