Claude Chappuis

ornithologue français From Wikipedia, the free encyclopedia

Claude Paul Chappuis, né le 30 septembre 1924 à Lille (Nord) et mort le 13 juin 2021 à Bois-Guillaume (Seine-Maritime), est un médecin-radiologue, ornithologue et bioacousticien français.

Naissance
Décès
(à 96 ans)
Bois-Guillaume
Nom de naissance
Claude Paul ChappuisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Français
Faits en bref Président Société d’études ornithologiques de France, Naissance ...
Claude Chappuis
Claude Chappuis en 2021
Fonction
Président
Société d’études ornithologiques de France
Biographie
Naissance
Décès
(à 96 ans)
Bois-Guillaume
Nom de naissance
Claude Paul ChappuisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Français
Domiciles
Formation
Lycée Fénelon de Lille (d)
Université de LilleVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Membre de
Distinction
Abréviation en zoologie
ChappuisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Origines familiales

Claude Chappuis naît dans une famille de la haute société protestante. Sa mère est membre de la famille Koechlin[1],[2], tout comme sa grand-mère paternelle[3]. Par cette dernière, née Kestner, il est descendant de Charlotte Buff dont Goethe était éperdument amoureux et qui lui inspira Les Souffrances du jeune Werther, en particulier le personnage de Lotte. Par ses deux parents, Claude Chappuis est également descendant du mathématicien et physicien suisse bâlois Jean Bernoulli et par sa mère, il descend de Johannes Hofer[4], médecin alsacien des XVIIe et XVIIIe siècles célèbre pour être à l’origine du concept de nostalgie. Il est de plus descendant des grandes familles industrielles mulhousiennes (Schlumberger, Dollfus, Mieg, etc). Claude Chappuis est enfin parent de Maurice Koechlin, créateur initial de la tour Eiffel et bras droit de Gustave, Georges Eugène Haussmann, communément appelé le baron Haussmann, Paul Curie, le grand-père de Pierre, ainsi que d’Auguste Scheurer-Kestner, ancien sénateur inamovible et ancien premier vice-président du Sénat, défenseur de l’innocence du capitaine Dreyfus.

Jeunesse et études

Fils de Claude René Chappuis, ingénieur centralien[5] et Marie Alice Koechlin, Claude Chappuis effectue ses études secondaires à Lille au lycée Fénelon. Envoyé en pensionnat, il est initié aux sciences naturelles par un instituteur dès son enfance, avec un attrait particulier pour l’entomologie. Le contexte tourmenté de la Libération l’empêche de suivre son cursus à l’université de Paris, ville dans laquelle il fait son service militaire comme pompier. Il poursuit ensuite ses études à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de l’université de Lille où il obtient un doctorat en médecine spécialisé en électro-radiologie en 1959.

Passionné de jazz, ami d’Hugues Panassié, ancien président de la région nord du Hot Club de France, il organise après la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1940 et 1950, plusieurs concerts dans la région lilloise. Il y fait venir de Paris des jazzmen de renom tels que Louis Armstrong, Sidney Bechet ou Mezz Mezzrow, qui deviennent pour la plupart des amis.

Ornithologie

Installé comme radiologue à Rouen en 1960[6], il s’intéresse à l’ornithologie et plus particulièrement à la bioacoustique, dès 1962. Après divers essais de magnétophones portatifs, soucieux de pouvoir étudier toute l’amplitude des modulations et harmoniques des vocalisations des oiseaux, il fait appel en 1969 à Stefan Kudelski, fondateur de Nagra[7], à qui il commande un enregistreur à bande magnétique capable d’enregistrer les fréquences émises par les oiseaux, qui peuvent dépasser amplement les 20 kHz, la limite standard d’un appareil Nagra. La très haute qualité de ses enregistrements, leur analyse bioacoustique, ainsi que leur utilisation en écoéthologie et en systématique lui valent d’être honoré par le CNRS qui lui décerne la Médaille de Bronze en 1972[8].

Revers de la médaille de Bronze décernée à Claude Chappuis.

Grâce à son ouïe particulièrement fine il localise, en compagnie de Jean-Marc Thiollay, docteur en écologie et directeur de recherche au CNRS, des oiseaux du genre Prinia qui n’étaient pas selon lui des Prinia subflava, mais une espèce alors inconnue et qui s’avère nouvelle qu’il baptise Prinia fluviatilis[9]. Claude Chappuis est également l’auteur de deux articles scientifiques précurseurs : l’un en 1968, cosigné avec André Brosset, sur les adaptations anti-prédateurs des cris des jeunes oiseaux, l’autre en 1971 sur la transmission des sons en milieu forestier montrant expérimentalement pour la première fois l’existence de ce qui allait être ultérieurement nommé « fenêtre acoustique » ou « fenêtre de Morton »[10],[11]. Il voyage sur les cinq continents dans le but d’enregistrer et analyser les vocalisations des oiseaux : en Afrique du Nord, de l’Est, de l’Ouest et du Sud, au Brésil, aux Canaries, à travers l’Europe, dans les îles Galapagos, en Inde, à Madagascar, en Papouasie-Nouvelle Guinée, aux Seychelles ainsi qu’en Thaïlande. Bien qu’ayant parcouru tous les continents, une grande part de son travail se concentre sur l’Afrique[12],[13]. Son intérêt pour ce continent, et de surcroît pour la toute jeune république du Sénégal, lui vaut l’intérêt et l’estime du premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor, à qui il fait parvenir ses enregistrements et qui en retour lui dédicace ses publications les plus récentes ayant trait à la beauté de l’écosystème naturel de son pays. Il s'installe à La Bouille en 1982[14],[15]. L’expertise de Claude Chappuis en matière de vocalisations lui vaut également d’être sound editor pour la célèbre publication internationale et de référence The Birds of Africa[16]. La richesse de sa collection lui valut aussi d’être sollicité et crédité pour des productions audiovisuelles comme Les Animaux du monde sur TF1 ou bien encore Le Peuple migrateur. Membre de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et du Groupe Ornithologique Normand (GONm)[17], Claude Chappuis est également membre fondateur et ancien président de la Société d'études ornithologiques de France (SEOF), société savante hébergée par le Muséum national d’histoire naturelle. Il est par ailleurs membre du comité de l’International Bioacoustics Society (IBAC)[18] dont il organise deux des symposiums, en 1973 et 1987. Zsòfia Pesovàr, en collaboration avec Marie-Pierre Groud et Catherine Bouchain-Kazy, lui consacre un film documentaire produit par Pygargue Films[19],[20]. Il meurt à Bois-Guillaume le , trois mois avant ses 97 ans[21]. La collection que Claude Chappuis a constituée est la plus grande sonothèque privée de chant d’oiseaux au monde. À son décès, celle-ci a été léguée à la Macaulay Library de l’Université Cornell à Ithaca (État de New York), qui possède le plus grand laboratoire d’ornithologie au monde, la Cornell Lab of Ornithology, institution avec laquelle il travaillait[22]. La collection contient des enregistrements de centaines d’espèces d’oiseaux rarement enregistrés, dont 28 nouvelles pour les archives de la Macaulay Library, et également des espèces réputées éteintes, comme le Courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris), disparu depuis 1996[22].

Discographie et publications

Discographie

  • Migrateurs et hivernants, 1re partie – Claude Chappuis – 1987[23]
  • Migrateurs et hivernants, 2e partie – Claude Chappuis – 1987[24]
  • African Bird Sounds, Vol. 1 – Claude Chappuis – British Library, National Sound Archive et Société d'études ornithologiques de France – 2001[25]
  • African Bird Sounds, Vol. 2 – Claude Chappuis – British Library, National Sound Archive et Société d'études ornithologiques de France – 2001[25]
  • Oiseaux de Madagascar, Mayotte, Comores, Seychelles, Réunion, Maurice – Claude Chappuis, avec Pierre Huguet – Société d'études ornithologiques de France – 2004[26]
  • Indian Bird Sounds: The Indian peninsula – Claude Chappuis, avec Fernand Deroussen et Deepal Warakagoda – Anne Chappuis – 2009[27]
  • Les Visiteurs des rivages – Pierre Huguet, avec Claude Chappuis – Édition du Baobab et Conseil général de Mayotte, Délégation à l’Environnement – 2004[28]
  • Maîtres chanteurs – Guilhem Lesaffre, avec Claude Chappuis, Fernand Deroussen et Alain Jouffray (photographies) – Éditions du Chêne (Hachette) – 2005[29]
  • Vogelstimmen im Flug – Hans-Heiner Bergmann, Claude Chappuis, Karl-Heinz Dingler – Musikverlag Edition AMPLE – 2014[30]

Publications

Livres

  • The Birds of Africa, vol. 2 – Charles Hilary Fry, Stuart Keith, Emil Urban, authors, Claude Chappuis, sound editor, Martin Woodcock, illustrator – Academic Press[31]
  • The Birds of Africa, vol. 3 – Charles Hilary Fry, Stuart Keith, Emil Urban, authors, Claude Chappuis, sound editor, Martin Woodcock, illustrator – Academic Press
  • The Birds of Africa, vol. 4 – Charles Hilary Fry, Stuart Keith, Emil Urban, authors, Claude Chappuis, sound editor, Martin Woodcock, illustrator – Academic Press
  • The Birds of Africa, vol. 5 – Charles Hilary Fry, Stuart Keith, Emil Urban, authors, Claude Chappuis, sound editor, Martin Woodcock, illustrator – Academic Press
  • The Birds of Africa, vol. 6 – Charles Hilary Fry, Stuart Keith, Emil Urban, authors, Claude Chappuis, sound editor, Martin Woodcock, illustrator – Academic Press

Articles

  • Un cline vocal chez les oiseaux paléarctiques : variation tonale des vocalisations sous différentes latitudes – Claude Chappuis (1969) – n°37, pages 59 à 71 – Alauda[32]
  • Origine et évolution des vocalisations de certains oiseaux de Corse et des Baléares – Claude Chappuis (1976) – n°44, pages 475 à 495 – Alauda[32]

Références

Related Articles

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