Cob normand

Cheval de trait léger From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Cob normand est une race de chevaux carrossiers « à deux fins », originaire de Normandie. Il provient du carrossier normand du XIXe siècle, un cheval de traction légère croisé avec le Trotteur Norfolk puis le Pur-sang. Il devient réellement caractérisé au début du XXe siècle, et connaît une courte sélection pour les travaux agricoles avant de participer à la formation de la race nationale de chevaux de sport française, le Selle français. Son registre généalogique, créé en 1950, est ensuite remanié plusieurs fois. Le Cob normand échappe à l'alourdissement général des chevaux de trait français destinés à la boucherie grâce à son rôle de reproducteur pour le Selle français, en croisement avec le Pur-sang.

Faits en bref Région d’origine, Région ...
Cob normand
Attelage de Cob normands
Attelage de Cob normands
Région d’origine
Région Basse-Normandie, Drapeau de la France France
Caractéristiques
Morphologie Cheval carrossier
Registre généalogique « Programme de sélection » [PDF]
Taille 1,58 à 1,71 m
Poids 550 à 800 kg
Robe Bai, bai-brun ou alezan
Tête Rectiligne ou convexe, grande
Pieds Ronds et larges
Caractère Énergique et volontaire
Statut FAO (conservation) MenaceVoir et modifier les données sur Wikidata
Autre
Utilisation Monté ou attelé
Fermer

La race est désormais gérée par le Syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux cob normand (SNEUCCN), qui cherche à fixer ses caractéristiques originelles et retient trois sélections, pour la selle, l'attelage, ou la production de viande. De taille moyenne, le Cob normand est un cheval étoffé, harmonieux et équilibré, compact sans être lourd, de robe baie, alezane ou bai-brun, souvent marqué de blanc. Surtout répandu dans la région du haras national de Saint-Lô, qui s'investit en sa faveur, son effectif est relativement stable. La qualité de ses allures, et son tempérament courageux et vif en font un excellent cheval d'attelage, plusieurs fois primé dans cette discipline. Il est aussi très agréable sous la selle, et s'adapte à la plupart des disciplines équestres.

Histoire

Comme tous les chevaux domestiques modernes, le Cob normand provient de la lignée DOM2, qui a émergé dans les steppes eurasiennes vers 2 200 à 2 000 ans av. J.-C. selon une vaste étude génomique publiée dans Nature[S 1].

La Normandie, grâce à la qualité de son sol et de ses herbages, mais aussi à l'expérience acquise par ses éleveurs, est à l'origine de races qui sont des fleurons de l'élevage français, comme le Percheron et le Trotteur français[1][2],,[3]. Le Cob normand est beaucoup moins connu du public, bien qu'il soit populaire dans sa région d'origine[1]. Il tient son nom de « cob » par analogie avec ses cousins anglais et irlandais auxquels il ressemble beaucoup, le qualificatif de « normand » faisant référence à ses origines[4],[5],[1],[6].

Son histoire diffère de celle des autres races de trait françaises, car il est le seul à être entré en croisement pour faire naître des chevaux de sport, et de ce fait, à n'avoir pas subi d'alourdissement excessif pour la boucherie[7],[8].

Origine : le carrossier normand

Durant l'Antiquité, la Bretagne et la Normandie hébergent de petits chevaux de type bidet, vraisemblablement amenés par les Celtes pendant leurs migrations[3] ; les racines du futur Cob normand sont peut-être communes avec celles du cheval armoricain[9]. Les Romains ont pu croiser cette souche avec des juments plus lourdes[3]. L'élevage des chevaux se pratique en Normandie au moins depuis le Moyen Âge[10]. Dès le Xe siècle, la qualité des « chevaux normands » suscite la convoitise dans toute l'Europe. L'auteur autrichien Martin Haller estime que la tapisserie de Bayeux montre des chevaux proches de l'actuel Cob normand[10]. Au XVIe siècle, la Normandie héberge de petits bidets lourds et résistants, aptes à tracter sur de longues distances et à servir de diligenciers ou de chevaux d'artillerie. Des croisements ont lieu avec le Barbe et l'Arabe à l'époque de Louis XIV[11],[12],[3]. Des reproducteurs sont massivement importés au XVIIIe siècle[9], notamment des Holsteiner au haras royal du Pin[9]. Le Cob normand provient directement du « Carrossier normand »[2],[13], lui-même influencé par différents croisements avec, notamment, des Mecklembourgeois, dont il hérite d'une grosse tête au profil busqué[14],[15], mais aussi des chevaux guèldres et danois[11],[15].

Ce sont ensuite le Pur-sang et le trotteur Norfolk qui sont importés dans la région au XIXe siècle[10],[9],[3]. Vers 1840, le Carrossier normand est croisé avec le trotteur Norfolk[11] importé de Grande-Bretagne[8]. Il hérite de meilleures allures, de davantage de sang, d'énergie, d'élégance et d'une conformation bien charpentée[8].

Le haras national de Saint-Lô, fondé en 1806 par Napoléon Ier, devient avec celui du Pin l'un de ses principaux centres d'élevage[3]. Les chevaux demi-sang qui y naissent, c'est-à-dire issus d'un croisement entre une souche autochtone locale et un Pur-sang, sont divisés en deux groupes : les chevaux de cavalerie, plus légers, et les chevaux de traction, plus lourds, qui sont caudectomisés[Note 1],[6],[3],[13]. Ces derniers reçoivent le nom de « cobs » par analogie avec les chevaux britanniques d'attelage[6],[3],[16]. Ils sont destinés au travail dans la région[S 2]. Il n'existe alors pas d'organisation de race ni de registre généalogique : un élevage sélectif est pratiqué à partir des étalons du Pin et de Saint-Lô selon les besoins, et les éleveurs testent ensuite les capacités des jeunes chevaux[1].

Naissance de la race

Le cob est longtemps confondu avec les autres demi-sang[13], sa séparation en tant que race distincte datant du début du XXe siècle[17],[2],[9]. Le Carrossier normand est alors considéré, par certains, comme l'un des meilleurs chevaux d'attelage qui soient[12]. L'arrivée de l'automobile coïncide avec une distinction qui s'opère entre le cheval d'attelage léger et rapide désormais élevé pour le sport, qui devient le Trotteur français, le cheval de selle militaire nommé le « Demi-sang de type selle » ou « Anglo-normand », et le modèle plus lourd réorienté vers les travaux agricoles, devenu le « Cob normand »[18]. Il commence alors à réellement émerger en tant que race[19]. En 1912, le cheptel équin atteint son apogée sur le territoire français, 422 étalons, cobs et trotteurs principalement, étant stationnés à Saint-Lô[1]. Alors que les chevaux carrossiers, dont le Cob normand, disparaissent dans les années 1920, une réflexion sur l'orientation de l'élevage devient nécessaire[20]. Les modèles les plus lourds sont employés aux travaux agricoles, les plus légers sont à l'origine des « demi-sangs normands » qui donnent le Selle français, race nationale destinée aux sports équestres[14]. Le Cob normand absorbe le demi-sang vendéen[W 1]. Le Percheron, pourtant mondialement reconnu comme « le cheval de trait normand », ne parvient pas à détrôner le Cob normand dans son berceau d'élevage[19]. En 1950, le registre généalogique de la race est créé[21],[18] ; Nissen cite 1959, soit après la crétion du stud-book du Selle français[22].

Conséquences de la motorisation

Photo d'un cheval alezan au plané d'un obstacle lors d'une compétition.
Les souches normandes du Selle français proviennent de croisements entre Cob normand et Pur-sang.

L'arrivée de la motorisation agricole menace le Cob normand, comme toutes les races de trait françaises[6],[23],[18], en lui laissant comme seul débouché un alourdissement général en vue de réorienter son élevage vers la production de viande[6],[W 1]. Il cesse d'être utilisé dans l'agriculture durant les années 1960[24]. La race évite le sort hippophagique grâce à l'action des haras nationaux[6], et en particulier à monsieur de Laurens de Saint-Martin, qui dirige le haras de Saint-Lô en 1944 et développe le Selle français[25]. La possibilité d'utiliser un étalon Pur-sang en croisement avec une jument Cob pour donner un Selle français permet une réorientation de l'élevage[25]. Si les effectifs ont tout de même décru jusqu'en 1995, le Cob normand n'a pas subi de détérioration excessive de son modèle puisque pour donner naissance à des Selle français, il ne doit pas s'alourdir et conserver les allures, les aplombs et les tissus qui lui sont caractéristiques[12],[25]. C'est pourquoi certains Selles français issus de lignées normandes peuvent rappeler le Cob par leur physionomie[23],[25].

Le Cob normand moderne devient néanmoins plus compact et plus lourd que les modèles du début du XXe siècle[26], car les chevaux les plus légers ont été absorbés par le Selle français[27]. En 1976, le haras national de Saint-Lô compte 186 étalons, dont 60 sont des cobs normands[28]. Le registre généalogique est restructuré la même année, et le Cob normand officiellement placé dans la catégorie des chevaux de trait[11].

Depuis les années 1980

Dans une carrière d'exposition, un homme avec une chemise bleue tient un cheval trapu en main; un jeune garçon à ses côtés, également en chemise bleue, tient un panneau sur lequel est écrit : Cob normand.
Cob normand présenté sur une foire agricole en 2011.

La réorganisation du registre généalogique aide à réinsérer le Cob normand[20], mais aussi à prendre conscience du risque de disparition de la race.

Dans les années 1980, l'INRA et l'Institut national agronomique effectuent différentes analyses démographiques et génétiques sur les populations de chevaux de trait, toutes menacées. En 1982, les chercheurs en concluent que le Cob normand est victime de consanguinité, de dérive génétique et de la disparition de ses structures de coordination. L'âge avancé de ses éleveurs rend sa situation précaire[S 3]. Un tournant s'annonce avec sa réorientation vers l'attelage et les loisirs[23]. L'élevage est réorganisé en 1982[18], avec la création de l’association régionale de relance de chevaux lourds[W 2]. Le Cob normand participe à la première Route du poisson en 1991[W 2]. C'est avec la fondation du Syndicat National des éleveurs et utilisateurs de chevaux Cob Normand (SNEUCCN) en 1992[W 2] qu'un nouveau registre généalogique est créé[29],[16], avec une nouvelle sélection visant à conserver la qualité des allures[18].

En 1994, la Basse-Normandie recèle 2 000 chevaux de trait Percherons ou Cobs, et fait naître 600 poulains de ces deux races chaque année, dont la moitié des Cobs normands du pays[S 4]. La même année, la race prend officiellement le nom de Cob normand, au lieu de « cob »[S 5]. En 1996, la loi relative à la caudectomie interdit de couper la queue de ces chevaux[17],[30]. Le Cob normand fait partie des races de chevaux dont les éleveurs peuvent bénéficier de la « Prime aux races menacées d'abandon » (PRME), mise en place en France en 1997, d'un montant de 100 à 150  en 2004[P 1].

En 2003, Saint-Lô met à disposition des éleveurs une trentaine d’étalons reproducteurs Cob normand[10] (35 selon Nissen)[9]. La fin de l’étalonnage public des haras nationaux porte un coup rude à la race, avec une baisse de moitié des nouvelles naissance entre 2010 et 2017[31], année où elles tombent au plus bas[P 2]. Lors du salon international de l'agriculture de 2020, des éleveurs s'engagent dans la sauvegarde du Cob normand[P 3]. Depuis, l'arrivée de jeunes éleveurs et la demande de la police nationale et du secteur de l'équitation de loisir ont redynamisé cet élevage[P 2],[W 3].

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Description

Photo d'un agent des Haras Nationaux tenant en main un cheval bai massif devant un public.
Étalon cob normand présenté au haras national de Saint-Lô.

Rattaché aux races de chevaux de trait par défaut, le Cob normand est un cas à part parmi les races de chevaux françaises[15]. S'il est classé comme un cheval de trait en France, il serait certainement assimilé à un warmblood lourd en Allemagne, proche du Frison oriental et de l'Alt-Württemberger[24]. Jasper Nissen estime que, durant l'entre-deux-guerres, il aurait été impossible de l'assimiler à un cheval de trait, et juge « incompréhensible » que la France continue de le classer dans cette catégorie[22].

Taille et poids

Le Cob normand est un cheval de taille moyenne[10],[7] à grande[30], notablement plus grand que les cobs anglais[26]. Celle-ci est comprise entre 1,58 à 1,71 m selon la plupart des sources[25],[32], le standard de race le plus récent (2023) indiquant 1,55 à 1,72 m[W 4]. Hubrecht, Babo et Nissen citent une fourchette proche, de 1,60 à 1,70 m[33],[24],[30]. L'autrice tchèque Helena Kholová cite 1,55 à 1,65 m[17], et l'auteur anglais Elwyn Hartley Edwards 1,53 à 1,63 m en 1992[26], puis 1,60 à 1,68 m en 2016[16]. L'auteur autrichien Martin Haller donne en 2003 une moyenne de 1,60 m, parfois plus[10].

Les chevaux modernes sont généralement plus lourds que leurs ancêtres[26], les sujets les plus légers ayant été absorbés par le Selle français. Ils pèsent de 550 à 800 kg[32], voire 900 kg[25],[W 4]. Cette grande amplitude de poids s'explique par l'existence de différentes sélections au sein de la race[25].

Morphologie

Il est plus proche du type demi-sang que des chevaux de trait habituels[33],[23],[12],[34] dont il ne possède ni les formes physiques ramassées, ni le squelette[1],[24],[6],[16] ; en effet son squelette est plus fin[25], bien que solide[30]. Il est robuste et particulièrement fort[17], trapu[30] et compact, mais sans lourdeur[35],[23]. Il rappelle un cheval warmblood en plus étoffé[16]. Son profil est inscriptible dans un carré, grâce à son dos assez court[35],[30].

Tête

La tête, frustre[24],[10], est typique d'un cob[36] et dégage une expression douce et calme[10],[30]. Elle est imposante selon Hubrecht[30], fine selon Babo[33], relativement longue, lourde[17] et large[3], notamment au niveau du front[33],[30]. Certains chevaux ont un profil busqué, hérité des carrossier du Mecklembourg[15] ; le profil peut être rectiligne ou busqué[35],[32],[W 4]. La tête doit rester distinguée selon le standard de race[32],[W 4], rappelant celle du Selle français de souche normande[23],[13].

Les oreilles sont bien plantées[32],[W 4], plutôt longues selon Nissen[24] alors que Babo les décrit comme petites[33]. L'œil est petit[24],[30] mais vif[32],[W 4]. Les naseaux sont ouverts[32],[W 4].

Avant-main, corps et arrière-main

L'encolure est épaisse[36], forte[25],[32] et puissante[10]. Elle est assez musclée[32]. De longueur moyenne[24],[3],[32], elle n'est jamais renversée[32] et au contraire souvent très courbée[1], bien greffée[25] avec un port élevé[24],[10]. Elle présente un bourrelet longitudinal[17].

Les épaules sont fortes[30] et larges, bien détachées[33],[32] et généralement inclinées[10],[36],[32], davantage que chez les autres chevaux de trait[30], permettant des actions plus libres et amples[30],[36]. Nissen les décrit comme relativement droites, mais formant un angle de 90° avec l'avant-bras, permettant l'allongement des foulées au trot[24]. La poitrine est profonde[17],[33],[32],[W 4] et ample[26], donnant un tronc d'aspect quasiment carré[10]. Le garrot est peu saillant[10]. Son corps est compact et trapu[36], avec un dos droit et court[17],[16],[32],[W 4] plutôt fort[26] et bien musclé[10], et des côtes rondes[32],[W 4]. L'arrière-main est puissante[17],[36], mais pas autant que celle des races de trait lourd. Le rein est droit et bien soutenu, et les hanches sont larges[32]. La croupe est double, large et musclée[32], légèrement inclinée (avalée)[10],[32] et arrondie[33]. La queue est longue[23],[32] et attachée haut[16].

Membres

Les membres sont courts et musclés[26],[3],[36], secs et forts[32], d'aspect moins massifs que ceux d'un cheval de trait[26],[30],[25]. Les articulations sont larges[10],[24], et bien définies[24]. Les canons[24] et les paturons sont courts[10], ces derniers étant aussi épais[32]. Les boulets sont courts[24]. Selon certains auteurs, ce cheval ne possède pratiquement pas de fanons[17],[10],[24], mais d'autres les évoquent relativement abondants[23], notamment le standard de race officiel[32]. D'après Edwards, ils sont globalement moins abondants que chez le cheval de trait[36].

Les pieds, ronds et larges[26], ont une corne solide[10]. Ils peuvent parfois être légèrement plats[24].

Robe

Les robes admises sont l'alezan et le bai dans toutes leurs nuances, ainsi que le bai-brun (administrativement : noir pangaré), souvent avec des marques blanches[32],[W 4]. Le bai est le plus fréquent selon Haller[10], particulièrement recherché s'il est marqué de blanc[23],[32]. Hubrecht estime au contraire que c'est l'alezan qui est le plus fréquent[30].

Haller cite la robe noire comme possible, mais rare[10], cependant le standard de la race ne l'autorise pas[W 4]. Il en est de même pour les auteurs qui indiquent le bai rouan, l'aubère et le gris comme possibles[26],[33],[13],[16], le standard de race interdisant explicitement toute robe autre que bai, alezan ou bai-brun / noir pangaré[32],[W 4].

Tempérament et entretien

Malgré une forte personnalité[23], c'est un cheval généreux qui ne rechigne pas à la tâche[37],[13],[25]. Calme et dynamique, vif et de caractère agréable[7], il est volontaire[37]. Son histoire lui a conféré une proximité avec l'humain[25]. Il peut porter un cavalier toute une journée, sans présenter de signe de fatigue[1] Ses ancêtres de race Pur-sang lui ont apporté « du sang », et donc de l'énergie et de la souplesse[37],[20] : son influx nerveux est plus important que celui des races de trait lourd[30],[25].

Relativement rustique, il peut vivre à l'extérieur et supporter les variations du climat[20]. Sa longévité est très bonne et sa santé généralement solide[30].

Sa crinière est parfois entièrement rasée, par tradition[32],[W 4].

Allures

Attelage de Cobs normands lancés au galop au concours national d'attelage élite de Rennes en 2014.

Ses allures sont douces et confortables pour un cavalier[26]. Elle dégagent une certaine puissance[10],[24] et de l'énergie[24]. Le pas est ample[10]. Il a hérité de sa sélection historique un trot vif, soutenu et délié, propre aux chevaux de trait légers[19],[1], et de larges foulées[20]. La qualité de son trot est réputée[17]. Le galop est généralement convenable[10],[24].

Sélection

Photo représentant une jument bai-foncé en train de brouter en licol.
La jument cob normand Olympe de fontaine, au modèle.

La sélection de la race est gérée par le Syndicat national des éleveurs et utilisateurs de chevaux Cob normand (SNEUCCN)[38],[W 5], qui a pour but son maintien, sa sélection, sa défense et sa promotion sur tout le territoire français[W 5].

Le Cob normand est surtout élevé dans un objectif sportif[25]. Il est sélectionné sur trois aptitudes : sous la selle, à l'attelage, ou pour la production de viande[25],[32]. De nombreux concours de modèle et allures permettent de sélectionner les représentants jugés les meilleurs, notamment les poulinières et leurs poulains[30]. Si l'insémination artificielle et le transfert d'embryon sont autorisés chez la race, le clonage est interdit, de même que toute technique de manipulation génétique[W 6]. Les chevaux font l'objet d'un suivi avec un contrôle de performances en fonction de leur orientation (attelage sportif, loisirs, attelage urbain, etc)[W 7].

Les présentations d'agrément et d'achat des étalons impliquent une présentation en main et une présentation attelée sur une reprise de dressage[32].

Santé et génétique

La plupart des Cob normands actuels descendent de cinq étalons : Artaban, Bayard, Doullens, Horizon et Pépère Cob, tous issus de la lignée des Pur-sangs Matchem et Eclipse[W 8]. La race est menacée par la consanguinité[P 4]. C'est pour la réduire qu'en 2018, l'éleveur Philippe Lucas récupère auprès de la Fondation Brigitte-Bardot l'étalon Cob normand K12, âgé de 20 ans et maltraité en Haute-Marne, afin de le faire saillir et de ramener une génétique oubliée[P 4].

Le Cob normand est touché par la myopathie à stockage de polysaccharides, une maladie génétique dominante provoquant une dégradation des muscles à l'effort[S 6]. Elle est associée à une mutation du gène GYS1[S 7].

Les étalons doivent être dépistés de l'artérite virale équine[32].

Utilisations

Cheval dit « à deux fins »[4],[23],[18], le Cob normand peut être attelé aussi bien que monté[13],[23],[16],[32]. En 2016, une demande d'utilisation sur deux concerne la selle[25].

Utilisations historiques

C'était autrefois un cheval à tout faire, utilisé selon les besoins des agriculteurs[13],[16],[37]. Il passait ainsi des travaux agricoles et autres petits travaux fermiers à l'attelage en fonction des saisons et de la semaine[37],[23],[34]. Cheval d'attelage rapide, il fut aussi utilisé dans l'artillerie et pour les liaisons postales[10],[12] : capable de tracter les malle-postes au trot rapide sur de mauvaises routes et de longues distances[36], il avait également l'avantage de rester calme à l'arrêt ou à l'attache des heures durant[26]. Le Cob normand a en effet souvent été logé en stalle[30].

Avec la modernisation de l'agriculture et des transports, son utilisation pour le travail est devenue marginale[1].

Attelage

Il est très recherché pour l'attelage de loisir ou de compétition[34],[25],[15], qui forme sa discipline de prédilection grâce à son tempérament bien adapté, quand les chevaux de sang sont souvent trop fins et nerveux[7],[25],[32], et les chevaux de trait trop froids. Ses allures brillants, en particulier son trot, correspondent également bien aux exigences de l'attelage[25]. En 1997, le règlement des épreuves d'attelage est modifié pour prendre en compte la vitesse d’exécution du parcours, favorisant tous les chevaux de trait légers, Cob normand et mareyeur Boulonnais en particulier[39]. La qualité de ses allures, son mental et sa maîtrise technique en font un excellent compétiteur[40],[32]. De nombreux représentants français de la race sont primés dans cette discipline[25],[P 5] jusqu'au niveau international[20].

L'année 2005 est particulièrement faste pour la race, qui accumule les titres : Grand Marais est champion de France des chevaux de trait d'attelage à un trait avec le meneur Patrice Bagilet, Kastor des Castilles et Haut du Ponts sont champions de France des chevaux de trait d'attelage en paire avec le meneur Eric Debuigny ; enfin Lilas Duval, Kajoline de la Scye, Leontine Chaussoniere et Kalla 3 sont champions de France des chevaux de trait en attelage à quatre avec le meneur Bernard Pouvreau[P 6].

Viande

Une partie des chevaux sont élevés à destination du marché de la viande[41], qui représente en 2003 le principal débouché de la race selon Haller, privilégiant ainsi les chevaux les plus lourds[10]. Le cob normand présente l'avantage d'avoir une carcasse plus légère à manipuler que celle d'un cheval de trait et plus rentable que celle d'un cheval de sang, tout en ayant, du fait de ses origines, une viande assez proche, par sa saveur et son aspect, de celle du Pur-sang[24],[41].

Police montée

Dans une carrière intérieure de gala, deux policiers en uniforme se déplacent au trot sur leur monture, l'un des policiers tenant un drapeau à la main.
Deux Cobs normands montés par la police nationale au Salon du cheval de Paris en 2009.

Le Cob normand est utilisé par plusieurs brigades de police montée françaises[P 7],[P 2]. Il est apprécié pour son caractère placide, son sens du contact avec les enfants et sa tolérance aux applaudissements d'une foule[P 8].

En juillet 2021, une convention est signée entre la préfecture, la Direction départementale de la sécurité publique de la Manche et le Pôle hippique de Saint-Lô pour la mise à disposition des chevaux de l'unité équestre de la Police nationale du département, soit une première nationale[P 9]. Unique et Aramis, 13 et 11 ans, intègrent alors la police montée de la Manche en août 2021[P 8]

La race est aussi utilisée par la police de Lyon et en Essonne[P 10].

Autres utilisations

Le Cob normand s'adapte à la majorité des disciplines équestres[23],[32] et dispose souvent d'un bon coup de saut[10]. Il fait un bon cheval de loisir[22]. Il est particulièrement bien adapté à la voltige[42], surtout en ce qui concerne les sujets les plus lourds[25]. Il constitue, de plus, une alternative intéressante pour les cavaliers âgés ou nerveux, qui apprécient sa gentillesse, et pour les cavaliers corpulents, grâce à ses capacités de portage[1],[22]. Les modèles plus légers peuvent être montés en chasse à courre[43] ou en concours complet d'équitation[25]. Ce cheval peut aussi pratiquer la randonnée, le TREC et le TREC attelé[25].

Marc Hermelin, un cavalier familier du haras national de Rodez, s'est pris de passion pour le Cob normand après s'être intéressé à l'éthologie équine. En plus de Rodez, il donne des spectacles avec ses chevaux au jumping de Combelles, à la foire exposition de Villefranche et dans les Pyrénées[P 11],[P 12].

Croisements

Le Cob normand continue d'être utilisé en croisement avec le Pur-sang pour donner des chevaux de selle de qualité, à 25 ou 50 % d'origines Cob[23],[32], mais ces croisements se sont beaucoup raréfiés[22]. Il a progressivement disparu des généalogies du Selle français ; en 1988, environ 3 % des étalons Selle français avaient un Cob renseigné comme ancêtre en quatrième génération, alors que les étalons de 1994 n'en avaient plus un seul[22]. Il est cependant possible que ces généalogies soient incomplètes[22].

L'Alt-Württemberger a été influencé par le Cob normand[10] avant les années 1960, de même que l'Oldenbourg, et l'Ardennais palatin[24]. Il est utilisé en croisement avec l'Ardennais belge, afin de transmettre ses qualités d'allures et d'entrer dans le croisement Arattel[W 9].

Diffusion de l'élevage

Dans une allée du haras, un attelage à quatre roues est mené par un cheval bai trapu énergique.
Le haras national de Saint-Lô est l'un des centres d'élevage de la race.

En 2010, le Cob normand est considéré par la FAO comme une race locale à diffusion transfrontière, qui n'est pas menacée d'extinction[W 10]. En effet, bien qu'assez local, il est diffusé hors de la France[31]. En 2023, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) le classe comme une race chevaline française menacée d'extinction[P 13].

En France

En France, il est principalement présent dans les départements de la Manche, du Calvados et de l'Orne[14], qui forment le berceau de la race, et plus particulièrement dans le Cotentin[2],[9]. Les principaux effectifs sont dans la Manche[17],[13], en particulier la région de Saint-Lô[13]. Des foires aux chevaux ont lieu à Lessay et Gavray[20]. Le haras national de Saint-Lô s'investit pour la sauvegarde et le développement de la race[28], et organise chaque année le concours national de ces chevaux[20], ainsi que des manifestations pour les présenter au public, dans le cadre du Normandie Horse Show notamment[P 14]. L'édition de 2025 fut ainsi l'occasion d'un spectacle avec uniquement des Cob normands[P 15].

Il est aussi présent autour du Haras de la Vendée (ex haras national de la Roche-sur-Yon), et du haras du Pin[44]. On trouve également ces chevaux dans le nord du Massif central[44].

Davantage d’informations Année, Effectif total ...
Effectifs du Cob normand en France
Année Effectif total Étalons en service Naissances / an Nombre d'élevages[Note 2]
1983 524[W 11]
1990 1 430[W 11]
1995 1 425[W 11]
1996 1 728[30] 58[30]
1999 64[45] 580[45] > 600[45]
2001 1 746[W 11]
2003 > 1 675[9] ~ 75[9]
2006 65[44] 501[44] 545[44]
2013 41[46] 240[46] 201[31]
2014 886[W 11] ~ 320[16]
2018 12 380[Note 3],[W 11]
2021 12 620[W 11]
Fermer

Deux tiers des éleveurs n'ont qu'une ou deux juments[45].

Il est présent chaque année au Salon du cheval de Paris et au Salon de l'agriculture[20]. Il a été mis en avant lors des Jeux olympiques d'été de 2024 à Paris[P 10],[P 7], et aux 80e commémorations du débarquement de Normandie[P 7].

Hors de France

Le Cob normand s'exporte vers la Belgique et s'y élève depuis en race pure[W 1]. En 2002, le marché de l'export concerne une quinzaine de chevaux chaque année : outre la Belgique, ils partent en Allemagne, en Suisse et en Italie pour l'attelage de loisir, le débardage et l'élevage[P 16].

Notes

  1. L'amputation de la queue est tant une affaire de mode et de tradition qu’un moyen d'empêcher les crins du cheval de se coincer dans les harnais. Cette pratique a été interdite en 1996 en France : voir caudectomie.
  2. Toute personne détenant au moins une jument mise à la reproduction est comptée comme gérant un élevage.
  3. Les chiffres à partir de 2018 se basent sur le nombre de chevaux enregistrés par l'IFCE.

Références

Voir aussi

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