Coloscopie
examen visuel du côlon par l'intermédiaire d'une sonde appelée coloscope
From Wikipedia, the free encyclopedia
La coloscopie ou colonoscopie est l'exploration du colon et du rectum avec un endoscope, instrument permettant de visualiser la lumière intestinale. C'est un examen diagnostique, mais également potentiellement thérapeutique, car en cas de découverte de polypes , ou de petites tumeurs, celles-ci seront enlevées pour être analysées au cours de l'examen.


Le dépistage organisé du cancer colorectal[1] rend cette exploration indispensable en cas de positivité de la recherche de sang dans les selles, ou en cas d'antécédent de polypes ou de cancer dans la famille.

Anatomie du côlon
Le côlon humain est un segment du gros intestin situé entre le cæcum et le rectum, dans la cavité abdominale. C'est un organe musculaire d’environ 1,5 mètre de long et de 8 centimètres de diamètre. Il possède trois fonctions importantes de l’organisme : l'absorption des aliments pas encore digérés, la digestion et la concentration des matières fécales, le stockage et l'évacuation maîtrisée des selles. Il n'est pas considéré comme un organe vital. Sur le plan fonctionnel, le côlon se divise en plusieurs segments : le côlon droit (côlon ascendant) et le côlon gauche (côlon descendant) séparés par le côlon transverse. Le côlon droit (cæcum et côlon ascendant) joue un rôle majeur dans l’absorption de l’eau et des électrolytes, de même que dans la fermentation des sucres non digérés. Le côlon gauche (côlon descendant, côlon sigmoïde) et le rectum interviennent surtout dans l’entreposage et l’évacuation des selles.
Description de la technique

L'examen est conduit le plus souvent sous anesthésie générale , en ambulatoire, après avoir vidé le côlon de ses matières fécales (régime sans fibre + préparation colique).

Le coloscope est inséré par l'anus puis glissé peu à peu dans l'intestin et dirigé par l'opérateur à l'aide de manettes. Ce dernier insuffle du gaz carbonique ou de l'eau, afin de décoller les parois et progresser prudemment. Le premier objectif est d'arriver au tout début du côlon (cæcum), à la limite de la valvule iléo-cæcale (jonction avec l'iléon). La visualisation des parois coliques se fera lors du retrait progressif de l'appareil.
Le coloscope est pourvu d'une source lumineuse, d'un système optique (autrefois par fibres optiques, actuellement par un capteur CCD), , l'examen est suivi par l'opérateur sur un écran. L'endoscope comporte un voire plusieurs canaux opérateurs. Ces derniers permettent d'insuffler de l'air, ou plutôt actuellement du gaz carbonique, d'aspirer l'eau ou de laver et surtout de faire passer des pinces pour les prélèvements de petits morceaux de muqueuse (biopsie) ou d'utiliser des instruments à visée thérapeutique (anse diathermique pour enlever un polype par exemple).
Si un polype est enlevé, il est récupéré pour être examiné au laboratoire d'anatomo-pathologie.
Préparation nécessaire
Lorsque l'indication de l'endoscopie est retenue lors de la consultation initiale avec le gastroentérologue, le patient reçoit toutes les informations utiles et légales sur le mode de préparation, et sur les risques potentiels du geste.
L'examen est conduit sous anesthésie générale, parfois sous sédation légère. Celle-ci est menée sous le contrôle d'un médecin anesthésiste, avec les moyens de surveillance habituels pour toute intervention sous anesthésie générale.
Le côlon doit être nettoyé de ses matières fécales et absolument propre. Pour cela, le patient doit suivre une diète trois jours avant l'examen, consistant en un régime dit sans résidus, limitant l'apport de fibres.
La préparation suit des règles précises, consistant en l'apport d'une préparation fractionnée, avec une prise de produit au goût citronné ou d'orange et d'eau la veille de l'exploration, ainsi que le matin de l'examen, en veillant à cesser toute prise de boisson au plus tard deux heures avant l'anesthésie. Le but est de provoquer une purge liquide du colon. Les modalités pratiques seront expliquées en détail lors de la consultation avec le spécialiste.
Après l'examen, le patient sera réveillé en salle de réveil, et libéré sauf problème quelques heures plus tard, à condition d'être accompagné. Il recevra toutes les informations sur son examen avant de sortir de la structure.
Facteurs de risques

La coloscopie est indiquée dans les bilans de :
- antécédents familiaux ou personnels de cancer ou de polypose adénomateuse familiale ;
- saignements d’origine digestive ;
- diarrhée chronique ;
- douleurs abdominales inexpliquées.
Indications de la coloscopie
Les principales indications sont :
- recherche de polypes ou cancers dans le cadre du dépistage du cancer du côlon (17 000 décès en 2023 en France )
- recherche des causes d'un saignement intestinal ;
- recherche des causes de douleurs abdominales inexpliquées (essentiellement après 45 ans) ;
- recherche des causes d'une diarrhée chronique (durant depuis plusieurs semaines) ;
- suivi de patients ayant des maladies intestinales bien identifiées ou des facteurs de risque connus (cancer, maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), antécédents de polypes).
Dans tous ces cas, la coloscopie permet de faire le point sur l'origine de douleurs, de ballonnements ou encore de saignements. C'est aussi l'examen de référence pour dépister un cancer du côlon.
Contre-indications rares mais importantes : sigmoïdite diverticulaire aiguë (complication d'une diverticulose) avec fièvre car risque de perforation ou dans les suites immédiates d'un infarctus du myocarde.
Incidents et accidents
Il s'agit d'un examen non douloureux mais désagréable, ce qui peut en limiter l'utilisation en l'absence d'anesthésie générale.
Les complications[3] incluent :
- perforation colique (moins de 0,1 %)[4] ;
- hémorragie en cas de biopsie ou d'ablation de polypes (moins de 0,5 %)[4], parfois plus de sept jours après le geste ;
- diverticulite : c’est une infection des diverticules du segment sigmoïde du côlon. Les diverticules sont de petites hernies de la muqueuse intestinale au travers de la paroi musculaire du côlon ;
- risque infectieux ;
- explosion colique.
Le taux de décès dû à l'examen est de 0,01 %[5]. Le risque de décès est quatre fois plus important chez les plus de 79 ans que chez les 50-74 ans[5].
Techniques alternatives
- Le coloscanner (ou coloscan). L'examen radiologique est cette fois remplacé par un scanner et nécessite seulement une insufflation d'air pour ouvrir la lumière du côlon. Elle permet une reconstitution tridimensionnelle de l'intérieur du côlon pouvant aller jusqu'à une coloscopie virtuelle grâce à des logiciels de post-traitement de plus en plus puissants. Cet examen ne permet naturellement pas d'effectuer des prélèvements sur les anomalies constatées.
- La video capsule endoscopique[6]. L'ingestion de la capsule vidéo permet d'enregistrer les images du transit dans le colon qui sont ensuite lues sur un écran, mais ne permet pas d'intervenir en cas de découverte d'anomalie
- Des scientifiques ont mis au point un robot capable de s'introduire dans le rectum du patient. Utilisant neuf ressorts en alliage à mémoire de forme et des mouvements ondulés similaires à la façon dont l’intestin fonctionne, cet appareil progresse dans le colon de manière plus fluide qu'une sonde classique. Cela rend l'examen médical plus agréable pour le patient et évite les risques de perforation de la paroi intestinale[7].
Situation actuelle du cancer colorectal
Le cancer du côlon-rectum est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le troisième chez l’homme[8]. Le nombre de cancers colorectaux a augmenté en France pour atteindre 47000 cas annuels en 2023. Environ 60 % des cancers colorectaux touchent le côlon et 40 % le rectum, où la localisation principale est le sigmoïde (dernière partie du côlon).
La mortalité liée au cancer colorectal atteint 17 000 décès en 2022.
Le taux de mortalité du cancer colorectal a diminué de 21 % en vingt ans. Cette tendance favorable de la mortalité résulte des progrès réalisés dans la détection de la maladie grâce à un diagnostic plus précoce, à l’amélioration de la prise en charge thérapeutique et à une diminution de la mortalité opératoire.
Coloscopie chez l'enfant
La coloscopie est une exploration visuelle, qui sert à mettre en évidence des anomalies du côlon. Cette technique est essentielle pour déterminer l'origine des symptômes digestifs présentés par l’enfant.
Les appareils
Les endoscopes doivent être adaptés au poids de l’enfant. Il convient donc d’utiliser un matériel pédiatrique adapté. Pour les explorations du côlon chez le nouveau-né et le nourrisson, comme il n’existe pas de coloscope adapté à cette classe d’âge, on utilise un gastroscope pédiatrique. De deux à douze ans, on utilise un coloscope pédiatrique de diamètre inférieur à 11 mm. Après douze ans, il est possible d’utiliser un coloscope pour adulte.
Préparation colique
Au cours des journées précédant le test, l'enfant doit prendre des médicaments par voie orale pour évacuer toutes les matières fécales et boire de grandes quantités de liquides clairs. Il ne doit rien manger et il ne doit pas boire de liquide opaque durant cette période et jusqu’à l’examen. Ceci permet d’éviter de diminuer l’effet de la sédation ou de l’anesthésie requise pour effectuer la coloscopie. Il faut faire attention : une bonne préparation du côlon est indispensable. Elle permet un examen de meilleure qualité et réduit les risques.
Techniques d’anesthésie
La coloscopie se déroule toujours, quel que soit l’âge de l’enfant, sous anesthésie générale. La consultation d’anesthésie préalable est obligatoire. L’examen se déroule sous la surveillance du médecin anesthésiste. La surveillance de l’enfant, après la sédation, sera réalisée par un personnel formé à la pédiatrie dans des locaux adaptés comprenant un monitorage comparable à celui utilisé pendant l’anesthésie.
Après l'examen
Une fois que l’enfant est réveillé et en état de boire, il peut rentrer à la maison et recommencer à manger normalement. Certains enfants peuvent se sentir malades après le test et doivent être surveillés pendant quelque temps jusqu’à ce qu’ils se sentent mieux. Dans les suites de l’examen, l'apparition ou la persistance anormale de douleurs abdominales, de sang rouge ou de selles noires, de fièvre ou de frissons, imposent de prévenir votre gastro-entérologue, votre médecin traitant ou l'établissement où a été pratiquée la coloscopie.
Indications
Un enfant peut avoir besoin d’une coloscopie pour plusieurs raisons, notamment par la présence de sang dans les selles, de diarrhées de cause inconnue, de douleurs abdominales pouvant résulter d’une inflammation intestinale ou encore d'un suivi d’un état chronique affectant le revêtement des intestins.
Complications
Les complications chez l’enfant sont les mêmes que chez l'adulte.
Histoire
Dans les années 1960, le Dr Niwa et le Dr Yamagata de l'Université de Tokyo ont commencé à concevoir le colonoscope. Après 1968, le Dr William Wolff et le Dr Hiromi Shinya ont été les pionniers de son développement [9],[10].Leur invention, en 1969 au Japon, était une avancée par rapport au lavement baryté et au sigmoïdoscope flexible, car elle permettait de visualiser et d'éliminer les polypes de tout le gros intestin. Wolff et Shinya ont plaidé pour leur invention et ont publié une grande partie des premières preuves nécessaires pour surmonter le scepticisme quant à l'innocuité et à l'efficacité de l'appareil.
À la suite de l'apparition des capteurs de type CCD, le marché des colonoscopes est principalement dominé par Fujifilm, Olympus et Hoya au Japon[11]. En 1982, le Dr Lawrence Kaplan du Aspen Medical Group à St.Paul, MN, USA a rapporté une série de cent coloscopies et endoscopies supérieures consécutives effectuées dans une clinique indépendante, éloignée d'hôpitaux classiques. Ceci démontrait la fiabilité, la sécurité, ainsi que l'intérêt économique de telles procédures ambulatoires.
