Connemara
région située dans l’ouest de l'Irlande dans le Comté de Galway
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Le Connemara (en irlandais : Conamara /ˈkʊnˠəmˠəɾˠə/) est une région située dans l’ouest de l'Irlande dans le comté de Galway, dans l'ouest de la province de Connacht. La « capitale » du Connemara est Clifden, ville de 3 000 habitants.
Ses ressources principales sont l'élevage de moutons (essentiellement des Scottish Blackface), l'exploitation de la tourbe et le tourisme.
Toponymie
Le nom de Connemara provient de l'irlandais Conmaicne Mara, qui signifie littéralement « descendants de Con Mhac de la mer ». Les Conmaicne Mara sont en effet une branche d’une ancienne tribu irlandaise issue de Connacht et localisée sur la côte atlantique. Con Mhac, « fils du chien », d'après la mythologie irlandaise, est le fils d'une reine de Connacht.
Géographie
Localisation

Le Connemara se situe sur la côte ouest de l'île d'Irlande, ce qui en fait une extrémité de l'Europe[1]. Cette région s'étend du Killary Harbour, au nord, à la baie de Kilkieran (en) au sud, dans l'ouest du comté de Galway, lui-même situé au sud-ouest de la province du Connacht[2].
Par extension, le Connemara désigne communément :[réf. nécessaire]
- tout ce qui se trouve à l’ouest du lac Lough Corrib ;[réf. nécessaire]
- les zones de l'Ouest du Comté de Galway où la langue irlandaise, le gaélique, est encore parlée.[réf. nécessaire]
Le Connemara se compose des paroisses de Carna, Clifden, Ballynakill, Roundstone et Inishbofin.[réf. nécessaire] Clifden, ville de 3 000 habitants, est la « capitale » du Connemara[3].
Topographie et hydrographie

La côte du Connemara est un ensemble de plusieurs péninsules. La péninsule de Iorras Ainbhtheach dans le sud-est la plus importante. On y trouve les villages de Carna et Kilkieran. La péninsule d’Errismore se trouve à l’ouest du village de Ballyconeely. Les péninsules d’Aughris, Cleggan et Renvyle se trouvent dans le nord-ouest du Connemara.
Un très grand nombre d’îles se trouve au large du Connemara (Omey, Inishark, High Island, Friars Island, Feenish et Mweenish Island). La plus importante est celle d’Inishbofin.
Climat
Le Connemara jouit d'un climat tempéré[4].
Géologie
Faune et flore

On trouve dans le Connemara une race de poneys indigène, le poney connemara, que l'on peut apercevoir en liberté dans le parc national du Connemara, entre autres. Cet animal est le résultat d'un croisement involontaire entre le poney sauvage local et le cheval arabe, accidentellement importé, capturé et remis en liberté par les Irlandais, après la défaite infligée à l'Invincible Armada de Philippe II d'Espagne par la marine anglaise, au XVIe siècle. Une partie de la flotte hispanique s'était, à l'époque, échouée dans la tempête, sur la côte nord-ouest de l'Irlande, alors qu'elle essayait de rejoindre l'Espagne, poursuivie par la flotte anglaise. Des chevaux avaient, lors de ces événements de 1588, quitté le bord ou été simplement remis en liberté.
Transports
Histoire
La ville principale du Connemara est Clifden, qui est entourée d'une région riche en mégalithes.
Le fameux marbre du Connemara, aussi appelé « marbre vert irlandais » affleure le long d'une ligne entre Streamstown et Lissoughter. Il s'agissait d'un trésor commercial utilisé par les habitants au temps de la préhistoire. Il conserve aujourd'hui encore toute sa valeur. Il est disponible en grandes plaques de dimensions variées, adaptées aussi bien à la construction qu'à la fabrication de petits bijoux.
Système de clans

Avant les conquêtes des Tudor ainsi que de Cromwell, le Connemara, tel que le reste de l'Irlande gaélique, est gouverné par des clans irlandais dont les chefs ainsi que leur derbfine sont tenus de respecter le même code d'honneur que celui exigé des chefs de clans écossais.
Dans sa biographie de Robert Roy MacGregor, William Hutchison Murray décrit le code d'honneur comme suit : « Le principe fondamental qui se dégage des archives détaillées est le suivant : le droit doit être rendu en apparence, nul ne doit être laissé dans le dénuement, la parole donnée doit être honorée, le plus strict respect doit être accordé à tous ceux qui ont accordé une confiance absolue, et la confiance d'un invité en sa sécurité ne doit jamais être trahie par son hôte, ni réciproquement. Il existait d'autres principes semblables, chacun reposant sur le simple idéal de la confiance honorée… Toute violation de ce principe était abhorrée et condamnée… Cet idéal était appliqué avec discernement. Son interprétation imprégnait profondément la vie familiale, mais restait superficielle en temps de guerre et en politique[5]. »
L'est de ce qui est désormais le Connemara était autrefois appelé Delbhna Tír Dhá Locha, et était gouverné par des rois affirmant être les descendants de la Delbhna, des Dál gCais de Thomond, et être parentés avec le roi Brian Boru[6]. Les rois de Delbhna Tír Dhá Locha finirent par adopter le titre et le nom de famille Mac Con Raoi[7].
Le chef du nom du clan Mac Con Raoi gouverne directement en tant que seigneur de Gnó Mhór, qui fut par la suite divisée en paroisses civiles de Kilcummin et Killannin. Comme c'était l'usage à l'époque, en raison du pouvoir qu'ils exerçaient à travers leurs galères, Les chefs du clan Mac Conraoi accomplirent également leur devoir de pourvoyeurs pour les membres de leur clan en demandant et percevant un loyer illégal sous peine de piraterie contre les bateaux qui pêchait ou commerçaient au sein du territoire du clan. Les chefs du clan Mac Conraoi furent donc comptés, avec les chefs des clans O'Malley, O'Dowd et O'Flaherty, parmi les « rois de la mer du Connacht »[7]. Le royaume voisin de Gnó Beag était gouverné par le chef du nom du Clan Ó hÉanaí.
Le clan Ó Cadhla (Kealy) gouverne Connemara Ouest[8]. Comme les chefs du Clan Ó Cadhla, les chefs du Clan Mac Conghaile (Conneely) affirmaient également être des descendants du Conmhaícne Mara.
Au début du XIIIe siècle, les quatre clans furent déplacés et soumis par les chefs du clan Ó Flaithbertaigh, qui avaient été chassés à l'ouest de Maigh Seola vers Iar Connacht par la branche Mac William Uachtar de la Famille de Bourg, au cours de l'invasion hiberno-normande de Connacht.
D'après l'historienne irlando-américaine Bridget Connelly, « Au cours du XIIIe siècle, les habitants d'origine, les clans Conneely, Ó Cadhain, Ó Folan et MacConroy, avaient été progressivement repoussés vers l'ouest depuis la région de Moycullen jusqu'au littoral entre Moyrus et Killary Harbour. Et, en 1586, avec la signature des articles de la composition du Connacht faisant de Murrough na dTuadh Ó Flaithbheartaigh le propriétaire au nom de la reine Élisabeth Ire, les MacConneely et les Ó Folan étaient tombés au-dessous de la liste des chefs dont les noms apparaissaient sur le document. Les articles ont privé tous les chefs de clans irlandais d'origine non seulement de leur titre, mais aussi de tous les loyers, redevances et droits tribaux qu'ils possédaient en vertu du droit irlandais[9]. »
Au cours du XVIe siècle, la légendaire reine pirate locale Grace O'Malley, déclare publiquement, au sujet de ses disciples : (en irlandais : "Go mb'fhearr léi lán loinge de chlann Chonraoi agus de chlann Mhic an Fhailí ná lán loinge d'ór") (« Qu’elle préférerait avoir un navire rempli des clans de Conraoi et des clans de Mac an Faili plutôt qu’un navire rempli d’or. »)
Bien qu'elle ait traditionnellement été considérée comme une icône du nationalisme irlandais, Grace O'Malley, en réalité, s'est rangée du côté de la reine Elizabeth Ire contre Hugh Roe O'Donnell et Hugh O'Neill durant la guerre de Neuf Ans, après quoi ses descendants connus furent complètement assimilés à la haute société britannique[10]. Même si O'Donnell et O'Neill cherchent, dans un premier temps, à mettre fin à la persécution religieuse de l'Église catholique en Irlande par la reine d'Angleterre et ses fonctionnaires, O'Malley s'estime très certainement pleinement justifiée, au regard du code de conduite, de prendre parti pour la Couronne d'Anglettre contre eux[11].
La querelle débute en 1595, lorsqu'O'Donnell rétablit la chefferie du clan MacWilliam Íochdar de la famille de Bourg entièrement gaélisé dans le comté de Mayo, ayant été abolie dans le cadre de la politique de renonciation et restitution[11]. Au lieu de permettre au Clan Burc d'invoquer un rassemblement auquel les nobles et le peuple débattraient et puis choisir l'un des derbfine du dernier chef pour les diriger, O'Donnell décide plutôt de nommer son allié, Tibbot MacWalter Kittagh Bourke, comme chef du nom[11]. En transférant les prétentions de son fils Tibbot na Long Bourke à la chefferie, O'Donnell s'est fait un ennemi durable et réellement dangereux de l'ancien allié de sa mère ; Grace O'Malley. Ce dernier a rapidement riposté en déclarant une guerre de changement de régime soutenue par les Anglais, dans laquelle elle lutte contre Hugh Roe dans le but d'arracher la Baguette Blanche de la Chefferie à Tiobóid Mac Walter Ciotach et la donner à son fils. Elle fut rejointe dans cette entreprise par le clan O'Flaherty ainsi que les clans irlandais du Connemara qui suivirent sa responsabilité[10].
Philip O'Sullivan Beare, chef de clan irlandais, historien et réfugié en Espagne des Habsbourg, devient un critique très sévère de Niall Garbh O'Donnell, Tibbot na Long Bourke, Grace O'Malley, ainsi que d'autres membres de la noblesse gaélique d'Irlande ayant, de façon similaire, déclaré des guerres de changement de régime au sein de leurs clans avec le soutien anglais. Ayant l'avantage du recul concernant les retombées à long terme du soulèvement de Tibbot na Long Bourke contre son chef et et bien d'autres à travers le pays, O'Sullivan Beare écrit : « Les catholiques auraient peut-être pu trouver un remède à tous ces maux, s'ils n'avaient pas été détruits de l'intérieur par une autre maladie bien plus grande. Pour la plupart des familles, des clans, et des villes des chefs catholiques, qui ont pris les armes pour défendre la Foi catholique, ils ont été divisés en différentes factions, ayant chacun des chefs différents, marchant à la suite des seigneurs qui se battaient pour leurs domaines et leurs chefferies. Les moins puissants d'entre eux se sont joints au parti anglais dans l'espoir d'obtenir le titre de chef de leurs clans, si les chefs en place étaient destitués de leur position et de leurs biens, et les Anglais leur faisaient habilement miroiter cet espoir. Donc, des hommes à courte vue, faisant passer leurs affaires privées avant la défense publique de leur sainte Foi, ont rallié leurs alliés, leurs partisans et leurs villes aux chefs catholiques et ont transféré aux Anglais d'importantes ressources, or, à la fin, n'ont pas obtenu ce qu'ils souhaitaient, mais ont accompli ce qu'ils ne désiraient pas. Car ce ne furent pas eux, mais les Anglais qui s'emparèrent des biens et des riches patrimoines des nobles catholiques et de leurs proches ; et la Sainte Foi de Jésus-Christ, privée de ses défenseurs, fut livrée à la violence barbare et à la convoitise des hérétiques. Il y avait un moyen par lequel les anglais étaient capables d'anéantir les forces des chefs irlandais, en promettant leurs honneurs ainsi que leur salaire à ceux de leurs propres parents qui tenteraient de leur soutirer leurs partisans et leurs alliés, cependant, lorsque la guerre était terminée, les anglais n'ont pas tenu leurs promesses. »
Persécution religieuse
Avant que la dissolution des monastères ne se répande au Connemara, l'Ordre dominicain possède un monastère à environ 3.2 km au nord de ce qui est désormais Roundstone (en irlandais : Cloch na Rón).
Au cours des siècles de persécution religieuse de l'Église catholique en Irlande ayant débuté sous Henri VIII et s'étant uniquement terminée avec l'émancipation des catholiques en 1829, le peuple irlandais, d'après Marcus Tanner, se raccroche à la messe tridentine : « Ils se signaient lorsqu'ils croisaient des pasteurs protestants sur la route, il fallait les traîner dans les églises protestantes et ils se bouchaient les oreilles avec du coton plutôt que d'écouter les sermons protestants[12]. »

Selon l'historien et folkloriste Seumas MacManus : « Tout au long de ces siècles terribles, le prêtre traqué – qui, dans sa jeunesse, avait été emmené clandestinement sur le continent européen pour y recevoir sa formation – entretenait également la flamme de la foi. Il rôdait comme un voleur au milieu des collines. Les dimanches et jours de fête, il célébrait la messe sur un rocher, à flanc de montagne isolé, tandis que la congrégation s'agenouillait sur la bruyère du flanc de coteau, à ciel ouvert. Pendant qu'il célébrait la messe, des sentinelles fidèles veillaient du haut des collines environnantes, prêtes à donner l'alerte à temps de l'approche du chasseur de prêtres et de sa garde de soldats britanniques. Or, parfois, les troupes les surprirent par surprise, et le Rocher de la Messe fut éclaboussé de son sang ; et les hommes, les femmes et les enfants surpris en train d'adorer Dieu parmi les rochers étaient fréquemment massacrés sur le flanc de la montagne[13]. »
D'après l'historien et folkloriste Tony Nugent, de nombreux rochers de messe subsistent dans le Connemara depuis cette époque. Il en existe un se situant le long du boreen intitulé Baile Eamoinn non loin de Spiddal. Deux autres se situant à Barr na Daoire ainsi qu'à Caorán Beag à Carraroe. Un quatrième, Cluain Duibh, se situe à proximité de Moycullen à Clooniff[14]. Le cartographe Tim Robinson a écrit à propos d'un cinquième rocher de masse, situé dans le hameau d'« An Tulaigh », qui comprend également deux fontaines à dévotion, et, auparavant, une chapelle de pèlerinage chrétienne consacrée à Colomba d'Iona, qui, selon la tradition orale, aurait visité la région. Le rocher de messe a été construit à partir de plusieurs des nombreux blocs erratiques dispersés par les glaciers autour du Lough Clurra et porte le nom en irlandais "Cloch an tSagairt" (« La pierre du prêtre ») mais qui était auparavant marqué comme « L'autel du druide » ainsi que des dolmens sur les anciennes cartes de l'Ordnance Survey.
Après s'être emparée de l'île en 1653, la New Model Army d'Oliver Cromwell transforme l'île voisine d'Inishbofin, dans le comté de Galway, en camp de prisonniers pour les prêtres catholiques arrêtés alors que ces derniers exercent secrètement leur ministère religieux dans d'autres régions d'Irlande. Inishmore, dans les îles d'Aran voisines, sert exactement au même but. Les derniers prêtres étaant retenus sur les deux îles sont finalement libérés suite à la restauration Stuart en 1662[14].
L'un des derniers chefs du clan O'Flaherty et seigneur d'Iar Connacht, il s'agit de l'historien du XVIIe siècle Ruaidhrí Ó Flaithbheartaigh, qui a perdu la plus grande partie de ses terres ancestrales lors des confiscations cromwelliennes des années 1650.
Après avoir été expulsé, Ó Flaithbheartaigh s'installe près de Spiddal et écrit un livre d'histoire irlandaise en néolatin intitulé Ogygia ayant paru en 1685 sous le titre Ogygia: seu Rerum Hibernicarum Chronologia & etc. Ogygie, l'île de Calypso dans L'Odyssée d'Homère a été utilisée par Ó Flaithbheartaigh comme allégorie poétique de l'Irlande. S’appuyant sur de nombreux documents anciens, Ogygia retrace l’histoire irlandaise jusqu’à l’époque précédant saint Patrick et jusqu’à la mythologie irlandaise préchrétienne.
En même temps, cependant, Máirtín Mór Ó Máille, ayant affirmé être un descendant du derbfine du dernier chef du nom du clan O'Malley et seigneur d'Umhaill ainsi qu'être parenté avec la fameuse reine pirate Grace O'Malley, gère une grande partie des propriétés du propriétaire terrien anglo-irlandais Richard Martin depuis sa résidence de « Keeraun House » et la région environnante, qui sont encore connues localement sous le nom de « le domaine » (en irlandais : An Diméin), sous le nom d'un « intermédiaire » (en irlandais : ceithearnach).
Depuis le rocher connu sous le nom de « Le siège d'O'Malley » situé à l'embouchure du ruisseau connu sous le nom d'An Dólain près du village d'An Caorán Beag à Carraroe, Ó Máille dirigeait également, avec la collusion enthousiaste de son employeur, l'une des opérations de contrebande les plus actives du sud du Connemara et déchargeait régulièrement des cargaisons introduites clandestinement depuis Guernesey. Comme de nombreux autres membres de la noblesse gaélique d'Irlande avant lui, Ó Máille est une figure légendaire. De son vivant encore, il divertissait tous ses invités avec plusieurs tonneaux de vin et des festins de moutons et de bœufs rôtis, toujours entièrement consommés avant d'être salés.
Cette situation perdure jusqu'à environ 1800. Alors qu'il accueille le Révérend Edmund Ffrench, Gardien de Galway dominicain ainsi que futur évêque de Kilmacduagh et Kilfenora, cependant, Máirtín Mór Ó Máille préside à une violation accidentelle d'hospitalité. La visite du surveillant Ffrench ayant lieu un vendredi, le Frère ne mangea que du poisson et des fruits de mer. Lorsqu'un des domestiques de Máirtín Mór verse accidentellement une sauce à la viande dans son assiette, le futur évêque comprend que c'est involontaire et écarte gracieusement l'assiette d'un geste. Le cousin du futur évêque, Thomas Ffrench, en revanche, est moins indulgent et exige satisfaction. Cela provoque un duel au cours duquel Máirtín Mór est mortellement blessé.
Sir Richard Martin, qui n'est pas dans le Connemara à l'époque, est choqué et furieux d'apprendre la mort de son intermédiaire, déclarant : « Ó Máille préférait avoir un trou dans les entrailles plutôt qu'un trou en son honneur, mais il n'y aurait eu de trou ni dans l'un ni dans l'autre si on me l'avait dit ! »
Pendant ce temps-là, une autre branche de la noblesse gaélique, ayant revendiqué une descendance des derbhfine des derniers chefs O'Flaherty, vit également dans une maison longue au toit de chaume à Renvyle et agit à la fois comme chef de clan et « intermédiaire » pour la famille anglo-irlandaise Blake de la ville de Galway, à qui une grande partie de la région a été concédée en vertu des Actes d'établissement en 1677. Cet arrangement se poursuit jusqu'en 1811, Henry Blake met fin à une tradition familiale vieille de 130 ans, durant laquelle il agissait comme propriétaire absent, et expulse Anthony O'Flaherty, âgé de 86 ans, ses proches et ses employés. Henry Blake détruit ensuite la maison longue d'Anthony O'Flaherty et y construit la maison Renvyle[9].
Autorité britannique directe
Même si Henry Blake a plus tard qualifié l'expulsion d'Anthony O'Flaherty dans Letters from the Irish Highlands, comme « L'aube de la loi au Connemara » (sic), la famille anglo-irlandaise Blake, qui demeure dans la région jusque dans les années 1920, est restée dans les mémoires à Connemara comme étant « des propriétaires notoirement mauvais » et dotés d'un prétendu sentiment de droit sexuel concernant les femmes locataires de leurs domaines ainsi que comme étant des partisans des activités anticatholiques de l'Irish Church Missions locale, qui, « a provoqué beaucoup de troubles et d'amertume »[9].
Le folklore irlandais local glorifie donc un rapparee local connu sous le nom de Scorach Ghlionnáin, qui serait né hors mariage dans une grotte en bord de mer, dans le hameau d'An Tulaigh. On dit de lui qu'il vola souvent et avec succès la famille Blake ainsi que leurs agents fonciers et donna son butin aux pauvres, jusqu'à ce qu'il soit engagé dans l'Armée britannique et perdit la vie lors de la guerre de Crimée. La famille Blake aurait également été bannie définitivement de la région par un sort leur étant jeté par un prêtre catholique local s'adonnant à la sorcellerie préchrétienne[9]. Ailleurs au Connemara, on se souvient du propriétaire anglo-irlandais John d'Arcy, s'étant ruiné ruine lui-même ainsi que ses héritiers afin de trouver la ville de Clifden, avec beaucoup plus d'affection[15].

En 1843, Daniel O'Connell, le cerveau de la campagne victorieuse pour l'émancipation des catholiques, organise une réunion monstrueuse à Clifden, qui rassemble une foule estimée à 100 000 personnes, devant laquelle il s'exprime sur l'abrogation des Actes d'Union.
Le Connemara est considérablement dépeuplé durant la Grande famine à la fin des années 1840, avec les terres de la famille Martin anglo-irlandaise étant grandement affectées et le propriétaire ruiné étant forcé de mettre le domaine aux enchères en 1849 :
Comme cette année 1847 avait été la pire des nombreuses années consécutives de famine, nous devions comprendre que ces propriétaires manquants avaient abandonné leurs terres pour s'entasser dans les hospices ou sur les navires d'émigrants à destination du Nouveau Monde, ou qu'ils étaient morts ; en tout cas, ils n'infestaient plus le sol, qui restait une toile vierge sur laquelle le Capital pouvait peindre un paysage équitable et profitable[16].
Le chant sean-nós Johnny Seoighe (John O'Heighnigh) est l'une des quelques chansons irlandaises de l'époque de la Grande famine qui existent encore[17]. Les événements de la Grande famine irlandaise au Connemara ont inspiré les films récents en irlandais The Renegade, réalisé par Lance Daly, et Arracht, réalisé par Tomás Ó Súilleabháin.
La famine irlandaise de 1879 provoque, de la même façon, des famines massives, des expulsions et des violences dans le Connemara contre les abus de pouvoir des propriétaires anglo-irlandais, des huissiers, ainsi que de la Police royale irlandaise[9].
D'après Tim Robinson : « Michael Davitt, le fondateur de la Ligue agraire nationale irlandaise... visita An Cheathrú Rua [en 1879] et... constata que les métayers en étaient réduits à manger les pommes de terre de semence dont dépendait la récolte de la saison suivante. En janvier 1880, après un autre tour du Connemara, il rapporta que les syndicats des pauvres des régions côtières n'offraient aucune aide extérieure (par exemple, des programmes de construction de routes), et la population était confrontée à la famine dans les mois précédant l'été. Non seulement le mildiou de la pomme de terre était répandu, mais il semble que le marché du varech se soit effondré, et pour la plupart des petits locataires des zones côtières, c'était le prix qu'ils obtenaient pour leur varech qui leur permettait de payer le loyer. »
En réponse, Père Patrick Grealy, le prêtre catholique assigné à Carna, sélectionne dix familles « très démunies mais industrieuses et vertueuses » de sa paroisse pour émigrer en Amérique et s'installer dans des fermes frontalières du canton de Moonshine, près de Graceville, dans le Minnesota, par l'évêque John Ireland du diocèse de Saint-Paul et Minneapolis[9].
En 1880, les efforts réalisés par le propriétaire Martin Kirwan afin d'évincer ses locataires affamés aboutissent à « La bataille de Carraroe » (en irlandais : Cath na Ceathrú Rua) que Tim Robinson surnomme « L'événement le plus dramatique de la guerre agraire au Connemara ». Au cours de cette fameuse bataille, M. Fenton, l'huissier du propriétaire, arrive pour signifier les avis d'expulsion avec la protection ainsi que le soutien d'environ 260 officiers de la police royale irlandaise. Ils se heurtent à la violente résistance d'environ 2000 membre de la population locale. Tim Robinson écrit : « La légende locale raconte que des visages étranges étaient visibles dans la foule – il s'agirait des morts venus du vieux cimetière de Bar an Derry pour sauver les ancêtres de leur famille. » (en irlandais : "Tá sé sa seanchas áitiúil go raibh éadain strainséartha le feiceáil sa slua – na mairbh a bhí tagtha aníos as an tseanreilig i mBarr an Doire le seantithe a muintire a shábháil, ceaptar.") Après une escalade de la violence qui le contraint à se replier sur la caserne de la RIC avant d'avoir pu achever la troisième expulsion, M. Fenton rédige une lettre à l'agent foncier de Roundstone (en irlandais : Cloch na Rón) annonçant son refus de procéder à davantage d'expulsions.
Selon l'historien Cormac Ó Comhraí, entre la guerre agraire et la première guerre mondiale, la vie politique du Connemara est largement dominée par l'Irish Parliamentary Party, favorable à l'autonomie, ainsi que son alliée, la Ligue irlandaise unie[18]. Au même moment, cependant, malgré l'absence quasi totale du parti politique Sinn Féin dans le Connemara, l'Irish Republican Brotherhood antimonarchiste militant compte plusieurs unités actives à travers la région. De plus, de nombreux vétérans du comté de Galway de la guerre d'indépendance irlandaise suivante, font remonter leur adhésion au républicanisme irlandais à un père ou un grand-père ayant appartenu à l'IRB[18].
Le premier vol transatlantique, piloté par les aviateurs britanniques Alcock et Brown, atterrit dans une zone marécageuse près de Clifden en 1919[19].
Guerre d'indépendance
Au commencement de la guerre d'indépendance irlandaise, l'Armée républicaine irlandaise au Connemara dispose de compagnies de service actif à Shanafaraghaun, Maam, Kilmilkin, Cornamona, Clonbur, Carraroe, Lettermore, Gorumna, Rosmuc, Letterfrack et Renvyle. La police royale irlandaise, d'autre part, est basée dans des casernes fortifiées à Clifden, Letterfrack, Leenane, Clonbur, Rosmuc et Maam[18].
Jack Feehan, vétéran de l'Armée républicaine irlandaise, se souvient plus tard de la région au moment du déclenchement du conflit : « Dans le sud du Connemara, de Spiddal à Lettermullen, la production de poitín était très importante et s'étendait jusqu'à Carna. Les habitants étaient plus ou moins opposés à la RIC (Royal Irish Connemara) parce qu'ils recherchaient du poitín, sauf dans la région de Leenane, fréquentée par les touristes, et à Clifden, où l'on trouvait aussi bien des touristes que des gens qui souhaitaient rester dans le droit chemin et gagner de l'argent facilement[18]. »
D'après l'historienne Kathleen Villiers-Tuthill et l'ancien commandant de la brigade IRA du West Connemara, Peter McDonnell, l'un des officiers de renseignement les plus précieux de l'Armée républicaine irlandaise durant le conflit qui s'ensuivit est Jack Conneely, originaire de Letterfrack, qui sert comme sergent dans le corps des Royal Engineers pendant la première guerre mondiale. Suite à l'armistice, Conneely retourne au Connemara et accepte un poste de chauffeur de l'hôtel Leenane. En raison de son dossier de guerre, Conneely bénéficie d'une confiance absolue de la part des agents spéciaux des Black and Tans, qui ne se doutent de rien. Les forces de sécurité de la Couronne demandent souvent à Conneely de les emmener en voiture, et ce dernier profite de l'occasion pour poser des questions sur des opérations militaires secrètes pendant le trajet. Une fois, deux agents spéciaux acceptent d'être conduits de Conneely à Leenane sans se rendre compte qu'ils sont assis tout le temps à côté de caisses remplies d'armes et de munitions. Après avoir fait sortir les hommes, Conneely livre la cargaison d'armes à une planque située le long de Killary Harbour, où les armes sont récupérées et transportées par mer jusqu'à l'Armée républicaine irlandaise dans le comté de Mayo[18][20].
Toujours est-il que la direction nationale des Irish Volunteers est très insatisfaite de l'inefficacité et des querelles internes de l'Armée républicaine irlandaise dans le Connemara qu'en septembre 1920, le commandant de brigade Peter McDonnell est convoqué à une réunion secrète à Kilmilkin avec le chef d'état-major de l'Armée républicaine irlandaise, Richard Mulcahy, qui promeut sur-le-champ McDonnell au poste de commandant de la brigade du West Connemara[18].
Incendie de Clifden
L'assassinat de 14 officiers des services de renseignement britanniques du gang du Caire à Dublin lors du Bloody Sunday est suivi par l'arrestation ainsi qu'une cour martiale de Thomas Whelan, natif du Connemara, pour haute trahison et meurtre au premier degré du capitaine Baggelly au 119 Lower Baggot Street. Whelan, cependant, est volontaire dans la brigade de Dublin de l'Armée républicaine irlandaise, mais n'est pas impliqué dans l'escouade de Michael Collins, qui commet les assassinats ce matin-là. Par conséquent, contrairement à la pratique habituelle de l'Armée républicaine irlandaise dans de tels procès, Whelan reconnaît la cour, plaide non coupable, et accepte les services d'un avocat de la défense, qui présente les témoignages sous serment de plusieurs témoins à décharge qui déclarent que Whelan assiste à une messe en fin de matinée et qu'il est vu en train de recevoir la sainte communion à Ringsend le jour du Bloody Sunday. Malgré ce témoignage ainsi que les efforts de l'Archevêque de Dublin et de Monseigneur Joseph MacAlpine, le prêtre paroissial de l'église catholique romaine Saint-Joseph de Clifden ainsi que le chef de parti de l'Irish Parliamentary Party de la région avoisinante, pour lui sauver la vie, convaincu de son innocence dans l'assassinat du capitaine Baggelly, Whelan est reconnu coupable et condamné à la pendaison le 14 mars 1921[20]. En représailles, Peter McDonnell et la brigade West Connemara décident d'appliquer la politique « Deux pour un » de l'Armée républicaine irlandaise en assassinant deux officiers de la police royale irlandaise à Clifden, la ville natale de Whelan, qui est jusque-là, selon le commandant de l'Armée républicaine irlandaise de Rosmuc, Colm Ó Gaora, "gach uile lá riamh dílis do dhlí Shasana" (« Toujours fidèle au droit anglais »)[18].
Selon Peter McDonnell, la nuit du 15 mars 1921 a été sélectionnée « pour aller à Clifden, se restaurer et tenter sa chance dans la patrouille ». À l'époque, entre 18 et 20 policiers sont toujours stationnés en ville. Après avoir constaté le retour de la police à la caserne, l'IRA se retire temporairement, passe la nuit dans la petite maison de Jim King près de Kilcock (sic), et, le soir du 16 mars 1921, la patrouille rentre à Clifden par le sud. Un groupe de six hommes de l'Armée républicaine irlandaise s'approche alors des agents de la RIC Charles Reynolds et Thomas Sweeney près du pub d'Eddie King. McDonnell se souvient plus tard : « J'ai vu deux agents de la RIC devant la fenêtre d'Eddie King et ils nous ont remarqués. L'un d'eux a plongé pour dégainer son arme à mon passage, alors nous avons fait demi-tour et ouvert le feu. Ils ont été abattus[18]. » Alors que les deux officiers agonisent, les hommes de l'Armée républicaine irlandaise se penchent sur eux pour leur retirer leurs armes et leurs munitions, avant de quitter les lieux, poursuivis par d'autres agents de la RIC[20].
Peter Joseph McDonnell se souvient plus tard : « Ils avaient un fusil et un revolver, cinquante cartouches, des ceintures et des pochettes[18]. » Le chanoine Joseph MacAlpine est immédiatement convoqué et donne aux deux connétables les derniers sacrements avant leurs morts[20].
Croyant qu'une attaque visant leur caserne est imminente, le centre de ressources d'intervention de Clifden (Clifden RIC) envoie une demande d'assistance via la station radio transatlantique Marconi de Clifden. Lors d'un crime de guerre britannique, qui est encore connu sous le nom de « l'incendie de Clifden », et en réponse à la requête, un train rempli de « constables spéciaux » des Black and Tans arrive par la ligne de chemin de fer Galway-Clifden aux premières heures du jour de la Saint-Patrick, le 17 mars 1921[20]. Tout en effectuant une recherche peu convaincante des partisans du Sinn Féin, les Tans commettent des incendies criminels et mettent le feu à quatorze maisons et entreprises. D'autres habitants de Clifden témoignent par la suite avoir été battus et volés sous la menace d'une arme et obtiennent des indemnisations de la part des tribunaux. John McDonnell, un ancien sergent-major décoré des Connaught Rangers lors de la première guerre mondiale, est abattu par les forces de sécurité ; très probablement à cause de la malchance incorrigible d'avoir le même nom de famille que le commandant de la brigade IRA du Connemara Ouest. L'homme d'affaires local Peter Clancy est touché au visage et au cou par balle, mais survit. Avant de quitter la ville, les forces de sécurité britanniques laissent des graffitis devant le pub d'Eddie King, disant : « Clifden se souviendra, et la RIC aussi », ainsi que : « Tirez sur un autre membre de la RIC et la ville sera en flammes »[20].
L'embuscade de Kilmilkin
Dans le folklore irlandais du Connemara, on raconte souvent que l'une des dernières batailles d'une lutte victorieuse pour l'indépendance irlandaise se déroulerait dans les collines près de Kilmilkin. L'embuscade tendue par la brigade IRA du Connemara Ouest contre un convoi de la Royal Irish Constabulary le 21 avril 1921 est plus tard considérée comme l'accomplissement de cette légende[20].
Guerre civile irlandaise
La trêve
Peu de temps après la signature du Traité anglo-irlandais le 6 décembre 1921, les commandants de l'Armée républicaine irlandaise du Connaught, Peter McDonnell, Jack Feehan et Michael Kilroy, ont une réunion avec Michael Collins au siège de la Ligue gaélique. McDonnell se souvient plus tard : « Il y avait une conférence et Collins avait prévu de nous rencontrer. Jack était à Dublin, où il était quartier-maître divisionnaire, et il nous a expliqué pourquoi nous devions accepter le traité : nous étions à court de munitions et notre seul choix était de l’accepter. Collins disait que lui-même voulait simplement que nous acceptions le traité pour six mois, que nous prenions les armes, et qu’ensuite nous puissions envoyer les Britanniques se faire voir. Nous ne pouvions pas continuer le combat, car nous n’avions aucun espoir de victoire. Je représentais le Connemara Ouest, j’étais commandant de brigade et commandant adjoint de division ; Jack Feehan était quartier-maître divisionnaire ; Michael Kilroy, commandant de la division Ouest. Nous avons dit à Collins que nous n’étions pas d’accord avec ce qu’il disait, et il n’a pas dit grand-chose[18]. »
À l'approche de la guerre civile irlandaise, des rassemblements pro-traité sont organisés à Clifden, Roundstone et Cashel, tandis qu'un rassemblement anti-traité massif est animé par Eamon de Valera sur la place du marché d'Oughterard le 23 avril 1922[20].
Suite à l'occupation des Four Courts par l'Irish Republican Army anti-traité à Dublin le 13 avril 1922, cependant, des unités locales de l'IRA anti-traité passent à l'action pour collecter des fonds en braquant simultanément les bureaux de poste de Ballyconneely, Clifden et Cleggan le Vendredi saint. De plus, après que le propriétaire anglo-irlandais Talbott Clifton a quitté le pays à la suite d'échanges de tirs contre des membres locaux de l'IRA anti-traité, sa maison de Kylemore House est réquisitionnée et barricadée en prévision d'une attaque des soldats de la toute nouvelle armée irlandaise. Mark O'Malley se souvient plus tard qu'il regrette profondément que l'IRA anti-Traité n'ait jamais trouvé le stock d'armes et de munitions de M. Clifton, que l'on croit généralement caché à proximité[20].
Hostilités
La maison Renvyle est incendiée par l'IRA anti-traité au cours de la guerre civile irlandaise, mais est ensuite reconstruite par Oliver St John Gogarty et transformée en hôtel[9].
Économie
Tourisme
Le Connemara est une destination très touristique[3]. Ses principales attractions sont le parc national du Connemara, l'abbaye de Kylemore, Killary Harbour, Clifden[3], la route panoramique Sky Road, Roundstone bog et l'Errisbeg[réf. nécessaire].
Population
Le Connemara compte 32 000 habitants, pour la plupart irlandais.
Culture
Langue
Personnalités liées à la région
- Richard Martin, fondateur de la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (XIXe siècle).
- Peter O'Toole, acteur.
- Michel Sardou, chanteur français fait citoyen d'honneur du Connemara en 2011 pour sa chanson Les Lacs du Connemara[21].
Dans la culture populaire
Littérature
- Le Baladin du monde occidental de J. M. Synge.
- Les Poneys sauvages de Michel Déon (1970).
- L'Adieu au Connemara de Hervé Jaouen (2003).
- Gens du Connemara de Patrick Pearse
- Connemara de Nicolas Mathieu
Cinéma
- 1952 : L'Homme tranquille, de John Ford avec John Wayne.
- 1990 : Connemara, de Louis Grospierre
- 2007 : Deux jours à tuer, de Jean Becker avec Albert Dupontel.
- 2011 : L'Irlandais, de John Michael McDonagh avec Brendan Gleeson.
Musique
- Les Lacs du Connemara, chantée par Michel Sardou dans l'album du même nom.
- Hills of Connemara, du groupe The Popes.
- The Connemara Coast, par Chris de Burgh dans son album Power of Ten