Copla andalouse

musique populaire issue du folklore espagnol avec une structure flexible de chants composés de rimes ou en strophes A-B-C-B From Wikipedia, the free encyclopedia

La copla, aussi appelée copla andaluza, canción española ou canción folklórica, est une musique populaire, issue du folklore espagnol ; elle se caractérise par une structure flexible, avec des chants composés de rimes ou en strophes A-B-C-B.

La Copla, tableau de Manuel Cabral Aguado-Bejarano.
La Copla, tableau de Manuel Cabral Aguado-Bejarano (es).

La copla est l'héritière des anciennes romances. Elle est directement liée aux chansons qui ont servi à dénoncer les abus, décrire les coutumes, raconter des histoires plus ou moins vraies et parler d'amour. Le genre prospère dans les années 1930 et 1940, incarné par les auteurs-compositeurs Antonio Quintero (es), Rafael de León et Manuel Quiroga.

De nombreux artistes espagnols appartiennent à l'histoire de la copla : Lola Flores, Estrellita Castro, Estrellita de Palma, Miguel de Molina, Rocío Jurado, Carlos Cano, Manolo Escobar, Concha Piquer ou Raquel Meller. La copla est jouée par de nombreux chanteurs de flamenco, en particulier dans la première moité du XXe siècle, à l'époque où se développe l'Opera Flamenca. L'un d'eux était Juanito Valderrama, qui commence sa carrière artistique en chantant le flamenco. Il y a eu aussi Rafael Farina, Angelillo, Rocío Jurado, À l'époque contemporaine, on peut mentionner Arcángel et Miguel Poveda.

Il convient de ne pas la confondre avec la copla argentine (es) qui est une composition poétique de quatre vers de moindre importance, généralement avec une rime assonante dans les vers pairs (schéma : -A-A).

Histoire

Les tenants de la copla andalouse affirment qu'elle est plus ancienne que le flamenco[1] : il faudrait chercher ses origines au début du XIXe siècle, alors que le flamenco émerge à la fin du même siècle[2].

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, il y avait une tendance nationaliste dans la musique espagnole. Elle a été initiée par le musicien catalan Felipe Pedrell, le créateur de la musicologie moderne en Espagne. Il sera, entre autres, par Isaac Albéniz, Enrique Granados, Manuel de Falla et Joaquín Turina. Plus tard, cette tendance nationaliste atteint la chanson populaire[3].

La copla trouve son origine dans les chansons du théâtre musical, du cabaret et du théâtre[4]. Elle a subi un processus de « folklorisation », qui l'a fait passer pour ce qu'elle n'était pas : un genre folklorique de la tradition espagnole[4]. Elle est née au sein d'un mouvement musico-culturel plus large, mais typiquement espagnol. Sa principale caractéristique était d'ajouter une musique compréhensible pour le peuple et des paroles qui concentrent tout le contenu d'un roman en quelques vers[3].

La copla andalouse est née au début des années 1920, en Espagne. Elle prospère à partir des années 1940. Les chansons racontent l'amour, le chagrin, la jalousie et la tragédie[2]. Une des clés de son succès est sa capacité à développer une trame scénique musicale complète en trois ou quatre minutes[5]. Suspiros de España (1902) a été la première chanson à être considérée comme une copla. À l'arrivée de la République (dans les années 1930), la copla devient un genre musical[6]. Lola Flores, Estrellita Castro, Miguel de Molina, Rocío Jurado, Manolo Escobar, Concha Piquer ou encore Raquel Meller l'ont rendue célèbre, avec des chansons comme María de la O, Pena, penita, pena ; Ojos verdes et Carmen de España[7].

L'accompagnement musical est orchestral, dans la tradition de la zarzuela. Les professeurs Antonio Quintero, Rafael de León, en tant que paroliers, et Manuel Quiroga, en tant que compositeur, sont les auteurs les plus prolifiques et les plus populaires de la copla[8].

À partir des années 1950, la copla est présente dans le cinéma espagnol et le théâtre. À partir de la décennie des années 1970, un déclin s'amorce avec l'arrivée d'autres styles musicaux[9].

La copla n'est la propriété d'aucune tendance politique, religieuse, économique ou sexuelle. Elle a été et reste une forme d'expression qui contourne toutes les censures[10]. Le régime franquiste la soutient comme symbole de l'identité nationale ; ce qui lui a valu des critiques[11],[12]. Certaines tonadilleras (chanteuses) sont devenues un monument national, par la volonté du dictateur. Elles ont cristallisé le stéréotype d'une Espagne nationaliste ; elles ont aussi écrit l’histoire sentimentale d'une époque[13],[6]. Carlos Cano ou Joan Manuel Serrat refusèrent de l'identifier à la dictature, lui offrirent une nouvelle image, contribuèrent à son renouveau[2]. Le meilleur de son répertoire vient d'une triade, formée par les paroliers Luis de León, Antonio Quintero et le compositeur Manuel Quiroga : ils ont exploré tous les thèmes de la passion amoureuse : les plaisirs interdits, l’amour et la mort, l’homosexualité cachée, la prostitution ou l’adultère[13].

A la fin du XXe siècle, l'apparition d'Internet a favorisé l'hétérogénéité de la copla, qui reste enracinée dans l'identité culturelle de l'Espagne[14]. Dans la plupart des cas, c'est une adaptation de vers populaires chantés par des artistes copla classiques ; mais il y a aussi des exemples de fusion musicale entre la tradition de la copla andalouse traditionnelle et la modernité dans de nombreuses productions. De nombreux artistes ont permis à la copla de survivre dans les difficultés du marché du disque[15],[16].

Œuvres

Années 1920

Années 1930

Sépulture de Juanita Reina au cimetière San Fernando de Séville.
Estrellita Castro.

Années 1940

Vêtements de Concha Piquer dans sa maison musée.
Marifé de Triana.
  • Tatuaje (Valerio, Quiroga et Rafael de León par Concha Piquer - 1941 (autres versions : Sara Montiel, Rocío Jurado, Gloria Romero, María Lozano, Verónica Rojas, Nazaret Compaz, Mercedes Ríos, Ana Pilar Corral, Selina del Río, Ana Belén, Carlos Cano)[13].
  • La Lirio (Rafael de León, Ochaita et Quiroga) par Estrellita Castro - 1941 (autres versions : Concha Piquer, María Vidal, Marujita Díaz, Rocío Jurado, Isabel Pantoja, Carlos Cano)[23].
  • La niña de fuego (Antonio Quintero (es), Rafael de León et Manuel Quiroga) par Manolo Caracol - 1944 (autres versions : Manolo Escobar, Joana Jiménez, Antonio Cortés, Laura Gallego, Álvaro Vizcaíno, Álvaro Díaz, Jonathan Santiago, Ana Martínez)
  • Ay mi sombrero (Perelló y Morell) par Pepe Blanco (autres versions : Manolo Escobar)
  • La zarzamora (Antonio Quintero, Rafael de León et Manuel Quiroga) par Lola Flores - 1946 (autres versions : Ana María González, Lolita Sevilla, Rocío Jurado, Isabel Pantoja, Verónica Carmona, Raphael, Carlos Cano).
  • Una cantaora (Antonio Quintero, Rafael de León et Manuel Quiroga) par Juana Reina - 1947 (autres versions : Rocío Jurado, Marifé de Triana, Joana Jiménez, Laura Gallego, Patricia del Río, Cintia Merino, Ana Martínez)
  • Francisco Alegre (Antonio Quintero, Rafael de León et Manuel Quiroga) par Juana Reina - 1948 (autres versions : Isabel Pantoja, Charo Reina, Nazaret Compaz).
  • Romance de la reina Mercedes (Antonio Quintero, Rafael de León et Manuel Quiroga) par Concha Piquer - 1948 (autres versions : Paquita Rico, Marifé de Triana, Mercedes Ríos, Pastora Soler, Falete, Bernarda de Utrera, Tomás de Antequera).
  • No me quieras tanto (Antonio Quintero, Rafael de León et Manuel Quiroga) par Gracia de Triana - 1944 (autres versions : Concha Piquer, Isabel Pantoja, Los Panchos)

Années 1950

Années 1960

Manolo Escobar en scène.
  • Cinco farolas (Ochaíta, Valerio et Juan Solano Pedrero) par Juanita Reina - 1960 (autres versions : Rocío Jurado, Concha Márquez Piquer, Carmen Flores, Laura Gallego)[25].
  • El Porompompero (Ochaíta, Valerio et Juan Solano Pedrero) para El Príncipe Gitano et modifiée par Manolo Escobar - 1960 (autres versions : Sara Montiel, Marisol).
  • Ni se compra (Monreal) par Manolo Escobar - 1960 (autres versions : Billo's Caracas Boys, Carlos Vargas).
  • Nardo con bata de cola (G. Baldrich, Rafael Jaén) par Imperio de Triana.
  • Mi Salamanca (Sálazar, Gómez y Pitto) par Rafael Farina - 1962 (autres versions : Alejandra Rodríguez, Álvaro Vizcaíno).
  • Cuchillito de agonía (Ochaíto, Valerio et Juan Solano Pedrero) par Marifé de Triana - 1964 (autres versions : Erika Leiva, Miriam Domínguez, Joana Jiménez, Anaraida Sánchez, Cintia Merino, Triana Muñoz).
  • Tengo miedo (León y Solano) par El Príncipe Gitano et modifiée par Rocío Jurado - 1964 (autres versions : Lola Flores, Rocío Jurado, Marifé de Triana, Juana Reina, Isabel Pantoja, Patricia del Río, Laura Gallego, Ana Martínez)
  • Cariño trianero (Augusto Algueró, Antonio Guijarro) par Carmen Sevilla, 1966 (autres versions : Conchita Bautista, Rosa Marín, Dolores Abril).
  • Mi amigo (Rafael de León et Juan Solano Pedrero) par Rocío Dúrcal - 1967 (autres versions : Rocío Jurado, Isabel Pantoja, Manuel Lombo, Rosa Marín, Miriam Domínguez, Paco Quintana, Anaraida Sánchez, Jonathan Santiago, Cintia Merino, María Espinosa, Carmen Ramos).
  • A tu vera (Rafael de León et Juan Solano Pedrero) par Lola Flores - 1964 (autres versions : Manolo Escobar, Falete, Lolita, Malú)
  • Viva Almería (Almagro y Villacañas) par Manolo Escobar - 1968
  • Maruja Limón (Antonio Quintero (es), Rafael de León et Manuel Quiroga) par Gracia Montes - 1968 (autres versions : Los Marismeños, Manolo Escobar)
  • Mi carro (Alejandro Cintas et Rafael Jaén) par Manolo Escobar - 1969 (autres versions : Emilio El Moro)[26]

Années 1970

Années 1980

Martirio.

Années 1990

Discographie

Notes et références

Annexes

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