Cronat
commune française du département de Saône-et-Loire
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Cronat est une commune française située dans l'ouest du département de Saône-et-Loire, à la frontière des départements voisins de la Nièvre et de l'Allier, en région Bourgogne-Franche-Comté.
| Cronat | |||||
L'église paroissiale, du milieu du XIXe siècle, sous le vocable de saint Symphorien. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | ||||
| Département | Saône-et-Loire | ||||
| Arrondissement | Charolles | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme | ||||
| Maire Mandat |
Georges Rousselet 2020-2026 |
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| Code postal | 71140 | ||||
| Code commune | 71155 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Cronatiens[1],[2] | ||||
| Population municipale |
506 hab. (2023 |
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| Densité | 8,3 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 46° 43′ 22″ nord, 3° 41′ 00″ est | ||||
| Altitude | Min. 196 m Max. 277 m |
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| Superficie | 60,62 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Bourbon-Lancy (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Digoin | ||||
| Législatives | Deuxième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
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Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Saône-et-Loire
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne-Franche-Comté
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Géographie
Cronat fait partie du Bourbonnais.
Le territoire de la commune se partage entre, d'une part, le plateau de faible altitude formé d'alluvions tertiaires relevant de la région d'Entre-Loire-et-Allier (au nord-est) et, d'autre part, le fond de vallée de la Loire, limitrophe de la Sologne bourbonnaise (au sud-ouest). Aux collines et au bocage bas, parsemé de forêts de feuillus, s'oppose donc le paysage de prairies, de friches et de cultures de la Zone humide des rives de la Loire.
Commune rurale, Cronat a une activité économique marquée par l'élevage bovin de race charolaise, mais aussi par l'emploi industriel (Usine IVECO à Bourbon-Lancy) et par le maintien de nombreux commerces de proximité dans le bourg.
Cronat est la commune la plus occidentale du département de Saône-et-Loire.
Cronat est notamment traversée par la D 979, ancienne route royale 79 allant de Nevers à Genève.
Communes limitrophes
| Montambert (Nièvre) |
La Nocle-Maulaix (Nièvre) | Saint-Seine (Nièvre) |
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| Saint-Hilaire-Fontaine (Nièvre) Gannay-sur-Loire (Allier) |
N | |||
| O Cronat E | ||||
| S | ||||
| Saint-Martin-des-Lais (Allier) |
Vitry-sur-Loire | Maltat |
Environnement
Une large fraction du territoire de la commune est intégrée au site Natura 2000 dit de la Vallée de la Loire d'Iguerande à Decize. L'objectif est la préservation de 29 espèces d'oiseaux[3], parmi lesquelles la Cigogne blanche qui s'y reproduit, l'Oie cendrée, l'Oie rieuse et l'Oie des moissons, qui y hivernent ou encore l'Outarde canepetière qui y fait étape en période de migration.
Voies de communication et transports
Cronat fut desservie par une gare ferroviaire de 1884 à 1954. En effet, le 19 juin 1884 est mise en service la ligne ferroviaire de 43 km à voie unique de Cercy-La-Tour à Gilly-sur-Loire, passant par Cronat[4]. Cette ligne sera fermée aux voyageurs le 18 août 1931, puis aux marchandises le 13 octobre 1954 pour le tronçon Cercy-La-Tour - Bourbon-Lancy, dont faisait partie Cronat.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[7] et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement[8]. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,6 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 827 mm, avec 12,1 jours de précipitations en janvier et 7,3 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vitry-sur-Loire à 5 km à vol d'oiseau[11], est de 11,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 824,9 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 42 °C, atteinte le ; la température minimale est de −21,5 °C, atteinte le [Note 1].
Urbanisme
Typologie
Au , Cronat est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[14]. Elle est située hors unité urbaine[15]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bourbon-Lancy, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[15]. Cette aire, qui regroupe 12 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[16],[17].
Toponymie
Histoire
- Au temps de Jules César, un camp gaulois existait au lieu-dit le Galbry. Ce camp faisait face aux fortifications romaines situées de l'autre côté de la Loire, au lieu-dit le Vivier (site entouré aujourd'hui par les lieux-dits les Maîtres-Jean et les Bonins et le canal latéral à la Loire sur la commune de Gannay-sur-Loire), là où les Romains construisirent une motte castrale (motte castrale des Maitres-Jean). C'est aussi à cet endroit, le Vivier, que les Romains franchissaient la Loire.
- En mars 818, le comte Theoderic, au mallum (tribunal) public de Cronat, remet au prochain mallum qui se tiendra après quarante nuits à Autun, la réception des témoins que Fredelus, avoué du comte Hildebrand (Hildebrannus), s’oblige à présenter pour prouver la qualité de serf d’Adelard (Adelardus) du seigneur Louis, de la villa de Perrecy. Adelard était le fils d’Adalbert (Adalbertus). Et en octobre 819, à Autun, en présence de Blilgarius, Missus, et du comte Theodoric, Fredelus produit neuf témoins (Guntardus, Baldeonus, Guitardus, Autarnus, Teutardus, Frobertus, Bernarius, Landrannus et Eugentus) qui affirment sous serment en l'église Saint- Jean d'Autun qu'Adelard, réclamé au mallum de Cronat, était bien serf d'Hildebrand. À cette époque Cronat est cité en latin « Crounacum » ou « Craunacum ».
- Un autre mallum fut tenu par le comte Theodoric en 820 à Cronat.
- En 1473, le cardinal Rolin, prieur de Saint-Symphorien d'Autun, rattache les dîmes de Cronat à la manse de son monastère.
- En 1789, Cronat dépendait du bailliage de Bourbon-Lancy et de la recette d'Autun.
- Cronat a été chef-lieu d'un canton du district de Bourbon-Lancy, de 1790 à l'an IV (années 1795 et 1796 du calendrier grégorien) , avec un rattachement intermédiaire au district d'Autun du 13 frimaire au 18 nivôse de l'an II (1793 et 1794 du calendrier grégorien).
- En 1826, lors de la rédaction des actes d'état-civil, le maire de la commune écrivait Cronat sur Loire.
- En 1844 (par ordonnance du 13 février), la commune de Trizy est réunie à celle de Cronat.
Politique et administration
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[19].
En 2023, la commune comptait 506 habitants[Note 3], en évolution de −5,42 % par rapport à 2017 (Saône-et-Loire : −0,59 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Vie locale
Culte
Cronat et son église Saint-Symphorien relèvent de la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste-des-communautés-bourbonniennes, paroisse du diocèse d'Autun qui regroupe dix villages et dont le siège est installé à Bourbon-Lancy.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Parmi les principaux lieux et monuments de Cronat figurent notamment :
- l'église Saint-Symphorien construite entre 1863 et 1865 d'après des plans de l'architecte mâconnais André Berthier en remplacement d'un édifice du XIIe siècle qu'il fallut démolir car il menaçait ruine (reconstruction permise par un financement assuré par la vente de terrains communaux, les dons des fidèles et une petite subvention de l'État)[22], édifice « occidenté » se composant d'une nef de trois travées flanquée de bas-côtés, d'un transept peu saillant, d’une travée de chœur accompagnée de deux chapelles et d'une abside semi-circulaire à cul-de-four éclairée par trois fenêtres en cintre brisé encadrée par une voussure portée par deux colonnettes (au-dessus du porche s'élève le clocher, haut d’un étage creusé de fenêtres jumelles à retombée médiane sur colonnettes et coiffé d'une pyramide)[23] ;
- le château de la Baulme, construit entre 1858 et 1863, château de style néo-Louis XIII mêlant la brique et la pierre (l'intérieur est, quant à lui, de style néo-Louis-XVI), édifice inscrit aux Monuments historiques par arrêté du 19 janvier 1999 ;
- le château de Brouillat (XVIIIe siècle), bâti sur un fief ayant appartenu, notamment, à Valentin Challemoux, sieur du Brouillat, qui en avait fait l'acquisition (Jean de l'Hôpital, né en 1662 et décédé en 1695, dont les reliques sont conservées en l'église de Lesmes, près de Bourbon-Lancy, fut précepteur des enfants de la famille de Challemoux) ;
- le château de Balorre (Renaissance), ayant appartenu à la famille de Jacques Imbert de Balorre, secrétaire du roi en 1769 (François Claude Magerand en était le régisseur vers la fin du XIXe siècle) ;
- le château du pont, au lieu-dit le Pont (Près-Brégat) ;
- la villa de Salnay, au lieu-dit Salnay ;
- la villa du Sauzin, située rue du Sauzin ;
- la chapelle Saint-Barthélemy de Trizy (ancienne église de Trizy).
Le territoire de Cronat est traversé par le sentier de grande randonnée GR 3.
En images
La façade de l'église Saint-Symphorien et son clocher-porche. Le flanc sud de l'église, construite d'après des plans de l'architecte André Berthier. L'intérieur de l'église Saint-Symphorien. La grotte de Lourdes aménagée à l'intérieur de l'église. L'église. Le monument aux morts.
Personnalités liées à la commune
Parmi les personnalités attachées à l'histoire de Cronat figurent en particulier :
- Gaspard Conneau, prêtre, curé de Trizy, qui fut notamment accusé de l'enlèvement de la femme de Simon Carteron, meunier au moulin de Brure (le Moulin de Brure était situé après le lieu-dit « Le Creux-Masson » et avant le lieu-dit « Les Mouilles ») ;
- Léonard Commaille, curé de Gannay et de Cronat au XVe siècle ;
- François Commarre, notaire royal à Cronat au XVIe siècle ;
- Louis Delaud, notaire royal et procureur fiscal au bailliage de Vitry et Cronat au XVIIe siècle ;
- François Bernard, sergent royal à Cronat au XVIIe siècle ;
- François Quantin, notaire à Cronat au XVIIe siècle ;
- Antoine de Toulongeon, écuyer, seigneur de Balorre et Trizy, XVIIe siècle ;
- Valentin Pinot, curé de Cronat au XVIIe siècle ;
- Madelon de Moncorgey, marchand à Cronat et maître de la forge au lieu-dit le Pont-d'En-Haut ;
- Antoine Jourdier (né à Dijon en 1706, mort à Cronat en 1737), visiteur aux Haras du Roy en Bourgogne, fut maire de Cronat ;
- Jacques Imbert de Balorre, possédait le château de Balorre (sur la commune de Trizy, ancien fief du Bourbonnais). Né à Moulins, le 10 juin 1730. Écuyer, seigneur de la Cour, Jacques Imbert de Balorre devint conseiller au présidial de Moulins en 1752, puis conseiller secrétaire du roi (Louis XV) en 1769. Il fut condamné par la Commission révolutionnaire de Lyon et fusillé le 31 décembre 1793 ;
- Jean-Jacques Gouttoire, né le 14 octobre 1739, fut prieur-curé du Cronat à partir de 1775 et se dévoua pour soigner les malheureux rongés par le typhus et succomba au milieu d'eux, le 24 mars 1812, victime de son admirable charité ;
- Rose-Charlotte Regnault de Touteuille, née le 18 septembre 1800 à Cronat, fille de Joseph-Charles Regnault de Touteuille, ancien brigadier aux gendarmes de la garde du roi et qui fut maire de Tintury (58) ;
- Nazaire Batillat, né le 13 juin 1749, fut nommé curé de Cronat en 1803 et mourut le 2 mars 1817 à Cronat ;
- François Dupont, notaire royal à Cronat au XVIIIe siècle ;
- François-Étienne Jourdier (1750-1799) écuyer, héraut d'armes de France, nommé le 14 pluviôse an VI* juge de paix à Cronat ;
- Pierre Perdier, chanoine régulier de la congrégation de France, curé de la paroisse de Cronat, au XVIIIe siècle ;
- Jean Louis Duflocq, maire de Cronat au XIXe siècle, et cultivateur ;
- Berlucat, maire de Cronat au XIXe siècle ;
- Charles Frédéric Jules Imbert de Balorre (1854-1927), vicomte, se maria, à la comtesse Marie de Cossart d'Espies (1858-1940), à Cronat le 26 novembre 1878. Charles de Balorre partageait sa vie entre le château de Montépain, dans l'Ain, et le château de Balorre à Cronat, ces deux châteaux lui appartenant, en plus de bois sur la commune de Bâgé-la-Ville dans l'Ain ;
- Louis Gautheron, né en 1866 à Saint Bonnet de Cray, curé à Cronat au XXe siècle ;
- Pierre Marie Louis Charles Perrault, né le 27 août 1887 à Cronat, décoré de la Légion d'honneur ;
- Jean Lauprêtre, né à Cronat (au lieu-dit la Bressotte) le 12 mai 1897, mort à Paris en 1989. Mobilisé en 1916, il sera blessé à l'avant-bras en 1917… par un obus français. Après la guerre, il devient cheminot. Syndicaliste (CGT), résistant, député en 1945 (et réélu en 1947) et conseiller municipal communiste de Paris de 1949 à 1965. Il est le père de Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français (SPF). Une place porte son nom dans le 12e arrondissement de Paris, inaugurée en 2005 par Bertrand Delanoë ;
- Lazare Martinet (1901-1992), ordonné prêtre en 1925 et vicaire à Digoin la même année, curé à Frontenaud en 1930, curé à Cronat de 1950 à 1983 (démission pour raison de santé), et mort le 11 mars 1992 à Autun ;
- Jean-Marie Fayolle (1893-1963), maire de Cronat, officier du Mérite agricole et croix de guerre 1914-1918] ;
- François Veillerot (1910-1943), fils de Jean Veillerot et d’Élisabeth Grillard, cultivateurs au hameau du Verdelet (François Veillerot s’engagea dans la Résistance en avril 1943, fut arrêté pour détention d'armes et fusillé le 8 décembre au champ de tir de Challuy, près de Nevers).
Pour approfondir
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
- Le mémoire du curé de Cronat, Charles de la Mothe de Carbonnel, 1729
- Cronat sur le site de l'Institut géographique national
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
