Crozantais
variété croissantine essentiellement parlée à Crozant, en France
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Le crozantais (endonyme : patoué de Crôzint[2]) est une variété de marchois, qui est essentiellement parlée à Crozant, dans le Croissant linguistique, une aire de transition des domaines oïl et oc dans le centre de la France métropolitaine.
| Crozantais | |
| Pays | France |
|---|---|
| Région | Crozant |
| Classification par famille | |
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| Échantillon | |
| Extrait de la fin du chapitre XXI du Petit Prince : Ar’vaye, disi le r’nâd. Vôci mon secrét. Ou z’ é byin simpye : en vaye byin qu’avèque le tcheur. Noutés euils vayzint pâs le pu importnt[1]. |
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Situation sociolinguistique
Le parler croissantin de Crozant est pratiqué par moins d'une cinquantaine de locuteurs et est aujourd'hui en voie de disparition[3]. Selon Anne-Marie Martin-Guerre, traductrice du Petit Prince en saint-pantaléonnien, il a une intelligibilité mutuelle entre cette variété et le crozantais voisin[4].
Étude linguistique
Dans le cadre de deux projets gérés par l'Agence nationale de la recherche portant sur « les parlers du Croissant » et la « caractérisation linguistique et environnementale d’une aire de transition »[5],[6],[7], Amélie Deparis fait paraître une grammaire descriptive de la variété en 2024. Son étude, dont les données sont récoltées entre 2019 et 2023 repose sur des locuteurs natifs[3].
Exemples lexicaux
Littérature
Une traduction du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry dans cette variété est publiée en 2020[10]. L’entreprise est menée à bien grâce à la collaboration de Rolande Moreau, ancienne institutrice originaire de Crozant, et d’Amélie Deparis, doctorante en sciences du langage et cartographe. Toutes deux contribuent à la mise en forme et à la transmission écrite du parler crozantais, offrant ainsi à ce dernier un vecteur de visibilité inédit à travers la traduction d’une œuvre connue. Cette initiative reçoit le soutien scientifique et éditorial de Nicolas Quint, directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Après les versions drablésienne et fursacoise, cette nouvelle adaptation vient enrichir le corpus des traductions en parlers locaux de la Creuse. Cette initiative, rendue possible dans un contexte particulier — celui des confinements liés à la pandémie de Covid-19 — bénéficie d’une dynamique inattendue : le ralentissement de la vie sociale favorise la réappropriation et la documentation des parlers vernaculaires[11].