Currach
bateau léger des côtes ouest de l'Irlande
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Un currach (aussi écrit curragh ou curach) est un bateau léger des côtes ouest de l'Irlande[1]. Actuellement, il est généralement fabriqué de lattes de bois, recouvertes de toiles enduites de coaltar. Ses ancêtres auraient été recouverts de peaux de bœuf graissées. Sa longueur varie de 4 à 7 mètres et sa largeur entre 1 mètre et 1,50 mètre. Très marin, il se manœuvre aux avirons, par deux ou trois rameurs. Plus grands, ils devaient supporter un ou deux mâts et des voiles[2].
Les variantes régionales de construction du currach
Les variantes régionales du currach (ou curach) partagent une même structure — un cadre léger et une coque recouverte de toile goudronnée —, mais chaque région d’Irlande a adapté le bateau à ses besoins maritimes spécifiques[3].
- Currachs du Mayo : Dans le comté de Mayo, les currachs présentent une base partiellement bordée de planches, avec une coque renforcée pour la pêche près des rochers[4].
- Naomhóg du Kerry et de Cork : Dans le sud-ouest (Kerry, Cork, Waterford), le currach est appelé ''le Naomhóg''. Sa forme longue et fine est conçue pour la navigation en mer ouverte, à usage côtier et parade[5].
- Currachs d’Aran et du Clare : Les currachs des îles d’Aran sont larges, profonds et très robustes, avec un gabarit au sol, adaptés à une mer souvent violente[6].
- Donegal et Shannon : Au Donegal, les currachs (nommés Sea Currach) présentent souvent un profil élancé et restent proches des anciens modèles à pagaie libre (free paddle), héritage d’une tradition très ancienne. Dans la vallée du Shannon, on trouve encore des reconstitutions de currachs fluviaux très légers, construits avec un treillis en noisetier et recouverts de peau de vache ou de toile goudronnée, utilisés autrefois pour la pêche en eau douce[5].
Histoire
Ces currach auraient servi notamment, lestés d'une grosse pierre, à transporter les moines évangélisateurs irlandais vers l'Europe aux Ve et VIe siècles, en particulier vers l'Armorique, devenue depuis lors la Bretagne, d'où les légendes des saints bretons venus d'Irlande et de Grande-Bretagne sur leurs vaisseaux de pierre[7].
Un chercheur irlandais, Tim Severin, spécialiste de l'archéologie navale « de reconstitution » a fait réaliser un grand currach recouvert de peaux cousues (tannées spécialement), et gréé de deux voiles carrées pour se lancer dans un périple transatlantique d'Irlande en Amérique, via l'Islande, traversée qui fut menée à bien moyennant quelques difficultés. Seule concession au modernisme, Severin avait embarqué des moyens modernes d'alerte et de géolocalisation pour ce voyage inspiré par la navigation de l'ermite irlandais saint Brendan[8].
Dans le célèbre film documentaire de Robert Flaherty, L'Homme d'Aran, des séquences réalisées par très gros temps, sans trucage, montrent une sortie en mer à bord d'un curragh, au terme de laquelle les hommes en réchappent de justesse mais pas le bateau, littéralement déchiqueté sur un plateau rocheux par les déferlantes... Flaherty aurait déclaré (d'après son assistant) : « On devrait me fusiller pour ce que j'ai fait faire à ces gars-là, pour une caisse de bière, quelques livres et la gloriole. »
Un cousin gallois, plus petit et tout rond, s'appelle le coracle. Il navigue plutôt sur les rivières, en Irlande et au Pays de Galles. On retrouve sur les côtes vietnamiennes un bateau similaire, rond, qui est utilisé comme annexe pour accéder à de plus gros bateaux de pêche.
