DZ Mafia

gang et cartel de la drogue français From Wikipedia, the free encyclopedia

La DZ Mafia est un ensemble d'organisations criminelles, organisé en un seul cartel originaire des quartiers nord de Marseille, actives en France. La DZ Mafia est accusée de meurtres, d'assassinats à forfait, de trafics de stupéfiants et d'enlèvements.

Fondé parMehdi Abdelatif Laribi dit « Tic »
Ethnies présentesAlgériens (majoritairement) et plus généralement Maghrébins
Faits en bref Fondé par, Lieu ...
DZ Mafia
Image illustrative de l’article DZ Mafia
Marseille, territoire principal de la DZ Mafia.

Fondé par Mehdi Abdelatif Laribi dit « Tic »
Lieu Marseille
Territoire
Ethnies présentes Algériens (majoritairement) et plus généralement Maghrébins
Nombre de membres Plusieurs centaines de membres et affiliés (1 000+)
Activités criminelles Trafic de stupéfiants, assassinat, tueurs à gages, meurtres, enlèvements, trafic d'armes, corruption, incendies criminels, extorsion, proxénétisme, fraude, blanchiment d'argent
Alliés
Rivaux
Sous-groupes
  • Castellas Del Jalisco (unité narcotrafic / tueurs à gages)
  • Clan de Yassine Akhazzane (unité musique / racket)
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Le nom DZ Mafia renvoie au code alpha-2 de l'Algérie soulignant les origines des membres fondateurs de l'organisation[1].

En , la police française porte un coup à l'organisation en interpellant quarante-et-un de ses membres présumés[2] dont vingt-six seront mis en examen et quinze placés en détention provisoire[3]. À nouveau en mars 2026, quatre personnes sont interpellées et mis en examen[4].

Origines

Genèse

Les frères Laribi

L'histoire de la DZ Mafia prend racine dans le 15e arrondissement de Marseille, à la Cité Bassens. C'est dans ce quartier que grandissent les frères Lamine et Mehdi Laribi. Ils sont originaires d'une fratrie de cinq enfants.

Mehdi a arrêté ses études alors qu'il était tout juste en quatrième au lycée professionnel La Floride dans le 14e arrondissement de Marseille où il était considéré comme un élève perturbateur régulièrement absent en cours. Après l'exclusion de son lycée, Mehdi passe un BEP mécanique mais se fait de nouveau exclure. À la suite de ces évènements, il entre rapidement dans le monde de la délinquance, il affirme lors de son audience en 2015 : « Et puis j’ai fait beaucoup, beaucoup de conneries. Je fracturais toutes les voitures sur le chemin de l’école pour voler des autoradios et d’ailleurs je les vendais au père de mon collègue. Je ne suis pas un saint, je peux être méchant. Au moins deux cents personnes me veulent du mal. Je suis devenu une racaille »[5].

En 2007, il est repéré par le réalisateur franco-tunisien Karim Dridi[6]. Ainsi, Mehdi a d'abord été connu pour son rôle de Rachitic dans le film Khamsa (2008), ce qui lui vaudra de garder comme surnom « Tic »[7]. Son frère prend le surnom de « Tac »[8].

Avec son frère, ils étaient les grands gérants du trafic de drogue dans leur quartier d'origine, un réseau de drogue très prospère vers le début des années 2010 et qui appartenait à un dénommé Fathi Moussaoui (condamné en 2014 par la justice)[9],[10].

En 2011, les frères Laribi sont arrêtés dans l'affaire dite du « barbecue marseillais » pour le meurtre de trois jeunes issus de la Cité des Micocouliers, Sony Albarello, Nouri Oualan et Mohamed Bouhembel, sous les ordres du commanditaire Samy Ati. En 2015, lors du procès, Lamine Laribi est condamné à 25 ans de prison et Mehdi est condamné à dix ans de prison[11],[12]. Cet évènement, majeur dans l'histoire du narcobanditisme à Marseille, permet de laisser le terrain libre pour des proches des frères Laribi et Fathi Moussaoui et de prendre le contrôle de points de deal dans les quartiers nord de Marseille. C'est notamment le cas de Karim Harrat dit «Rantanplan» (extradé en France en 2023 après avoir fui à Dubaï et au Maroc)[13].

En 2021, Mehdi Laribi est libéré après dix années passées en prison. Celui-ci compte reprendre son terrain, volé par « Rantanplan ». Pour ce faire, il s'associe au clan de Marignane, dont un certain Rachid Ghozal et Walid Bara alias « Fondu » (arrêté en juillet 2021)[14], à la tête du point de deal du Plan d'Aou et de Kalliste[15]. Il s'associe également à un trafiquant de Font-Vert, Mahdi Zermoun, surnommé « La Brute ». Avec ces associations, l'objectif de Mehdi Laribi est d'anéantir toute l'organisation de « Rantanplan »[réf. nécessaire].

En , la première guerre de la Paternelle est terminée, Karim Harrat dit « Rantanplan » est arrêté à Casablanca, sur la base d'un mandat d'arrêt européen[16]. Avec cette victoire, Mehdi Laribi se constitue un véritable patrimoine de points de deals dans la cité phocéenne avec l'obtention de la Cité Bassens, Kalliste, Maga de la Paternelle ou même les Micocouliers[réf. nécessaire].

Mahdi Zerdoum alias « La Brute »

Mahdi Zerdoum est originaire de la cité de Font-Vert. À ses débuts, il est la tête du point de deal au centre de Font-Vert et de celui de la Cité des Marronniers avec son équipe la Cosa Nostra en guerre contre les Corleone.

En 2021, « La Brute » est incarcéré à la prison de Perpignan[17]. Le 22 mai 2025, Mahdi Zerdoum est condamné à trente ans de réclusion après avoir reconnu devant la cour à Aix-en-Provence être l’un des deux hommes qui avaient fait irruption dans un appartement de la cité de la Paternelle, dans la nuit du 27 au 28 juillet 2021[18]. Et il a reconnu avoir ordonné à son complice de tirer sur l’occupant des lieux, Imad[19], un algérien sans papiers qui travaillait pour l’un des quatre réseaux de cette cité des quartiers nord de la cité phocéenne. Mahdi Zerdoum était parallèlement mis en cause dans trois autres affaires, également liées à la DZ Mafia[20].

Mamine et Gaby

Les deux jeunes sont originaires du 14e arrondissement de Marseille.

D'origine algérienne, Amine Oualane, dit « Gsxr1000 », « Mamine », « Mamine Escobar » ou « Jalisco », est originaire des Micocouliers. Il a un petit frère qui se nomme Sabri et est cousin avec les frères Mehdi, alias « Vinch » et Djamel Lekhetari, alias « Djack » de la cité du Parc Corot.

Avant de devenir l'un des chefs de la DZ, « Mamine » a connu une courte carrière de braqueur à l'adolescence dans des bijouteries et des camions de livraisons de cigarettes. Alors qu'il avait réalisé une dizaine de braquages et de vols, il se fait arrêter en 2013 et est condamné à une peine de 10 ans de prison. Il est libéré en 2020. Dans la cité des Micocouliers à Marseille, où il a grandi, il a fréquenté des narcotrafiquants, dont l'ex-petit ami de la star influenceuse Maeva Ghennam, Skander, qui sera assassiné. « Mamine » est soupçonné ensuite d'avoir rapidement basculé dans les assassinats, en participant notamment à l'organisation de celui du parrain marseillais Farid Tir en 2019[21].

Né à Niort (Deux-Sèvres) le , Gabriel Sélim Denis Ory[22],[23], dit « Gaby », a grandi dans le quartier de la Visitation à Marseille. Entré dans le banditisme par les braquages, il est très vite impliqué dans deux meurtres en 2019 : celui du caïd Farid Tir à Marseille, aux côtés de « Mamine » bien que celui-ci était toujours en prison, pour lequel il aurait été payé 300 000 euros par « Rantanplan » pour commettre ce meurtre, et celui d'un indicateur de la police judiciaire de Mulhouse à Kingersheim, une commune alsacienne. Dans ce deuxième dossier, « Gaby » est soupçonné d'avoir été recruté comme tueur à gage et envoyé de Marseille jusqu'à Kingersheim (Haut-Rhin), exécuter cet informateur qui aurait fait capoter une livraison de 11 tonnes de haschich saisies dans l'est de la France le [24].

À ce duo s'ajoute un certain Zainou. Les trois travaillent dès 2019 pour « Rantanplan » et commettent tous ces meurtres pour son compte. Mais début 2021, à la suite de désaccords avec leur commanditaire, Mamine et Gaby se séparent de « Rantanplan » et fondent leur propre système de livraison de drogue via Telegram. Cependant, en 2020, Gaby et Zainou ont été mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre pour le meurtre à Kingersheim[25]. Quant à Mamine, il est arrêté en pour le meurtre de Brahim Chabane, Reda et Nassim, trois jeunes de Marseille dont les corps ont été découverts calciné dans la nuit du 29 au , et un troisième corps, démembré, a été retrouvé dans celle du 6 janvier 2021 près de Marseille[26]. Ces derniers avait pourtant été envoyés par Bogdan Muresan, alias « Le Roumain », alors en prison depuis janvier 2020[27], un trafiquant des Micocouliers allié au clan des Blacks géré par Djoussouf Ahamada, alias « Sénateur » et qui était aussi incarcéré, qui avait tué le « Djack »[28], le cousin de Mamine, ce qui avait énervé ce dernier et qui avait créé un conflit entre les deux.

Malgré leur incarcération, le duo « Mamine » et « Gaby » continuent de s'impliquer dans des conflits à Marseille. Ils s'allient avec les trafiquants des Oliviers A et de Corot pour combattre le clan des Blacks. « Vinch », le cousin de « Mamine », étant le patron du réseau de Corot, Mamine l'aurait aidé à venger la mort de son frère. Après cela, Mamine s'est allié au clan de Marignane. En 2021, ils prennent aussi part au conflit opposant Mehdi Laribi et «Rantanplan» pour le contrôle du point de deal Maga à la Paternelle. En 2022, Mamine et Gaby, alors toujours incarcérés, le dernier étant à la prison des Baumettes, recrutent plusieurs tueurs à gages pour attaquer la Cité du Castellas, sous le contrôle d'un dénommé Nacer, alias «Le Staff». Ces tueurs à gages provoquent un climat de guerre dans la cité en causant un nombre important d'homicides. Le , en fin de soirée, Serigne Kebe, un haut-placé du réseau de Castellas, est abattu à la kalachnikov[29]. Le , un guetteur de Castellas se trouve devant un bâtiment du quartier quand deux tueurs à moto arrivent et tirent sur lui. Il sera atteint par deux balles mais s'en sort malgré un pronostic vital engagé[30]. Le , c'est au tour de Nacer, le gérant du Castellas, d'être abattu. Deux individus, à bord d'un véhicule, ont ouvert le feu en sa direction. Nacer a été touché par au moins quatre tirs provenant d'un fusil d'assaut type kalachnikov. Il est mort de ses blessures. Mamine et Gaby prennent alors le contrôle du Castellas et en font leur quartier principal. Ils y fondent leur propre gang « Castellas Del Jalisco ». Ils prennent aussi le contrôle de la Cité de la Visitation et des Aygalades.

Mais, en janvier 2023, Mamine et Gaby mettent leurs tueurs à profit d'une autre organisation criminelle, celle de la Castellane. En effet, les deux auraient été chargés d'envoyer leurs tueurs aux trousses de Mohamed T., un trafiquant notoire de la Castellane et qui était en conflit avec d'autres trafiquants du quartier. Le trafiquant habitant dans une commune de la Costa Brava, en Espagne, Mamine et Gaby ont décidé de s'internationaliser pour remplir des objectifs narco-criminels[31].

Vers la fin de 2024, Gabriel Ory est incarcéré au centre pénitentiaire d'Arles. Ayant déjà écopé de cinq mandats de dépôts criminels, le détenu a été découvert en possession de nombreux smartphones visiblement destinés à poursuivre ses activités illicites malgré son placement à l’isolement. Un pied de nez peu apprécié des agents travaillant à la maison centrale d’Arles, exigeant le transfert immédiat de ce détenu qu’ils jugent extrêmement dangereux. Par ailleurs, Gabriel Ory souffrirait aussi de son incarcération, celui-ci étant en prison depuis ses 17 ans, puisqu'il aurait tenté de se suicider le alors qu’il venait d’écoper de quinze jours de quartier disciplinaire avec exécution immédiate pour la détention de quatre téléphones. « Il avait caché sur lui deux lames de rasoir, il nous les a montrées à moi et au directeur de la prison et il les a avalées », souffle l’avocate Me D’Arrigo, qui ne connaissait pas l’état de santé de son client ce jeudi après-midi. Le détenu, qui a été hospitalisé à l’hôpital d’Arles, a refusé d’être opéré[32].

Amine Oualane, après avoir été incarcéré à Marseille, aux Baumettes puis à Valence, a finalement été transféré à Villefranche-sur-Saône. Ce chef de la DZ était très proche de Mohamed Amra, la police ayant découvert des messages entre les deux durant la cavale d'Amra[33].

Mehdi Adraouamine

Naissance de la DZ Mafia

Début 2023, un nouveau tag apparaît sur le point du deal du Maga avec un fennec aux couleurs de l'Algérie et des inscriptions comme "DZ jusqu'à la mort". Le nom du cartel n'est pourtant mentionné pour la première fois que le 12 mars 2023 dans une story Snapchat de Mattéo Farina dans laquelle on peut lire : « Voilà la dernière étapes pour tous les ****** qui voudront essayer d'attaquer le pain de la DZ MAFIA » après avoir brûlé une voiture où se trouvait le corps d'un homme dans le 14e arrondissement de Marseille.[réf. nécessaire] Ce clan s'inspire de la Mocro Maffia, déjà implémentée aux Pays-Bas, dont elle prend exemple, selon la presse néerlandaise[34].

À cette époque, parmi les trois points de deal de la Paternelle, c'est celui de Yoda qui était le plus lucratif. Ce dernier était contrôlé par Félix Bingui, un narcotrafiquant originaire de la Bande des Carmes et associé aux trafiquants de la Cabucelle. Depuis 2022, des tensions naissaient entre les trafiquants du Maga (appartenant aux frères Laribi) et ceux de Yoda avec notamment des fusillades dans plusieurs quartiers liés à ce conflit. L'un des temps forts de ce conflit fut la fusillade du avec des échanges de coups de feu à deux reprises, vers 21 heures puis aux alentours de 23 heures, commis par des tueurs du Maga contre des membres de Yoda[35]. En effet, selon les renseignements de la police judiciaire, des guetteurs ont commencés à être accusés de collaborer avec la police et de ne pas alerter des descentes des forces de l'ordre visant l'autre clan[36].

C'est à ce moment-là que la tension se cristallise. Il s'ensuit l'un des évènements les plus tragiques de l'histoire du narcotrafic de Marseille avec une guerre de gang violente entre la DZ Mafia et les Yoda.

Guerres de gangs

Guerres de gang dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Marseille

Guerre de gang contre Les Yoda (2023-2024)
Contexte

Auparavant, les deux clans (issus du même quartier) collaboraient au sein de la cité de La Paternelle[37]. En 2020, le contexte stressant des différents confinements successifs a conduit à une augmentation de la consommation de drogues à l'échelle nationale[38]. Ce contexte, ainsi que l'installation d'un "drive" près de l'autoroute A7 a créé des tensions entre les deux groupes[37].

La rixe entre Mehdi Laribi et Félix Bingui à l'origine d'un conflit sanglant

En , dans une boîte de nuit en Thaïlande, située dans une station balnéaire à Phuket[39], Mehdi Laribi et Félix Bingui, (patron du gang Yoda, du nom du personnage Yoda) se retrouvent face à face. Au cours d’un échange houleux à la suite d'une dispute au sujet d'une fille, Félix Bingui[40], l’un des caïds, reçoit plusieurs glaçons sur la tête en guise de provocation, déclenchant une bagarre générale[41]. « Félix était alcoolisé et faisait le gros. Il a balancé un glaçon sur la tête de "Tic" et de là tout est parti en couille, ils ne se sont pas battus sur place mais depuis, ils se disputent les points de deal. » raconte une petite main de la DZ sur procès-verbal[42].

La guerre entre Yoda et DZ Mafia

Après cette altercation, une véritable « vendetta » se met en place à la Paternelle mais aussi ailleurs dans des cités hébergeant des points de deal appartenant aux deux gangs[41]. Plusieurs fusillades sont recensées quelques jours après cet évènement. Par exemple, le , Léto, un membre des Yoda proche de Félix Bingui, échappe à une tentative d'assassinat lors d'une attaque filmée et diffusée sur les réseaux sociaux pour humilier son clan[43]. Le , un adolescent de 15 ans a été grièvement blessé par des tirs au fusil d'assaut à la cité de la Paternelle. La victime se trouvait près d'un point de vente de stupéfiants du quartier et faisait vraisemblablement le guet, lorsqu'elle a été fauchée par plusieurs balles aux alentours de 2 heures du matin[44]. Le premier mort de cette guerre est recensé le , vers 1 h 40, lorsqu'un adolescent âgé de 17 ans, connu des services de police et membre de Yoda, est lynché par une trentaine de personnes dans la cité de la Paternelle, dans le 14e arrondissement de Marseille. Il décède de ses blessures quelques heures plus tard[45],[46]. Le lendemain, un membre de la DZ Mafia est tué par balles à la cité des Micocouliers[47].

Alors qu'au départ, cette guerre opposait la DZ Mafia des frères Laribi et Madi Z. surnommé « La Brute » face à Yoda de Félix Bingui, Mamine & Gaby y voient l'opportunité de gagner plus de territoires dans la cité phocéenne en soutenant la DZ Mafia. Ce sont eux qui sont à l'origine du recrutement de Mattéo Farina, suspecté de six meurtres en 2023 en moins de trois semaines pour le compte de la DZ Mafia.

  • Son premier meurtre survient le . En effet vers 23 h 30 la veille, Rayan, un jeune guetteur du clan Yoda, sors de l'appartement de sa mère au nord-est d'Aix-en-Provence. Un peu plus tôt dans la journée, il doit passer récupérer des choses à La Busserine., une voiture va venir le chercher. Vers 23 h 50, une Renault Clio IV gris foncé le monte à bord, Rayan pense que ce sont des gens de confiance mais il se trompe puisque les co-passagers sont Mattéo et un autre individu nommé Ahmed. Mattéo s'était assuré de reculer au maximum son siège pour que Rayan soit obligé de caser son mètre quatre-vingts derrière le chauffeur, ce qui le place à une portée de tir idéale. La voiture prend la direction de Marseille, Matéo veut attendre de tuer Rayan sur l'autoroute, imaginant que les bruits des détonations seront couvertes par le bruit de la circulation. A bout de 10 minutes de trajet, alors que la discussion se déroulait tranquillement entre les passagers, dès l'entrée sur l'autoroute, Mattéo pointe son Colt 45 sur Rayan et tente de le tuer, mais son arme s'enraye à trois reprises. Rayan compose donc un numéro de téléphone pour essayer de comprendre pourquoi Mattéo tente de le tuer, mais la quatrième fois est la bonne pour le tueur puisque Rayan meurt sur le coup. Après ça, Ahmed, le conducteur, évite de justesse un accident et parvient à garder le contrôle. Après ça, Mattéo asperge d'un bidon de White-spirit le corps du jeune dealeur et brûle la voiture, avec le corps en son sein, sur le parking du centre social l'Agora à la cité de La Busserine[48].
  • Le , Mattéo reçoit de nouvelles instructions de ses supérieurs. Il part récupérer une kalachnikov à la gare du Castellas et doit effectuer un contrat dans la cité de La Maurelette (15e). À 19 h 45, Mattéo passe à l'action et se met à tirer sur Mamadou, un jeune garçon de 21 ans originaire de Guinée. Les caméras municipales le montrent en train de désespérément échapper à la mort. Il s'enfuit jusqu'à se cacher près des commerces du boulevard Simon-Bolivar, mais Mattéo continue à lui tirer dessus. Il parvient quand même à éviter les rafales et tente de se réfugier dans une pharmacie du quartier, mais celle-ci est fermée. Mamadou lève les bras en l'air en guise de reddition et Mattéo lui tire dessus alors que sa victime était en prier[49]. Après cet assassinat, Matéo improvise une fuite en braquant une automobiliste qui remonte le boulevard. En braquant son arme sur elle, Mattéo lui demande de le ramener à La Maurelette, ce que la conductrice fait. Après ça, Mattéo veut continuer de tuer. En retournant dans la cité, il tombe sur un homme capuché avec un objet à la main (il s'avère que l'objet en question est un tapis de prière et non une arme comme le pensait le tireur). Dès lors, Mattéo tire en sa direction. Sa nouvelle victime se nomme Kamel, un homme âgé de 62 ans, mais ce dernier reste hospitalisé pendant près d'un mois et s'en sort miraculeusement. Après ce fiasco, Mattéo abandonne l'idée de poursuivre son carnage et repart au Castellas. En chemin, il croise les policiers qui débarquent sur la scène de crime et se permet de leur faire un signe de la main. Le soir même, il regagne son domicile à Gardanne en commandant sa course sur l'application Heetch[50].
  • Le , en milieu de soirée, Mattéo reçoit sur son téléphone l'adresse de sa prochaine cible, son troisième contrat. Le commando se compose de Mattéo, Ahmed (son camarade lors du meurtre de Rayan le ), Yanis et Nazim. Ces deux derniers sont chargés d'aller récupérer Mattéo et Ahmed pour exécuter le contrat. Ils partent récupérer une arme dans une cité du 14e pour aller ensuite dans la résidence Eugène-Pottier, dans le 3e arrondissement, terrain du puissant réseau Pyat, proche des Yoda. La cible est Adlaire, un franco-comorien à bord d'un scooter Tmax noir. Vers 23 heures, l'homme sort d'un parking et les deux tueurs se mettent à lui tirer dessus, d'abord dans les jambes puis dans le dos[51]. En voyant l'acharnement et le plaisir que prend Mattéo à commettre ce meurtre, Ahmed fuit. Dès lors, s'entame une dispute entre les deux tireurs lors du trajet retour vers Le Castellas. Le commande passe la nuit dans un hôtel près de la gare Saint-Charles. Le lendemain, chacun rentre chez soi[52].
  • La nuit la plus mortelle de ce conflit se déroule du 2 au où vers 22 h 30, une fusillade éclate cité du Castellas, dans le 15e arrondissement de Marseille, trois hommes sont visés par balles, deux d'entre eux âgés de 21 et 23 ans sont abattus. Une seconde fusillade éclate peu après dans le quartier des Aygalades, blessant cinq hommes par balles[53]. La Yoda serait à l'origine de ces attaques contre des membres et proches de la DZ Mafia. Puis vers 1 heure du matin, une fusillade éclate rue Vincent-Leblanc, dans le quartier de La Joliette, dans le 2e arrondissement de Marseille, dans le snack "Chez Hamza". Kaïs, un adolescent de 16 ans est abattu tandis que deux autres âgés de 14 à 16 ans sont grièvement blessés. Djibril, le deuxième jeune âgé de 15 ans, grièvement blessé, succombera à ses blessures un mois plus tard[54]. Mattéo Farina est accusé d'avoir commis cette fusillade pour le compte de la DZ Mafia afin de se venger de l'attaque de la Yoda survenu quelques heures plus tôt, il est arrêté le [55].

Peu de temps après, « La Brute », alors incarcéré au centre pénitentiaire d’Aix - Luynes 2, se fait agresser en cellule. Ce passage à tabac provoque très rapidement plusieurs fusillades dans la nuit du 12 au . En effet, vers 23 heures, c’est à la cité Félix Pyat, dans le 3e arrondissement, qu’une fusillade a éclaté. Un mineur aurait été touché aux membres inférieurs dans l’échange. Peu de temps après, des tirs étaient signalés au niveau du boulevard Banon, dans le 4e arrondissement, où des hommes encagoulés dans une voiture auraient pris un second véhicule pour cible. Vers minuit, c’est à la Busserine (14e arrondissement) que des coups de feu ont retenti. Une fusillade a été signalée un peu plus tard du côté de la cité Consolat, dans le 15e. Enfin, trois personnes blessées seraient à recenser dans un échange de tirs rue Caussemille, dans le quartier de la Belle-de-Mai (3e). Dans cette dernière fusillade, trois hommes âgés de 21 à 27 ans sont visés par des tirs de kalachnikov[56]. Grièvement blessé, Samir, le plus âgé d’entre eux, succombe à ses blessures[57].

À la suite de ces évènements, la DZ recrute davantage de shooters (notamment grâce à « Mamine ») et cherche à tuer d'abord une jeune recruteuse du clan Yoda : une adolescente d'à peine 14 ans qui poste des "offres d'emploi" sur Snapchat afin d'embaucher de nouveaux guetteurs pour le compte des Yoda. Le , une équipe de shooters ouvre le feu sur un trafiquant de La Busserine et sur la jeune femme qui l'accompagne, pensant, à tort, qu'il s'agit de la recruteuse dont la tête a été mise à prix. Mais ils se sont trompés de cible, la jeune femme, grièvement blessée d'une balle dans la tête, n'a en réalité rien à voir avec les Yoda[58].

La DZ Mafia veut enterrer une bonne fois pour toute la Yoda en s'attaquant directement à un membre très haut-placé du clan : le beau-frère de Félix Bingui, Omar B., surnommé « Scar ». Pour ce faire, le cartel aurait recruté un couple de narcotrafiquants, Alyssia, 24 ans et Christian, 27 ans et gérant du point du deal du Castellas tandis qu'Alyssia était la responsable des livraisons du point de deal. Cette dernière est originaire du 14e arrondissement de Marseille et est entrée dans le monde du narcotrafic très jeune en raison de ses fréquentations. Début mai 2023, le couple prend connaissance de sa mission et se rend à Salou en Espagne, lieu où serait « Scar » qui réside chez un de ses associés, un dénommé Nadir alias « Morales, dans l'appartement-hôtel "Salou4you" »[59]. Pour procéder au meurtre de ces individus, la DZ Mafia utilise comme pion la prostituée que « Morales » fréquente régulièrement, prénommée Célia, afin qu'elle trahisse son client et que la DZ puisse procéder aux éliminations (Célia était déjà considéré comme une "donneuse de go", donc une donneuse de renseignements, crédible et de confiance par la DZ. Elle serait à l'origine de la mort de trois hommes tués à la sortie de la discothèque "Le Miami Club", le [60]). Le , Christian, accompagné d'un certain Foued surnommé « Le F. » et de deux autres personnes se rendent dans la commune espagnole pour procéder à l'élimination de « Scar » et « Morales », qui sont accompagnés de plusieurs filles[61]. Au-moment où les deux individus déposent les filles dans un hôtel, Célia contacte directement les tueurs à gages afin de les prévenir de l'emplacement des cibles. Peu de temps après, une Renault Captur s'approche de la voiture des cibles et trois tueurs à gages se mettent à tirer sur le véhicule. Omar. B dit « Scar » et Nadir alias « Morales » sont tués au cours de cette fusillade[62]. Les tueurs à gages parviennent à s'enfuir vers Port-de-Bouc (hormis un dénommé Zacharie qui fut arrêté), grâce à Alyssia, venue les exfiltrer. Après le bain de sang de Salou, Alyssia ne s'arrête pas là. Le , en compagnie d'une de ses amies, elle aussi impliqué dans le narcotrafic, Daiana, et de leurs enfants respectifs, ils font un aller-retour entre Marseille et la Seine-Saint-Denis. Les deux femmes retrouvent en région parisienne « Le F. » l'un des membres du commando ayant tué « Scar » et « Morales », et Nazim, un autre shooter de la DZ Mafia (impliqué dans le meurtre d'Adlaire, le ). Deux jours plus tard, les deux hommes sont interpellés à Marseille après une nouvelle tentative d'homicide sur un guetteur de 20 ans. La victime, proche du clan Yoda, est touchée par balles dans sa voiture dans le quartier de l'Estaque[63],[64].

Le , Charlotte, une mère de famille de 43 ans, se trouve dans une voiture dans la Cité du Vieux-Moulin, dans le quartier de Saint-Joseph, dans le 14e arrondissement. Une rumeur circulerait sur la possibilité que cette femme soit la mère de Célia, prostituée qui aurait renseigné la DZ Mafia sur la localisation d'Omar. B dit « Scar » et de Nadir alias « Morales ». Bien que la rumeur n'ai jamais été confirmée, Charlotte est abattue tandis que deux autres personnes sont blessées vers 23 h[65].

Le , la DZ tente une fois de plus de s'en prendre directement aux têtes des Yoda, notamment Félix Bingui. En effet, ce dernier avait échappé à la mort alors qu’il était attablé à la terrasse d’une cafétéria de San Pedro Alcántara (Espagne) aux côtés d’un proche également très défavorablement connu des services de police pour son implication dans un trafic de stupéfiants [66]. Le jour des faits, deux tireurs cagoulés étaient descendus d’une berline allemande, ouvrant directement le feu en direction du « Chat » et de son complice, Zine C. Ces derniers étaient parvenus à s’enfuir sans être grièvement blessés. Les tueurs avaient également échappé aux forces de police, qui avaient retrouvé la berline incendiée à une dizaine de kilomètres des lieux de la fusillade. D’après une source proche du dossier, le commanditaire de cette dernière opération pourrait être « Mamine »[67]. Le , l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et le service interdépartemental de police judiciaire des Bouches-du-Rhône (SIPJ 13) ont procédé à l’audition de neuf personnes soupçonnées d'avoir participé à cette tentative de meurtre. Parmi les suspects, nés entre 1993 et 2003 et quasiment tous déjà défavorablement connus des services de police, deux « exécutants » du « contrat » ont été identifiés. Plusieurs personnes, dont quatre jeunes femmes, sont soupçonnées d’avoir agi comme des «logisticiens» au service des tueurs[68].

Le , la DZ se fait attaquer sur une de ses terres. Vers 21 h 15, une silhouette s'approche du point de deal de la Cité du Castellas, dans le 15e arrondissement de Marseille. Le vendeur de la cité, qui travaillait pour la DZ Mafia, prenait cet individu pour un simple client puisque ce dernier était seul et à visage découvert. Mais sitôt le vendeur repéré, l'individu sort une arme pour tuer le vendeur. Ce dernier s'enfuit et se réfugie dans la mosquée du Castellas. Cela n'empêche pas le tueur de l'attraper et de l'extirper hors de la salle de prière et de lui tirer dessus en le blessant au thorax. Prévenus, les secours ont alors tenté de le réanimer, en vain. Le jeune homme est décédé aux alentours de 22 h 30[69]. Âgé de 18 ans, ce n'était qu'un simple "jobeur" intérimaire qui était venu à Marseille pour travailler pour la DZ Mafia. Il était ce soir-là en remplacement d'un autre "jobeur". Un homme a été interpellé en , suspecté aussi d'être impliqué dans une fusillade visant des joueurs de l'OM en [70].

Entre le et le , Marseille ne recense qu'un seul mort lié aux règlements de comptes sans pouvoir lier sa mort au conflit entre la Yoda et la DZ Mafia. Selon les autorités, 73 % des assassinats ou tentatives d'assassinat sur fond de trafic de stupéfiants cette année-là étaient liés à cette rivalité. Cependant le , la DZ Mafia déploie une nouvelle équipe dans le but d’éliminer des membres de Yoda. Cette équipe est composée de Bilal, alias « R9 », ancien membre au centre de formation de l'Olympique de Marseille, désigné comme le nouveau tireur ; Tanguy, surnommé « O’Connor », un jeune originaire de Manosque, en tant que chauffeur ; et enfin un troisième individu, surnommé « M. Propre ».

  • « M. Propre », nommé Imran A., serait lié à la DZ Mafia depuis le mois de . Il est apparu dans les radars des policiers de la BRI de Marseille alors que ces derniers étaient alors chargés de surveiller une équipe de tueurs présumés du cartel. Une « équipe feu » suspectée notamment d'une fusillade en juin 2023 cité des Tourmarines et qui sera finalement interpellée quelques heures seulement après le meurtre de Dylan Guerini Tachouaft, un rival du gang, commis le dans le quartier Maison Blanche[71]. Considéré comme un membre actif de cette équipe sans pour autant faire office de tueur, Imran A. était surnommé « Monsieur Propre » en raison de son rôle de nettoyeur. Il aurait notamment été chargé de faire disparaitre ou de stocker dans de discrets box les véhicules utilisés par les tueurs[72]. Détenu depuis 2023 à Avignon-Le Pontet, Imran A., est devenu célèbre après avoir fondé le groupe DDPF (Défense des droits des prisonniers français) en avril-. Peu après, le , le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence l'a condamné, lui et deux autres hommes, après sa participation à la gestion d'un important point de deal d'Aix-en-Provence[73].

Ces trois jeunes furent sous le commandement de Alicia et Christian, le couple de narcotrafiquants. Le commando entre en action dès le jour de sa création le jeudi . Vers 21 h 30, l'équipe ouvre le feu sur un jeune homme âgé de 17 ans à la cité des Tourmarines, dans le quartier de la Cabucelle, dans le 15e arrondissement de Marseille. La victime a été touchée à au moins deux reprises au niveau du thorax par des balles de gros calibre, probablement tirées avec une arme de poing. Grièvement blessé, il succombe à ses blessures le week-end suivant[74]. Le , vers 4 h 30, l’équipe tue un homme âgé d’une quarantaine d’années à la kalachnikov, devant une boîte de nuit du quartier de La Pomme, dans le 11e arrondissement de Marseille[75].

L'équipe de tueurs de la DZ Mafia, tout juste recrutée, et Christian sont interpelés le à la suite du meurtre de Dylan Guerini Tachouaft, un ancien membre de la DZ Mafia qui a préféré se rapprocher de Yoda. Le meurtre s'était déroulé dans le 14e arrondissement de Marseille dans le quartier de Maison Blanche[76]. À ce moment-là, Alyssia se voit monter à la tête du trafic à la Cité du Castellas.

Pour se venger, le , un membre haut-placé de la DZ Mafia surnommé « Moustique » meurt "un chargeur vidé sur lui" dans la cité de la Cayolle. Sa tête aurait été mise à prix 4 000 euros selon une conversation interceptée dans une voiture[77].

Le dernier coup majeur d'Alyssia survient le . Elle aurait choisi elle même les tueurs chargés d'exécuter la basse besogne. Un jobber travaillant pour les Yoda aux Micocouliers et âgé de 23 ans est exécuté d'une balle dans la tête[78]. Le , Alyssia et son ex-mari Kairdine (lui aussi très impliqué pour la DZ) sont interpellés au volant d'une voiture à Salon-de-Provence alors qu'ils étaient suspectés de s'apprêter à repasser à l'action[79].

Le , une fusillade a lieu dans le 16e arrondissement de Marseille, sur le parking d'un Mcdonald's. À bord d'une voiture, au moins une personne a ouvert le feu sur une autre voiture garée sur le parking. Une vingtaine de douilles de 7,62, une arme de type Kalachnikov, ont été retrouvées sur place. Dans la voiture visée, il y avait cinq personnes. Un homme de 22 ans, Eddy, et une femme de 25 ans, Éléonore[80], sont décédés (cette dernière est une victime collatérale de la fusillade, n'ayant aucun antécédent judiciaire). « Mamine » serait à l'origine de cette fusillade[81].

Malgré ces arrestations, la guerre touche quasiment à sa fin. La Yoda a perdu trop de membres dans cette guerre avec la mort de « Scar » et de l'interpellation de Mohammed, numéro 2 du clan, en , il ne restait plus que Félix Bingui. Mais la DZ aussi connaît des bas avec notamment l'interpellation d'Alicia et d'une dizaine de personnes le [82] à la suite de l'assassinat de Jason, un membre de Yoda, abattu vers 23 h 30 le , à la kalachnikov, à la cité des Micocouliers, dans le 14e arrondissement de Marseille[83].

Jusqu'à l'arrestation de Félix Bingui en , la DZ sort victorieuse du conflit, au prix de 35 morts, principalement des contrats délégués à de jeunes tueurs sur le territoire métropolitain et en Espagne. Forte de ce succès sanglant, la DZ cherche depuis à prendre le pouvoir sur le narcotrafic à Marseille, à s'implanter sur l'ensemble du territoire français et à diversifier ses activités criminelles dans une dérive mafieuse[84].

Cette guerre aura causé de nombreuses morts n'ayant rien à voir avec le conflit entre les deux gangs. Socayna, une jeune femme de 24 ans, a perdu la vie le après avoir reçu des tirs de kalachnikov lancés à l'aveugle, dans le quartier Saint-Thys dans le 10e arrondissement de Marseille. Un mineur de 16 ans a été mis en examen pour assassinat[85].

Guerre de gang contre Les Blacks (depuis 2024)
Contexte

À la suite de l'affaire du meurtre d'un chauffeur de VTC dans le 3e arrondissement de Marseille, tué à tort par P., dit « Pépito », un jeune de 14 ans pour le compte de la DZ Mafia le [86], le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, confirme lors d'une conférence de presse tenue le le lien entre ce meurtre et l'existence d'un conflit actuel opposant, dans le 3e arrondissement de Marseille, la DZ Mafia et le clan dit "des Blacks" de la cité Félix-Pyat, notamment pour la prise de contrôle du point de deal de la cité du Moulin-de-Mai. Il affirme par ailleurs que « l'immense majorité des règlements de comptes, des "narchomicides", qu'a subis l'agglomération marseillaise en 2024, sont liés de près ou de loin à ce conflit »[87]. La police marseillaise est prévenue de la localisation du tueur de 14 ans par le commanditaire de l’assassinat lui-même, Hassen, 23 ans et en prison lors des faits[88]. Deux jours avant les faits, un autre adolescent, de 15 ans cette fois, avait été envoyé par Hacène L. dans cette cité pour une action d'intimidation. L'ado devait aller tirer sur la porte d'un truand surnommé « La Boule ». Las, le garçon avait été surpris par un groupe de rivaux, désarmé, torturé, lardé de 50 coups de couteau avant d'être brûlé vif. « Cette mort déclenchait un profond désir de vengeance de la part de membres bien placés de la DZ Mafia et faisait de La Boule une cible à abattre », relève un document de la Junalco. C'est ainsi qu'un groupe Signal « Park » est créé le jour même pour lancer une opération de vengeance. « C'est trop nul de juste le tuer (…) Ils ont fait du mal au petit, faut faire de même, douleur par la douleur », écrit l'un des membres du groupe. Quand un autre répond : « Envoie tes jeunes à toi, ils lui mettent deux balles dans la tête et ils le brûlent dans la voiture. »[89] Selon les déclarations du « H », il aurait confié à « Pépito » la mission suivante : « faire dodo à un noir du Parc ». Autrement dit, assassiner un membre du « clan des Blacks », un groupe criminel en guerre avec la DZ Mafia, dans leur QG à Marseille. La cible est surnommée « La Boule ». « Un Arabe qui suce les Noirs (sic)», précise le commanditaire, tout en réclamant qu'il soit « abattu de deux balles dans la tête et brûlé ». Le « H » promet à « Pépito » 15 à 30 000 euros pour la réussite de l'opération[90].

Pourtant, le mercredi , dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, la DZ Mafia dément toute responsabilité dans la mort du chauffeur VTC, affirmant que cet incident a été orchestré dans le but de porter atteinte à son image. Ils expliquent également que le détenu se réclamant de la DZ Mafia serait un « mythomane ». Le mode opératoire ne « correspond en rien », de « l’enfant de 14 ans » à « l’utilisation d’un VTC pour commettre un crime »[91]. Pour autant, les investigations de la police judiciaire marseillaise semblent pourtant confirmer au moins une chose : le meurtre commis par le tueur de 14 ans s'inscrit visiblement « dans un projet de règlement de comptes commandité par des membres revendiqués de la DZ Mafia », avec « une chaîne de commandite et de logistique complexe », selon les termes d'un document judiciaire de la Junalco. En clair, le « H » ne serait pas un bandit solitaire qui délègue des permis de tuer à des adolescents en étant guidé par sa seule folie criminelle. Des expertises pratiquées sur des téléphones d'Hacène L. retrouvés dans sa cellule confirment ainsi qu'il échangeait avec des hauts cadres de l'organisation et leur rendait des comptes. Au sein du groupe Signal figurent des pseudonymes bien connus de la police judiciaire marseillaise. Tous renvoient aux alias de membres importants de la DZ Mafia. Notamment celui de « Jalisco », l'un des trois plus hauts dirigeants de l'organisation criminelle phocéenne hégémonique. Ce groupe Signal avait pour intitulé « Park », en référence au nom du QG du clan des Blacks, un groupe de narcotrafiquants rival de la DZ installé « parc Bellevue », dans la cité Félix-Pyat, leur QG. Le meurtre du chauffeur VTC s'inscrit ainsi dans le contexte de la guerre que se mènent les deux organisations[89].

Une cible qui visait la DZ Mafia et qui met en lumière les liens que le clan a avec Mohamed Amra concerne le contrat sur Chaer Ali Mohamed, alias « 46 », figure du clan des « Blacks », dernier bastion de résistance face à la DZ à Marseille. Des échanges entre Mohamed Amra et Amine O. montrent que ce contrat était prêt à être réalisé. Les enquêteurs notent qu'Amine O. semblait disposer d’informations personnelles sur la mère, la sœur et le beau-frère de ce rival, renforçant les soupçons de menaces planifiées contre les familles[92].

Selon les observateurs, cette séquence médiatique constitue un événement fondateur dans l'histoire de la DZ. « Elle a désormais la prétention de devenir une mafia française, en s'inscrivant dans la société et en défiant l'État, soupire un magistrat marseillais. On passe un cap inquiétant. »[84].

Guerres de gang dans la région Bourgogne-Franche-Comté

Guerre de gang à Dijon (2023-2024)

Selon le Sirasco, la DZ s’est implantée sur place dès 2023, après avoir obtenu l’allégeance de réseaux locaux. Mais son intrusion a déplu à l’un des plus puissants clans bourguignons. Ont suivi plusieurs fusillades et victimes jusqu’au printemps 2024, avant qu’un pacte soit conclu entre Marseillais et Dijonnais. Fin juillet, les analystes de la criminalité organisée écrivaient que le « rapprochement » entre les deux camps était « crédible ». Une hypothèse validée, au moins temporairement, par « la diminution des violences criminelles » dans la cité des Ducs.

Contacté, le procureur de la République de Dijon manie ce sujet hautement sensible avec précaution. « Nous avons eu des actes revendiqués en faisant référence à la DZ Mafia et avons interpellé, début 2024, des suspects originaires de Marseille et de la vallée du Rhône », affirme Olivier Caracotch. « Tout cela, soupèse le magistrat, crée un faisceau de présomptions et laisse penser à une incursion de ce groupe. Mais sa présence n’est pas objectivée à 100 % à ce stade. »[93]

Guerres de gang dans la région Auvergne-Rhône-Alpes

Guerre de gang à Clermont-Ferrand (depuis 2025)

Selon un document confidentiel date du de la Sirasco, le service de renseignement et d’analyse de la criminalité organisée, rattaché à la direction nationale de la police judiciaire, est recensé de façon très précise les terrains tombés dans la sphère d’influence du narco-banditisme phocéen, au-delà des Bouches-du-Rhône. Clermont-Ferrand y figure en bonne place. D’après les policiers spécialisés, les « fours » du chef-lieu du Puy-de-Dôme attisent les convoitises de la DZ Mafia depuis le début de l’année 2025, sur fond de « démantèlement des réseaux tchétchènes » et donc de recomposition des rapports de forces locaux. Dans leur soif d’expansion, et selon un schéma éprouvé dans d’autres départements, les trafiquants marseillais ont voulu profiter de la redistribution des rôles.

Deux premiers éclaireurs se seraient implantés en mars sur le point de vente du quartier Saint-Jacques, en lisière du centre-ville. L’un de ces Marseillais aurait ensuite cherché à « étendre son influence » à la Visitation, un autre haut-lieu du trafic clermontois, situé au cœur même de la ville, près de la gare SNCF. C’est précisément là, le , qu’un jeune homme de 19 ans a été abattu de plusieurs balles en pleine rue[94].

Selon le Sirasco, cette brutale offensive en terres auvergnates a possiblement été pilotée à distance par deux prisonniers au très lourd pedigree. Le premier, âgé d’une trentaine d’années, a déjà passé près de la moitié de sa vie derrière les barreaux. Il a notamment été épinglé pour de multiples cambriolages et deux évasions. À l’été 2020, il prend la tête d’une équipe qui commet coup sur coup deux braquages et deux home-jackings très violents, dans le Gard et les Bouches-du-Rhône. L’enquête le confond. Il est condamné en première instance à la réclusion à perpétuité – procès lors duquel il crache au visage de son propre avocat. La sanction est réduite en appel à 20 ans de prison, une peine qu’il purge actuellement. L’autre homme soupçonné d’orchestrer la projection dans le Puy-de-Dôme apparaît tout en haut de l’organigramme de la DZ Mafia, dans le cercle très restreint des décideurs : « Mamine ». Ce dernier et le jeune multirécidiviste se sont côtoyés au centre pénitentiaire de Valence (Drôme). De leur rapprochement serait né le projet de « coordonner des actions violentes pour implanter de manière pérenne les réseaux marseillais à Clermont-Ferrand ». Les limiers du renseignement judiciaire voient la main de la DZ Mafia dans une succession d’événements survenus en moins d’un mois, entre fin avril et fin , en divers points de la capitale auvergnate : tirs par dizaines, découverte d’un arsenal d’armes lourdes dans un logement et même utilisation d’une grenade pour déloger des adversaires récalcitrants… L’acmé de cet engrenage infernal survient le 18 août, lorsque le cadavre d’un adolescent est retrouvé dans les quartiers nord. W., 16 ans, a un couteau planté dans la tempe. Son corps a été calciné[95]. Du jamais-vu à Clermont-Ferrand. Cette exécution, relève le Sirasco, « marque une escalade symbolique. La mise en scène, rappelant les pratiques de terreur caractéristiques des méthodes marseillaises, est un avertissement destiné aux groupes rivaux »[96].

Le , un assassinat est commis sur un point de deal dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Début novembre, un jeune homme d'à peine 18 ans est interpellé par la BRI il y a un mois à la terrasse d'un café sur le Vieux-Port de Marseille. Le jeune majeur est suspecté d'avoir commis, le 31 octobre, un assassinat sur un point de deal dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Originaire d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), il est déjà considéré par les enquêteurs comme potentiellement lié à la DZ Mafia. Ce soir-là, il aurait rafalé un point de deal clermontois et atteint mortellement de trois balles de 7,62 mm - tirées à la kalachnikov - un trafiquant de 20 ans, blessant au passage un homme d'une cinquantaine d'années. « On est sur un mode opératoire très marqué, avec de l'armement de guerre et une approche de commando », confie un enquêteur[97].

Guerres de gang dans la région Occitanie

Nîmes (Depuis 2023)

Contexte
Pissevin-Valdegour à Nîmes.

Au cours des années 2013-2014, l'un des points de deal les plus lucratifs de Nîmes se trouve dans le quartier de Pissevin sous le nom de Wagner. Ce point de deal était contrôlé à ses débuts par Pierre Guest, alias « Pierrus ». Il possédait le point de deal jusqu'en 2017, année de son arrestation et incarcération dans le centre pénitentiaire de Béziers dans l'Hérault.

Dès son arrestation et incarcération, de nouveaux narcotrafiquants ont tenté de prendre le contrôle de ses territoires. Tout d'abord, des Comoriens originaires de la cité des Oliviers, dans le 13e arrondissement de Marseille, ont pris le contrôle de Wagner durant une courte durée avant d'être écarté par deux frères algériens originaires de la ZUP, les frères Khatir et Djilali Loualich. Mais, depuis sa cellule, Pierre Guest n'apprécie guère sa perte de contrôle sur Wagner. Il s'allie alors en 2020 avec les patrons d'une autre cité nîmoise, celle du Mas de Mingue (MDM), les frères Nadir et Sofiane. L'une des premières tentatives de meurtre sur la bande des Loualich date du , date à laquelle un commando a débarqué aux alentours de 21 h 30 dans le quartier Pissevin et a tiré tous azimuts. Trois hommes ont été blessés aux abords de la galerie Richard-Wagner[98]. Peu après cet évènement, et grâce à des investigations policières, Khatir et Djilali Loualich se font arrêter. Khatir est condamné à purger une peine de sept ans et Djilali une peine de 18 mois[99]. Malgré cela, ce sont des jeunes de la bande des Loualich qui reprennent le contrôle de Wagner. Pour autant, les jeunes se sont rapidement séparé des Loualich, ce qui a provoqué la colère des frères Loualich les poussant donc à entamer une guerre pour reprendre Wagner. En apprenant cela, les frères Nadir et Sofiane envisagent de tenter une nouvelle prise de contrôle du point de deal. Cette fois-ci, ils auront l'aide de la DZ Mafia.

Premiers contacts avec la DZ Mafia

En effet, durant son incarcération à la prison de Luynes, Nadir a fait la rencontre de Madi Z. alias « La Brute », avec lequel il a conclu une alliance. En plus de cette alliance, les trafiquants des Oliviers A se joignent aussi. Cette alliance contrôle déjà la ZUP Nord (Valdegour). Ainsi, une nouvelle guerre en 2023 débute entre la ZUP Nord de Valdegour aidé par le Mas de Mingue, la DZ et les Oliviers A face aux trafiquants de la ZUP Sud (Pissevin).

La guerre de gang à Nîmes

Le , un commando de l'alliance entre les Marseillais et les Nîmois se rend dans la ZUP Sud et une fusillade éclate vers 23 h 15 au niveau de la galerie Richard Wagner où un homme (et ses neveux) vient de garer sa voiture pour rentrer au domicile familial tout proche du point de deal Wagner. Ce soir-là, au moment où l'homme s'apprête à rentrer chez lui, plusieurs hommes armés ouvrent le feu en direction de sa voiture. L’oncle et ses neveux qui se trouvent à l’arrière de la voiture sont pris sous les balles[100]. Le conducteur, âgé de 27 ans, démarre sa voiture en trombe et tente de se rendre à l’hôpital. Il est touché dans le dos par trois balles. Son neveu Fayed, âgé de dix ans, a été touché d’une balle qui s’est logée au niveau du rachis cervical et l'a tué sur le coup. Son oncle, lui, s’en tirera mais il sera totalement traumatisé ; un autre enfant, présent dans la voiture, n’a subi aucune blessure physique, il s’agirait du frère de Fayed[101]. La véritable cible de cette fusillade, surnommé « Béziers » et âgé de 18 ans, est tuée, quant à elle, le vers 3 h 30 du matin, quelques jours plus tard seulement après la mort de Fayed. La victime est âgé de 18 ans et se nomme Mohammed[102]. L'un des tueurs, nommé Rayan et âgé de 17 ans, meurt dans un accident de voiture près du quartier du Chemin-bas d'Avignon dans la nuit du 22 au à Nîmes[103].

Après ces événements, la ville connaît une certaine période d'accalmie pour le reste de l'année 2023, et ce jusqu'au 19 décembre. En effet, un jeune de 15 ans, qui sortait d'un immeuble du quartier populaire de Valdegour vers 20 h 30, a été pris pour cible. Il a été coincé, par trois individus munis de cagoules et dont un au moins était armé. L'adolescent a été victime d'un tir qui a nécessité son hospitalisation. Mais après le tir le blessant légèrement, les individus lui ont volé son portable avant de lui passer un message qui résonne ces derniers temps dans le monde de la drogue… « Venez pas en ZUP Nord, ici c'est Marseille. Fais passer le message », lui ont ordonné les malfaiteurs avant de le libérer[104].

En 2024, la guerre entre les quartiers de Nîmes reprend. Le MDM et la DZ Mafia veulent s'accaparer la ville entière et s'attaquent au Chemin-Bas d'Avignon (CBA). Le , un commando de quatre jeunes se rend dans la cité du CBA à bord d'une Peugeot 208 volée et ouvrent le feu à la kalachnikov sur Mohamed, un homme de 39 ans qui n'avait rien à voir avec la guerre des gangs à Nîmes, au volant de sa voiture dans laquelle se trouvait aussi son fils. L'homme est atteint à plusieurs reprises par des balles et décède sous les yeux de son fils[105]. Les quatre membres du commando sont tous arrêtés alors qu'ils sont à Marseille[106]. Vers fin 2024, le point du deal du CBA perd une grande partie de ses revenus notamment à cause des attaques à répétition notamment après celle visant un homme d'une trentaine d'années du CBA nommé Ismaël, le vers 22 h 30, rue Hélène Boucher, lorsque plusieurs hommes débarquent au volant d'un véhicule volé et le rouent de coups. L'homme tente de s'enfuir en s'introduisant dans le véhicule volé mais, au moment de démarrer, un des assaillants monte avec lui dans la voiture et lui tire dessus à trois reprises, le tuant sur le coup. La voiture finit par s'encastrer dans un commerce. Là encore, la victime n'avait rien à voir avec la guerre des gangs[105].

En 2025, la ville de Nîmes connaît son année la plus violente en rapport avec la guerre des gangs. La situation se présente comme d'un côté la ZUP Nord (Valdegour), le MDM et la DZ Mafia qui sont principalement menés par des jumeaux nommés « N. » & « S. » associés aux chefs de la DZ et de l'autre côté se trouve le CBA, qui serait contrôlé par deux jeunes du quartier associés à un trafiquant marseillais des Yoda, et enfin, d'un autre côté, la ZUP Sud (Pissevin) contrôlée principalement par 3-4 personnes dont deux frères et un homme (ce dernier serait le véritable chef du clan). La ville est divisée en trois factions. Nonobstant, Pissevin et le CBA ayant les mêmes ennemis, ces derniers sont dans une entente cordiale sans pour autant avoir une alliance. Le 15 janvier 2025 en fin de journée, un commandant du MDM et de la DZ tentent un gros coup : assassiner un patron de Pissevin. Ce dernier se trouvait dans la rue de l’Espérance dans le quartier de Saint-Césaire à Nîmes (non loin de Pissevin). L'attaque touche gravement un jeune de 24 ans, l'un des chefs patron de Pissevin est touché mais moins gravement[107]. Quelques heures plus tard, une capture d'écran Snapchat posté par un membre du MDM affirme "T'as de la chance que Dieu était avec toi mercredi 15. La 2e ça sera la bonne. Moi qui vous écris ce message je peux vous le dire : Pissevin n'ont pas que le Mas de Mingue sur leur dos. J'ai la moitié du quartier avec moi, c'est qu'une question de temps". Quelques jours après, le 27 janvier, un commando armé ouvre le feu, sans faire de victimes, sur un fast-food (possiblement lié à un patron de Pissevin) de Nîmes, le Bun's Burger, situé au 3214 Route de Montpellier[108]. Quelques heures après, des hommes ont fait irruption au CBA et ont donnés des coups de crosse à des jeunes présents sur place puis se sont mis à tirer en l'air avant de prendre la fuite[109]. Après ces événements, la ville connaît de nouveau une courte période d'accalmie jusqu'en juin 2025. Le 27 juin, Pissevin décide de passer à l'attaque et envoie un tireur à Valdegour pour ouvrir le feu sur des jeunes présents sur place. Six jeunes âgés de 15 à 20 ans, dont quatre mineurs, ont été blessés dans la fusillade[110]. Cette attaque était celle de trop pour Valdegour qui décide de réaliser des opérations quasi-quotidiennes pour se venger. Le , des shooters de la Pissevin se rendent au MDM et ouvrent le feu sur un groupe de personnes situés à proximité d'une mosquée. Deux personnes sont touchés dont un vendeur de melons, âgé de 53 ans, qui décède sur le coup[111]. Le , Pissevin diffuse la vidéo d'un jeune homme bâillonné et ligoté, assis sur le sol, qui se fait abattre de plusieurs balles dans la tête et qui se fait brûler. Le corps du jeune homme, nommé Yanis M. et âgé de 19 ans, est retrouvé inanimé et partiellement incendié par un passant dans la commune de Saint-Bénézet. On apprend plus tard que ce jeune est originaire de l'Île-de-France et travaillait pour Pissevin mais ces derniers ont décidés de se débarrasser de lui et de mettre en scène son exécution car le jeune homme était soupçonné de travailler en cachette pour la concurrence du MDM[112]. À la suite de ces attaques sur l'alliance entre le MDM, la DZ Mafia et Valdegour, ces derniers publient plusieurs menaces envers tous les habitants des quartiers ennemis à Nîmes : "Vous êtes tous prévenus, il n’y a plus d’innocents, avertit l’auteur anonyme. Le premier qui traîne en Zup Sud sera tué comme les précédentes années. Faîtes attention à vous. On va tuer même les petits de cinq ans. Gardez vos gosses chez vous en sécurité. Chaque personne qui croise nos hommes en noir sera criblée de balles. Même le p’tit jeune qui va chercher du pain pour sa mère. Clients, guetteurs, vous allez y passer. Arrêtez de prendre votre consommation à Pissevin, vous risquerez de mourir"[113].

Montpellier

Le , dans le quartier de Malbosc, un commando cagoulé, armé d'une Kalachnikov et d'un bidon d'essence, déboule dans une résidence où vit un ancien trafiquant marseillais, venu se mettre au vert à sa sortie de prison. Seule sa sœur s'y trouve : « Ils la mettent au sol et brûlent son appartement, toute sa vie. Depuis, elle est terrifiée, alors qu'elle n'est liée ni de près ni de loin avec ce monde de narcocriminels marseillais; elle a pour seul tort d'être la sœur de son frère » rappelle Me Florent de Saint-Julien, son avocat[114]. Kamel, 26 ans, déjà condamné pour trafic de drogue à Nîmes, est l'un des membres de ce commando dévastateur. Au moment des faits, il disait gagner 15 000 euros par mois en trafiquant et tout claquer au casino. Avec sa petite amie, une Arlésienne, il a fait des repérages, puis l'aller-retour depuis Marseille, pour accomplir la mission qu'on lui avait donnée. « L'enquête a établi un lien avec un trafic de stupéfiants sur Marseille et la DZ Mafia et des personnes rémunérées pour exécuter des violences dans ce cadre-là », rappelle la présidente de l'audience réalisé le 2 décembre 2025[115].

La DZ Mafia est en train de reprendre le territoire montpelliérain, affirme un magistrat en . Alors que les tensions sont à vif entre trafiquants de drogue, l’enquête sur l’incendie criminel d’un appartement en 2024 dans le quartier Malbosc à Montpellier confirme l’implication du banditisme marseillais[1].

Sète

Le parquet de Montpellier s’est saisi, le jeudi , d’une vidéo postée sur la messagerie Telegram montrant trois individus entrer dans un hall d’immeuble de l’Île de Thau, à Sète, armés d’une arme de poing et de barres de métal. Ils se livrent à un passage à tabac, tout en hurlant “c’est la DZ ici”[116].

Castres

Selon plusieurs sources policières, la Ville de Castres est confrontée, depuis plusieurs mois, à des affrontements entre membres de la DZ Mafia et narcotrafiquants toulousains. Des organisations criminelles qui tentent de s’emparer des points de deal de la municipalité, là où le trafic de stupéfiants prospère[117].

Alès

La DZ mafia a pris la main sur certains quartiers. Entraînant son cortège de conséquences violentes – extorsion, coup de force, racket, assassinat[6].

Guerres de gang dans la région Bretagne

Saint-Nazaire

Dans la nuit du 8 au , à Saint-Nazaire, deux hommes armés, visages masqués, pénétraient dans un immeuble du quartier de la Bouletterie. Ils forçaient un appartement du troisième étage. Et abattaient froidement celui qu’ils cherchaient. Abdelkarim Beniaich, 19 ans, dormait dans sa chambre, dans le logement partagé avec son père et petit frère. Il n’avait aucune chance. Touché à plusieurs reprises par balle, il est mort sur place. Une exécution.

Un an plus tard, la traque des suspects est peut-être achevée. Le brouillard autour de ce dossier sensible se dissipe. Selon nos informations, sept suspects ont été interpellés, depuis lundi, dans plusieurs régions de France, lors d’une opération coordonnée et menée par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS, ex-Police judiciaire) de Nantes et l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO). Une avancée majeure dans un dossier piloté par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes.

Durant les investigations, les enquêteurs auraient remonté les fils d’un conflit pour le contrôle d’un point de deal situé dans le quartier Prézégat, à Saint-Nazaire. Deux équipes s’y disputeraient le terrain, dans un contexte de tension croissante liée aux bénéfices engendrés par le trafic de drogue. Cette rivalité a cristallisé une violence sanglante et répétée pendant plusieurs semaines dans ce quartier : une guerre sans répit qui avait déjà fait plusieurs blessés. Le secteur serait aussi convoité par de puissants réseaux de narcotrafiquants installés bien au-delà du territoire ligérien.

Un récent document de l’Office central antistup révèle que Saint-Nazaire fait partie des zones d’influence de la DZ, le groupe criminel marseillais, et de l’équipe de Mohamed Amra. Dans une note confidentielle datée de juillet, le Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) se montre plus précis encore et décrypte les liens entre ces réseaux de narcotrafiquants. Dans son document, le Sirasco imagine que des membres de la DZ Mafia auraient pu être chargés, par Mohamed Amra, de l’assassinat d’Abdelkarim Beniaich. Ils devaient ensuite se partager les bénéfices du point de deal[118].

Possibles scissions

DZNG

Le , une puissante détonation a retenti dans le 15 lundi vers 22 h 20. L'explosion, attribuée à un "Gigant Maroon", un pétard de forte puissance, a été localisée en plein cœur du quartier de Bassens.

Alertés par l'explosion et des cris au pied de l'un des immeubles du quartier, à proximité du point de deal historique, dit du "drive", des témoins ont alors aperçu la silhouette d'un jeune homme dénudé, un adolescent qui venait être violenté par deux à trois hommes masqués et armés. À l'arrivée des services de police, plusieurs cartouches de fusil d'assaut non percutées jonchaient le sol, et surtout, les murs du bâtiment adjacent étaient couverts d'inscriptions à la bombe pour le moins inattendues : "TIK ET FONDU LA BALANCE", signées d'un nouveau sigle, "DZNG", à côté de celui de la DZ barré. La suite, comme souvent depuis l'apparition de la DZ Mafia, s'est déroulée sur les réseaux sociaux et les messageries chiffrées. En fin de nuit, une vidéo de l'expédition punitive est apparue sur certains canaux, montrant un homme masqué à la voix modifiée s'en prendre à cet adolescent de , originaire de la Drôme, enlevé sur le point de deal, déshabillé et frappé à coups de pied sous la menace d'un fusil d'assaut. Détail inhabituel, l'arme utilisée n'est cette fois pas un fusil de type kalachnikov, mais un Famas, qui s'enraye d'ailleurs hors champ, lorsque le commando tente de tirer en l'air en repartant, expliquant la présence de plusieurs balles entières sur le sol[119].

"La bande de vos mères les putes, vous allez tous dormir - vous allez tous mourir (…) tous ceux qui travaillent pour « Tic » et le « Fondu », vous allez dormir (…), c'est le premier avertissement", lance l'homme à l'image, entre deux coups de pieds portés à la victime. Outre « Tic », le commando fait référence à une figure locale du narcobanditisme, Welib Bara[120], surnommé « Fondu », un historique de la bande dite des Carmes. Interpellé en 2021, l'homme aujourd'hui âgé de 39 ans a depuis été remis en liberté, malgré quatre mises en examen, à la suite d'une cascade à peine croyable de vices de procédure. Il se serait, depuis, réfugié à l'étranger[121].

Expansion au-delà de la région PACA, Europe et Maghreb

En France

Rudy Manna, porte-parole du syndicat Alliance Police Sud, explique que la DZ Mafia cherche à élargir son emprise sur le marché lucratif du trafic de stupéfiants, motivée par les gains financiers potentiels. Le trafic de drogue génère des millions d’euros chaque mois, incitant les membres du gang à étendre leurs activités dans d’autres villes de la Méditerranée et partout en France.

Nîmes, ville impactée par le trafic depuis des années, a connu plusieurs fusillades impliquant la DZ Mafia[122]. C'est en particulier la faction de « La Brute » qui est impliquée après s'être allié à deux clans nîmois : celui du Mas-de-Mingue et celui de la ZUP Nord contre ceux de la ZUP Sud.

Le , la préfecture du Var, prend un arrêté interdisant la venue de tous les individus connus pour trafic de stupéfiants dans les Bouches-du-Rhône, afin d'endiguer l'intrusion de la DZ Mafia sur le marché hyérois. Ils ne pourront ni circuler, ni stationner sans motif légitime, selon les dires du Préfet[123],[124]. Le , sept individus originaires d'Aubagne et de Marseille, membres de la DZ Mafia, sont interpellées par la DCOS (division de la criminalité organisée et spécialisée, ex-police judiciaire) dans le cadre de l'enquête sur la multiplication des fusillades attribuées à la tentative de la DZ Mafia de prendre le contrôle d'un point de revente dans le quartier du Val des Rougières à Hyères[125] ; en octobre 2024, 19 personnes avaient été incarcérées dans le cadre de cette enquête[126].

Le travail au long cours de la police judiciaire a lui aussi payé, avec le démantèlement de nombreuses équipes de jeunes tueurs à gages. Le procureur de la République de Marseille affirmait par exemple en juin 2024 que sur toute l'année 2023, 189 personnes avaient été mises en examen pour des faits liés aux règlements de comptes sur fond de trafic de drogue[127].

Selon un enquêteur contacté par France Info, la DZ Mafia continue cependant d'étendre son influence bien au-delà de Marseille et contrôle en septembre 2024 des points de deal à Sète, Avignon, Valence, Rennes, et même Toulouse[127],[128].

Infiltration dans la région de Bruxelles-Capitale

Le , le ministre de l’Intérieur belge a confirmé les liens entre les fusillades survenues une semaine auparavant près de la station de métro Clemenceau (Anderlecht) et la mafia "algéro-marseillaise", nom donné pour désigner la DZ Mafia. Il a également indiqué son souhait de recourir à des militaires pour des « missions statiques[129] ».

En , une autre affaire judiciaire implique la DZ Mafia en Belgique : dix Français sont arrêtés le lundi par la police fédérale belge. Huit des neuf adultes interpellés sont accusés d'avoir préparé le kidnapping, la séquestration et la torture du millionnaire belge du milieu de la cryptomonnaie Stéphane Winkel (ou un de ses proches), et sont incarcérés pour « tentative de vol avec violences en bande et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime »[130]. Selon le quotidien belge La Dernière Heure, certains des suspects auraient évoqué en audition un commanditaire lié à la DZ Mafia[131].

Italie

En , la justice a démantelé un vaste réseau de blanchiment liée à l'organisation[132].

Les narcotrafiquants marseillais échangeaient dans des fonderies italiennes l'argent issu du trafic de stupéfiants contre des lingots d'or. 55 kg d'or ont été saisis plus de 2,5 millions d'euros en argent liquide le trafic transite notamment via l'Albanie et la Turquie en relation avec des réseaux du Moyen-Orient[132].

Au Maroc

À Marrakech, la chambre correctionnelle près le tribunal de première instance a rendu en son verdict contre des membres de la DZ Mafia. Les quatre membres sont d’origine algérienne, marocaine et française. Ils ont été arrêtés dans une boîte de nuit située à Marrakech, à la suite d’une rixe sanglante. Chacun d’eux a écopé de huit ans de prison ferme assortie d’une amende de vingt mille dirhams et ce, après avoir été jugé coupable pour trafic à l’échelle internationale de la drogue, menace, coups et blessures. En effet, la bagarre a éclaté entre les membres de cette bande sur fond de conflit concernant le contrôle des zones de distribution de la drogue entre Marseille et Marrakech[133].

Partenaires et alliés

Devenu un cartel à la française, une sorte de label criminel, la DZ dispose désormais de multiples canaux d'acheminement de la drogue — haschich, cannabis et cocaïne — en nouant des partenariats avec des groupes criminels puissants et ne se contente plus d'importer depuis le Maghreb. Selon plusieurs sources policières, elle entretient des relations commerciales avec la Mocro Maffia, l'organisation criminelle européenne basée aux Pays-Bas, la 'Ndrangheta italienne et les réseaux entre le port du Havre (Seine-Maritime) et l'Amérique latine.[réf. nécessaire]. Elle se rapproche du fonctionnement des cartels sud américains[134].

La DZ Mafia se procure principalement de la cocaïne grâce à des réseaux de fournisseurs belges, néerlandais et espagnols[135]. Selon un enquêteur, interrogé par Le Monde : « La DZ Mafia est un cartel au sens que c’est bel et bien une entente, une fédération d’associations criminelles, ce qui permet à d’autres d’obtenir de sa part, selon les cas, un appui logistique avec fourniture de main-d’œuvre, un soutien ou un simple “laisser-faire” tant qu’il n’y a pas d’opposition d’intérêts »[136].[style à revoir]

Avec la Mocro Maffia

En 2024, un homme de nationalité néerlandaise au nom de Saïd A. est arrêté à Paris. Il est considéré par la police française comme un dangereux pion de la Mocro Maffia. Selon la douane française, il s'agit d'une présence lié à son activité au Grand port maritime du Havre, en collaboration avec la DZ Mafia[34].

Possibles liens avec l'Iran

Le , peu avant 2 heures du matin, un incendie s'empare d'une société spécialisée dans la fabrication de matériel d'irrigation, à Lespinasse, près de Toulouse[137]. La vitre d'un bureau a été brisée, plusieurs départs de feu constatés, et la silhouette d'un homme en noir apparaît sur les images de vidéosurveillance. Le caractère criminel du sinistre ne fait aucun doute. Préjudice estimé, 600 000 euros. Alertés par des voisins, les gendarmes déboulent et croisent une Polo, avec cinq personnes à bord, dont ils relèvent une partie de la plaque. La société visée possède une vingtaine d'usines à travers le monde. Elle est la seule dans l'Hexagone.

Des images captées au péage de Saint-Jory, permettent rapidement d'établir que le véhicule en question a fait un aller-retour express Marseille-Lespinasse dans la soirée. Et que ses utilisateurs trempent, semble-t-il, dans l'univers des stups. Deux mois plus tard, deux femmes et un homme sont interceptés dans ce même véhicule à Montpellier (Hérault). Deux Kalachnikov, des lunettes à vision nocturne, des stups, y sont trouvés. Le trio est mis en examen, notamment pour association de malfaiteurs, et placé en détention provisoire. Les investigations mènent à l'arrestation d'une autre jeune femme et d'un homme, le conducteur présumé lors de l'incendie de Lespinasse. Le pyromane présumé, Christophe K. prend tout sur les épaules et dédouane les autres. C'est là que l'affaire prend une tournure assez délirante.

Un commanditaire basé à Dubaï lui aurait envoyé plusieurs milliers d'euros pour exécuter cette mission via la messagerie Signal. Une « escroquerie à l'assurance », selon lui. Ce n'est pas l'avis du Parquet national antiterroriste (Pnat) qui y voit la possible patte de l'Iran, recruteur de petites mains pour s'en prendre à des sociétés aux capitaux israéliens. Le tout sur fond de guerre à Gaza entre l'État hébreu et le Hamas. L'affaire de l'incendie de Lespinasse (et celle d'un autre incendie volontaire commis la nuit suivante en Isère) était audiencée ce jeudi. Les trois filles, âgées d'une vingtaine d'années, et le chauffeur présumé, un trentenaire, s'entassent dans le box du tribunal correctionnel de Toulouse.

Pourtant, en détention, Christophe K. s'est en effet revendiqué de la DZ Mafia, l'organisation criminelle marseillaise, et a menacé la juge d'instruction. « Je fais tuer des gens. Je vais faire un carnage ». Le niveau de sécurité autour de sa personne est maximal[138].

Avec d'autres clans français

La Castellane

L'une des premières affaires impliquant la DZ Mafia est la tentative de meurtre sur Mohamed Tachougaft alias « Sarko », un grand nom du milieu marseillais puisque celui-ci était à la tête du réseau de La Castellane dans les années 2010. « Sarko » avait décidé de s'éloigner de Marseille pour éviter de se faire tuer, menacé à l'époque par d'autres clans à Marseille. Depuis , avec sa femme, ils gèrent un restaurant à Empuriabrava et « Sarko » et en même temps producteur de musique pour son label "13ème Art Music et Édition" qui est géré par sa sœur Saida Tachougaft et un de ses ami Fabien Elarouti[139]. Mais « Sarko » a de très mauvaises relations avec un autre caïd de La Castellane, qui gère aujourd'hui le gang du même nom, Mohamed Djeha alias « Mimo ». En effet, les deux individus se connaissent bien et disposaient de bons liens auparavant, mais lorsque « Sarko » quitte la région marseillaise vers 2015, « Mimo » s'éloigne de lui et le critique pour son manque d'implication pour son réseau à La Castellane. Pourtant « Sarko » revient quelques années plus tard et tente de reprendre le point de deal du "Proche", situé à La Castellane, mais ce point de deal appartient à l'origine à Zaire Laribi alias « Général Z » ou « Zaza », cousin de Nordine Achouri « Nono ». Dès lors, une guerre commence et tout le monde tourne le dos à « Sarko », dont « Mimo » et certains rappeurs de son propre label, comme Naps, etc.[140].

La DZ a choisi de soutenir « Mimo » contre « Sarko ». Le , vers 15 h 3, une Peugeot 308 rouge fonce sur le 4 × 4 Mercedes GLC noir de « Sarko ». L'homme qui fonce sur sa voiture se nomme Nicolas, un charbonneur dans le quartier de La Visitation qui, après avoir contracté une dette de 3 000  auprès de « Mamine », se voit devoir effectuer un contrat d'assassinat. Ce dernier lui impose le contrat suivant : aller tuer « Sarko » en Espagne afin d'aider le commanditaire à prendre le contrôle de la cité du Castellas. Le commando est composé donc de Nicolas, un certain Karel, Ilyas (parti se cacher en Espagne avec sa petite amie après un meurtre commis en octobre 2022 à Marseille[141]. Il est interpellé le pour ce meurtre.) et Ahmed, futur partenaire de Mattéo Farina lors d'une série de meurtres en mars-avril 2023. « Sarko » parvient à survivre, ce qui provoque la colère de « Mamine ». Pour autant, ce dernier propose à Nicolas une autre chance d'effacer sa dette en lui offrant 1 500  si il participait aux incendies qui ont touchés, le 10 et , les studios d'enregistrement de « Sarko » à Marseille[142].

Les Oliviers

Selon Le Parisien, la DZ aurait récemment passé un pacte avec le clan redoutable des Oliviers, du nom de cette cité du XIIIe arrondissement de Marseille, dirigé par Kamel Meziani, lui aussi transféré à Vendin-le-Vieil. À Lyon (Rhône), les enquêteurs ont constaté qu'un représentant de la DZ, qui cherchait à s'implanter dans des cités lyonnaises, était en réalité un membre du clan des Oliviers[143].

Les Oliviers étaient en guerre contre le clan des Blacks durant les années 2020.

Le clan de Yassine Akhazzane

Une autre alliance de circonstance a eu lieu avec Yassine Akhazzane, un voyou corse d'envergure croisé derrière les barreaux. Ce dernier est apparu dans un dossier de racket aux côtés de membres de la DZ. À Marseille, des cités, comme celle de La Cayolle dans le sud de Marseille (IXe), sont devenues des bastions d'allégeance à la DZ et servent de bras armé pour prendre des points de deal par la force, comme celui de la cité de l'Ariane à Nice (Alpes-Maritimes)[143].

L'épicentre de ces relations s'est constitué à la prison des Baumettes, qui est un catalyseur de rencontres et d'associations. Akhazzane, par exemple, aurait établi de premiers liens avec la DZ au Pontet, où il côtoie notamment « Gato », l'un des associés de la DZ Mafia[144].

Autres activités de la DZ Mafia

Attaques de prisons et de personnes dépositaires de l'ordre public

La France connaît une série d'attaques durant 3 nuits consécutives contre des centres pénitentiaires durant le mois d'avril 2025. Des narcotrafiquants issus de la DZ Mafia sont suspectés d'avoir organisé ces attaques[145]. En plus des attaques sur des centres pénitentiaires, les forces de l'ordre sont aussi visés par la DZ. Le 10 mai 2025, peu après minuit, un gendarme de 27 ans a été la cible d’une tentative d’assassinat particulièrement violente à Aix-en-Provence. Criblé de balles alors qu’il rentrait chez ses parents, il a survécu à ses blessures mais restera lourdement handicapé. L’affaire a pris une tournure explosive lorsqu’au cours de son audition, la victime a affirmé que ses agresseurs auraient revendiqué leur appartenance à la DZ Mafia, un groupe de narcotrafiquants marseillais bien connu des services de renseignement. Les auteurs, en fuite, auraient crié le nom du gendarme pendant l’attaque, proférant des menaces explicites, ce qui tend à confirmer qu’il s’agissait bien d’un ciblage volontaire. Au-delà de l’attaque elle-même, la menace continue : la famille du gendarme a récemment découvert sur un véhicule un tag menaçant, « Tié le prochain », témoignant de la persistance de l’intimidation.

Originaire d’Aix mais en poste en Seine-Saint-Denis, le jeune militaire a été visé à la jambe, au pied et aux fesses, selon un mode opératoire surnommé la « jambisation », fréquemment utilisé dans les règlements de comptes liés au narcobanditisme[146],[147].

Après cette série d’attaques visant des prisons, le lundi 28 avril 2025, 25 personnes sont interpellées lors d’une vaste opération menée dans plusieurs départements, impliquant plus de 200 enquêteurs[148]. Parmi elles, un détenu de 23 ans, Imran A., ancien tueur et gérant de point de deal de la DZ Mafia, est considéré par les enquêteurs comme l’un des donneurs d’ordre présumés[149]. Imran A. était un détenu du centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse), déjà mis en examen dans deux affaires de meurtre, et aurait été à l'origine de la création de la boucle Telegram « Défense des droits des prisonniers français »[72] mais en affirmant dans un premier temps qu’il voulait uniquement manifester son désaccord avec la nouvelle politique pénale de Gérald Darmanin, sans cautionner aucune violence. Une position qui a finalement évolué au cours des auditions, Imran A. se présentant comme un “simple exécutant” dans la vague d’agressions et de dégradation signées « DDPF », son rôle se limitant à être chargé de la médiatisation des actions par deux commanditaires dont le petit soldat de DZ mafia affirme ne connaître que les pseudos sur Signal, « Diego » et « Koala »[150].

Plusieurs mineurs figurent également parmi les interpellés[151].

Corruption de personnels de justice

Deux agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille, dont une est l’ex-petit amie d'un cousin d’un homme présenté par la police judiciaire comme le patron de la DZ Mafia, ont été rétribuées pour la consultation illicite de fichiers. Toutes deux, mises en examens en décembre 2025, travaillent dans un service civil du tribunal. Elle avaient accès à des fichiers dont Cassiopée, dans lequel figurent les procédures pénales, les mandats de recherche, les gardes à vue… ou sur d’autres logiciels comme Genesis (gestion nationale des personnes écrouées pour le suivi individualisé et la sécurité), qui recense les activités des détenus, parloirs, procédures disciplinaires et d’aménagement de peine, ou encore Romeo (réquisitions et ordres de mission extérieurs pour les opérateurs)[152].

Immersion dans la vie politique

Le gang est même soupçonné d’avoir des ambitions plus larges, notamment dans le domaine politique. Une source judiciaire confie au Monde que certains membres pourraient chercher à infiltrer le milieu politique pour sécuriser leur emprise sur la région[153]. « Sans véritable opposition, ceux qui tiennent ce cartel vont multiplier les extorsions au-delà des rappeurs et, pourquoi pas, demain financer des campagnes électorales pour s’attirer la complaisance de certains politiques », prévient un observateur interrogé par nos confrères[154].

Immersion dans la vie policière-judiciaire

Dans le judiciaire

Au mois de , un message a été diffusé sur la chaîne Telegram "Broze mafia", proche de la DZ Mafia, mettant un contrat de 100 000  sur la tête d'un juge francilien[155].

Deux jeunes agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen, début décembre 2025, pour la consultation illégale de fichiers que l’une d’elles monnayait à un interlocuteur proche de la DZ. Toutes les deux travaillent dans un service civil du tribunal et leur implication, à ce stade des investigations, apparaît bien différente. Occasionnel pour l’une, le recours aux fichiers semble beaucoup plus massif et lucratif pour l’autre. L’enquête a établi des liens avec un ex-petit ami qui, s’il n’est connu que pour des violences conjugales, est le cousin de Mehdi Laribi, alias « Tic ». Il est également ami avec un narcotrafiquant de premier plan, en fuite à la suite d’une permission de sortie. Ce jeune homme a été mis en examen notamment pour corruption passive et association de malfaiteurs. Alors qu’il a été placé sous contrôle judiciaire en dépit de réquisitions d’un mandat de dépôt, le parquet là encore a fait appel. Le compagnon de la sœur de cette agente du tribunal avait été placé en garde à vue, en avril, dans le cadre d’une affaire de stupéfiants concernant un important point de deal marseillais. Les consultations auraient porté sur des dossiers « chauds » de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille, comme les tirs, en mai 2024, sur deux véhicules de joueurs de l’Olympique de Marseille[156] que trois jeunes membres du narcobanditisme avaient pris pour des rivaux venus en découdre et impliqués dans des actions violentes[157].

Le , un avocat pénaliste, Maître Kamel Aissaoui, connu pour défendre plusieurs figures du narcotrafic, a été refoulé de la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe après avoir déclenché à plusieurs reprises les portiques de sécurité. Lors d’un contrôle avant un parloir avec « Mamine », des signaux anormaux ont été détectés sur sa personne. Faute de pouvoir procéder à une fouille approfondie, l’administration pénitentiaire lui a refusé l’accès à l’établissement. L’incident s’inscrit dans une série de faits similaires impliquant le même avocat, déjà intercepté dans d’autres prisons avec de l’argent liquide ou du matériel de communication[158]. En mars 2026, l’avocat est mis en examen et écroué. Il est suspecté d’avoir «fourni un moyen technique de communication» à l’un de ses clients incarcérés[159],[160].

Dans le policier

En , la cour d’assises va juger le commando et les commanditaires présumés de l’enlèvement d’un jeune revendeur de drogue, conduit dans une colline où il est questionné sur ses employeurs, blessé d’une balle dans la cuisse et laissé entièrement nu après que l’arme pointée sur sa tête s’est miraculeusement enrayée. Se trouvera dans le box, jugée notamment pour sa participation à la première phase de cet enlèvement et pour sa possession d’armes de guerre, une femme, qui, après une désertion de la gendarmerie qu’elle avait intégrée sur concours, avait été recrutée par des narcotrafiquants. Elle s’en est ouverte aux policiers « Un jour, F. m’a proposé de travailler à la sécurité de la Paternelle, il m’a expliqué que je devais assurer la sécurité des guetteurs et des vendeurs sur le point de “stups” du Maga. »[161]

Immersion dans le monde de la musique

Selon plusieurs enquêtes en cours, des membres de la DZ évoquent eux-mêmes l'existence au sein de l'organisation d'un département "protection-sécurité" lié particulièrement au monde la musique. Le département serait dirigé par un cadre qui disposerait d'un "budget guerre mensuel"[162]. Ils affirment aussi avoir accès à des avocats, des comptes bancaires et des sociétés sous prête-nom domiciliés à l'étranger, ainsi qu'à de nombreux artistes disposés à se produire par leur intermédiaire. La branche musique, elle, serait dirigée par Yassine Akhazzane alias « Bico Loco » ou «Balou». Valeur montante du crime organisé en Corse et prestataire de services pour la DZ. Interpellé le 4 janvier 2021 et condamné le à 15 ans de prison pour tentative d'assassinat , il est considéré par la police comme étant à la tête de «la première équipe du banditisme insulaire construite autour d’individus issus de la communauté maghrébine et des gens du voyage»[163]. Il coordonne le placement d'artistes depuis sa cellule de prison lorsqu'il était encore en détention provisoire. Avant d'être incarcéré, le trentenaire avait notamment fait ses armes en dirigeant, au début des années 2020, une petite discothèque de Propriano (Corse-du-Sud). Il y avait fait défiler des rappeurs comme Heuss l'Enfoiré, Alonzo, etc.[164].

Menaces sur des rappeurs et des studios d'enregistrement

Affaire SCH

Alors que la DZ Mafia agissait principalement dans le narcobanditisme et narcoterrorisme[réf. nécessaire], le groupe criminel se diversifie dans l'extorsion et le racket. Le cartel de la drogue, qui bénéficie d’une certaine hégémonie sur le trafic de stupéfiants à Marseille, et bien au delà se spécialiserait désormais dans les extorsions de commerces et d’établissements partout dans le sud de la France[165]. En effet, le , au petit matin, une fusillade à l'arme lourde a lieu sur la route dans le quartier du Grand Travers, à Mauguio-Carnon, à la suite d'un showcase du rappeur SCH dans une discothèque de La Grande-Motte, un kilomètre plus loin. Quatre personnes sont dans le véhicule d'où partent les tirs. Ils font un mort, Tahar, un proche de SCH, et un blessé dont le pronostic vital est engagé, le chauffeur du véhicule. Tous deux font partie de l'entourage du rappeur. SCH est a priori visé, mais a changé de voiture à la fin de sa prestation, ce qui lui a possiblement sauvé la vie[166]. Selon des sources proches du dossier cité par Le Parisien, cette tentative de meurtre suivrait le mode opératoire de la DZ Mafia. SCH avouera même auprès de gendarmes qu'il était victime de tentatives d'extorsion depuis plusieurs mois[167].

En effet, son manager Mehdi reçoit plusieurs SMS dans les semaines précèdent cet incident tous très menaçants comme : « Je vais t'expliquer quelque chose, j'empêche des amis de te faire du mal. Les endroits où tu te trouves ils les ont, j'empêche ça pour que tu restes à ta place parce que si la ligne est dépassée ça sera la fin pour toi donc appelle moi vaut mieux pour toi. Ca sera mon dernier message […] je peux te garantir une chose, c'est que tu n'es en sécurité nulle part et que personne ne peut rien faire pour toi. » Ce qui est reproché à SCH, de son vrai nom Julien Schwartzer, est sa relation avec Bruno Vitobello alias « Le Blond »[168]. Ce caïd marseillais, condamné à dix ans de prison en 2015 pour des faits de détention illégale d'armes[169], avait contacté en 2018 le rappeur par l'intermédiaire d'une connaissance commune. Le détenu voudrait mettre un pied dans l'industrie musicale. Il en ignore les rouages, mais sa réputation le précède et lui donne une certaine force de persuasion. L'année suivante «Le Blond», toujours incarcéré, et SCH s'associent dans la création du studio d'enregistrement G8 Records (bien que la société soit au nom de Faharoudine Mohamed[170]). En 2022, alors que «Le Blond» vient de retrouver la liberté, il cherche à s'entretenir avec le rappeur, qui n'est manifestement pas pressé de le rencontrer. Mais face à l'insistance de l'ex-détenu, SCH finit par céder et accepte un rendez-vous fixé sur le parking du magasin Leroy Merlin d'Aubagne. Un proche du « Blond », au volant d'une voiture, enjoint SCH, accompagné pour l'occasion de son oncle et de son ami Eddy qui s'occupe de sa sécurité, de les suivre. Le convoi s'engage sur un chemin de terre mais, presque aussitôt, une voiture apparaît dans le rétroviseur du véhicule du rappeur. Il est impossible de faire demi-tour, les voici bientôt en vue d'un campement de gens du voyage. Le temps de se garer et « Le Blond » apparaît calibré à la tête d'une bonne quinzaine d'inconnus, armés aussi pour beaucoup d'entre eux. S'il donne l'accolade à SCH, il saisit en revanche Eddy par le cou et le sermonne. But de cette manœuvre d'intimidation : faire comprendre au rappeur que c'est avec lui qu'il est préférable de traiter directement. De plus, il reproche à SCH de ne pas avoir intégré un jeune rappeur qu'il produit dans le collectif 13'Organisé. Passé le coup de pression, il s'enquiert également de la sécurité du rappeur. Fort heureusement, il peut lui fournir un ange gardien. Un inconnu s'avance et lâche froidement : « Maintenant je serai toujours là. » Le message a parfaitement atteint son but, SCH est lesté d'un nouveau garde du corps et "réconcilié" avec « Le Blond »[171].

C'est à ce moment-là que SCH commence à connaître des ennuis. Dans la soirée du , le rappeur se produit à l'Arena de Reims[172] pour la dernière date de sa tournée. Au même moment, sa mère et sa grand-mère, qui résident dans un petit bourg rural à quelques dizaines de kilomètres de Marseille, rentrent d'un dîner dans un restaurant du coin lorsqu'elles tombent nez à nez avec trois hommes, dans le jardin de leur résidence. L'un deux pointe une arme sur la mère du rappeur et la force à ouvrir la porte de domicile. Les malfaiteurs fouillent l'appartement et disparaissent avec 50 000  en espèces, sans aucun message à l'intention de l'artiste. Depuis quelques mois, le rappeur est victime de menaces directes de la part d'inconnus se réclamant de la DZ Mafia. En effet, des messages violents s'affichent sur le téléphone de Mehdi, son manager, et le rappeur : « Toi qui réponds pas aux messages. Le M. [Mehdi] faudra pas pleurer vos morts, très proches. […] Tu peux faire annuler ta tournée il va y avoir du grabuge ça sera annulé de toute façon. LA PROPAGANDE EST ALGÉRIENNE», dit l'un deux. «Je t'explique, c'est le Marocain, j'ai voulu être diplomatique, chercher à parler. On va arêter de parler mnt et regarde si je te nique pas ta mère la pute à toi et tout t proches, fdp», dit un autre. D'autres messages lui reprochent sa relation avec «Le Blond» (qu'ils nomment «Le Français») pour assurer sa sécurité[173].

Avec tous ces éléments, la police met rapidement la main sur un homme qui serait aussi à l'origine de l'attaque à La Grande-Motte, « Gaby ». Sous le pseudonyme de "Osmium", et d'un autre cadre de la DZ, qui utilisait le pseudonyme "Sergei Shoigu", emprunté au secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, ils auraient minutieusement planifiés l'opération en ayant eu recours à l'application Signal. Parmi les exécutants du contrat, l'un deux, soupçonnés d'avoir tiré, s'était évadé d'un centre éducatif fermé le 20 août 2024, il n'avait que 17 ans au moment des faits[174].

Quelques mois plus tard, à la suite de l'arrestation de Mohamed Amra, un détenu français qui s'était évadé le au péage d'Incarville et retrouvé en Roumanie, des investigations sur son téléphone ont montré que le détenu était proche de la DZ Mafia. « La Mouche » évoque l'organisation du kidnapping d'un rappeur, possiblement SCH, pour le compte de la DZ[175],[176].

Affaire Naza

Le , une enquête a été ouverte pour « association de malfaiteurs » et « extorsion en bande organisée » à la suite de menaces reçues de la part de personnes réclamant 300 000 euros au rappeur Naza et son manager[177].

"Taxe DZ" sur des boîtes de nuit

Dans la nuit du 31 octobre au , une fusillade a lieu devant la boîte de nuit "Seven" à Saint-Péray, en Ardèche. Cette attaque provoque la mort de Nicolas Dumas, un rugbyman de 20 ans du club de Romans-sur-Isère, tué par une balle perdue. Le tireur présumé de la fusillade a été identifié à partir d'une capture d'écran d'une vidéosurveillance du guichet SNCF de la gare de Valence (Drôme). Le fugitif soupçonné se trouvait dans la cité de la Bricarde, un lieu de deal important de Marseille, quand les policiers de la BAC Nord l'ont interpellé. Les magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille désormais chargée de l'enquête pensent que le raid meurtrier du commando en Ardèche aurait pu être commandité depuis Marseille, par la DZ Mafia qui harcèle plusieurs boîtes de nuits depuis des mois pour les obliger à payer des dettes[178].

Tueurs à gages

Affaire des Baumettes (novembre-décembre 2024)

La DZ recrute des tueurs à gages comme elle l'avait fait pour Mattéo Farina. Une autre affaire qui avait marqué les autorités marseillaises s'est déroulé dès le 29 novembre 2024, où Gabriel O. alias « Gaby », est passé devant la commission de discipline de la prison des Baumettes et a été condamné à 20 jours à d'isolement. À la suite de cette condamnation, Gabriel O. aurait insulté la directrice et directeur adjoint de la maison d'arrêt des Baumettes. « Gaby » se serait plaint de ses conditions de détention et aurait même entamé une grève de la faim. Après cela, la DZ Mafia a émis un contrat de 120 000 euros sur la tête du directeur adjoint de la prison, sur Tiktok en mentionnant son adresse personnelle. La directrice de la maison d'arrêt, Karine Lagier, a elle aussi été menacée de mort[179]. Le 2 décembre 2024, vers 2 h du matin, une équipe de la BAC surveille une voiture où se trouvent deux individus cagoulés aux abords du domicile du directeur adjoint. Une course poursuite démarre, les deux individus, un originaire d'Avignon et l'autre du Val-d'Oise finissent par se faire interpeller avec des armes sur eux. Dans un communiqué, le parquet de Marseille indique avoir « ouvert une enquête à la suite de manœuvres d’intimidation et de menaces à l’encontre du personnel pénitentiaire de la maison d’arrêt des Baumettes ». Après leur garde à vue, ils ont été déférés et mis en examen pour « tentative d'homicide volontaire avec préméditation ou guet-apens »[179]. Il est transféré à la prison d'Arles après cet épisode[32].

Depuis cet épisode, le directeur adjoint vit sous protection policière et a été affecté dans un autre complexe pénitentiaire[180].

Le 13 janvier 2026, Othmane B., délinquant multirécidiviste incarcéré à Val-de-Reuil ainsi que Sabrina M., détenue à Rennes, au passé judiciaire chargé également, sont condamnés à 30 mois de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour avoir relayé sur l’application Snapchat un contrat criminel passé sur la "tête" de l’ancienne directrice des Baumettes[181].

Assassinat de Mehdi Kessaci (2025)

Mehdi Kessaci, 20 ans, a été abattu mercredi 13 novembre à Marseille par un commando à moto. Frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, ce jeune au casier vierge préparait le concours de gardien de la paix[182]. Selon Le Parisien, « Mamine » apparaît comme le suspect principal dans l'enquête sur le meurtre choquant de Mehdi Kessaci, 20 ans. « Mamine » est aussi le principal suspect dans le meurtre du demi-frère de Mehdi Kessaci, Brahim Kessaci, tué en décembre 2020[183].

Le mardi 18 novembre, le détenu a été discrètement transféré, sous escorte renforcée des gendarmes du GIGN, de la maison d'arrêt de Bourg-en-Bresse (Ain) au nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de Condé-sur-Sarthe (Orne), la deuxième prison ultra-sécurisée imaginée par Gérald Darmanin, le garde des Sceaux[184]. Cette hypothèse d'une victime sacrifiée au nom d'une violence aveugle n'a pas été avancée au hasard. Elle résulte d'investigations très discrètes. Une première enquête judiciaire concernant un projet criminel visant Amine Kessaci avait en effet été ouverte cet été, après la transmission à la justice d'un témoignage inquiétant émanant d'une source humaine décrite comme très crédible. Celle-ci avait déclaré que « Mamine » avait placé un contrat d'assassinat sur la tête du militant écologiste depuis la prison de Bourg-en-Bresse. Le haut cadre de la DZ Mafia, cité nommément dans la déposition, lui reprocherait son engagement contre le narcotrafic[185].

Depuis mardi 2 décembre, deux magistrats liés à des enquêtes sur la DZ Mafia, organisation criminelle ultra-violente qui contrôle une large partie du trafic de drogue sur le territoire, sont placés sous protection policière rapprochée, a appris RTL, confirmant une information de BFM TV.

Un journaliste marseillais figure également parmi les personnes protégées par mesure de précaution[186].

Le 5 février 2026, une enquête a été ouverte jeudi après une information selon laquelle un commando de tueurs chercherait à éliminer le militant écologiste. Ce dernier a été exfiltré en urgence d’un meeting à Aix-en-Provence. Selon les informations recueillies, la venue surprise du jeune militant marseillais au Château de l’horloge aurait pu être éventée dans les milieux du crime organisé grâce à une balise de type « Airtag » placée dans le cortège policier. L’alerte a été prise suffisamment au sérieux pour provoquer l’exfiltration du militant, rapatrié toute la nuit dans un local de gendarmerie, mais également l’ouverture d’une enquête judiciaire par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille pour « association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime ». Pour l'instant, les magistrats parisiens du parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) considèrent la DZ comme principal suspect[187].

Cambriolages et vols

La DZ Mafia s'est aussi spécialisée, plus récemment[Quand ?], dans les cambriolages et les vols afin d'obtenir davantage de sources de financements. Le 28 janvier 2024, quatre personnes s’étaient introduites au domicile d’un couple à La Seyne-sur-Mer, pour leur voler de l’argent liquide dans des coffres. Cette agression, commanditée depuis la prison par un détenu « présenté comme étant un membre de la DZ Mafia », selon le procureur de Toulon, a entraîné l’interpellation et la mise en examen de huit personnes[188]. Le 26 décembre 2024, deux membres supposés de la mafia se sont présentés au domicile d’un couple pour y faire un home-jacking, sur la commune de Serre-les-Sapins (Doubs). Ils sont parvenus à rentrer dans la maison avant de frapper les deux victimes. À l’issue d’une longue enquête, ils ont été interpellés et seront jugés au mois de juin[189].

La DZ s'en prend aussi aux petit commerces. Dans la nuit du 12 novembre 2024, deux individus âgés d’une vingtaine d’années ont été interpellés dans le 4e arrondissement de la cité phocéenne après le braquage d’une épicerie, a appris Le Figaro de sources concordantes. Le cartel de la drogue, qui bénéficie d’une certaine hégémonie sur le trafic de stupéfiants à Marseille, se spécialiserait désormais dans le racket de commerces et d’établissements partout dans le sud de la France[165].

Règlements de comptes avec des cambrioleurs

Affaire Théo F.

Un homme de 23 ans a été écroué pour le meurtre d'un braqueur le 9 octobre 2025 à Marseille. Condamné un mois plus tôt à dix-sept ans de prison, il pourrait être l'auteur de plusieurs autres crimes. Le jeune se nommerait Théo F., originaire du Var et âgé de 23 ans. Au regard du profil du tueur - doté d'une certaine dextérité dans le maniement des armes - et de celui de la victime, voyou chevronné, cet homicide s'apparente plus à un règlement de comptes à l'ancienne qu'à un narchomicide, ces crimes où des auteurs parfois mineurs tirent presque aveuglément sur la concurrence. Le conducteur du commando, âgé de 18 ans, a également été écroué, et un troisième homme, un logisticien de 30 ans, placé sous contrôle judiciaire. En garde à vue, Théo F. a gardé le silence mais son comportement arrogant, sa fascination assumée pour la criminalité organisée ainsi que la scène de crime laissent penser aux enquêteurs qu'il s'agit d'un tueur aguerri exerçant dans le giron de la DZ. Malgré son jeune âge, ce tueur à gages originaire de La Seyne-sur-Mer (Var) avait été condamné par défaut à dix-sept ans de réclusion dans un règlement de comptes à La-Valette-du-Var en 2020. À l'époque, à seulement 17 ans, il avait escaladé le premier étage d'un immeuble pour aller abattre avec un complice Imed Bouguerra[190]. La victime avait été atteinte dans sa chambre à sept reprises et était décédée devant son épouse et ses beaux-parents. L'ADN de Théo avait été retrouvé sur un des pistolets-mitrailleurs ayant servi au meurtre[191].

Depuis, l'ombre du jeune caïd, qui n'est pas issu d'un quartier défavorisé, planait sur plusieurs affaires de règlements de comptes dans la région et jusqu'à Lyon (Rhône). Recherché par la brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), il a finalement été interpellé par les hommes de la brigade de répression du banditisme (BRB) très vite après le règlement de comptes, rue de Crimée. Alors que les techniciens de la police scientifique et technique effectuaient les premiers prélèvements sur le lieu du crime, les policiers de la BRB prenaient en filature à l'autre bout de Marseille le véhicule du commando, une Audi RS3 repérée en amont dans un autre dossier. Une filature discrète et efficace. Après avoir incendié dans un lotissement de Saint-Victoret le véhicule ayant servi au crime, le commando récupérait une Renault Mégane blanche, mais était à nouveau pris en filature par un cortège de véhicules d'intervention. C'est finalement dans une ruelle de La Penne-sur-Huveaune, l'allée des Glaïeuls, à 17 km de la scène de crime, que le tueur sera neutralisé au volant du véhicule alors qu'il manoeuvrait pour se garer. Une arrestation orchestrée sans le moindre risque, la rue ayant été saturée par les forces de l'ordre. Théo F., encore cagoulé et porteur d'un gilet pare-balles, a été menotté sans pouvoir sortir son arme, coincée sous son fessier. Effrayés, lui et son complice auraient d'abord cru à l'attaque d'une bande rivale.

Dans le coffre, les policiers ont découvert un kalachnikov alors qu'un autre fusil d'assaut du même type avait été saisi dans l'Audi RS3 incendiée. Selon nos informations, ces armes appartiendraient à l'arsenal de la DZ Mafia et auraient été mises à la disposition de Théo F. par le groupe, tout comme l'Audi, identifiée dans une autre affaire impliquant la DZ Mafia. Outre la location d'un Airbnb, le gang aurait mis un box à la disposition du tueur à gages, où étaient entreposés véhicules volés et armes. Selon les premiers éléments de l'enquête, le sicaire aurait été commandité depuis l'étranger par un caïd. Une figure du narcotrafic marseillais s'étant allié à la DZ Mafia lors de la guerre entre le groupe criminel et le clan Yoda qui a fait près de 49 morts en 2023. Ce caïd, connu pour trafic de stupéfiants international et association de malfaiteurs, pourrait être un des malfaiteurs assurant l'intérim à la tête de la DZ[192].

Violences sexuelles et proxénétisme de personnes mineures

Outre les assassinats commandités depuis la prison, la DZ est aussi soupçonnée de commander des viols et meurtres au sein même d'établissements pénitentiaires, notamment à Aix-Luynes, où nombre de membres du clan rival, Yoda, sont incarcérés. Ainsi, un détenu affilié à la DZ y a été surpris en train d'imposer des sévices sexuels à un autre prisonnier, le tout sur les instructions en temps réel d'un commanditaire sur Snapchat[84].

À Toulouse, Jennifer Pailhé, fondatrice de l’association “Nos Ados Oubliés”, alerte sur les menaces que subissent des mères d’ex-prostituées mineures ciblées par la DZ Mafia. Toutes les mamans que l’association suit ont effectué des demandes de relogement. Aucune n’a abouti. Selon elle « Plusieurs d’entre elles sont menacées par la DZ Mafia ou par des individus se réclamant de ce groupe. Elles reçoivent énormément de messages via les réseaux sociaux. De faux comptes les ajoutent sur Snapchat ou Instagram. Cela suppose que ces auteurs connaissent leurs adresses et leur identité. Les agresseurs profèrent des menaces explicites, allant jusqu’à évoquer des violences physiques ou une mise en prostitution. Certains envoient des points GPS pour prouver qu’ils savent où se trouvent leurs filles ; d’autres vont jusqu’à envoyer des photos de leurs parties intimes. »[193].

Membres

Sur la totalité des personnes mises en examen en 2023 pour homicides volontaires ou tentatives d'homicides volontaires, 11 % étaient des mineurs (soit six au total) et 51 % étaient âgés de 18 à 21 ans, selon le procureur[194].

Selon la police judiciaire de Marseille, la DZ Mafia fonctionne comme une véritable organisation mafieuse : une équipe dirigeante, plusieurs chefs, dont certains sont en détention[124].

D'après une note d'analyse de la police judiciaire. Plusieurs leaders de cette puissante organisation criminelle sont en fuite, en Algérie ou au Maroc. Certains sont même soupçonnés de s'être installés en Colombie pour diriger leurs activités criminelles à distance. D'autres chefs de l'organisation sont quant à eux sous les verrous, dans les deux prisons de haute sécurité instaurées par Gérald Darmanin[195].

Début mars 2026, 41 membres présumés de la DZ Mafia font l'objet d'une interpellation et 1 personne est entendue en audition libre[2]. Le 14 mars 2026, 26 personnes sont mises en examen dont 15 sont mises en détention provisoire (5 déjà incarcérées dont 4 en QLCO) et 11 en contrôle judiciaire[3]. À nouveau en mars 2026, quatre personnes sont interpellées et mis en examen[4].

Liste des chefs connus à ce jour

  • Mehdi Abdelatif Laribi, alias « Tic » : fondateur présumé de la DZ Mafia, aujourd'hui en fuite en Algérie.
  • Mahdi Zerdoum, alias « La Brute » : l'un des chefs de la DZ, actuellement en détention à Perpignan.
  • Amine Oualane, alias « Mamine », « Mamine Escobar », « Jalisco » ou « Gsxr1000 » : l'un des chefs de la DZ, actuellement incarcéré à Vendin-le-Vieil.
  • Gabriel Ory, alias « Gaby » : l'un des chefs de la DZ, actuellement en détention à Vendin-le-Vieil.
  • Yassine Akhazzane, alias « Bico Loco » ou « Balou » : l'un des chefs de la DZ et d'un clan Corse, actuellement en détention à Vendin-le-Vieil.

Notes et références

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