Dandrane

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Dandrane est un personnage de la légende arthurienne, sœur de Perceval. Son nom et son rôle varient selon les récits, certains d'entre eux présentent même une sœur de Perceval anonyme, portant seulement des surnoms comme « la Pucelle-qui-jamais-ne-mentit », sûrement un personnage distinct. Mais dans tous les cas, la sœur de Perceval est généralement liée à la quête du Graal[1].

Noms

Plusieurs noms ou surnoms lui sont attribués ; ils sont présentés au cours de l'article. Les voici réunis ici :

  • Noms : outre Dandrane, Dindrane, Dandrenor, Dindraine, Heliabel ;
  • Surnoms : « la Pucelle-qui-jamais-ne-mentit », « Celle-qui-jamais-ne-mentit »,« l'héroïne du Graal ».

Dandrane

Dandrane (ou Dindrane, Dandrenor, Dindraine) est un personnage du roman vieux français du XIIIe siècle Perlesvaus, ou Le Haut Livre du Graal, une adaptation anonyme en prose (et une suite) du conte inachevé Perceval ou le Conte du Graal de Chrétien de Troyes. Elle y est la sœur de Perlesvaus (c'est-à-dire Perceval) et ont pour parent Yglais, sœur du roi Pelles et veuve d'Alain le Large, seigneur de la vallée et du château de Kamaalot (c'est-à-dire Camelot, mais dans ce cas, pas le domaine du roi Arthur), chevalier du roi Arthur. Ailleurs, il est nommé Pellinor de Listenois.. Ensemble, ils habitent le Château des Âmes (c'est-à-dire le Château du Graal). Un jour, elle informe son frère du danger qui guette sa maison. Pendant l’absence de celui-ci leur père meurt au combat. En tant que veuve-dame, elle est menacée de perdre ses châteaux jusqu'au dernier, c’est pourquoi elle envoie sa fille Dandrane à la recherche de son frère, qui lui seul peut les sauver. Après des recherches infructueuses elle part à la cour du roi pour lui demander de l'aide. Puis, sur le conseil d'un ermite, elle part à la recherche du Saint-Suaire au cimetière Périlleux et en rapporte un morceau chez elle pour leur porter chance. De son côté, Perlesvaus la sauve d'un ravisseur maléfique[1],[2],[3].

Castell Dinas Brân (en), la demeure de Bran, une source d'inspiration du Roi Pêcheur, est un toponyme gallois possiblement lié à Dindrane, dont le nom est rendu par Danbrann dans la version galloise de Perlesvaus, Y Seint Greal. La version pré-cyclique du Lancelot en prose présente un personnage correspondant nommé Heliabel[4], sans lien avec Perceval, la décrivant comme encore plus belle que Guenièvre. Dans la version cyclique étendue, elle est devenue la figure de la mère de Galahad, aujourd'hui mieux connue sous le nom d'Élaine de Corbenic.

Héroïne du Graal

Comment Sir Galahad, Sir Bors et Sir Percival furent nourris du Saint Graal ; mais la sœur de Sir Percival mourut en chemin par Dante Gabriel Rossetti (1864)

Dindrane de Perlesvaus n'est pas le même personnage que la sœur de Perceval dans Queste del Saint Graal (Quête du Saint Graal), roman en prose appartenant au cycle du Lancelot-Graal (1230), ainsi que les œuvres dérivées. Elle aide son frère et ses compagnons dans leur quête du Saint Graal. Elle est un personnage important de ces romans du Graal, parfois surnommé « l'héroïne du Graal ». Dans le récit, Lancelot, plutôt que de désespérer, décide d’attendre le secours de Dieu qui vient dès la première nuit : comme une voix le lui ordonne, il monte dans le bateau qui porte le corps de la sœur de Perceval et qui le conduira au château du Graal. Cette dernière aventure se situe donc après l’ensemble des épisodes où les trois élus sont guidés par la sœur de Perceval, série d’épisodes qui s’achève avec la mort de celle-ci au château de la lépreuse[5],[6].

Bien que généralement anonyme, elle est nommée Agresrizia dans La Tavola Ritonda (en) italienne[7].

Selon Anna Caughey, le portrait que Thomas Malory fait de la sœur de Perceval (Perceval) dans son roman Le Morte d'Arthur, basé sur la Queste, la caractérise par une « prise de pouvoir et une capacité d'action inhabituelles pour une [bonne] femme malorienne ». On ne l'avait auparavant observées que chez des personnages ambivalents ou activement maléfiques comme Nynyve ou la Fée Morgane[8].

On la rencontre pour la première fois au retour de son frère (parfois demi-frère) au château de leur mère, où elle lui annonce la mort de leur mère. Perceval la confie soit à leur oncle ermite, soit (selon d'autres textes) au château des Demoiselles (en). Elle retrouve plus tard Perceval, Galahad et Bohort, leur révélant son identité (elle ne mentionne pas son nom auparavant). Elle leur parle ensuite de l'Épée de la Ceinture Étrange, du Nef magique de Salomon, de l'Arbre de Vie et d'autres aspects de sa destinée. Les voyageurs embarquent sur ladite Nef, déterminés à accomplir la quête mystique du Graal. Après avoir quitté le navire, ils découvrent un château habité par une maîtresse lépreuse ; on lui dit que seul le sang d'une princesse vierge peut guérir la lèpre de la châtelaine. La sœur de Perceval choisit de donner le sien, mais succombe à la perte de sang et meurt[9]. Conformément à sa dernière volonté, son corps est déposé à la dérive dans un bateau (sans équipage) jusqu'à la ville sainte légendaire de Sarras. Dans une version, Lancelot (le père de Galahad) retrouve son navire et l'enterre au Palais Esperitel. Dans l'autre version, elle est enterrée par Galahad et Bors à leur arrivée au port de Sarras, après quoi ils entreprennent de conquérir le Graal[10].

Elle porte parfois le nom de « la Pucelle-qui-jamais-ne-mentit »[11] ou « Celle-qui-jamais-ne-mentit ». Ce surnom est dû à son mutisme de naissance. Lorsque Perceval arriva à la cour du Roi Arthur, pour la première fois, elle le salua en riant, trouvant miraculeusement la parole qu’elle n’avait jamais eue. Ce brusque changement provoqua le courroux de Keu qui la gifla violemment. Perceval la vengea de cet outrage plus tard.

Dans des œuvres contemporaines

Dindrane apparaît dans The Dragons of Camelot, film d'action et fantastique américain réalisé par Mark L. Lester (2014), où elle est jouée par Alexandra Evans (en).

Voir aussi

Références

Liens externes

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