Daniel Cornu
journaliste suisse
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Daniel Cornu, né le 5 août 1939 à Genève, est un journaliste et enseignant universitaire suisse, auteur de plusieurs publications sur l’éthique du journalisme et de l’information. Il a été notamment rédacteur en chef du quotidien la Tribune de Genève, directeur du Centre romand de formation des journalistes et médiateur de presse pour les titres romands du groupe Tamedia (TX Group).
Biographie
Après des études secondaires classiques (latin-grec) au Collège Calvin de Genève, Daniel Cornu entreprend des études à la Faculté autonome de théologie protestante de l’Université de Genève (1958-1962). Il obtient une licence en 1967, année de la présentation d’une thèse. C’est dans cette même Faculté qu’il soutient en 1994 une thèse de doctorat en éthique[1].
Il débute dans la presse au Journal de Genève (1962-1966). Il rejoint en 1967 la Tribune de Genève en qualité de rédacteur politique. Il dirige la rubrique suisse de ce quotidien (1971-1977), occupe le poste de correspondant à Paris (1977-1981), avant d’être nommé rédacteur en chef (1982-1992)[1]. À partir de 1998, parallèlement à ses nouvelles activités (voir infra), il fonctionne comme médiateur de presse pour la Tribune de Genève, puis dès 2007 pour l’ensemble des publications romandes du groupe Edipresse, repris en 2011 par Tamedia ; il exerce cette activité jusqu’à la fin de l’année 2020 [2].
Après son départ de la Tribune de Genève, Daniel Cornu s’engage principalement dans la formation professionnelle et l’enseignement universitaire. Il dirige le Centre romand de formation des journalistes (1993-2004), à Lausanne. Il est professeur associé d’éthique de l’information à l’Université de Neuchâtel (1988-2004), discipline qu’il enseigne également dans le cadre du DEA « Communication et médias » de l’Université de Genève (2000-2004). Il participe en outre à un programme de maîtrise en éthique appliquée du Centre d’éthique de l’Université de Zurich (2006-2008)[1]. Il intervient occasionnellement à l'Université de Fribourg, pour des cours ou conférences[3].
Il publie au cours de cette période plusieurs essais et recherches sur le journalisme et les médias. Tiré de sa thèse de doctorat, son livre Journalisme et vérité (1994/2009), est cité comme une référence en éthique du journalisme ; suivant des perspectives ouvertes par la pensée de Paul Ricœur, l’ouvrage se réfère notamment aux écrits de Jürgen Habermas et de Jean-Marc Ferry[4].
Tout au long de sa carrière de journaliste et d’enseignant, Daniel Cornu n’a cessé d’être actif au sein de diverses instances liées à la presse et à l’éthique publique, portant notamment sur le droit de la presse, la déontologie journalistique et la transparence. Il est membre d’une commission fédérale d’experts sur le droit suisse de la presse et l’aide à la presse (1973-1975)[5]. Il fait partie d’une commission d’experts en vue de l’introduction dans la législation genevoise du principe de transparence de l’administration (1999-2000)[6]. Dans le même domaine, il est membre d’une commission restreinte de médiation en application de la loi sur l’information de l'État de Vaud (2004-2008)[6][7].
La plus notable de ses fonctions en relation avec la presse et les médias reste toutefois sa participation au Conseil suisse de la presse, comme membre (1994-1995), puis comme vice-président (1996-2003). En 1999-2000, il contribue à ce titre au pilotage de l’élargissement du Conseil suisse de la presse et plus particulièrement de la mise à jour de la charte de déontologie (la Déclaration des devoirs et des droits du/de la journalistes), dotée de nouvelles « Directives »[8].
Daniel Cornu siège encore au sein de la Commission fédérale contre le racisme (2002-2008)[9], avant de prendre en 2009, pour quatre ans, la présidence du Comité d’éthique et de déontologie de l’Université de Genève nouvellement créé, dont il reste membre jusqu’en 2021[10].
Distinctions
Daniel Cornu a reçu en 1968 le prix Edouard Frommel de la Société académique de Genève pour sa thèse de licence sur les écrits politiques du théologien Karl Barth[11]. En 2012, il est nommé docteur honoris causa par l'Université catholique de Louvain, en reconnaissance de son engagement en faveur de l’éthique du journalisme[12][13].
Publications (sélection)
- Karl Barth et la politique, Genève, Éditions Labor et Fides, 1968
- La Suisse ou le piège des certitudes, (avec Jean-Marie Vodoz et François Gross), Lausanne, Payot, 1978
- De soleil et d'ombre, chroniques sur l'expérience du monde à travers les médias, Genève, Éditions Labor et Fides, 1996
- Éthique de l'information, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1997
- Codes et chartes de déontologie, Lausanne, Formation continue des journalistes, 2002
- Les médias en Suisse, Lausanne, Formation continue des journalistes, 2002 (cinquième édition)
- Médias, mode d’emploi. Le journaliste face à son public, Genève, Éditions Labor et Fides, 2008
- Journalisme et vérité. L’éthique de l’information au défi du changement médiatique, Genève, Éditions Labor et Fides, coll. Le champ éthique, 2009 (édition remaniée et actualisée de Journalisme et vérité. Pour une éthique de l’information, même éditeur, 1994)
- Les médias ont-ils trop de pouvoir ?, Paris, Éditions du Seuil, coll. Médiathèque, 2010
- Tous connectés ! Internet et les nouvelles frontières de l’info, Genève, Éditions Labor et Fides, 2013