Daniel Křetínský
entrepreneur tchèque
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Daniel Křetínský (/ˈdanɪjɛl ˈkr̝ɛtiːnskiː/)[1] — écrit Kretinsky dans de nombreuses sources — est un avocat, homme d'affaires et milliardaire tchèque, né le à Brno (alors en Tchécoslovaquie).
| Président-directeur général Czech Media Invest |
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Mojmír Křetínský (d) |
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Michaela Židlická (d) |
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Vladimír Židlický (d) |
| Fratrie |
Tereza Štefunková (d) |
| Propriétaire de |
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Après des études effectuées partiellement en France, il entame une carrière d'avocat, avant de se lancer au début des années 2000 dans le secteur industriel de l'énergie. À la tête de la holding tchèque EPH, il construit sa fortune en rachetant à bas prix d'importantes mines de charbon et des centrales électriques utilisant ce combustible.
Puis, pendant plusieurs années, il se développe dans le secteur des médias en France. Par sa holding Czech Media Invest, il devient notamment propriétaire des magazines Elle, Télé 7 Jours, Marianne, France Dimanche, Ici Paris, Usbek & Rica et Franc-Tireur. Par ailleurs, entre et , il est un actionnaire majeur du Groupe Le Monde via la holding Le Monde libre, bien qu'il ne dispose pas du contrôle effectif sur le journal.
En , il rachète le groupe Editis (numéro deux des éditions françaises) au groupe Vivendi de Vincent Bolloré, illustrant sa volonté de s'implanter dans l'édition et les médias français[2].
Biographie
Origines familiales
Daniel Kretinsky naît le à Brno, alors en Tchécoslovaquie dans la région dite « de Brno » (actuellement en Moravie-du-Sud en République tchèque). Sa mère, Michaela née Zidlicka (cs) (féminin de Zidlicky), professeure de droit, a ensuite été juge à la Cour constitutionnelle tchèque de 2004 à 2014 et son père, Mojmir Kretinsky, est professeur d'informatique à l'université Masaryk[3]. Le jeune Daniel est élevé par le second mari de sa mère, Vladimír Zidlicky, un photographe[4]. Il a une sœur, Tereza, et un frère, Vladimir. Sa famille est francophile[5].
Les noms de famille tchèque sont souvent composés et fonctionnent grammaticalement comme des adjectifs qualificatifs et suivent donc les règles d'accord en genre des noms adjectivaux, d'où Zidlicka pour le nom de naissance de la mère, Michaela Zidlicka ; incidemment et fait du hasard, celle-ci se remaria ensuite avec le photographe Zidlicky et retrouva ainsi son nom de jeune fille comme nom de femme mariée.
Vie privée
La compagne de Daniel Kretinsky, jusqu'en 2023, est[6] Anna Kellnerová (en), née le , championne d'équitation[7] et fille de son associé Petr Kellner[3], mort à 56 ans en 2021 dans un accident d'hélicoptère.
Kretinsky est proche de l'ancien Premier ministre tchèque Mirek Topolánek[8].
Il est décrit en 2020 par un de ses associés, Matthieu Pigasse[8], comme étant « un démocrate farouche, libéral économiquement, progressiste sur les valeurs, pro-Otan ».
Formation et début de carrière
Daniel Kretinsky est diplômé en droit de l'université Masaryk. Il fait une partie de ses études de droit en France, à l’université de Dijon[3].
Il entame sa carrière en tant qu'avocat, en particulier au sein de la firme J&T qu'il rejoint en 1999 et dont il devient associé en 2003[9].
Investissements en République tchèque
En 2004, Daniel Kretinsky devient le président et copropriétaire du club de football AC Sparta Prague[9].
En 2009, il devient le président d'EPH, une entreprise du secteur de l'énergie fondée par J&T et dont il détient à l'origine 20 %[9]. Il en est en 2017 le principal actionnaire avec 94 % des parts[10]. EPH est spécialisée dans la production et distribution d'électricité d'origine thermique, dont des centrales à charbon, dans plusieurs pays européens[11]. Il rachète à très bas prix des centrales et des mines, étant convaincu que la conversion de l'Europe aux énergies renouvelables prendra beaucoup de temps[8].
En 2013, il rachète la filiale tchèque de Ringier pour cofonder Czech News Center[11], une entreprise du secteur des médias qui concentre notamment plusieurs des principaux journaux et magazines tchèques[12],[13].
Au Royaume-Uni, il est principal actionnaire de Royal Mail et possède une partie du West Ham United[14].
Il est la cinquième fortune de la Tchéquie avec 2,5 milliards de dollars selon Forbes[3]. Fin 2018, ses deux holdings personnelles basées au Luxembourg, EP Investment et EP Investment II, présentaient des liquidités financières d'un montant cumulé de 2,3 milliards d'euros, selon une révélation de Mister K, le livre qui lui a été consacré par le journaliste Jérôme Lefilliâtre.
En 2018, il mène un lobbying intense en faveur de la proposition de directive sur le droit d'auteur dans le marché unique numérique[15].
Investissements en France et autres
Presse et média
En 2018, Daniel Kretinsky décide d'investir dans l'industrie de la presse en France[12]. En avril, il achète plusieurs titres, dont Elle et Marianne[11].
Le , Le Monde révèle qu'il est entré en négociations exclusives avec Matthieu Pigasse pour lui racheter entre 40 et 49 % des parts de sa société « Le Nouveau Monde », propriétaire de participations dans le groupe Le Monde et dans L'Obs, via la société « Le Monde libre » possédée avec Xavier Niel et Prisa, qui contrôle 64 % des actions[16].
Le , Matthieu Pigasse officialise la vente de 49 % de ses parts dans « Le Nouveau Monde » à Kretinsky[17]. À cette occasion, Emmanuel Macron, président de la République française, annonce que l'État sera vigilant quant à l'indépendance des journalistes après cette vente, tout en soulignant qu'il n'existe aucun obstacle à l'entrée d'un Tchèque au capital du Monde : « Lorsque ce sont des investisseurs de l’Union européenne, il n’y a pas d’interdiction ou de limite », a déclaré le chef de l'État français[18]. Tout changement de contrôle de la direction du Monde s'effectue dans le cadre d'un « droit d'agrément » : tous les actionnaires du journal exercent un droit de veto quant au prochain dirigeant du Monde.
Lors d'un entretien accordé aux Échos[19] le , Kretinsky justifie sa volonté d'investir dans Le Monde : il évoque un « engagement citoyen » et plus généralement une envie de lutter contre les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Selon lui, « les conséquences des positions prises par les GAFA sont largement sous-estimées. La régulation du monde numérique nous échappe complètement, j’aimerais me battre pour un système plus juste ». La Tchéquie étant « un territoire trop étroit », il a choisi la France pour diffuser ses idées : « Si on peut devenir un membre de la famille média en France, on sera plus puissant pour pousser ces idées. »[20].
Début 2019, il nomme Denis Olivennes à la tête de CMI France, son regroupement de médias en territoire français, qui comprend neuf titres, hors Le Monde. Denis Olivennes affirme alors que Kretinsky ne veut pas « perdre d'argent avec ses médias, mais il n'en attend pas non plus une rentabilité comparable à ses autres activités »[21]. Dans le même temps, CMI France acquiert auprès de Lagardère l'essentiel de ses titres de la presse magazine en France dont Elle, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris et Public[22].
En , il rencontre Martin Bouygues, le PDG du groupe Bouygues, pour lui faire part de son intention de racheter 10 % de TF1, selon le livre Mister K[23] qui lui est consacré. Martin Bouygues le convainc d'abandonner ce projet.
En , il lance la chaîne de télévision B SMART spécialisée dans l'économie et la vie des entreprises[24].
En , il renfloue sans conditions le journal Libération à hauteur de 15 millions d'euros via un prêt qui doit être remboursé en 2026[25].
Fin 2022, alors que Vincent Bolloré est contraint de céder une partie du groupe Vivendi pour finaliser l'acquisition du groupe éditorial concurrent Hachette Livre, filiale de Lagardère, Kretinsky est pressenti comme futur acheteur d'Editis, numéro deux de l'édition française[26]. La rumeur se confirme au printemps 2023[27], lorsqu'il signe une promesse d'achat unilatérale pour 100% du groupe, maison-mère entre autres de Nathan, Julliard, Plon, Le Cherche Midi, Robert Laffont, 10/18, Presses de la Cité, XO et Pocket[28],[29].
Le , Kretinsky cède à Xavier Niel ses parts du groupe Le Monde pour un montant avoisinant les 59 millions d'euros[30],[31].
En , La Lettre indique que Kretinsky souhaite trouver un repreneur pour le magazine Marianne, dont la ligne souverainiste est en contradiction avec ses positions europhiles et libérales[32],[33].
Énergie
Le , il est annoncé que Daniel Kretinsky va investir en France dans l'énergie, son premier secteur d'activité[34]. Le groupe qu'il préside, Energetický a Průmyslový Holding (Holding énergétique et industrielle), a été choisi pour reprendre les actifs français du groupe allemand Uniper[35]. Deux sites de production de charbon sont concernés : la centrale thermique de Provence dans les Bouches-du-Rhône, et la centrale Émile-Huchet en Moselle.
Logistique
En , selon le média néerlandais M&A, Daniel Kretinsky a acquis 19 % des actions du groupe Royal Mail (La Poste au Royaume-Uni) et 25 % de Post NL (La Poste aux Pays-Bas), par l'intermédiaire de son entreprise Vesa Equity Investment[36].
Distribution et commerce
Casino
Le , Daniel Kretinsky annonce avoir fait l'acquisition de 4,6 % du capital du groupe de distribution Casino.
Fin , il investit au sein du groupe Casino en rachetant 10 % du capital de l'enseigne de grande distribution[37],[38].
En 2026, Kretinsky voit sa marge de manœuvre se réduire chez Casino, contraint de céder du terrain face à des créanciers de plus en plus exigeants dans les négociations sur la restructuration de la dette du groupe. En , faute d’accord avec ses créanciers malgré plusieurs concessions, Křetínský poursuit les négociations pour alléger la dette de Casino, qui doit encore rembourser 1,4 milliard d’euros d’ici 2027[39],[40].
Fnac-Darty
Le , le groupe français Fnac Darty annonce que Daniel Kretinsky a acquis plus de 13 % du capital et des droits de vote du groupe via sa société luxembourgeoise Vesa Equity Investment[41].
En , Kretinsky lance une offre publique d'achat (OPA) visant à prendre le contrôle de Fnac Darty. L'initiative s'inscrit dans un contexte de pressions économiques du groupe chinois JD.com. L'annonce d'une possible OPA fait réagir dans le milieu des affaires[42],[43],[44]. Il est déjà le principal actionnaire de Fnac Darty, avec 28,5% du capital. Il propose un prix de 36 euros par action.
Immobilier
En , Daniel Kretinsky conjointement avec Jirí Smejc[Qui ?], acquiert le château du Marais, au Val-Saint-Germain (en Essonne), pour un montant de transaction estimé à 43 millions d’euros[45]. Le projet des deux milliardaires est de faire de ce domaine historique un hôtel de luxe, en rénovant complètement l'intérieur du château, en menant des travaux prévus pour durer au moins quatre ans ; la supervision de ces travaux est confiée à l'agence « Perrot et Richard architectes »[46].
Informatique
Atos, en grande difficulté après le départ de Thierry Breton, annonce le céder à Daniel Kretinsky, conseillé par Denis Olivennes, ses activités historiques[Quoi ?], valorisées à 2 milliards d'euros[47].
Investissements au Royaume-Uni
Début 2025, Daniel Kretinsky rachète International Distributions Service, société privée contrôlant la Royal Mail, la Poste britannique, au prix de 3,6 milliards de livres sterling. Au bout d'un an, le bénéfice de l'entreprise est multiplié par 7, passant de 54 millions de livres à plus de 360 millions[48].
Panama et Paradise Papers
Le nom « Daniel Kretinsky » apparaît dans les Panama Papers en raison de sa détention d'une société basée dans un paradis fiscal, les Îles Vierges britanniques[12],[13]. Il figure également dans les Paradise Papers en raison de l'utilisation d'une société inscrite au registre du commerce de Jersey pour l'achat d'une villa à Londres[49].
Polémique
Le , dans l'entre-deux tours de l'élection présidentielle, la Société des rédacteurs du magazine Marianne dénonce une « intervention directe » de l’actionnaire principal du journal, Daniel Kretinsky, qui fait modifier la une du journal pour afficher un soutien à la candidature d'Emmanuel Macron, alors qu'il avait personnellement promis à deux reprises aux journalistes qu'il respecterait leur indépendance éditoriale[50],[51],[52]. Natacha Polony, rédactrice en chef de l'hebdomadaire, publie un communiqué le lendemain indiquant que « conformément aux principes qui ont toujours prévalu à Marianne, la position du journal dans le cadre de l’élection présidentielle a été définie par la direction de la rédaction, et elle seule[52]. » Néanmoins, elle n'est pas allée au delà, par exemple en faisant bloquer les rotatives.
Annexes
Bibliographie
- Jérôme Lefilliâtre, Mister K : Petites et grandes affaires de Daniel Kretinsky, Paris, Seuil, , 285 p. (ISBN 978-2-02-143667-9)[53].
Liens externes
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