David Herbert
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David Alexander Reginald Herbert, né le et mort le à Tanger, est un décorateur d'intérieur, portraitiste, mondain cosmopolite, chanteur de cabaret, écrivain et esthète, issu de l'aristocratie britannique.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 86 ans) |
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| Formation |
Collège d'Eton Wixenford School (en) |
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| Père | |
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Beatrice Paget (d) |
| Fratrie |
Patricia Herbert (en) Sidney Herbert Hon. Anthony Edward George Herbert (d) |
| L'honorable |
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Biographie
David Herbert est le deuxième fils de Lord Reginald Herbert, 12e comte de Montgomery (plus tard 15e comte de Pembroke) et de la comtesse née Beatrice Eleanor Paget (1883-1983), fille d'Alexander Victor Paget (1839-1896). Ce dernier est fils du marquis d'Anglesey et de Hester Alice Stapleton-Cotton (1851-1930), fille du vicomte Combermere de Bhurtpore.
David a une sœur, Patricia Herbert (en) (plus tard vicomtesse Hambleden et dame de compagnie de la reine Elizabeth de 1937 à 1994)[1], et deux frères, Sidney Herbert (16e comte de Pembroke et 13e comte de Montgomery, écuyer du prince George duc de Kent en 1935 puis secrétaire privé de la princesse Marina à la mort du duc en 1942) et Anthony Edward George Herbert.
David Herbert grandit à Castletown House[2] en Irlande, où il habite jusqu'en 1913. Cette année-là, son grand-père, Sidney Herbert, 14e comte de Pembroke, meurt. Le père de David Herbert hérite de la demeure ancestrale de Wilton[3] près de Salisbury et du titre de 15e comte de Pembroke. À l'âge de neuf ans, le jeune David est envoyé à Wixenford, une public school pour se préparer à l'Eton College, où il passe quatre ans. L'écrivaine Edith Olivier[4], cousine de Laurence Olivier, vit dans l'une des maisons du parc de Wilton house[5] : David Herbert fait la connaissance de Cecil Beaton, venu rendre visite à Edith. Grâce à elle, David Herbert rencontre le poète Brian Howard, qui restera son ami toute sa vie. Il refuse d'aller à Sandhurst et passe quelque temps à l'école d'aviation de Farnborough[6].
Les années 20
Pendant les années 1920, les « Roaring Twenties », David Herbert et ses amis Brian Howard, Elizabeth Ponsonby, Robert Byron, Evelyn Waugh, Patrick Balfour, Henry Yorke, William et Harold Acton, Stephen Tennant, Bryan Guinness, Oliver Messel, Nancy Mitford et ses sœurs, Frederick Ashton, Tallulah Bankhead, Norman Harnell, Olivia Wyndham, Curtis Moffat[7], Brenda Dean Paul et Poldowski forment les Bright Young People[8]. Cette jeunesse dorée et turbulente lance les modes, s'amuse, défraye la chronique à Londres.
Au milieu des années 1920, David Herbert assiste à la faillite de son père. Wilton et ses trésors sont sauvés grâce à la comtesse de Pembroke : elle prend en main son mari et les finances de la famille. David Herbert doit trouver un emploi ; en 1927, il part à Berlin. C'est alors un foyer culturel européen de premier plan et le centre de la culture homosexuelle des années 1920. Il se fait engager comme secrétaire par le banquier Otto Kahn, collectionneur d'art et philanthrope. Otto Kahn le renvoie. Il enseigne l'anglais à des actrices allemandes. Il partage son appartement avec Christopher Sykes, attaché de l'ambassade britannique, se lie d'amitié avec Cyril Connolly, qui écrit des pièces de théâtre pour eux trois. Elles seront jouées en 1928 et 1929 dans l'appartement du diplomate-écrivain Sir Harold Nicolson, conseiller et chargé d'affaires à l'ambassade britannique à Berlin, mari de la romancière Vita Sackville-West.
David Herbert a chanté au piano dans le cabaret Le Jockey. Le directeur lui offre un emploi. Herbert entraîne avec lui Hans, un jeune homme qu'il a entendu jouer dans un cabaret appelé La Silhouette. Ils empruntent des uniformes de matelots allemands et interprètent des chansons telles que In einer kleinen Konditorei et Mean to Me. Il rencontre Ruth Landshoff, ils ont une liaison qui durera six mois.
Herbert retourne à Londres et passe ses soirées dans les deux cabarets fréquentés par les noirs, The Nest Club et Frisco's. Il est présenté à John Hamilton[Lequel ?] qui l'embauche dans son entreprise d'antiquités et de décoration d'intérieur. Il renoue avec Cecil Beaton, qui l'encourage à peindre des portraits des femmes du monde. Il part à New York peindre des portraits, dont celui de Rose Fitzgerald Kennedy et ses filles. Le peintre Stephen Tennant, un de ses voisins du Wiltshire, débarque à New York et accompagnera partout David Herbert ; il choque New York par son maquillage et son extravagance.
Les années 30
David Herbert rentre en Grande-Bretagne ; il décide de rénover Park School, une école pour jeunes filles pauvres, fondée en 1838 par son arrière-grand-tante, Lady Georgina Herbert ; elle était construite dans le parc de Wilton mais fermée depuis 1923. Il y habitera[9]. Son cousin, Michael Duff, connaît des difficultés dans son mariage, et en 1933, lui et David Herbert décident de s'installer au Maroc. Sur le point d'embarquer à Tilbury, David Herbert rencontre un jeune homme dans un bar, un Irlandais, Neil Griffin. Il restera avec eux les six semaines suivantes. À Tanger, ils descendent à l'hôtel El Minzah et font connaissance du barman. David Herbert, conquis par cette ville cosmopolite, y retournera un mois chaque année, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. À l'été 1938, il y revient avec Cecil Beaton, louent la maison du peintre Jim Wyllie dans la Casbah, et travaillent ensemble sur le canular My Royal Past.
En 1939, David Herbert est enrôlé dans la marine marchande, comme opérateur radio dans l'océan Indien. À 2h30 du matin, le 21 décembre 1942, son navire le SS Strathallan est torpillé par un sous-marin allemand, au large des côtes d'Alger, en Méditerranée. La plupart des 5 000 personnes à bord survivront.
L'après-guerre
De retour à Park School après la guerre, David Herbert rencontre James Caffery, neveu de l'ambassadeur des États-Unis. James Caffery lui propose de vivre ensemble. En août 1946, il est à Park School pour la dernière fois, part pour un voyage à moto avec James Caffery, rejoint des amis en Italie et en France, arrivent à Tanger en octobre pour s'y établir. Leur maison, à Djamaa el Mokra, sur le côté Ouest de Tanger, est dans les tons vifs de rose mangrove et vert pistache, et l'intérieur est décoré de peintures de Cecil Beaton et de Patrick Proctor. James Caffery n'aime ni le Maroc, ni les Marocains. La relation entre lui et David Herbert s'étiole. Caffery rencontre un jeune Espagnol, ouvrent ensemble un magasin de meubles en osier et fer forgé. Deux ans plus tard, James Caffery part avec le jeune homme pour l'Espagne, y ouvrent un magasin d'antiquités.
Durant l'été 1947, David Herbert et Cecil Beaton louent la Villa Mektoub de Loel Guinness à Tanger. Ils rencontrent Paul et Jane Bowles, descendus à l'Hôtel El Fahar[10] avec Truman Capote et Jack Dunphy.
Quand Brian Howard, en visite à Tanger avec son compagnon allemand, tire au revolver sur l'écran du cinéma Mauretania, David Herbert s'arrange avec le Consul-Général pour les faire quitter le pays. David Herbert est surnommé La reine sans couronne de Tanger.
En 1969, David Herbert devient l'héritier présomptif du comte de Pembroke à la mort de son frère. Il le restera jusqu'à la naissance du fils de son neveu, en 1978.
Mort
David Herbert meurt d'une insuffisance rénale en 1995. Il est enterré au cimetière de Saint Andrew à Tanger. Sur sa pierre tombale, est gravé : He loved Morocco (« Il aimait le Maroc »)[11].
- Église de St. Andrew, Tanger, Maroc.
- Tombe de David Herbert.
Écrits
- Second Son : An Autobiography, 1972
- Engaging Eccentrics : Recollections, 1990
- Relations and Revelations : Advice to Jemima, 1992