Famille de Barral

maison noble française From Wikipedia, the free encyclopedia

La famille de Barral est une famille de la noblesse française subsistante.

BlasonnementDe gueules, à trois bandes d'argent
PériodeXVIe au XXIe siècle
OrigineDrapeau du Dauphiné Dauphiné
AllégeanceDrapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Faits en bref Blasonnement, Période ...
de Barral
Image illustrative de l’article Famille de Barral
Armes de la famille

Blasonnement De gueules, à trois bandes d'argent
Période XVIe au XXIe siècle
Origine Drapeau du Dauphiné Dauphiné
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Charges Député, chambellan, préfet, sénateur, premier président à la Cour d'appel de Grenoble, conseillers et présidents au parlement du Dauphiné
Fonctions militaires Maréchal de camp, général, officiers
Fonctions ecclésiastiques Archevêque, évêques
Récompenses militaires Ordre royal et militaire de Saint-Louis, ordre national de la Légion d'honneur
Preuves de noblesse
Autres Anoblissement en 1671 confirmé en 1700
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Elle compte parmi ses membres des conseillers et présidents au parlement de Dauphiné, des maîtres de forges, des prélats, des officiers dont des généraux, des hommes politiques et des hauts fonctionnaires, une femme de lettres brésilienne, un libertin.

Histoire

La famille de Barral est originaire du Dauphiné.

Gustave Chaix d'Est-Ange dans son ouvrage intitulé Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle rapporte que la famille de Barral appartenait à la très haute bourgeoisie de sa région dans la deuxième moitié du XVIe siècle avec pour premier auteur connu Louis Barral qui s'était marié en 1565. Il ajoute qu'il n'y a pas de preuve d'un éventuel rattachement avec une autre famille de même nom mentionnée en Graisivaudan qui était noble au Moyen Âge et qui s'est éteinte au XVIe siècle[1]. Gustave Chaix d'Est-Ange rapporte ceci : « Gaspard de Barral, avocat au parlement de Grenoble, (…), fut anobli en octobre 1643 par lettres patentes enregistrées au parlement de Grenoble en juillet 1645, en considération de ses mérites, de ses emplois, des alliances que lui et ses prédécesseurs avaient contractées avec des familles nobles et de la mission dont il avait été chargé auprès du Pape Grégoire XV pour le complimenter de la conversion du connétable de Lesdiguières. »[1] Gustave Chaix d'Est-Ange ajoute que la famille de Barral est l'une des familles les plus distinguées de la noblesse de robe du Dauphiné.

Arnaud Clement écrit que cette famille a été anoblie par lettres de 1643 enregistrées en 1645, lettres révoquées en 1664, réanobli en 1671 et taxe de confirmation de noblesse en 1700, il mentionne des titres réguliers aux XVIIIe siècle et XIXe siècle[2].

Sous François de Barral de Clermont (1625-1699), époux de Louise de Tencin, apparenté par sa mère aux Clermont-Chaste et neveu d'Annet de Clermont-Gessan, grand-maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, de grands travaux sont entrepris dans la petite ville fortifiée d'Allevard alors très malsaine. La construction du premier pont de pierre date de 1688, la réfection de l'ancienne église et le réaménagement de l'ancien château sont réalisés entre 1692 et 1693. La première ouverture du rempart au sud de la cité suivra. Il acquiert ensuite les titres de seigneur d’Allevard, la Ferrière, Pinsot, Saint-Pierre, le Bellier (près de Saint-Aupre), la Bâtie d’Arvillard ainsi que les terres minières, les forêts et les fourneaux travaillant sur ces minerais. Grâce à ses liens avec les Tencin dont ses mines alimentent le fourneau de Lancey, François bénéficie, en juillet 1695, d’un arrêt du Conseil du Roy exemptant de péage les mines à destination de Lancey et Saint Gervais. François de Barral de Clermont, oncle des célèbres Tencin, décède, doyen du Parlement de Grenoble, en 1699.

Son fils Joseph met ses pas dans ceux de ses ancêtres et achète en 1708, sur résignation de son oncle Tencin un office de Président au Parlement de Grenoble. Il convole à Paris en 1709 avec une demoiselle Blondel de Sissonne dont le père est sous les ordres du marquis de Torcy, fils du frère du grand Colbert. Enfin, il augmente ses domaines et la capacité de son fourneau aux dépens des derniers tenanciers indépendants. Président au Parlement de Grenoble, Joseph de Barral, seigneur d'Allevard, commandant en chef pour le roi en Dauphiné, ayant, sur les conseils des Tencin, largement profité du « sistème » de John Law… et de sa chute, est l'homme le plus riche de la province. Il aura, outre l'« avare atroce » Jean-Baptiste, treize autres enfants légitimes, dont les évêques de Castres (Jean-Sébastien) et de Troyes (Claude-Mathias) et le conseiller Charles Gabriel Justin de Barral de Rochechinard, lui-même père du général André Horace François de Barral de Rochechinard, époux d'Anne, fille de Fanny de Beauharnais et tante de Stéphanie de Beauharnais, grande-duchesse de Bade. Par cette dernière alliance, les Barral d'Allevard vont cousiner au XIXe siècle avec une reine du Portugal, un roi de Roumanie et le roi des Belges et, indirectement, avec les familles régnantes de Russie, de Prusse et de Suède. Le conseiller de Barral de Rochechinard est également le père de Louis-Mathias de Barral, archevêque de Tours, premier aumônier de l'impératrice Joséphine et l'un des plus grands prélats du Premier Empire, et du président Joseph Marie de Barral de Montferrat, dernier marquis de Groslée et maire de Grenoble sous la Révolution. Un enfant naturel de Joseph de Barral, seigneur d'Allevard et marquis de la Bâtie d'Arvillard, sera la tige de la famille savoyarde puis italienne et de nouveau française des Barral de Montauvrard, industriels en marbres de Carrare, bientôt apparentés au Premier ministre italien, le marquis Starraba di Rudini.

En 1739, la terre de la Bâtie d'Arvillard a été élevée en marquisat au bénéfice de Joseph de Barral (1677-1749), fils de François et père de Jean-Baptiste, seigneur d'Allevard, maître de forges, cousin germain du cardinal de Tencin, beau-frère du richissime ministre et diplomate Louis-Augustin Blondel de Gagny. Joseph de Barral se trouvait, en outre, apparenté du fait de son épouse, née Marie Françoise Blondel de Sissonne d'une famille picarde et champenoise, à la famille de Colbert et à celles des ministres Michel Chamillart et Nicolas Desmarets. Marie-Françoise de Barral, par ailleurs, était cousine germaine de Nicole Charlotte Choderlos de Laclos et de Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc, dit « Ventremille », très « opulent » duc de Saint-Cloud et archevêque de Paris.

En 1751, le roi érigera la terre d'Allevard et son mandement, sous le nom de comté de Barral, en seigneurie incommutable au profit de Jean-Baptiste de Barral (1709-1785), petit-fils de François et président à mortier au Parlement, époux de Marie Antoinette Charlotte de Chaumont-Quitry.

Sœur cadette de madame de Barral, Anne, épouse de l'amiral Claude Regnard de Fuchsemberg, marquis d'Amblimont, surnommée par la maîtresse du roi « la petite chatte », restera avec madame d'Estrades et jusqu'à sa mort (1764) l'une des plus fidèles confidentes de la marquise. Jean-Baptiste (fils de Joseph), seigneur d'Allevard, cet « avare atroce, terreur de la gent domestique et des Allevardins à qui il réclamait le règlement des impôts arriérés depuis le… XIIIe siècle », était bien connu de Voltaire qui le rencontra et lui offrit l'hospitalité « sans espoir de retour » en 1757 aux Délices à Genève… non sans avoir consacré à l'épouse du grigou - supposée à juste titre très influente auprès de la puissante marquise de Pompadour lors de la guerre de Sept Ans - notre dame d'Allevard si belle et si bonne - par ailleurs proche parente des « chers anges » et amis d'enfance du philosophe, Charles-Augustin de Ferriol d'Argental et Antoine de Fériol de Pont-de-Veyle dont la mère était une Tencin[3] - ce charmant épigramme :

Les malins qu'Ignace engendra
Ces raisonneurs de Jansénistes,
Et leurs cousins les Calvinistes,
Se disputent à qui l'aura.
Les Grâces dont elle est l'ouvrage,
Disent : « elle est notre partage
Et c'est à nous qu'elle restera[4] »

Pierre-François Paulin de Barral[5], son petit-fils (1745-1822), très « librement » élevé par son précepteur, collaborateur de l'Encyclopédie, l'abbé de Valmont, sera le dernier seigneur d'Allevard et de Jaligny en Bourbonnais. Ce fils de Jean-Baptiste, d'abord destiné à l'Église puis relevé de ses vœux à la mort de son frère aîné, Armand, deviendra mousquetaire du roi à quinze ans, puis colonel des Grenadiers royaux et gouverneur de la ville de Vienne.

Marié à Versailles à dix-huit ans avec une riche héritière du Bourbonnais, Marie-Séraphine Guillaud de la Motte, en ayant le roi Louis XV, la reine Marie Leczinska et madame de Pompadour comme témoins, Paulin, comte d'Allevard et comte de Barral, « mauvais garçon caractérisé[6] », très tôt exilé de la cour à la suite d'un scandale de mœurs, cultivé et plein d'humour, qui écrivait à son père, l'effroyable avare : « Ne nous quittons plus, cher papa, vous aimez gagner de l'argent, j'adore le dépenser. Nous sommes faits pour nous entendre ! », s'est avéré comme étant ce libertin fameux dont Stendhal nous affirme qu'il « mettait sa gloire à être l'amant de toutes les filles du pays[7] ». Tout Allevard écrivait-il, « gardait le souvenir de cet homme aimable ». Du fait de ses ruineuses débauches et toujours impécunieux, « l'aimable » Paulin, baron d'Empire, président « scandaleux et perdu de réputation » (selon Champollion-Figeac) du collège électoral de l'Isère, protégé car cousin proche de l'impératrice Joséphine de Beauharnais et chambellan de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, vendra à perte son château et ses usines en 1817 à A.B Champel[8].

Sous l'Empire au XIXe siècle

Horace de Barral épouse Anne-Amédée de Beauharnais, cousine par alliance de l'Impératrice Joséphine et ainsi tante de la princesse Stéphanie de Bade et d'Eugène de Beauharnais, duc de Leuchtenberg, prince d'Eichstadt.

L'Empereur confia à Louis-Mathias de Barral, archevêque de Tours et aumônier de l'impératrice Joséphine, toutes ses négociations délicates avec le Pape et c'est ce même Barral qui prononça l'oraison funèbre de l'Impératrice Joséphine. Napoléon Ier qualifiait l'archevêque "d'homme de grande instruction"[9].

Personnalités

des militaires :

des maîtres de forges aux XVIIe et XVIIIe siècles :

  • François de Barral de Clermont, seigneur d'Allevard, conseiller au Parlement de Grenoble,
  • Joseph de Barral de Clermont, marquis de la Bâtie d'Arvillard et seigneur d'Allevard, président au Parlement de Dauphiné, fils du précédent.
  • Jean-Baptiste François de Barral, marquis de la Bâtie d'Arvillard et comte d'Allevard, président au Parlement de Dauphiné, fils du précédent

des hommes politiques et diplomates :

  • trois présidents au parlement de Grenoble, et plusieurs conseillers en la même cour souveraine
  • des sénateurs et députés sous le Second Empire et la République
  • des préfets sous le Second Empire et la République
  • Joseph Marie de Barral, marquis de Montferrat (1742-1829), maire de Grenoble
  • Octave de Barral (1877-1915), royaliste et homme de lettres du début du XXe siècle, mort pour la France et cité à l'ordre de l'armée

des ecclésiastiques parmi lesquels :

une femme de lettres brésilienne :

un libertin :

Armes, titres

Davantage d’informations Image, Armoiries ...
Image Armoiries
Armes : De gueules, à trois bandes d'argent.
Supports
Deux licornes au naturel.

Elles proviennent de la famille de Chambarran, gentilshommes-verriers, tombée en quenouille dans la famille de Barral.

On trouve aussi
Écartelé: au 1, d'or, à trois barils de sable, rehaussés d'or; au 2, de gueules, à trois bandes d'argent; au 3, fascé d'argent et de gueules, de huit pièces; au 4, d'azur, à trois léopards d'or, armés et lampassés de gueules, l'un sur l'autre[10].
Barral de Montouvrard (branche naturelle)
De gueules, à trois bandes d'argent, au chef du même, ch. de trois cloches d'azur, bataillées d'or[10].
Couronne de comte ou de marquis.
Devise
« SIC PERSONAT VIRTUS. »

Les cloches feraient référence aux trois paroisses qui étaient sous sa juridiction[11].

Barral de Montferrat

Parti: au 1, de gueules, à trois bandes d'argent; au 2, d'or au lion de gueules surmonté d'un croissant versé du même, au chef d'azur chargé de trois couronnes d'argent[10].

Supports
Une licorne et un lévrier colleté.
François de Barral

Écartelé : aux I et IV, de gueules à trois bandes d'argent, au chef du même chargé d'une cloche d'azur ; aux II et III, de gueules à deux clés passées en sautoir, surmontées d'un croissant, le tout d'argent[12]

Joseph Marie de Barral (Grenoble, - Grenoble, ), député de l'Isère au corps législatif (1800-1814), premier président à la Cour d'appel de Grenoble, chevalier Barral et de l'Empire (à la suite du décret le nommant membre de la Légion d'honneur en date du 25 prairial an XII, lettres patentes signées à Bayonne en ),

Tiercé [ajouté en fasce] d'or, de gueules et d'argent, l'or chargé de trois cloches d'azur posées en fasce ; le gueules chargé de la croix de la Légion d'honneur en date ; l'argent chargé de trois bandes de gueules[13].

André Horace François de Barral de Rochechinard (1743-1820), général de brigade, préfet du Cher, baron Barral et de l'Empire (décret du , lettres patentes signées à Paris à ), officier de la Légion d'honneur (),

Écartelé au premier et quatrième de gueules à trois bandes d'argent ; au deuxième et troisième d'argent à la fasce de sable surmontée de trois merlettes en fasce du même ; franc quartier des barons préfets, brochant sur le tout[13].

Paulin de Barral (Paris, Saint-Sulpice), - 1822), chambellan du roi de Westphalie, baron Barral et de l'Empire (décret du , lettres patentes signées à Paris à ),

Écartelé au premier d'or à trois cuirasses de sable rehaussées du champ, au deuxième des barons officiers des maisons des princes de notre famille, au troisième burelé d'argent et de gueules de huit pièces, au quatrième d'azur à trois léopards d'or l'un sur l'autre ; armés et lampassés de gueules, sur le tout de gueules à trois bandes d'argent[13].

Louis-Mathias de Barral ( - Grenoble - Paris), archevêque de Tours (1805-1815), sénateur (), comte de Barral et de l'Empire lettres patentes de , Nantes), officier (1804) puis commandant de la Légion d'honneur (), grand-croix de l'ordre de la Réunion (1813),

Écartelé ; au premier des comtes-sénateurs ; au deuxième, d'or à trois cloches d'azur rangées en fasce ; au troisième d'argent à trois bandes de gueules ; au quatrième, de sinople à la croix pattée d'or[13].

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Titres : chevalier puis baron puis comte de Barral et de l'Empire

Alliances

Les principales alliances de la famille de Barral sont : de Beauharnais, de Beaufranchet, de Chaumont-Quitry, de Clermont-Tonnerre, de Dreüille, de Tencin, Blondel de Sissonne.

Notes et références

Voir aussi

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