Debaa

danse traditionnelle à Mayotte From Wikipedia, the free encyclopedia

Le debaa, deba ou déba est un mélange de danse, de musique et de chant traditionnels pratiqué sur l'île de Mayotte[1] où il est réservé exclusivement aux femmes[2].

DomainesMusiques et danses
Pratiques rituelles
Pratiques festives
Savoir-faire
Lieu d'inventaireDrapeau de Mayotte Mayotte
Faits en bref Domaines, Lieu d'inventaire ...
Le Debaa des femmes (Mayotte) *
Domaines Musiques et danses
Pratiques rituelles
Pratiques festives
Savoir-faire
Lieu d'inventaire Drapeau de Mayotte Mayotte
* Descriptif officiel Ministère de la Culture (France)
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Le debaa peut avoir une signification religieuse, être pratiqué en tant que distraction ou s'apparenter à une compétition entre plusieurs groupes de femmes issus de différents villages.

Le debaa des femmes de Mayotte a été classé à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2025[3].

Étymologie

Cette pratique, appelée debaa[4], deba[5] ou déba[2], tirerait son nom d'ibn ad-Dayba (ar), auteur yéménite du XVe siècle, historien et compilateur de hadiths, dont le debaa reprend le répertoire de qasida[6],[7].

Origine

Le debaa est une tradition récente tirée du soufisme[2], lui-même issu de l'islam, qui est la religion majoritaire à Mayotte (en).

Le debaa s'est développé à Mayotte dans les années - sous l'influence d'un foundi[8] (professeur d'école coranique). Lié à la confrérie soufie Rifa'iyya[8] et venu d'Anjouan[8], île voisine dans l'archipel des Comores, il était d'abord réservé aux hommes et de nature purement religieuse, avant de s'ouvrir aux femmes, puis de leur être réservé.

Le debaa est identique aux pratiques du soufisme en ce qui concerne les chants et la musique, qui consiste en quelques percussions simples, la seule différence notable étant la danse[réf. souhaitée].

Déroulement

Danseuses de debaa en tenues identiques.
Une jeune femme assise en tailleur, jouant d'un tambourin. Elle est vêtue d'un grand pagne, et d'un tee-shirt rose.
Musiciennes de debaa.

Le debaa est effectué par les femmes du village : vêtues de tenues identiques et ornées de leurs plus belles parures, elles s'adonnent à une danse chorégraphiée dans le but de reproduire les mouvements lancinants des vagues de l'océan.

Cette danse est accompagnée de chants principalement[9] en langue arabe[2], tirés de livres sacrés, remémorant le plus souvent la naissance du Prophète[2]. La forme est similaire à un répons : une soliste chante la mélodie, avant d'être imitée par un chœur[10], aux rythmes d'instruments à percussion tels que le tambourin.

Le debaa peut être réalisé en guise de louanges pour les pèlerins qui partent à La Mecque ou en reviennent, lors de la période du ramadan comme rite expiatoire (en), en tant que gratification à Dieu[2], pour Mawlid[11], pendant un mariage[12], ou enfin comme simple compétition entre femmes de différents villages.

Le debaa est aussi un rituel de séduction, une occasion pour les jeunes femmes de se faire remarquer par un spectateur qui pourrait les demander en mariage[13].

Analyse

Bien que le debaa soit issu du soufisme, le profane l'emporte sur le sacré dans cette pratique. Il peut être vu comme une expression de l'identité et de la force des femmes mahoraises, dans un contexte où elles ont largement contribué à ce que Mayotte reste française lors de l'indépendance des Comores[9], avec notamment le phénomène des chatouilleuses.

Notes et références

Voir aussi

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