Débora
personnage biblique
From Wikipedia, the free encyclopedia
Débora, Déborah ou Dvora (en hébreu : דְּבוֹרָה, qui signifie « abeille »), est un personnage du Livre des Juges qui fait partie de la Bible. C'est une des sept prophétesses de la Bible et la seule femme parmi les Juges d'Israël[1]. Elle exerce cette fonction pendant quarante ans.
| Débora | |
Le chant de victoire de Débora, illustration de Gustave Doré pour La Grande Bible de Tours, 1865 | |
| Titre | |
|---|---|
| Quatrième juge d'Israël Prophétesse de la Bible | |
| Prédécesseur | Samgar |
| Successeur | Gédéon |
| Biographie | |
| Nom de naissance | דְּבוֹרָה |
| Lieu de naissance | Rama |
| Nationalité | Israélite |
| Conjoint | Lapidoth |
| Entourage | Barac |
| Contemporaine de Yaël, Yabin et Siséra | |
| modifier |
|
Datation du récit
La datation du récit est très débattue. Selon F. M. Cross et E. Cortese, ce n'est que sous le règne du roi Josias, c'est-à-dire au VIIe siècle av. J.-C., que la rédaction commence. Pour d'autres, comme Ernst Axel Knauf (de), le récit de Débora aurait été composé à Béthel après 720 av. J. C. Pour W. Richter, il aurait été transformé sous Josias, mais à partir de sources plus anciennes qu'il situe à l'époque de Jéhu. Quoi qu'il en soit, la majorité des exégètes sont d'avis qu'il s'agit d'une construction théologique, et non d'une réalité historique[2].
Biographie
L'histoire de Debora est racontée à deux reprises en deux chapitres différents : les chapitres 4 et 5 du livre des Juges[3]. Le premier est en prose, le second est de forme poétique et est largement admis comme l'un des plus anciens exemples de poésie hébraïque. C'est l'un des premiers portraits d'une femme dans un rôle héroïque.
On connaît assez peu d'éléments de la vie privée de Deborah. Elle est mariée à un certain Lapidoth[1] (« torches ») et elle rend la justice sous un palmier dans la Tribu d'Éphraïm entre Ramla et Béthel[4].
À l'époque du récit, les Hébreux se sont détournés de Dieu et se sont retrouvés sous la domination du roi cananéen Yabin pendant vingt ans. Ils se tournent alors vers Dieu, qui entend leur supplication et leur envoie Débora[5].
Elle convoque Barac et lui ordonne de lever une armée parmi la tribu de Nephthali et la tribu de Zebulon pour vaincre l'armée cananéenne de Siséra, au service du roi Yabin[6]. Elle prophétise que la gloire de tuer Siséra en personne ne reviendra pas à Barac mais à une femme[7].

Barac écrase les troupes de Siséra et celui-ci s'enfuit à pied[8] dans la maison de Yaël, qui lui propose de s'y cacher[9]. Pendant le sommeil de Siséra, Yaël le tue en lui transperçant la tête avec un piquet[10]. Puis, à l'arrivée de Barac, elle lui montre le corps de Siséra[11].
Cette victoire amène la défaite finale du roi cananéen Yabin qui sera également tué[12]. Débora entonne un chant de victoire qui résonne comme un avertissement aux princes et rois étrangers qui pourraient constituer une menace pour les Hébreux[5],[13]. La paix est rétablie pendant quarante ans sur la Terre d'Israël[14].
Personnage homonyme
Postérité
Sciences
Le scientifique israélien Markus Reiner a défini le nombre de Deborah en référence à la prophétesse Deborah[16]. Il fait référence à un verset du livre des Juges 5:5, plus précisément un chant de la prophétesse Débora : « Les montagnes se liquéfièrent [נָזַל, nazal] devant l'Éternel »[17]. On trouve une image semblable dans le Livre de Michée 1:4, ou encore dans le Psaume 97:5 : « Les montagnes se fondent [מָסַס, macac] comme la cire devant l’Éternel ».
Art contemporain
- Débora figure parmi les 1 038 femmes référencées dans l'œuvre d’art contemporain The Dinner Party (1979) de Judy Chicago. Son nom y est associé à Judith[18],[19].
Littérature
Dans Chants d'utopie, premier cycle de Brice Bonfanti, le chant XIII d'Israël, mêlant messianisme juif et messianisme utopique, est consacré à Debôrâh sous le titre : qui devine un bien meilleur, devient bien meilleur[20].