Dernier repas
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Le dernier repas ou repas du condamné est le dernier repas pris par un condamné à mort avant son exécution.
Traditionnellement, le condamné peut choisir le repas qu'il veut avant d'être mis à mort. C'est particulièrement le cas aux États-Unis, bien que la législation change selon les États : certains laissent libre choix au prisonnier, d'autres ont abrogé cette pratique et ne fournissent qu'un repas standard aux condamnés à mort.
Origine
L'origine exacte de la pratique du dernier repas est inconnue, bien que plusieurs hypothèses soient évoquées, sans qu'aucune ne s'impose clairement. La première relie ce repas à la Cène, le dernier repas de Jésus de Nazareth aux côtés de ses apôtres avant son arrestation et sa crucifixion. Une autre hypothèse ferait remonter la tradition à l'Angleterre du xviiie siècle, lorsque le condamné à mort devait parcourir à pied la distance le séparant du lieu d'exécution et avait le droit de s'arrêter en chemin dans un pub pour boire un verre[1].
Condamnés célèbres
- Mathias Kneissl demanda six verres de bière[2].
- Barbara Graham commanda un sundae au chocolat pour le petit déjeuner[3].
- Adolf Eichmann déclina l'offre d'un dernier repas, lui préférant une bouteille de Carmel, un vin rouge israélien dont il but la moitié[4].
- Gary Gilmore a pris un hamburger, des œufs durs, du café, une pomme de terre frite, et du whisky.
- John Wayne Gacy a pris du poulet frit, des crevettes frites (en), des pommes-frites et des fraises.
- Odell Barnes demanda de la justice, de l'égalité et de la paix dans le monde.
- Timothy McVeigh demanda un litre de glace à la menthe avec des pépites de chocolat.
- Tookie Williams refusa le dernier repas (« Il faudrait que je sois complètement dingue pour accepter un repas d'une maison qui veut me détruire », avait confié le condamné à mort dans un entretien accordé au New York Times)[5].
- Ted Bundy : Les gardes lui ont proposé un dernier repas mais il a refusé.
Par juridictions
- Au Texas, l'administration devait donner au détenu le repas qu'il demande sous réserve qu'il se trouvât à leur disposition dans le garde-manger de la prison. Cette tradition fut abolie en septembre 2011 à la suite de la condamnation à mort de Lawrence Brewer (affaire James Byrd, Jr.) qui avait demandé un dernier repas « pantagruélique »[6]. Les condamnés texans ont désormais le repas normal des prisonniers[6].
- En Floride, le coût du repas ne doit pas dépasser 40 $ ; dans le Tennessee, ce coût est réduit à 20 $. Dans l'Oklahoma, c'est 15 $.
- En Californie, un agent pénitentiaire est chargé d'aller acheter le repas dans un magasin proche si nécessaire.
Analyse
Selon la théologienne Muriel Schmid, la pratique du dernier repas du condamné constitue indirectement un élément de justification morale de la peine de mort, en présentant l'institution étatique comme moralement supérieure au condamné à mort du fait de son « geste charitable » qui la légitime[1].
Représentation dans l'art et la culture
Le thème du dernier repas du condamné marque la culture, notamment aux États-Unis, avec des photographes et sculpteurs qui en font un point central de leurs œuvre[1]s.
- Le Dernier Repas (Majimak babsang), film sud-coréen réalisé par Roh Gyeong-tae en 2006