Le Divan du Monde

salle de spectacle à Paris From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Divan du Monde est le nom d'une salle de spectacle parisienne depuis 1994, devenue en 2015, une annexe de Madame Arthur.

Faits en bref
Le Divan du Monde
Description de cette image, également commentée ci-après
Entrée actuelle du Divan du Monde (à gauche), rue des Martyrs (Paris).

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Située au no 75 de la rue des Martyrs, dans le quartier de Pigalle, elle a été fondée après le Second Empire, et fut appelée à la fin du XIXe siècle, Le Divan japonais, un café-concert, l'un des hauts lieux de la vie nocturne artistique de la capitale, avant de devenir un espace destiné à la scène théâtrale entre 1901 et 1939, et enfin, une salle de cinéma.

Historique

Affiche signée Charles Lévy pour le Divan japonais (1885).
Affiche de Henri de Toulouse-Lautrec pour le Divan japonais (1892-1893), représentant la danseuse Jane Avril et le critique Édouard Dujardin.

En 1830, sous l'époque romantique, se trouvait là un bal, la « Musette de Saint-Flour », appelé ensuite le « Bal Brunet », ou encore le « Bal des charbonniers »[1].

Avant 1879, le lieu devient un café-billards, dirigé par Painot (ou Painaud ?)[2]. En 1882, Le Chat noir, dirigé par Robert Salis, y organise des soirées[3].

Le lieu est baptisé en décembre 1885 Le Divan japonais en raison de son décor japonisant[4] par son propriétaire, l'ancien directeur du Casino de Meaux, Théophile Lefort : il y organise des concerts, et les clients peuvent consommer tout en écoutant des « musiciennes japonaises ». Un an plus tard[5], Jehan Sarrazin (1863-1904), y fait aménager au sous-sol une seconde salle appelée « Temple de la Bonne Humeur » et publie un organe officiel La Lanterne japonaise (1888-1889), associé à Alphonse Allais, familier du Chat noir[6], et devient, en octobre 1888 le nouveau gérant[7]. Yvette Guilbert, déjà célèbre, triomphe en 1891 au Divan japonais. Dranem s'y produira également. Le Divan ferme ses portes en décembre 1892 et rouvre en janvier 1893 sous la direction d'Édouard Fournier[8], avec une affiche réalisée par Toulouse-Lautrec.

En 1894, il devient le « Théâtre-concert Lisbonne », avec l'ancien communard Maxime Lisbonne pour directeur[9]. On y joue la pantomime Le Coucher d'Yvette, où l'on voit pour la première fois sur scène la comédienne Blanche Cavelli « nue » (c'est-à-dire en maillot rose quelque peu transparent), ce qui fait scandale[10]. Toulouse-Lautrec et Adolphe Léon Willette, puis Pablo Picasso sont des habitués de l'établissement. Devenu les « Folies-Montmartre », le lieu reprend son nom de Divan japonais en 1898 sous la direction du chansonnier Gaston Habrekorn et Émile Herbel.

En août 1901, le Divan japonais est racheté par Paul Ruez, entre autres patron du cabaret La Fourmi boulevard Barbès, et transformé en Théâtre de la Comédie mondaine, fort de 350 places[11]. Dans les années 1920, la direction appartient à Pierre Poncet qui ouvre la scène à de jeunes dramaturges[12]. En octobre 1934, Poncet le rebaptise le Théâtre de la Nouvelle-Comédie[13], l'inaugurant avec L'Été, une création signée Jacques Natanson. La scène ferme durant la guerre et reprend en septembre 1944[14].

Il est occupé à partir de 1957 par un cinéma, devenu en 1980 le « Amsterdam-Pigalle »[15], spécialisé dans les films pornographiques, un lieu de rencontres homosexuelles, qui finit par péricliter, et fermer en 1990[16].

En 1994, le lieu rouvre ses portes sous le nom de Le Divan du Monde, pour accueillir essentiellement des concerts consacrés aux musiques du monde. Dans le cadre de ces concerts, Le Divan du monde programme également des danseurs, par exemple la hip-hoppeuse Bintou Dembélé[17]. La salle est rénovée en 2009. Elle accueille également des artistes asiatiques comme Kaya dans sa tournée commune avec Satsuki en 2012. Le Divan du monde est aussi connu pour ses soirées consacrées à la musique française contemporaine.

En 2015, la salle, toujours sous le nom de Divan du Monde, devient une annexe du cabaret Madame Arthur[18].

Aujourd'hui

Depuis 2015, l'équipe qui dirige le Divan du Monde décide d'associer le cabaret mythique Madame Arthur. L'ensemble forme désormais un cabaret club où chaque semaine les artistes travestis proposent un spectacle inédit[19].

La nuit, l'établissement se transforme en un club qui met à l'honneur la chanson française[19].

Notes et références

Voir aussi

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