Djellaba
robe longue et ample unisexe à manches longues, traditionnellement portée en Afrique du Nord
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La djellaba ou jellaba /d͡ʒɛlaba/[1] (en arabe: جلابة, en berbère : takebbut[2] ou taqebbut, également appelée qeššaba, qeššabiya, tadjellabt, tajellabt, tadjellabit ou tajellabit) est une longue robe ample avec un capuchon, portée par les hommes et les femmes[3], répandue comme vêtement traditionnel au Maghreb[4],[5].
Dénominations et étymologie
William Marçais propose de voir en djellaba une altération de djilbab qui, en arabe ancien, désignait un vêtement drapé[6]. Quant au terme qeššabiya, Georges Séraphin Colin voit en ce nom la déformation du latin gausapa, terme qui se serait conservé sous la forme gosaba dans l'Adrar, où il désigne la chemise[6].
Selon Reinhard Dozy le terme serait emprunté à l'arabe ǧallāba, ǧallābiyya et désignerait « soit un vêtement que portent les ǧallāb, les marchands d'esclaves, soit un vêtement que ceux-ci font porter aux esclaves »[7]. En arabe le terme جَلَبَ (jalaba) tiré de la racine J-L-B ou JLB signifie amener, apporter, attirer, importer[8], et peut désigner le fait de déporter quelque chose en un endroit (déportation → importation).
Les parlers montagnards[Lesquels ?]'[évasif] du Maroc la nomment tajellabit, qui est une forme berbérisée du mot arabe[6] ou tadjellabit. Edmond Destaing relève la forme tadjellabit (pluriel : tidjellubay) en tasusit (chleuh du Souss)[9].
En Kabylie, il existe une variante du mot en kabyle : tadjellabth (ou tadjellabt en alphabet berbère latin), forme berbérisée du mot djellaba, et duquel les mots djebba et qechchabiya (kachabia) sont des synonymes[10].
En Algérie centrale et orientale, la djellaba est aussi appelée qeššaba ou qeššabiya[6].
En Tunisie le terme jebba ou djebba est synonyme de djellaba, et désigne la variante locale de la djellaba[11],[12].
En Libye on retrouve la forme jalabiya, mot qui se rapproche de la jellabiya d'Égypte[13].
Histoire
Si l'hypothèse de Reinhart Dozy selon laquelle la djellaba serait, à l'origine, le « vêtement du djellab », c’est-à-dire du marchand d'esclaves ou de l'esclave lui-même[14] est vraie, cela serait lié à la traite orientale dans le monde arabe [15].
Port
La djellaba, à l'origine exclusivement portée par les hommes, est aujourd'hui adoptée par les deux sexes au Maroc et dans l'ouest de l'Algérie[16],[17].
En Tunisie, la variante locale de la djellaba portée de nos jours est la djebba ou jebba[18],[11]. En Libye, la variante de la djellaba est la jalabiya, galabiya[19],[20] ou jellabiya[21]. Le terme est apparenté à celui utilisé en Égypte pour la jellabiya égyptienne portée par les Bédouins[13].