Dîner celtique
banquet annuel parisien rassemblant des Bretons et sympathisants de la Bretagne
From Wikipedia, the free encyclopedia
Le Dîner celtique est un banquet annuel, apolitique, rassemblant des Bretons et sympathisants de la Bretagne vivant à Paris. Il a été organisé sous l'impulsion d'Ernest Renan entre 1878 et 1902, puis de nouveau à partir de 2007.
A l’origine créé pour permettre les échanges entre bretons exilés à Paris, parfois désireux de contribuer économiquement au développement de la Bretagne, le Dîner Celtique était l'occasion de discours, de déclamation de poèmes et de chants en chœur traditionnels[1].
Depuis 2007, le Dîner Celtique reçoit plusieurs fois par an une personnalité bretonne ou issue de la communauté celtique (Irlande, Pays de Galles, Ecosse) remarquable de par son parcours personnel et/ou professionnel. Il remet également chaque année le Prix du Dîner Celtique, distinguant une initiative remarquable déployée au pays.
Les premières tentatives de Dîners bretons à Paris
Les Bretons de Paris se sont réunis pour des banquets, par exemple sous l'égide de l'Académie celtique, à partir de 1810. Alphonse de Lamartine (non-Breton, mais, marié à une Galloise et passionné par la Matière celtique), Auguste Brizeux, Félicité de Lamennais, François Broussais, Auguste Hilarion de Kératry, Paul Eugène Lanjuinais les ont fréquentés sous la monarchie de Juillet. En 1877, Paul Sébillot, qui participera aussi aux Dîners celtiques, avait fondé La Pomme avec ses banquets qui réunissait des Bretons et des Normands de Paris. En 1899 est fondée l'Association Les Bleus de Bretagne qui organisa ses propres banquets, puis, Armand Dayot, l'un de ses animateurs, créa Les Bretons de Paris qui réunissait, aussi, autour d'un banquet des Bretons républicains, soucieux de se distinguer des Dîners celtiques où se côtoyaient des gens de droite et de gauche.
Toutes ces tentatives finissent par converger après la création du Dîner Celtique.
La première période du Dîner celtique (1872-1902)
Le premier Dîner celtique a eu lieu en à Paris, au Café d'Alençon, au 8, place de Rennes (qui est la partie du boulevard du Montparnasse située en face de l'ancienne gare du Montparnasse), et réunissait, à l'origine, principalement des linguistes spécialistes de breton et des langues celtiques. Les premiers noms cités sont Henri Gaidoz, Joseph Loth, le peintre et poète Albert Clouard, Henri d'Arbois de Jubainville, François-Marie Luzel, l'abbé Louis Martin, Hamonic, bibliothécaire au Ministère de l'Instruction publique et, surtout, l'écrivain et poète Narcisse Quellien, qui semble en avoir été un organisateur et un animateur permanent. Selon Ernest Renan, l'idée serait venue d'Henri Gaidoz, mais elle est plus généralement attribuée à Quellien[2].
En , le banquet est tenu à l'Hôtel de la Marine, toujours boulevard du Montparnasse, au numéro 59 de celui-ci. Le nombre de convives s'élargit, grâce à l'entregent d'Henri Gaidoz, professeur à l'École pratique des hautes études. On y vit Henri Martin, Eugène Rolland, Paul Sébillot et Anatole de Barthélémy. Jusqu'en 1880, il était dénommé Dîner de la Société celtique. De 1880 à sa mort en 1892, Ernest Renan en fut désigné comme le président à vie, ce qui donna, quelque temps, à la réunion une réputation de rassemblement anticlérical, ou même de francs-maçons et d'athées qui fit l'objet d'attaques de la part de Bretons catholiques. Plus tard, des personnalités comme le créateur du journal, Le Globe, Alexandre Bertrand, l'égyptologue, Arthur Rhône et le celtologue, Théodore Hersart de la Villemarqué participèrent à un événement de plus en plus fréquenté.
Hormis une tentative, qui fut un échec, de le décentraliser à Quimper, en 1885, le Dîner celtique eut toujours lieu à Paris et de rendez-vous de celtisants et de poètes, il en vint à rassembler l'élite intellectuelle des Bretons et de leurs amis habitant dans la capitale. Selon, le Journal des Bretons de Paris, en 1894, Il énumère des nombreuses personnalités des Arts et de l'Université qui y ont participé : Ernest Psichari, gendre de Renan, Ary Renan, Louis-Albert Bourgault-Ducoudray, Alfred Guillou, Henri Mauger, Louis Tiercelin, Charles Monselet, François Coppée, Yann Nibor (Albert Robin), Eugène Le Mouel…
Le décès accidentel de Narcisse Quellien en 1902 amena Paul Sébillot, beau-frère du ministre et directeur de journaux, Yves Guyot, à prendre la relève de l'organisation, tandis que Charles Le Goffic en prenait la présidence.
Le , 12 participants inaugurèrent cette nouvelle période (Charles Le Goffic, Paul Sébillot, A. Hamon, Eugène Galland, Jean Pleyber, Léon Durocher, Olivier de Gourcuff, Maurice le Dault, Théophile Poilpot, Paul Renimel, Olliivier. En , il fut donné rendez-vous aux participants du Dîner à l'inauguration de la statue d'Ernest Renan, à Tréguier et c'est Anatole Le Braz, qui fit le plus long des discours, au nom des Bretons de Paris, bien qu'il ait quitté la ville, vingt-cinq ans plus tôt.
En 1902, des querelles internes au Dîner Celtique à propos de la politique régionale bretonne mettent fin à l’organisation du banquet[1].
Renaissance du Dîner celtique
En 2007, Yannick Le Bourdonnec fait renaitre le Dîner Celtique, en déposant les statuts d’une association appelée Les Dîners celtiques. Plusieurs fois par an, les Dîners réunissent des personnalités du monde économique, politique et culturel breton autour d'un invité d'honneur, issu de la communauté celtique, remarquable de par son activité professionnelle ou son engagement personnel. Le principal motif des participants est « le sentiment d’appartenance profond »[3]. A partir du début des années 2010, le Dîner Celtique s’ouvre à la presse pour lutter contre les soupçons parisiens de réseaux bretons obscurs [4],[5],[6],[7].
Le Dîner Celtique attribue une fois par an un prix portant son nom à une association ou une cause bretonne[8].
Après avoir présidé le Diner Celtique entre 2007 et 2025, Yannick Le Bourdonnec voit Richard Rohou lui succéder.
Bibliographie
- Armel Calvé, Histoire des Bretons à Paris, Coop Breizh, 1994
- Thierry Jigourel, Anatole Le Braz, sa vie, son œuvre, Liv'Éditions, 1996
- Claudine Gauthier, « Les dîners celtiques », Encyclopédie de la Bretagne, 2014, 7 pages.