Engin blindé de reconnaissance et de combat

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L'Engin blindé de reconnaissance et de combat (EBRC) « Jaguar » est un véhicule militaire blindé de reconnaissance à six roues motrices de nouvelle génération ayant vocation à s'intégrer dans des combats en zone urbaine ou montagneuse[6],[2]. Il est conçu et construit par les entreprises françaises Arquus, KNDS France (ex-Nexter) et Thales. Il est entré en service en 2022. L'Armée française a déjà reçu 95 exemplaires au et aura reçu un total de 300 exemplaires à l'horizon 2035[7]. L'armée belge a commandé 60 véhicules dans le cadre du programme CAMO (Capacité motorisée). Le Luxembourg annonce le la commande de 38 Jaguar pour renforcer son armée.

ServiceDepuis le (4 ans)
UtilisateursDrapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
ConcepteurNexter, Arquus et Thales
Faits en bref Caractéristiques de service, Type ...
EBRC (Engin Blindé de Reconnaissance et de Combat) Jaguar
Image illustrative de l’article Engin blindé de reconnaissance et de combat
EBRC Jaguar en mars 2022.
Caractéristiques de service
Type Véhicule blindé de reconnaissance
Service Depuis le (4 ans)
Utilisateurs Drapeau de la France France
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Production
Concepteur Nexter, Arquus et Thales
Année de conception 2009[1] - 2022
Constructeur Nexter et Arquus
Production - 398 exemplaires prévus (300 pour la France, 60 pour la Belgique, 38 pour le Luxembourg)
- 130 livrés à la France au 31/12/2025
Caractéristiques générales
Équipage 3 (chef d'engin, tireur et pilote)
Longueur 7,10 m châssis seul[2]
7,80 m avec le canon[3]
Largeur 2,99 m[2]
Hauteur 2,80 m[2]
Garde au sol Jusqu'à 47 cm
Masse au combat 20 t[2] à vide
jusqu'à 25 t (PTAC)
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage Niveau 4 de la norme de protection STANAG 4569
Type Aluminium et blindage rapporté en acier
grilles anti-RPG (optionnelles)
Armement
Armement principal - Un canon à tir rapide 40 CTC de 40 mm - 200 coups par minute (183 obus dont 63 prêts au tir)[3]
- Quatre missiles antichars MMP (2 prêts au tir dans une nacelle escamotable)[2]
Armement secondaire - Une mitrailleuse MAG de 7,62 mm (400 cartouches prêtes au tir)
- 12 tubes-lanceurs GALIX (pots fumigènes d'un calibre de 80 mm)
Mobilité
Moteur Volvo D11 Diesel à 6 cylindres en ligne
Puissance 490 ch[3] (360 kW)
Transmission ZF automatique à sept rapports
Suspension Oléopneumatique à garde au sol variable
Vitesse sur route 90 km/h[2],[4]
Vitesse tout terrain 70 km/h[5]
Puissance massique 19,6 à 24,5 ch/t
Réservoir 500 l
Autonomie 800 km
Chronologie des modèles
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Développement et production

Genèse

En 2010, l'armée française souhaitait remplacer ses chars légers à roues AMX-10 RC et ERC-90 Sagaie, devant arriver en fin de vie à l'horizon 2025, par un nouveau char léger, plus performant et mieux protégé.

Alors que Panhard a imaginé le Sphinx, Nexter planche sur un véhicule à roues 6×6 modulaire, sur lequel il sera possible d'ajouter des éléments en fonction des missions à effectuer. Développée en synergie avec le projet de véhicule blindé multi-rôles, la version de Nexter est choisie. Cela permet d'avoir 70 % de ses équipements en commun et ainsi de réduire les coûts[8].

Développement

La Direction générale de l'Armement (DGA) a confié son développement en 2014 aux sociétés Nexter, Arquus et Thales, associées dans un Groupement momentané d'entreprises (GME)[9]. En 2016, la DGA prévoyait de commander 248 EBRC[10]. Une tranche de 20 véhicules de présérie a été commandée en [11]. La loi de programmation militaire 2019-2025 portait le nombre prévisionnel d'EBRC à 300 unités à l'horizon 2030[12].

L'achat de ce véhicule entre dans le cadre du programme Scorpion destiné à moderniser l'arme blindée et cavalerie de l'armée de Terre, avec la modernisation des chars Leclerc et le remplacement des Véhicules de l'avant blindé (VAB) par le véhicule blindé multirôle (VBMR) Griffon[13].

Le Jaguar a été qualifié dans son standard 2 en 2024. Le développement du standard 3, intégrant le missile AKERON MP, est en cours et devrait être qualifié fin 2025, en vue d’une appropriation par les forces début 2026.

Production

Châssis et moteurs sont produits par Arquus, notamment dans son usine de Limoges, puis les engins sont assemblés dans l'usine de Nexter à Roanne. Le système informatique Scorpion est fourni par Thales.

Vingt exemplaires de présérie ont été livrés en au 1er régiment de chasseurs d'Afrique (1er RCA), à Canjuers, chargé de la formation de tous les régiments destinataires[14]. Un premier lot de 18 exemplaires de série a été livré en mai 2022 au profit du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC)[14]. 22 engins ont été livrés en 2023, notamment au profit du régiment d'infanterie chars de marine (RICM). L'Armée de terre a reçu 35 véhicules en 2024[15].

Un total de 95 exemplaires avaient ainsi été livrés à l'Armée française au [15]. Le parc de Jaguar atteindrait 238 unités dans l'Armée française à l'horizon 2030. Le solde du programme doit être livré entre 2031 et 2035[7].

Caractéristiques

Disposition générale

L'agencement du Jaguar est classique pour un véhicule de reconnaissance de conception française. Le pilote est à l’avant de la caisse au centre. La tourelle biplace CTA‑40M est au milieu, et le groupe motopropulseur implanté à l’arrière. Entre autres, l'équipage dispose d'un total de six extincteurs pour faire face aux différents types d'incendie capable de survenir.

Mobilité

Motorisation

Le groupe motopropulseur (GMP) est installé à l'arrière de la caisse, il est composé d'un moteur Diesel Volvo HDE 11 et d'une boîte de vitesses automatique ZF à sept rapports[16]. Le moteur HDE 11 est un moteur Diesel à six cylindres en ligne d'une cylindrée de 11 l, suralimenté par turbocompresseur, il développe une puissance de 490 ch et répond à la norme européenne d'émissions Euro 3.

La boîte de transfert est dotée d'un système d’inverseur permettant au Jaguar de reculer dans une côte de 10 % à une vitesse de 25 km/h[17].

La capacité en carburant est de 500 l dont 380 l sont emportés dans un réservoir situé à l’avant droit[17], entre les premier et deuxième essieux, à l’extérieur de la cellule de survie de la caisse[18].

Train de roulement

Le train de roulement du Jaguar est de type "6 × 4 crabotable 6 × 6" : les quatre roues arrière sont motrices et les deux roues avant peuvent le devenir sur demande du pilote. Les essieux avant et arrière sont directionnels, mais jusqu’à une vitesse d’environ 20 km/h pour l'arrière afin d’obtenir un rayon de braquage de 17 m[5]. Les trois essieux sont équipés d’une suspension oléopneumatique indépendante à grand débattement. Produite par Quiri, elle permet une aisance en tout-terrain supérieure à celle de ses prédécesseurs, tout en procurant une grande stabilité lors du tir en marche.

Les suspensions sont équipées d’un système de variation de garde au sol. Les six pneumatiques Michelin 14.00 R20 sont équipés d'un dispositif de roulage à plat Hutchinson et leur pression peut être adaptée en fonction de la nature du terrain à partir du poste de pilotage grâce au système VPG (Variation de Pression de Gonflage). Environ 70 % des équipements sont communs avec ceux du VBMR Griffon[19], dont la suspension produite par Quiri à Strasbourg, les interphones Elips d'Elno à Argenteuil et le détecteur acoustique de tir Pilar V de Metravib Defence à Lyon[18].

Protection

Passive

Le Jaguar est conçu autour d’une architecture en « cellule de survie », focalisant la protection sur l'équipage, permettant de protéger ce dernier jusqu’à un haut niveau de menace[20]. Une attention particulière a été apportée à la mobilité résiduelle afin de garder la possibilité de se déplacer malgré un endommagement.

La caisse est plus haute de 25 cm par rapport à celle de l’AMX‑10RC, car optimisée contre les explosions de mines et EEI contenant jusqu’à kg de TNT[21]. La caisse est faite d'un assemblage de tôles mécano-soudées en aluminium recouvert de plaques de surblindage en acier à très haute dureté, de céramique, ou de fibres d'aramide. Ce blindage répond au niveau 4 de la norme OTAN de protection STANAG 4569 correspondant à une protection contre les balles perforantes incendiaires de calibre 14,5 mm ainsi que les éclats d’obus d'artillerie de calibre 155 mm détonnant à 30 m[17].

Active

De part et d’autre de la tourelle et à l'arrière de la caisse se trouvent des lanceurs de 80 mm GALIX couplés au système de détection d’alerte laser implanté sur la tourelle. Il côtoie le détecteur de départ de missile, de même que le système de localisation acoustique terrestre (SLAT) Pilar V de Metravib Defence, le brouilleur radio BARAGE (Brouilleur Anti-IED Réactifs Actifs Goniométriques) de Thales et un brouilleur infrarouge.

Armement et équipement

Armement principal

Le Jaguar emporte trois types d’armement : un canon à tir rapide 40 CTC de calibre 40 mm conçu par le consortium franco-britannique CTA International (CTAI)[22]. Ce canon compact tirant des munitions télescopées dispose d'une capacité de pointage en site élevée de 45 degrés conférant au Jaguar la capacité de tirer sur des aéronefs lents ainsi que vers les étages supérieurs d'un immeuble en zone urbaine[23]. Sa cadence de tir maximale est de 200 obus par minute, trois modes de tir sont disponibles : coup par coup, par rafales de trois ou de cinq coups. L’éjection des douilles s’effectue sur le flanc gauche de la tourelle. Soixante-trois obus sont prêts au tir dans un convoyeur à munitions situé devant le chef d'engin[18]. Quatre-vingt obus supplémentaires sont placés contre les parois de la caisse dont cinq directement à proximité du tireur, enfin quarante obus sont logés dans un compartiment blindé à l'avant de la caisse, à l'extérieur de la cellule de survie. Quatre types de munition peuvent être tirés, dont la munition-flèche OFLT capable de percer 70 mm d'acier à blindage sous une incidence de 60 degrés à une distance de 1 500 m. Les obus explosifs traçants (OET) et OET CHR (CHRonométrie) sont capables de traverser 20 cm de béton armé à 500 m.

Armement secondaire

Sur le flanc gauche est implanté le lanceur haussable dans lequel se trouvent deux missiles antichars AKERON MP, superposés et prêts à l’emploi[24]. Deux autres missiles sont embarqués dans un coffre situé à l’arrière de la caisse, derrière le groupe motopropulseur. Le missile MMP autorise l’engagement d’objectifs jusqu’à une portée de km, y compris au-delà de la vue directe en permettant de tirer derrière un obstacle, tout en ayant la possibilité de changer d’objectif en vol afin de traiter une menace inopinée grâce à une recopie de visée intégrée.

Un tourelleau téléopéré (TTOP) Arquus T3 est monté sur le toit, à l'avant gauche de la tourelle, il est armé d’une mitrailleuse MAG 58 de 7,62 mm. Il diffère des TTOP T1 et T2 montés sur les Griffon et Serval de par son architecture intégrant un viseur panoramique PASEO de Safran monté sur une couronne indépendante qui peut être manœuvrée par le chef d’engin et le tireur. Le tourelleau T3 opère donc selon trois axes : l’un pour le viseur PASEO, le second pour la mitrailleuse et le troisième pour le canon de calibre 40 mm.

Versions

  • Jaguar Kiosque : véhicule école destiné à la formation des pilotes de l'EBRC Jaguar, la tourelle est remplacée par une cabine pouvant accueillir deux instructeurs.

Utilisateurs

  • Drapeau de la Belgique Belgique : 60 exemplaires commandés dans le cadre du programme CAMO (Capacité motorisée) pour la Composante terre et livrés entre 2025 et 2030[26]. La commande a été officialisée le par le Premier ministre de Belgique Charles Michel, après la signature d'une lettre d'intention le [27]. Après avoir tenté d'imposer sa tourelle[28], le groupe CMI Defence de Seraing sera chargé de l'assemblage final de la tourelle de 40 mm ainsi que de la maintenance et de la formation[29],[30]. Les tourelleaux téléopérés seront produits par FN Browning group tandis que Mecar (filiale belge du groupe Nexter) développera et fournira une partie des munitions[29],[30].
  • Drapeau du Luxembourg Luxembourg : l'achat de 38 EBRC Jaguar a été voté en novembre 2024 par le parlement luxembourgeois pour l'armée luxembourgeoise[31]. La commande est validée par le ministère de la Défense en décembre 2025. Ils seront acquis par la Défense belge au profit du Luxembourg pour le futur bataillon de reconnaissance binational belgo-luxembourgeois [BnBinat] devant être pleinement opérationnel à l’horizon 2028-2030. Il engage 350 soldats de chaque pays ; le choix de véhicules identiques assurant l'interopérabilité des deux parties. Le contrat comprend des retours industriels pour le Luxembourg. La gestion de ces plateformes Scorpion est facilitée par la présence d’un officier de liaison luxembourgeois au sein de la Direction générale de l’armement [DGA][32],[33].

Dans la culture

  • Jeu vidéo : War thunder[34]. L'EBRC Jaguar[35] est jouable dans l'arbre de technologie Français. Il est de rang VII et de BR 11.0, il est classé comme char léger. Il a été ajouté lors de la mise à jour 2.51 "Spearhead[36]".

Notes et références

Voir aussi

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