École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal
faculté de l'Université de Montréal
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L'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) est une école professionnelle de l'enseignement supérieur québécois en sciences de l'information et des bibliothèques, département de la Faculté des arts et des sciences de l'Université de Montréal. Elle est située à Montréal (Québec). Elle est l'unique établissement francophone d'Amérique du Nord décernant la maîtrise en sciences de l'information agréée par l'American Library Association.
| Fondation | |
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| Dates-clés |
1961 (intégration à l'Université de Montréal) |
| Type |
Département universitaire (en) |
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| Nom officiel |
École de bibliothécaires (- |
| Régime linguistique | |
| Fondateurs | |
| Membre de | |
| Site web |
| Pays | |
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| Campus |
Campus de la montagne |
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Histoire
L'École de bibliothécaires (1937-1961)
L'histoire de l'EBSI remonte à la fondation de l'École de bibliothécaires en 1937 par deux religieux, les pères Paul-Aimé Martin et Emile Deguire, et deux laïques, Marie-Claire Daveluy et Aegidius Fauteux[1]. À partir de 1945, celle-ci offre un baccalauréat en bibliothéconomie et bibliographie pour ceux et celles qui détiennent préalablement un baccalauréat ès arts d'un collège classique[2]. Entre 1945 et 1962, 137 personnes obtiennent ce diplôme qui assure une formation reposant sur la bibliographie, la classification, le catalogage et l'organisation des bibliothèques[3]. Bien qu'affiliée à l'Université de Montréal, l'École des bibliothécaires n'est pas pleinement intégrée à cette dernière; elle bénéficie pas d'une direction à temps plein et demeure fragile[4],[5]. Les cours du programme de baccalauréat sont d'abord dispensés à la Bibliothèque municipale de Montréal; ils seront offerts par la suite à l'École normale Jacques-Cartier, puis à l'École du Plateau. De 1958 à 1962, la formation est donnée dans une salle de l'Université de Montréal[1].
L'École de bibliothéconomie (1961-1984)
En 1961, l'École est formellement intégrée à l'Université de Montréal sous le nom d'École de bibliothéconomie, avec le soutien du recteur Mgr Irénée Lussier, qui s'appuie sur une étude portant sur la faisabilité et l'organisation d'une école universitaire de bibliothécaires; cette analyse est réalisée par Georges Cartier, directeur de la bibliothèque du Collège Sainte-Marie de Montréal : « la nécessité d'une école de bibliothéconomie de langue française, école accréditée, appara[issai]t donc de première importance et de toute urgence pour la profession et le développement actuel et prochain des bibliothèques dans la province de Québec9 »[1],[6]. La nouvelle École de bibliothéconomie vise désormais à former des bibliothécaires professionnels pour le Québec et les francophones du Canada en proposant un baccalauréat d'une année[1]. Laurent-G. Denis, auparavant directeur adjoint de la bibliothèque du Collège militaire royal de Saint-Jean, devient le premier directeur de l'école. Deux professeures sont engagées : Paule Rolland-Thomas, qui œuvrait à l'Office national du film, ainsi que Liana Van derBellen, des bibliothèques de McGill[1]. Le programme d'études, suivant la recommandation de Georges Cartier, s'inspire du modèle des écoles canadiennes et américaines[7]. Pendant les années 1960, l'objectif d'un agrément décernée par l'American Library Association (ALA) devient capital[8].
En 1966, le baccalauréat prend la forme d'un programme de deux ans, afin de satisfaire aux exigences de l’ALA. Offert jusqu’en 1971, ce nouveau programme se divise en une année de culture générale et une année en bibliothéconomie, pour les étudiants détenant un baccalauréat ès arts issu des collèges classiques[9].
En 1968, l'École de bibliothéconomie prend le statut de département au sein de la faculté des lettres de l'Université de Montréal.
En 1969, l'établissement obtient l'agrément de l'American Library Association (ALA), devenant le premier établissement de langue française à recevoir ce titre[9].
En 1970, l'École de bibliothéconomie met en place un programme de maîtrise, que les diplômés demandent depuis quatre ans[9]. À l’origine, le programme se décline en 16 cours de 48 crédits, dont 6 cours obligatoires. Les étudiants inscrits peuvent choisir l’une des concentrations parmi les suivantes, notamment : bibliothèques scolaires, bibliothèques publiques, bibliothèques spécialisées. En 1979, le programme fait l’objet d’une réforme visant à « intégrer véritablement les sciences de l’information »[10]. Ainsi, les étudiants peuvent dorénavant se spécialiser dans une des sept concentrations suivantes : bibliographie ; référence et communication interpersonnelle; milieu et usager ; traitement descriptif; traitement analytique; organisation et gestion; informatique documentaire[10]. Ce sont également les débuts de l’intégration de la technologie dans le programme, avec le cours « La bibliothèque et l’ordinateur », offert à partir de la fin des années 1970[11].
Depuis 1982, la concentration en archivistique est offerte[10].
L'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (1984- )
En 1983, le certificat en archivistique s'ajoute au programme.
En 1984, pour refléter l’intégration de l’archivistique dans les disciplines enseignées, l'École adopte le nom d'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI). Dans la foulée de ce changement, le programme de maîtrise porte désormais le nom de maîtrise en bibliothéconomie et en sciences de l’information[10]. À cet égard, elle forme des professionnels de l’information et des archivistes[12]. Néanmoins, durant la décennie 1980, la recherche prend une place plus importante au sein du programme.
À partir de 1997, un programme de doctorat est offert. Dès l'automne, six étudiants sont admis au programme[13].
Depuis 2009, trois niveaux de formations constituent les programmes : le certificat, la maîtrise et le doctorat. Il est possible d'y recevoir un enseignement orienté en bibliothéconomie, en archivistique, en gestion stratégique de l'information, en gestion de l'information électronique ou en gestion de l'information numérique.
En 2016, l'EBSI est admise comme membre des iSchools, un consortium international d'écoles offrant des programmes d'études supérieures en sciences de l'information et dont les activités de recherche sont consacrées à l'avancement de la discipline. Grâce à cette adhésion, l'EBSI se positionne au sein des leaders mondiaux dans le domaine, autant sur le plan de la recherche que de l'enseignement[2].
En 2017, le D.E.S.S en édition numérique est mis en place. Le programme est né de la collaboration entre l’EBSI, le Département des littératures de langue française et le Département de littératures et de langues du monde. Le D.E.S.S. vient compléter l’offre de cours de l’EBSI portant sur la gestion de l’information consignée et offre aux étudiants certains cours de la maîtrise en sciences de l’information[14].
L'EBSI organise aussi un master conjoint avec la Haute école de gestion de Genève.
Mission
La mission de l'EBSI telle que décrite sur le site consiste à :
- Former des professionnels et des chercheurs à la gestion de l'information consignée et des connaissances en vue de maximiser leur transfert et leur utilisation dans la société.
- Contribuer à l'avancement des connaissances et des pratiques en gestion de l'information par ses activités de recherche aux plans national et international.
Recherche
Les premières initiatives en recherche de l’EBSI, du moins jusqu’à la fin des années 1970, demeurent peu représentées dans les archives de l’École. Ce n’est que plusieurs années plus tard que la production en recherche prendra plus d’importance. Dans la foulée des réformes du programme d’enseignement, le nombre d’articles et d’ouvrages publiés par des professeurs de l'EBSI s’est intensifié dès le début des années 1980. Si les sujets de recherche se centralisent d’abord autour de la bibliothéconomie, ils se diversifient rapidement avec l’intégration de la concentration et des certificats en archivistique[15]. Parallèlement, le nombre de professeurs à l’École a progressivement augmenté, passant de cinq dans les années 1960 à quinze en 2009[16].
En 2023, la Chaire de recherche UNESCO sur la science ouverte a été créée, sous la direction de Vincent Larivière, professeur à l’EBSI[17].
Depuis 2023, l’EBSI organise une Journée de la recherche. Cet événement vise à promouvoir les initiatives et projets de recherche du milieu professionnel et de la communauté étudiante et enseignante[18].
Laboratoires
L’EBSI offre son premier laboratoire informatique en 1988. Il compte alors sept « micro-ordinateurs ». En 1990, l’EBSI déménage au deuxième étage du pavillon Lionel-Groulx, qui offre des locaux plus spacieux pour les laboratoires et 20 nouveaux postes de travail. En 2017, trois nouvelles salles sont inaugurées, pour un total de 57 postes de travail[19].
En 2018, l’EBSI accueille son premier laboratoire de fabrication numérique, et met notamment à la disposition des utilisateurs une imprimante 3D, une machine à coudre et une machine à découper le vinyle[20].
En 2023, un laboratoire d’archéologie numérique est mis en place. Cet espace permet « l’extraction et l’analyse de contenus numériques sur des supports souvent obsolètes, la création d’images ou de paquets à archiver qui puissent ensuite être envoyés aux étapes de traitement adéquates »[21]. On y retrouve des lecteurs, des supports et d’autres appareils inutilisés.
Évolution du placement
Depuis 1987, l’EBSI mène annuellement une enquête auprès des personnes récemment diplômées afin de connaître leur positionnement dans le marché de l’emploi. La première édition du sondage révèle que la majorité des emplois se trouve dans le milieu des bibliothèques spécialisées. Au courant de la première moitié des années 1990, les personnes nouvellement diplômées occupent un emploi contractuel à temps plein[22].
D’après un sondage réalisé auprès des finissants de l’EBSI de la promotion 2024, 92,59 % des répondants avaient, au printemps 2025, un emploi dans le domaine des sciences de l’information. 48 % des postes occupés sont issus du milieu municipal[23]. D’une année à l’autre, on estime qu’environ 90 % des finissants ont trouvé un emploi dans les six mois suivant la fin de leurs études[22]. Les résultats des sondages annuels sont disponibles dans le bulletin En direct de l’EBSI.
Depuis 2008, l’EBSI publie une banque d’emplois sur son site web[24].
Directeurs et directrices
- 2018 - : Lyne Da Sylva
- 2010-2018 : Clément Arsenault
- 2006-2010 : Jean-Michel Salaün
- 2001-2005 : Carol Couture
- 1994-2001 : Gilles Deschatelets
- 1972-1973; 1987-1993; 2005 : Marcel Lajeunesse
- 1970-1972; 1983-1987 : Richard K. Gardner
- 1981-1982 : Suzanne Bertrand-Gastaldy
- 1978-1981 : Daniel Reicher
- 1977-1978 : Yves Courrier
- 1973-1977 : Georges Cartier
- 1965-1967 : Réal Bosa
- 1961-1965; 1967-1970 : Laurent-G. Denis
Enseignants
Diplômés célèbres
- Nicolas Dickner (écrivain)
- Lorrie Jean-Louis (écrivaine, poétesse)
Voir aussi
Liens externes
- Site officiel
- « 50e anniversaire de l'EBSI - Exposition virtuelle », sur umontreal.ca (consulté le )
- La Référence, journal étudiant de l'EBSI
- Le lauréat Carol Couture
- Page de présentation des cours dispensés par Carol Couture