Combattants pour la liberté économique

parti politique sud-africain From Wikipedia, the free encyclopedia

Combattants pour la liberté économique (Economic Freedom Fighters en anglais) est un parti politique sud-africain d'extrême gauche panafricaniste[30], fondé en 2013 par Julius Malema et d'autres anciens membres du Congrès national africain[31],[32].

PrésidentJulius Malema
Fondation
Siège119 Rue Marshall, Johannesbourg
Faits en bref Présentation, Président ...
Combattants pour la liberté économique
(en) Economic Freedom Fighters
Image illustrative de l’article Combattants pour la liberté économique
Logotype officiel.
Présentation
Président Julius Malema
Fondation
Scission de Congrès national africain
Siège 119 Rue Marshall, Johannesbourg
Présidente Veronica Mente (en)
Secrétaire général Marshall Dlamini (en)
Porte-paroles Sinawo Tambo (en) et Leigh-Ann Mathys
Président adjoint Floyd Shivambu (en)
Secrétaire générale adjointe Poppy Mailola (en)
Trésorière générale Omphile Maotwe (en)
Fondateur Julius Malema
Organisation étudiante EFF Students Command
Slogan « Notre terre et nos métiers, maintenant ! »[1]
Positionnement Gauche à extrême gauche[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10]
Idéologie Communisme[11]
Marxisme-léninisme[12],[13]
Fanonisme[14]
Sankarisme[15]
Panafricanisme[16]
Nationalisme noir[17],[18],[19],[20],[21]
Antioccidentalisme[22]
Antisionisme[23]
Anticapitalisme[24],[25]
Anti-impérialisme[26]
Populisme de gauche[27]
Adhérents 1 085 843 (2022)[28]
Couleurs Rouge[24],[25],[29]
Site web effonline.org
Représentation
Assemblée nationale
39  /  400
Législature provinciale (en)
54  /  487
Conseil national des Provinces
11  /  90
Parlement panafricain (sièges sud-africains)
1  /  5
Municipalité de Johannesbourg (conseil)
30  /  270
Métropole Nelson Mandela Bay (conseil)
6  /  120
Métropole du Cap (conseil)
10  /  231
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Sa position politique principale repose sur le « constat » que l'Afrique du Sud possède encore un système économique qui avantage les Blancs au détriment des Noirs et qu'une réforme significative, fondée sur les principes marxistes, doit être mise en œuvre[33],[34],[35],[36].

Historique

Lors d'une conférence de presse le à Soweto, Julius Malema, ancien membre du Congrès national africain (ANC) fonde un parti au programme basé sur l'expropriation des terres et la nationalisation des mines sans compensation[37], annonçant que le nouveau parti comptait plus de 1000 membres, soit le double des 500 requis pour l'enregistrement auprès de la Commission électorale d'Afrique du Sud (CEI)[38].

Le parti effectue une percée aux élections générales de 2014, entrant à l'assemblée nationale avec 6,35 % des suffrages et entrant dans toutes les assemblées provinciales.

L'EFF remporte 8,31 % des voix aux élections municipales de 2016 et rentre dans plusieurs majorités.

Lors des élections générales de 2019, le parti améliore son score, remportant 10,79 % des suffrages et progresse dans toutes les élections provinciales.

En juillet 2023, à l'occasion de dix ans de l'anniversaire du parti, près de 100 000 militants se réunissent à Johannesbourg[39]. L'EFF a gagné le soutien d'une part importante de la jeunesse, confrontée à une pauvreté grandissante et un chômage endémique. Selon l'analyste politique Sandile Swana, « l’EFF s’est forgé une identité de parti de jeunes intellectuels et penseurs défendant l’éducation des Noirs[40]. »

Certains cadres quittent le parti en 2024, regrettant une direction trop personnelle de Julius Malema[41].

Idéologie

L’EFF déclare notamment s’inspirer de la « vaste tradition marxiste-léniniste et des courants de pensée fanoniens pour analyser l’État, l’impérialisme, la culture et les contradictions de classe dans chaque société »[42]. L'EFF se réclame aussi de Thomas Sankara[43]. Il place la redistribution des terres et l’éducation supérieure gratuite au centre de son discours[39].

Il est habituellement décrit comme nationaliste noir[44], de gauche nationaliste[45] et de gauche populiste[29].

L'EFF critique le Congrès national africain et l'Alliance démocratique pour leur position supposément favorable aux entreprises, qui aurait vendu le peuple noir d'Afrique du Sud au capitalisme en tant que main-d'œuvre bon marché. Il promet de lutter contre la corruption, de fournir des logements sociaux de qualité, de fournir un accès aux soins de première nécessité et une éducation pour tous gratuitement, tout en proposant d'exproprier les « terres volées », de nationaliser les secteurs minier et bancaire, de doubler les aides sociales et le salaire minimum et de supprimer le système de péage pour les autoroutes[46]. Le parti soutient la réintroduction de la peine de mort[47],[48], abolie en 1995 sous la présidence de Nelson Mandela. L'EFF était le seul parti parlementaire à s'être opposé au projet de loi de financement du parti politique de 2018[49].

L'EFF a vivement critiqué les chefs d'entreprise noirs et les propriétaires noirs de sociétés minières en Afrique du Sud. Dans une allocution prononcée devant l'Oxford Union en , Malema s'est élevé contre Patrice Motsepe, milliardaire et propriétaire d'une société minière[50],[51].

En , le parti reprend dans son programme une ancienne proposition panafricaniste demandant que l'Afrique du Sud soit rebaptisé « Azanie », que l'hymne national sud-africain soit expurgé de Die Stem van Suid-Afrika et que l'architecture des bâtiments soit revue et adaptée pour refléter l'histoire de la lutte des Africains contre le colonialisme. Il demande en outre, dans son programme pour les élections municipales de 2016, qu'une quarantaine de villes de la province du Cap-Occidental soient également rebaptisées (notamment Bredasdorp, Camps Bay, Durbanville, George, Hermanus, Oudtshoorn, Plettenberg Bay, Riebeek West, Stellenbosch, Swellendam, Tulbagh, Worcester, etc)[52],[53].

Le parti soutient le « programme anti-impérialiste » de la Russie contre l'OTAN[54].

L'EFF soutient la création d'une coalition englobant tous les partis d'opposition, notamment l'Alliance démocratique (DA), parti de centre droit libéral. Celle-ci a annoncé une coalition avec six petits partis, sans l'EFF, en vue des élections de 2024. « Si le DA nous avait invités, nous serions montés à bord » de ce train, a assuré Julius Malema. « Mais nous ne pouvons pas nous imposer (…) S'ils ne veulent pas de nous, nous travaillerons avec ceux qui veulent travailler avec nous »[55].

Le parti défend les droits des personnes LGBT et s'oppose, en 2023, à une loi anti-LGBT votée en Ouganda. À cette occasion, Malema déclare notamment : « Laissez les gens comme ils sont. Ce n'est pas votre problème, ce n'est pas notre problème, ce n'est pas un problème »[56]. Cette défense de la cause LGBT distingue l'EFF de nombreux partis panafricanistes (même de gauche) dont les positions sont souvent conservatrices sur ce sujet. Cependant, l'EFF a aussi pu être critiqué par des membres de la communauté LGBT sud-africaine en raison de ses liens avec des personnalités aux positions jugées homophobes[57].

Résultats électoraux

Score par province aux Élections générales sud-africaines de 2024

Assemblée nationale

Davantage d’informations Année, Voix ...
Année Voix % Rang Sièges
2014 1 169 259 6,35 3e
25  /  400
2019 1 881 521 10,79 3e
44  /  400
2024 1 529 961 9,52 4e
39  /  400
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Conseil national des provinces

Davantage d’informations Élection, Sièges ...
Élection Sièges +/-
2014
7  /  90
en augmentation 7
2019
11  /  90
en augmentation 4
Fermer

Assemblées provinciales

Davantage d’informations Année, Cap-Oriental ...
Année Cap-Oriental État libre d'Orange Gauteng KwaZulu-Natal Limpopo Nord-Ouest Mpumalanga Cap-du-Nord Cap-Occidental
2014
2  /  63
2  /  30
8  /  73
2  /  80
6  /  49
5  /  33
2  /  30
2  /  30
1  /  42
2019
5  /  63
4  /  30
11  /  73
8  /  80
7  /  49
6  /  33
4  /  30
3  /  30
2  /  42
2024
8  /  72
4  /  30
11  /  80
2  /  80
9  /  64
8  /  38
4  /  51
4  /  30
2  /  42
Fermer

Élections municipales

Davantage d’informations Élection, Votes ...
Élection Votes %
2016 3 202 679 8,31
2021 3 223 828 10,42
Fermer

Polémiques

Il est parfois accusé d'être un parti néofasciste versant dans le revanchisme face aux torts causés aux populations noires dans l'histoire de l'Afrique du Sud, s’appuyant sur les classes moyennes précarisées, tenant aussi un discours hypermasculiniste[58].

Le parti est également parfois décrit comme misogyne[59],[60],[61],[62] et incitant à la haine raciale[63],[64],[65]. Des féministes et l'Union nationale des métallurgistes d'Afrique du Sud ont critiqué le supposé « militarisme » du parti[66],[67]. Lors des manifestations de l'EFF, ses membres défilent parfois vêtus de combinaisons de chantier rouges, l'uniforme caractéristique de l'EFF représentant les travailleurs[68].

L'intellectuel marxiste Andile Zoulou accuse l'EFF de se focaliser sur les problématiques raciales pour expliquer la pauvreté et l'exploitation de la majorité des Sud-africains et de négliger le rôle du capitalisme. Selon lui, le parti n'est ni fasciste ni progressiste, idéologiquement ambigu et avant tout populiste[69].

Corruption

Une enquête menée par le centre amaBhungane de journalisme d'investigation a révélé que l'EFF avait reçu 500 000 rands de pots-de-vin d'une entreprise en contrepartie d'un contrat de 1,26 milliard de rands pour la gestion d'une flotte de véhicules utilisés par la ville de Johannesburg avec l'accord tacite de l'Alliance démocratique[70].

Tensions raciales

Le Horse Memorial à Port Elizabeth, qui rend hommage aux chevaux morts durant la seconde guerre des Boers, a été vandalisé en avril 2015 par des membres des Economic Freedom Fighters à la suite de l'appel lancé par leur chef Julius Malema à détruire les statues et monuments érigés durant la domination blanche de l'Afrique du Sud[71].

Le parti s'en prend frontalement à Jacob Zuma lors de la nouvelle session parlementaire de , provoquant l'expulsion de ses membres du parlement lors du discours présidentiel sur l'état de la nation[72].

L'EFF affirme qu'il « ne peut pas y avoir d'unité et de réconciliation sans justice » et appelle à une réforme agraire pour remédier aux injustices héritées de la colonisation et du régime d'apartheid[41]. Le parti estime que cette réforme doit être conduite dans le cadre de la Constitution sud-africaine, tout en laissant entendre qu'une révolution armée pourrait être menée en cas de résistance des classes possédantes[41].

En , à la suite de l'appel de Julius Malema à détruire tous les monuments et statues liés à l'histoire des Blancs sud-africains (monuments coloniaux, de l'Union d'Afrique du Sud ou de l'époque de l'apartheid), des membres des Economic Freedom Fighters mettent le feu au war memorial de Uitenhage, provoquant la consternation de nombreux résidents de la ville, inquiets pour la réconciliation entre les communautés sud-africaines[73]. Plusieurs autres monuments sont dans les jours suivants victimes de vandalisme (statues de Paul Kruger à Pretoria et à Rustenburg, Horse memorial à Port Elizabeth).

En 2016, les Economic Freedom Fighters participent et mènent plusieurs manifestations à l'université de Pretoria (pour que l'afrikaans ne soit plus une des langues alternatives d'enseignement et soit remplacé par des langues africaines[74],[75]) et à l'université de l'État-Libre (intrusions dans les bâtiments, vandalisme à la suite de bagarres entre manifestants noirs et étudiants blancs[76]), sur fond de persistance des tensions raciales en Afrique du Sud[77].

Le , à la suite de la publication d'une photo publicitaire d'un enfant noir portant un pull sur lequel il est écrit « le singe le plus cool de la jungle », EFF, jugeant la photo raciste, saccage des magasins vestimentaires de la marque H&M en Afrique du Sud[78],[79].

Lors d'un rassemblement politique en 2018, Julius Malema appelle à la destitution de Athol Trollip, maire de Nelson Mandela Bay, et déclare : « nous coupons la gorge à la blancheur »[80],[81]. Cela a conduit l'Alliance démocratique à accuser Malema de racisme[82]. Par la suite, l’EFF a déclaré que la référence à la « gorge de la blancheur » était une référence métaphorique à la destruction du supposé « privilège des Blancs » et ne faisait pas référence ni ne préconisait de causer un préjudice aux Blancs[83].

Lors des célébrations des dix ans du parti, le chef du parti, Julius Malema, provoque une polémique en entonnant le chant controversé « Dubul’ Ibhunu », issu de la résistance à l'apartheid mais aux paroles violentes envers les Boers[84].

L'EFF comprend des élus et militants blancs[68].

Notes et références

Articles connexes

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