Edmond Albius
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| Naissance | |
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| Statut |
Esclave (jusqu'en ) |
| Propriétaire |
Féréol Bellier Beaumont (d) |
Edmond Albius, né le à Sainte-Suzanne (La Réunion) et mort le dans la même commune, est un Réunionnais célèbre pour avoir découvert le procédé pratique de pollinisation de la vanille alors qu'il n'avait que 12 ans et était alors esclave.

Edmond, esclave et orphelin de naissance, naît en [1],[2]. Ses parents sont tous deux originaires du Mozambique. Sa mère, Mélise meurt en couche. Il ne connut jamais son père, un dénommé Pamphile qui semble s'être enfui à sa naissance. Il est recueilli par Féréol Bellier Beaumont[1] qui devient son maître. Celui-ci le traite comme s'il était son propre enfant et l'initie à l'horticulture et à la botanique[1].
S'il n'est pas à l'origine de la première fécondation artificielle de la vanille (effectuée indépendamment par Charles Morren en 1836, par un autre procédé[3]), c'est lui qui, en 1841 et alors qu'il n'a que douze ans, en découvre le procédé pratique de pollinisation, un procédé qui révolutionne la culture de cette épice[1],[4],[5] et permet à La Réunion de devenir pour un temps le premier producteur mondial et le berceau de la diffusion d'un nouveau savoir-faire[3]. Il se serait inspiré de la pollinisation manuelle de la courge que son maître lui aurait enseignée.
En effet, sept ans après la découverte d'Albius, l'île exporte ses premières vanilles, une petite dizaine de kilos. Après l'adoption du procédé Loupy - de Floris, les expéditions vont s'envoler. Elles passent de 267 kilos en 1853 à plus de 3 tonnes en 1858. À la fin du XIXe siècle, elles rapportent autant que le sucre. En 1892, près de 4 200 hectares sont plantées en vanille. Les expéditions atteignent 200 tonnes en 1898 et la vanille de l'île rafle les Grands Prix des expositions universelles de 1867 et de 1900[6].
Parce qu'elle est celle d'un enfant, noir et esclave de surcroît, la paternité de la découverte est toutefois rapidement contestée par les envieux[3]. À l'origine du développement de l'actuel Jardin de l'État de Saint-Denis, le botaniste Jean-Michel-Claude Richard prétend ainsi avoir enseigné la technique de fécondation à l'esclave trois ou quatre ans plus tôt[3]. Le jeune Edmond est alors vigoureusement défendu par Féréol Bellier Beaumont[3], le naturaliste Eugène Volcy Focard et un certain Mézières de Lépervanche au travers de nombreux courriers.
Malgré ce soutien, la controverse persiste, même après la mort des différents protagonistes. Au début du XXe siècle, un titre de presse va jusqu'à affirmer à tort qu'Edmond Albius était blanc. Devenu homme libre avec l'abolition de l'esclavage en 1848, il ne tire aucun bénéfice d'une invention qui fit la fortune des planteurs. Il meurt dans la misère et dans l'indifférence en 1880, à 51 ans[2],[3],[7].
L'écrivain Michaël Ferrier consacre le dernier chapitre de son livre Sympathie pour le Fantôme à Edmond Albius : « Voici donc l’histoire d’un esclave, un esclave noir sur la terre de France. Il va modifier l’histoire de son pays et celle du monde entier d’un seul mouvement de ses mains. » (Sympathie pour le Fantôme, Gallimard, 2010).
En 2018, l'écrivain dessinateur Mickaël Joron réalise le premier court-métrage d'animation, sur l'histoire d'Edmond Albius[8],[9].
En 2023, Gaëlle Bélem publie une biographie romancée, à la fois très réaliste et très sensible sur Edmond Albius (Le Fruit le plus rare ou la Vie d'Edmond Albius, Gallimard). Ce roman a obtenu le prix du roman métis des étudiants en 2025 et sa traduction a été retenue dans la liste des « 100 livres notables de l’année » du New York Times pour 2025[10].