Edward Steichen

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Edward Steichen, né Édouard Jean Steichen, est un photographe, peintre et botaniste américain d'origine luxembourgeoise, né le à Mondercange au grand-duché du Luxembourg et mort le à West Redding dans l'État du Connecticut.

Nom de naissance
Édouard Jean SteichenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
luxembourgeoise (jusqu'en )
américaine (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Edward Steichen
Edward Steichen par Fred Holland Day, 1901
Naissance
Décès
Nom de naissance
Édouard Jean SteichenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
luxembourgeoise (jusqu'en )
américaine (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Représenté par
Mouvement
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Dana Glover Steichen (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction
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Œuvres principales
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Directeur de rédaction de divers magazines de mode, galeriste et conservateur du MoMA de New York (1947-1962), il a été un trait d'union culturel entre les États-Unis et l'Europe.

Édouard Steichen est l'un des membres du mouvement artistique dit de la Photo-Secession animé et fondé par Alfred Stieglitz et Fred Holland Day.

Biographie

Enfance et formation

Édouard Jean Steichen, né le à Mondercange dans le grand-duché de Luxembourg, est le fils de Jean-Pierre Steichen et de Marie Kemp Steichen, une modiste, qui se sont mariés le [1],[2].

En 1880, alors que le jeune Édouard Jean Steichen est âgé d'un an, ses parents et lui rejoignent le port du Havre pour s'embarquer vers le port de New-York ; une fois arrivés, ils prennent la route pour Chicago et s'installent dans une pension de famille avant de partir pour Hancock, un village du Comté de Keweenaw dans le Michigan, où Jean-Pierre Steichen travaille dans les mines de cuivre[3].

Le , Jean-Pierre Steichen et Marie Kemp Steichen ont une fille qu'ils nomment Lilian et l'appellent par un surnom Lily[4],[5]. Pour améliorer leur niveau de vie, Marie Kemp Steichen ouvre une boutique / atelier de modiste. Catholique fervente elle fait partie des premières paroissiennes de l'église catholique Sainte Anne qui ouvre ses portes en 1885 et y fait baptiser ses enfants dont Édouard Jean Steichen[6].

En 1889, ils déménagent pour Milwaukee, dans le Wisconsin[1],[7].

Lors de l'Exposition universelle de 1893, les visiteurs peuvent admirer la plus grande photo jamais prise par le photographe J. C. Strauss (en) de Saint-Louis (État du Missouri), les organisateurs de l'exposition ont permis également l'installation de stands mettant en avant les industriels du domaine de la photographie comme Eastman Kodak de Rochester (État de New York), la Blair Camera Company de Boston, la Geneva Optical Company de Chicago. Seul un photographe est présenté Alfred Stieglitz qui se bat pour faire accepter aux États-Unis la photographie comme un art, comme l'a fait Peter Henry Emerson au Royaume-Uni. Le jeune Edward Steichen est fasciné par ce nouvel univers[8].

De 1894 à 1898, sur les recommandations de sa mère, Edward Steichen entre à la Milwaukee Fine Art Company ; il y apprend l'art et la technique de la lithographie et du dessin[5],[1].

Parallèlement en 1895, il entre comme apprenti à l'American Fine Art Gallery de Milwaukee où il approfondit la lithographie[5],[9].

Dès 1895, suite à l'achat d'un appareil photo d'occasion de type Kodak box, il commence à photographier son entourage et la campagne environnante, comme bien des photographes de son temps il essaie de copier les peintres se distinguant déjà par ses compositions d'ambiance, son utilisation poétique de la lumière, son goût pour le clair-obscur romantique[10],[5].

Il est naturalisé américain en 1900 avant de retourner en Europe où il s'installe à Paris.

Carrière

Edward Steichen se fait connaître comme peintre au tournant du XXe siècle. En 1900, avant de s'installer à Paris, il passe par New York où il rencontre Alfred Stieglitz. Lorsqu'il arrive à Paris il arrête ses études de dessin et commence une série de portraits des « Grands Hommes ». Parmi ceux-ci il y a Anatole France, Richard Strauss, George Bernard Shaw ou encore Henri Matisse. Il rencontre à ce moment Auguste Rodin qu'il a découvert à la bibliothèque de Milwaukee. Le sculpteur lui ouvre les portes de son atelier de Meudon ; il réalisera plusieurs séries de photographies de lui ainsi que de ses sculptures[1].

Le pictorialisme

Edward Steichen adhère aussi au mouvement pictorialiste, en devient l'un des maîtres ; il photographie les élégantes du bois de Boulogne.

En 1902, il rejoint Alfred Stieglitz aux États-Unis. Il participe, avec lui, à la création du mouvement dit de la Photo-Secession[1]. Selon Stieglitz c'est un mouvement qui veut « faire sécession avec l'idée convenue de ce que constitue une photographie. » Ensemble, ils fondent en 1903 la revue Camera Work dans laquelle les photos sont mises en valeur. Ils font découvrir aux Américains les artistes d'avant-garde de la photographie française. La même année, il crée sa propre galerie d'art à New York, The Photo-Secession Galleries, ou Galerie 291[1].

En 1910, Edward Steichen expose 31 de ses clichés lors d'une exposition organisée par Alfred Stieglitz à la Galerie d'art Albright-Knox de Buffalo dans l'État de New York[1].

En 1911, de retour à Paris, il réalise plusieurs photographies au sein des revues Gazette du bon ton et Jardin des modes et une série de clichés des robes confectionnées par le couturier Paul Poiret, série publiée pour illustrer un article titré "L'art de la robe" écrit par Paul Cornu dans les colonnes du numéro d'avril 1911 du magazine mensuel Art et Décoration de Lucien Vogel créant par conséquent le genre de la Photographie de mode[11].

Voulangis

Edward Steichen et sa famille s'installent à Voulangis dans le département de Seine-et-Marne, dans leur villa "L'Oiseau Bleu", ils y reçoivent régulièrement le peintre Arthur Beecher Carles (en) et son épouse, ainsi que Agnes E. Meyer (en), cette dernière leur présente Katharine Rhoades (en) et Marion H. Beckett (en). Durant ces années précédant le conflit à venir, Edward Steichen s'adonne à la botanique, ainsi, en 1912, il achète des graines auprès du botaniste américain Luther Burbank. Il concentre ses efforts sur des croisements afin de créer de nouvelles fleurs, pour cela il recrée les expériences du botaniste néerlandais Hugo de Vries, et vérifiant les hypothèses concernant les principes de l'hérédité biologique de Gregor Mendel, connues sous le nom des lois de Mendel. Il invite régulièrement Henri Matisse à visiter son jardin[12].

La Galerie 291

En 1913, Alfred Stieglitz organise dans sa galerie d'art la Galerie 291 une série d'expositions montrant les oeuvres de Edward Steichen, les caricatures d'Alfred Frueh, de Marius de Zayas, les dessins et aquarelles d'Abraham Walkowitz ainsi que de John Marin et des études de Francis Picabia. Plaçant Edward Steichen parmi les avant-gardistes de l'époque Pablo Picasso, George Braque, Marcel Duchamp. Edward Steichen comme Marius de Zayas sont convaincus que les artistes ne peuvent vivre reclus, loin du monde. À ce sujet Edward Steichen et Carl Sandburg sur le rôle et la place de l'art dans la vie tant nationale qu'internationale[13].

Première Guerre mondiale

Pendant la Première Guerre mondiale, il commande la division photographique des forces expéditionnaires américaines[1].

Au niveau artistique, à partir de 1915, il réalise des compositions radicalement différentes et prône une photographie « pure », la « straight photography ».

L'entre deux guerres

Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle, il revient à la « straight photography », il évolue ensuite progressivement vers la photographie de mode. Au début des années 1920, l'éditeur américain Condé Nast (en) le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l'élégance et le chic »[14]. Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow de Harper's Bazaar.

Il photographie Gloria Swanson en 1924, puis l'une de ses photographies de l'actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le , est considérée comme l'un des portraits inoubliables de l'actrice.

Seconde Guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Aviation Photographic Unit (en)). Son film documentaire, Le Combattant, remporte en 1945 l'Oscar du meilleur documentaire.

Sur le porte-avion USS Lexington,

Le musée d'art moderne de New York.

À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d'art moderne de New York.

Vie privée

En 1903, il épouse Clara E. Smith, le couple donne naissance à deux filles Mary Rose Steichen et Charlotte Rodina Steichen, le couple divorce en 1922 sur demande de son épouse suite à une aventure que Edward Steichen entretien avec la peintre Marion H. Beckett (en).

À partir de l'hiver 1972-1973, Edward Steichen est mourant, le , il bénéficie d'un lit médicalisé dans sa ferme "Umpawaug", à proximité de West Redding dans le Connecticut[1],[5],[15].

Edward Steichen y meurt le dimanche à 11h30 du matin, juste deux jours avant la date d'anniversaire de ses 94 ans[1],[5],[16].

Galerie

Œuvres

The Pond—Moonlight par Edward Steichen, 1904.

Edward Steichen est connu, parmi d'autres réalisations, pour avoir publié « The Family of Man » en 1955, une grande exposition au Musée d'art moderne de New York, présentant plus de 500 photos de 273 photographes, illustrant la vie, l'amour et la mort dans 68 pays. L'exposition a attiré plus de neuf millions de visiteurs, et, comme le souhaitait Steichen, a été donnée au Grand-Duché du Luxembourg pour être l'objet d'une exposition permanente à Clervaux[17]. Cette exposition est aujourd'hui inscrite à l'Unesco au registre de la Mémoire du monde .

Outre l'exposition « The Family of Man », une autre œuvre de Steichen est célèbre pour avoir été, un temps, la photographie la plus chère du monde : The Pond-Moonlight. En , cette œuvre des débuts pictorialistes de Steichen (datée de 1904) a été vendue 2 928 000 dollars[note 1] chez Sotheby's à New York, un record à l'époque[18]. Steichen a pris la photo à Mamaroneck près de la maison d'un de ses amis, le critique d'art Charles Caffin. La photo représente une zone boisée et un étang : la lumière de la lune apparaît entre les arbres et se reflète dans l'étang. Bien que le premier procédé couleur, l'autochrome, n'apparaisse qu'en 1907, Steichen réussit à créer une impression colorée en utilisant des couches de gommes sensibles à la lumière qu'il applique à la main. En 1904, bien peu de photographes utilisent cette technique expérimentale. Seuls trois exemplaires de cette photo sont connus (deux sont dans des musées) et comme l'usage des gommes est manuel, chaque exemplaire est unique.

Autobiographie

  • (en-US) Edward Steichen, A Life in Photography, Londres, W.H. Alen (réimpr. 1975, 1981, 1984, 1985, 1988) (1re éd. 1963), 292 p. (OCLC 1317941195, lire en ligne),

Essais et catalogues

  • (en-US) Edward Steichen et Dorothy Norman (dir.), The Family of Man : The Greatest Photographic Exhibition of All Time, New York, Published for the Museum of Modern Art by Maco Pub. Co, , 198 p. (ISBN 9780810961692, lire en ligne),
  • (en-US) Edward Steichen, A Life in Photography, New York, Doubleday & Company, Inc. (réimpr. 1984) (1re éd. 1963), 292 p. (ISBN 9780385055710, OCLC 552358, lire en ligne),
  • (en-US) Edward Steichen (dir.), Edward Steichen : Collection Of The Royal Photographic Society, Milan, Italie, Charta (réimpr. 1997) (1re éd. 1978), 92 p. (ISBN 9788881581054, OCLC 37127695, lire en ligne)
  • (en-US) Dennis Longwell et Edward Steichen, The Master Prints 1895-1914, The Symbolist Period, New York, Museum of Modern Art, , 188 p. (ISBN 9780870705816, OCLC 3854955, lire en ligne).

Articles

  • (en-US) Edward Steichen et Carl Sandburg, « Road to Victory, a Procession of Photographs of the Nation at War », The Bulletin of the Museum of Modern Art, vol. 9, nos 5-6, , p. 2-17 (16 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire).
  • (en-US) « Photography at the Museum of Modern Art », The Bulletin of the Museum of Modern Art, vol. 19, no 4, , p. 1-23 (23 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) « Photography: Witness and Recorder of Humanity », The Wisconsin Magazine of History, vol. 41, no 3, , p. 159-167 (9 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) « On Photography », Daedalus, vol. 89, no 1, , p. 136-137 (2 pages) (lire en ligne Accès libre),
  • (en-US) Jean Lipman, « Remembering Edward Steichen (1879-1973) », Archives of American Art Journal, vol. 33, no 2, , p. 20-21 (2 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire)

Expositions

Prix et distinctions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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