Effet Bruce

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L'effet Bruce est une forme d'avortement chez les mammifères, lorsque l'exposition d'une femelle enceinte à un mâle inconnu provoque l'échec de la préimplantation[1] ou de la postimplantation[2].

Cette interruption de grossesse a été constatée en laboratoire chez au moins 12 espèces de rongeurs. Les expériences menées consistent à mettre une femelle récemment fécondée en contact avec un nouveau mâle, ou son urine, ou son lit souillé. La femelle bloque alors l'implantation de ses embryons, ou les avorte, ou les réabsorbe. En fonction de l'espèce et des conditions expérimentales[3],[4],[5], l'interruption peut avoir lieu entre le moment de la conception et jusqu'à 17 jours ensuite.

L'effet Bruce a également été mis en évidence en conditions naturelles chez des primates, au sein de communautés de Gélada vivant dans le Parc national du Simien en Éthiopie[6].

Interprétation

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer le phénomène :

  • La femelle estime que le nouveau mâle est supérieur au précédent. En avortant, elle décide alors d'investir son temps et son énergie en s'accouplant avec le nouveau mâle, de façon à pourvoir sa progéniture des meilleurs gènes disponibles ;
  • La femelle estime que le nouveau mâle risque de tuer la portée à venir. Elle a donc intérêt à avorter plutôt que d'investir son temps et son énergie en pure perte ;
  • L'avortement profiterait uniquement au nouveau mâle, qui pourrait alors s'accoupler avec une femelle redevenue disponible après 1 à 4 jours. Richard Dawkins[7] estime même que l'effet Bruce est entièrement une manipulation du mâle qui va à l'encontre de l'intérêt de la femelle, et que le comportement d'auto-avortement de la femelle fait partie du phénotype étendu des gènes du mâle.

Recherches

L'effet Bruce est nommé d'après la chercheuse Hilda Margaret Bruce qui remarque en 1959 que les souris avortent si elles sont exposées à des mâles inconnus. Ce même effet a depuis été mis en évidence chez plusieurs rongeurs, chez des chevaux domestiques, et depuis 2012 dans la nature par la chercheuse Eila Roberts sur des singes géladas d'Éthiopie[8].

Articles connexes

Notes et références

Autres références

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