El Hamiz
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El Hamiz (en arabe : الحميز ; en tifinagh : ⴻⵍ ⵀⴰⵎⵉⵣ) est un quartier rattaché à la commune de Dar El Beïda[1] dans la wilaya d'Alger, en Algérie. Sa population est estimée à environ 46 000 habitants (2016)[2],[3]. Historiquement, la région était connue sous le nom de « Haouch El Bey », constituant un vaste domaine agricole rattaché au bey de Constantine à l'époque ottomane[4],[5]. Le quartier tire son nom actuel de l'Oued Hamiz qui le borde.
| El Hamiz | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Alger | |
| Ville | Dar El Beïda | |
| Arrondissement | Dar El Beïda | |
| Démographie | ||
| Population | 46 000 hab. (2016) | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 36° 43′ 47″ nord, 3° 13′ 50″ est | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Des rapports économiques le classent parmi les pôles commerciaux et logistiques les plus importants de la capitale algérienne[6],[7],[8] et du pays. Il représente un nœud central dans les réseaux d'échanges commerciaux transnationaux (académiquement qualifiés de « nouvelle route de la soie ») reliant les marchés algériens aux centres de fabrication en Chine[9]. Il concentre le poids national du commerce de l'électroménager, de l'électronique, des matériaux de construction et de l'électricité. Le quartier a connu une transformation économique accélérée pour devenir un centre régional de distribution de marchandises et une porte d'entrée majeure pour les échanges commerciaux.
Sur le plan économique, El Hamiz sert de lien vital entre le marché algérien et les fournisseurs internationaux. À l'instar de la ville d'El Eulma, le quartier attire un vaste réseau de commerçants locaux et de représentants d'entreprises étrangères, particulièrement de Chine[10],[9]. Cette intense activité a consolidé son statut de hub principal d'importation, de redistribution, et de flux de marchandises vers l'ensemble des wilayas du pays.
Histoire et évolution d'El Hamiz
Époque ottomane et origines : La région était anciennement connue par les habitants locaux sous le nom de « Haouch El Bey », ses terres formant un vaste domaine agricole appartenant au bey de Constantine, son dernier propriétaire avant 1830. À cette époque, la région était dominée par des marécages (sebkha) et était principalement exploitée pour le pâturage du bétail. Elle ne connaissait pas de peuplement permanent tout au long de l'année, servant plutôt de lieu de passage pour les tribus et leurs mouvements[4],[5].
Transformation agricole et urbaine : Après 1849, les terres ont été vendues et leur propriété a été transférée au colon Trémol Perez, qui a entrepris des travaux d'assèchement des marécages et de bonification des terres pour l'agriculture et l'élevage de chevaux. Plus tard, la famille Camps s'est distinguée comme l'une des familles les plus notables associées à la région. En 1912, Antoine Camps, ayant fait fortune dans la viticulture, a construit une somptueuse demeure connue sous le nom de « Château Camps ». Ce château se distinguait par une conception architecturale unique, comprenant une haute tour, de vastes jardins, des fontaines et de grandes portes en fer forgé[4],[5].
L'endroit a également connu une activité économique et industrielle précoce, marquée par la briqueterie « Gener », fondée en 1885. La région est liée à des personnalités et événements marquants, tels que Jean Camps (fils d'Antoine), qui fut l'un des premiers aviateurs en Algérie, et l'utilisation du château comme quartier général par les troupes de la British Army pendant la Seconde Guerre mondiale en 1942[4],[5].
- Photos historiques d'El Hamiz
- Le Château Camps vers 1917.
- El Hamiz en 1924.
- Anciennes écoles d'El Hamiz : un témoin de l'occupation humaine précoce.
- La Place des Palmiers et la Grande-Rue d'El Hamiz autrefois.
Post-indépendance et situation actuelle : Après l'indépendance de l'Algérie, la propriété du château et des terres est revenue à l'État algérien. Au fil du temps, le bâtiment historique a souffert de négligence et a été gravement endommagé par des tremblements de terre, le plus dévastateur étant le séisme de Boumerdès en 2003, qui a provoqué l'effondrement total de la tour du château, plongeant l'édifice dans un état de détérioration architecturale avancée[4],[5].
Transformation en pôle commercial : Avec l'étalement urbain accéléré de la capitale algérienne et l'ouverture économique, la région d'El Hamiz a progressivement perdu son caractère agricole. Grâce à son emplacement stratégique, elle a subi une transformation radicale, passant de terres agricoles à l'un des plus grands centres commerciaux et logistiques spécialisés dans la distribution en gros et au détail en Algérie[6],[7],[8].
Situation et Géographie
Le quartier d'El Hamiz bénéficie d'une situation stratégique au cœur de la plaine orientale de la Mitidja[11]. Il est bordé à l'ouest par la commune de Bab Ezzouar, à l'est par la commune de Rouïba, et au nord par Bordj El Kiffan. Administrativement, le quartier dépend de la commune de Dar El Beïda, classée parmi les communes disposant des ressources les plus élevées en Algérie, et occupant la première place dans la wilaya d'Alger en termes de ressources financières annuelles, selon le classement du Ministère de l'Intérieur basé sur le bilan de 2012[12],[13],[14].
Il occupe une position stratégique dans la banlieue est de la capitale, étant en contact direct avec l'Autoroute Est-Ouest, l'axe principal reliant l'est à l'ouest du pays. La force logistique de la zone réside dans sa proximité avec l'Aéroport international Houari Boumédiène et les grandes zones industrielles de Rouïba et Dar El Beïda, faisant d'El Hamiz un point d'ancrage pour le stockage et la distribution.
La zone tire son nom de l'Oued Hamiz, un cours d'eau vital qui prend sa source dans l'Atlas tellien, plus précisément à Fedj El Haoudine dans la wilaya de Médéa. L'oued traverse plusieurs wilayas avant de se jeter dans la mer Méditerranée entre Bordj El Kiffan et Bordj El Bahri.
Structure économique et commerciale
El Hamiz est un pôle commercial national et un moteur clé pour plusieurs marchés en Algérie en raison de la densité de son activité et du volume de ses échanges quotidiens. Sa puissance économique se manifeste à travers les axes suivants[6],[7] :
- Centralité de l'électroménager, de l'électronique et de la vaisselle : Le quartier abrite de grandes salles d'exposition et des entrepôts pour des marques nationales et internationales. Il constitue la principale plateforme de distribution (en gros et au détail) vers toutes les wilayas. On y trouve également une large diffusion de magasins d'articles ménagers et d'ustensiles de cuisine[15],[16].
- Technologie, caméras de surveillance et réseaux : Fournisseur majeur de matériel informatique, d'équipements réseaux, de systèmes de sécurité et de vidéosurveillance, constituant la destination privilégiée des techniciens et installateurs de systèmes intelligents[17].
- Distribution d'équipements électriques : De vastes centres de distribution pour l'électricité architecturale et industrielle (câbles, éclairage, tableaux électriques)[18].
- Matériaux de construction, quincaillerie et plomberie : Le quartier répond aux exigences des entrepreneurs et propriétaires de projets immobiliers avec une vaste offre en quincaillerie, machinerie industrielle, plomberie sanitaire, céramique et chauffage central[9].
- Pièces de rechange et accessoires automobiles : Une section vitale dédiée aux équipements automobiles[17].
- Zone SNTP et textiles : Un pôle indépendant pour le commerce de vêtements, textiles et chaussures en gros (nommé d'après sa proximité avec la Société Nationale de Travaux Publics)[17].
- Plateforme de logistique et B2B : Au-delà de la vente directe, El Hamiz intègre des sièges de sociétés d'importation et d'agences d'expédition accélérant le transport de marchandises, contribuant aux revenus fiscaux de la commune[9].
Intégration au réseau commercial mondial
El Hamiz, avec la ville d'El Eulma, est classé parmi les centres commerciaux les plus importants d'Algérie dans le cadre de la « route de la Soie » contemporaine reliant les fournisseurs chinois aux marchés locaux. Des études académiques montrent que cet axe transnational relie directement les centres de fabrication de la ville chinoise de Yiwu aux entrepôts d'El Hamiz[9],[19],[20].
Ce dynamisme économique a induit plusieurs transformations structurelles :
- Pôle logistique international : Réception et distribution de biens de consommation et d'équipements en provenance d'Asie[9].
- Nouvelle centralité urbaine : Émergence du modèle de la « maison-entrepôt », où les rez-de-chaussée servent d'espaces d'exposition ou de stockage tandis que les étages sont résidentiels[9].
- Intégration aux initiatives internationales : Renforcement du rôle de l'Algérie dans les échanges sino-africains[9].
Défis urbains et plans d'aménagement

Le quartier d'El Hamiz réunit simultanément deux aspects opposés. D'une part, une vitalité urbaine spontanée (qui se traduit simplement par le pouls de la rue et le mouvement continu des personnes), en tant que zone multifonctionnelle intégrant l'habitat, le commerce et les services en un seul lieu. La transformation rapide de la zone en un pôle commercial se manifeste par l'annulation de la distance entre le domicile et le lieu de travail ; cela permet aux commerçants un accès immédiat à leurs locaux et une gestion directe de leurs affaires sans les contraintes de déplacement, augmentant ainsi l'efficacité de l'activité économique individuelle. D'autre part, ce cliché s'inscrit dans la catégorie des problèmes urbains car cette croissance spontanée précède la planification réglementaire, où le modèle de la « maison-entrepôt » exerce une pression énorme sur les infrastructures ; la rue devenant un entrepôt à ciel ouvert (en raison des opérations de chargement et de déchargement), ce qui provoque un engorgement routier constant qui entrave la fluidité de la ville[21],[22],[23].
Le quartier a connu des tentatives gouvernementales pour réorganiser ou délocaliser l'activité commerciale, notamment en 2016. Cependant, ces initiatives se sont heurtées à la réalité du terrain : le marché regroupe plus de 2 000 grossistes opérant avec des registres de commerce officiels dans des locaux privés, rendant l'idée de suppression complexe et nécessitant des solutions alternatives étudiées[24],[25].
La forte activité génère des défis logistiques importants, notamment des embouteillages chroniques sur la route nationale 5 aux heures de pointe[26]. Pour y remédier, le quartier a été intégré au « Plan Jaune » de la wilaya d'Alger,, un projet stratégique visant à fluidifier la circulation via des feux tricolores intelligents et des espaces de stationnement aménagés[27],[28].
Logistique et infrastructures
El Hamiz bénéficie d'infrastructures logistiques majeures. Situé à quelques minutes de l'Aéroport international Houari Boumédiène, il est entouré de ports secs[26] facilitant le dédouanement et le stockage, renforçant sa position de véritable station de transit nationale.
Sièges souverains et administratifs
Le quartier abrite des institutions nationales de poids sécuritaire et technologique, dont :
- Le Centre National de Production des Titres et Documents Sécurisés : Responsable de l'émission des passeports, cartes d'identité biométriques et permis de conduire électroniques pour le nord du pays[29],[30]. Il s'agit de l'un des deux seuls pôles nationaux, avec celui de Laghouat pour le sud[31].
- Direction des Unités Républicaines de Sécurité (URS) : Quartier général national, nommé en juillet 2024 au nom du Moudjahid Mohamed Knifed. Force d'intervention rapide de la Sûreté Nationale[32],[33].
- Société Nationale de Travaux Publics (SNTP) : Entreprise publique économique algérienne spécialisée dans les grandes infrastructures (routes, ponts, aéroports)[34],[35].
Galerie
- Quartier d'El Hamiz
- Une photo du centre d'El Hamiz sous la pluie
- La route nationale 5 à El Hamiz le matin
- Route secondaire d'El Hamiz au coucher du soleil
- Une photo d'une route secondaire sous la pluie
- Une photo d'une des routes secondaires d'El Hamiz
- La route nationale 5 en direction de Bab Ezzouar de nuit
- La route nationale 5 à El Hamiz en direction de Bab Ezzouar
- La route nationale 5 à El Hamiz après 17h00
- Parking d'El Hamiz
- Une photo du centre d'El Hamiz de nuit