Endomètre

muqueuse de l'utérus From Wikipedia, the free encyclopedia

L'endomètre est la couche interne épithéliale de l'utérus chez les mammifères, accompagnée de sa membrane muqueuse. Il consiste en deux couches : une basale et une fonctionnelle. La couche fonctionnelle se renouvelle à partir de cellules souches[1] puis est évacuée lors de la menstruation chez les humains et certains mammifères, dont les grands singes, les primates de l'ancien monde, certaines espèces de chauve-souris, le musaraigne-éléphant[2] et le rat épineux du Caire[3]. Chez la plupart des autres mammifères, l'endomètre est réabsorbé à la fin de l'œstrus. Lors d'une grossesse, les glandes deviennent plus nombreuses et l'endomètre devient aussi richement vascularisé pour accueillir un embryon lors de la nidation. Il est alors parfois appelé dentelle utérine. L'endomètre participe avec l'embryon à la constitution du placenta, qui apporte de l'oxygène et des nutriments au fœtus[4],[5]. L'hypothèse d'un microbiote endométrial[6] est contestée[7],[8].

Système
Nom latin
Tunica mucosaVoir et modifier les données sur Wikidata
MeSH
D004717Voir et modifier les données sur Wikidata
TA98
A09.1.03.027Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Système, Nom latin ...
Endomètre
Détails
Système
Identifiants
Nom latin
Tunica mucosaVoir et modifier les données sur Wikidata
MeSH
D004717Voir et modifier les données sur Wikidata
TA98
A09.1.03.027Voir et modifier les données sur Wikidata
TA2
3521Voir et modifier les données sur Wikidata
FMA
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Structure

Coupe histologique de l'endomètre vue au microscope optique

L'endomètre consiste en une couche simple d'épithélium cylindrique sur un tissu conjonctif, ce dernier étant aussi appelé stroma dans la littérature scientifique. L'épaisseur de ce tissu conjonctif évolue en fonction des niveaux d'hormones. A l'intérieur de l'utérus, des glandes cylindriques simples vont de la surface de l'endomètre jusqu'à la base du tissu conjonctif, qui acheminent aussi un apport sanguin depuis les artères spiralées utérines. Chez une femme en âge de procréer, deux couches d'endomètre peuvent être distinguées. Ces deux couches sont présentes uniquement à l'intérieur de l'utérus, et non à l'intérieur des tubes utérins (anciennement appelés trompes de Fallope)[4],[5].

  • La couche fonctionnelle est adjacente à la cavité utérine. Cette couche se développe à partir de cellules souches[1] à la fin des menstruations, dans la première partie du cycle menstruel. La prolifération des cellules d'endomètre, qui donne son épaississement, est provoquée par de l'œstrogène produit par les ovaires : il s'agit de la phase folliculaire du cycle menstruel. Ensuite, lors de la phase lutéale, des modifications à cette couche seront induites par du progestérone provenant du corps jaune (corpus luteum). L'endomètre est alors un environnement optimal pour l'implantation et la croissance d'un embryon. Sans embryon, cette couche se désintègre pour être évacuée lors des menstruations.
  • La couche basale, sous la couche fonctionnelle et adjacente au myomètre, n'est jamais évacuée. Les cellules souches qui s'y trouvent, développent la couche fonctionnelle qui la couvre.

En absence de progestérone, les artères qui acheminent du sang à la couche fonctionnelle se resserrent, provoquant une ischémie qui mène au décès des cellules d'endomètre et une menstruation.

Il est possible d'identifier la phase du cycle menstruel en se référant au cycle ovarien ou au cycle utérin par l'observation de différences microscopiques lors de chaque phase. Par exemple, dans le cycle ovarien :

Davantage d’informations Phase, Jours ...
PhaseJoursEpaisseurEpithélium
Phase menstruelle1–5FineAbsent
Phase folliculaire5–14MoyenneCylindrique
Phase lutéale15–27EpaisseCylindrique. Les vaisseaux arqués de l'utérus sont également visibles.
Phase ischémique27–28Cylindrique. Les vaisseaux arqués de l'utérus sont également visibles.
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Expression des gènes et des protéines

Environ 20,000 gènes codants pour les protéines s'expriment dans les cellules humaines, dont ~70% s'expriment dans l'endomètre normal[9],[10]. Une centaine de ces gènes s'expriment plus spécifiquement dans l'endomètre, avec seulement une poignée hautement spécifiques à l'endomètre lui-même. Les protéines qui y correspondent spécifiquement s'expriment dans les cellules glandulaires et stromales de la muqueuse endométriale. L'expression de plusieurs de ces protéines peut varier en fonction du cycle menstruel, par exemple le récepteur de la progestérone et celui de l'hormone thyréotrope qui s'expriment tous les deux lors de la phase proliférative, et la protéine endométriale associée aux progestogènes qui s'exprime lors de la phase de sécrétion. D'autres protéines, telles que la protéine de boîte homéotique HOX-A11 qui est nécessaire à la fertilité chez les femmes et les femelles, s'expriment dans les cellules stromales d'endomètre pendant tout le cycle menstruel. Certaines protéines spécifiques comme le récepteur d'œstrogène s'expriment aussi dans d'autres types de tissus spécifiques aux femmes et aux femelles, tels que le col de l'utérus, les tubes utérins, les ovaires et les seins[11].

Fonction

L'endomètre est la couche interne de l'utérus, consiste lui-même en deux couches (la couche basale et la couche fonctionnelle - voir Structure), et empêche la formation d'adhérences entre les parois du myomètre, maintenant ainsi la perméabilité de la cavité utérine. Pendant le cycle menstruel ou l'œstrus, l'endomètre s'épaissit et s'alimente en vaisseaux sanguins. Ainsi est créée la couche fonctionnelle, un environnement optimal pour l'implantation d'un blastocyste à son arrivée dans l'utérus. L'implantation peut se produire dans n'importe quel tissu du corps humain (cas des grossesses extra-utérines spontanées, par exemple) ; l'endomètre est un des rares tissus dans lequel un blastocyste ne peut pratiquement pas s'implanter excepté durant la fenêtre implantoire[12]. L'endomètre est central, échogène (peut être détecté par échographie), et il a une épaisseur moyenne de 6,7 mm (épaisseur moyenne différente chez d'autres espèces).

Lors d'une grossesse, les glandes et vaisseaux sanguins de l'endomètre continuent d'augmenter en taille et en nombre. Des espaces vasculaires fusionnent et deviennent interconnectés, formant le placenta, qui fournit de l'oxygène et des nutriments à l'embryon et au fœtus.

Cycle

La couche fonctionnelle de l'endomètre est régénérée à partir de cellules souches[1], de façon cyclique. Les humains, les grands singes, et certaines autres espèces ont un cycle menstruel, alors que la plupart des mammifères ont un œstrus[2]. Dans les deux cas, en début de cycle l'endomètre prolifère sous l'influence de l'œstrogène. Une fois qu'il y a ovulation, le corps jaune produit des quantités de progestérone. Cela modifie la prolifération de l'endomètre, qui devient sécréteur ; on parle alors de la phase lutéale. Cette couche sécrétrice est un environnement idéal pour un ou plusieurs blastocystes.

Une fois l'ovule fécondé, il pourra s'implanter dans la paroi de l'utérus et interagir avec le corps du parent par le biais de l'hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG). L'hCG fournit une rétroaction continue tout au long de la grossesse en maintenant le corps jaune, qui continue à sécréter du progestérone et de l'œstrogène. S'il y a implantation, l'endomètre se transforme en caduque. Cette caduque basale fera partie du placenta, qui soutient et protège la gestation.

Sans fécondation et/ou implantation, chez la plupart des mammifères l'endomètre est réabsorbé à la fin de l'œstrus. Chez les espèces ayant un cycle menstruel, l'endomètre est évacué. Dans ce cas, le processus d'évacuation commence par la décomposition de la muqueuse, la déchirure de petits vaisseaux sanguins conjonctifs, avec ensuite la perte des tissus et du sang qui l'avaient constitué à travers le vagin. L'ensemble du processus se déroule sur une période de plusieurs jours. Les menstruations peuvent être accompagnées d'une série de contractions utérines ; celles-ci aident à expulser l'endomètre menstruel.

Sans stimulation de l'endomètre par des hormones, l'endomètre reste mince et la couche basale est inactive. Chez l'humain, cela s'appelle l'aménorrhée, l'absence de menstruations. Après la ménopause, l'endomètre est parfois décrite comme étant atrophique. L'utilisation à long terme d'une contraception orale contenant une forte dose de progestatifs peut également induire une atrophie de l'endomètre. En contraste, l'endomètre exposé à des œstrogènes de manière chronique, mais sans progestérone, peut devenir hyperplasique[13],[14].

Le cycle menstruel chez l'humain dure en moyenne 28 jours. L'endomètre se développe sur des cycles différents chez d'autres mammifères ayant un cycle menstruel. Divers facteurs peuvent affecter son développement, tels que les saisons, le climat, ou le stress. Comme vu dans le paragraphe Structure, l'endomètre produit aussi certains hormones à différentes étapes du cycle, ce qui interagit avec l'organisme.

Recherche

Modèles d'endomètres

La compréhension de l'implantation embryonnaire reste limitée, car ce stade est difficile à observer directement et les études reposent surtout sur des échantillons statiques d'hystérectomie. Les modèles in vitro existants — lignées cellulaires, organoïdes ou assembloïdes — n'arrivent pas encore à reproduire fidèlement l'organisation et la physiologie de l'endomètre réceptif, ce qui restreint l'étude des interactions embryon‑endomètre et du développement post‑implantatoire. Les différences entre espèces compliquent aussi l'utilisation de modèles animaux, tandis que les blastoïdes offrent une alternative prometteuse mais encore imparfaite[15].

A partir de cellules épithéliales et stromales issues de biopsies endométriales de donneuses en bonne santé, puis d'organoïdes, des chercheurs ont donc mis au point des modèles in vitro de muqueuse utérine de plus en plus réalistes que les précédents. En 2025, ils manquent encore d'éléments comme les cellules immunitaires ou un apport sanguin, mais récapitulent les compartiments luminal, glandulaire et stromal de la couche superficielle de l'endomètre humain réceptif, permettant des avancées majeures pour comprendre le processus d'implantation et explorer de nouvelles pistes thérapeutiques[16]. Ils ont permis d'observer comment des embryons humains ou des blastoïdes s'attachent, s'enfoncent et poursuivent leur développement, un processus normalement difficile à étudier[16].

Ils ont révélé des différences marquées entre tissus provenant de patientes ayant connu des échecs répétés d'implantation, et ont permis de tester plus de 1 100 médicaments pour identifier des composés susceptibles d'améliorer la réussite de la FIV[16].

Deux autres équipes ont créé des modèles alternatifs d'endomètre, tous capables de soutenir le développement embryonnaire jusqu'à la limite éthique de 14 jours et de reproduire des étapes clés comme la formation du sac vitellin ou des cellules destinées au futur placenta[16].

Pathologies liées

Autres images

Références

Voir aussi

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