Eric Lu
pianiste américain
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Eric Lu [ɛrɪk.ˈlu] (ou rarement en français Éric Lu), né le à Bedford (Massachusetts), est un pianiste américain, vainqueur du concours de Leeds en et du concours Chopin en .
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Biographie
Formation et premiers concours (1997-2015)
Il naît le à Bedford (Massachusetts). Il est d'origine chinoise et taïwanaise[1].
Élève de l'Institut de musique Curtis à Philadelphie[2], il se forme auprès de Dang Thai Son, Jonathan Biss et Robert Mac Donald[3].
Première participation au concours Chopin et premier album (2015-2018)
En de la même année, il participe une première fois (en) au Concours international de piano Frédéric-Chopin à Varsovie[5]. Il se lie d'amitié avec Charles Richard-Hamelin, qui y est alors également candidat[6]. Lu obtient finalement le quatrième prix[5], ce qui le révèle sur la scène internationale[7].
En 2017, il gagne l'International German Piano Award (en) à Francfort[3].
Début 2018, il sort son premier album avec des œuvres tardives de Mozart, Schubert et Brahms[8].
Consécration au concours de Leeds et poursuite de sa carrière (2018-2020)
En , il remporte le premier prix du Concours international de piano de Leeds[5],[9]. Deux mois plus tard, il donne un récital à Bristol[10].
En 2019, il joue à la Fondation d'entreprise Louis-Vuitton[11].
En 2020, il sort diplômé de l'Institut Curtis[7] et enregistre, en un album, les Vingt-quatre préludes op. 28 de Chopin, l'Intermezzo op. 117 no 1 de Brahms ainsi que les Geistervariationen (en) de Schumann[5].
En , il se produit à la Philharmonie nationale de Varsovie — où il a concouru quatre ans et demi plus tôt — aux côtés de Niklas Willén[12].
Ralentissement dû au Covid et reprise (2020-2025)

En , Lu publie un album dédié à Schubert[13]. Malgré cela, le mois suivant, Le Devoir remarque que « la Covid-19 a quelque peu entravé l'envol de sa carrière[13] ».
Début 2023, il se produit au Queen Elizabeth Hall de Londres[14]. À cette période, estimant que sa carrière « avance bien, mais pas au niveau auquel [il] aspire », il envisage de recandidater au concours Chopin. Ses proches accueillent assez mal ce nouveau projet[15].
En , il se produit au Festival international de piano de La Roque d'Anthéron, dans le Midi de la France[16].
En 2025, il sort un album centré sur les impromptus de Schubert[7].
Victoire au concours Chopin (2025)

En , Lu risque sa réputation[17] en participant une seconde fois (en) au concours Chopin. Il y remporte cette fois le premier prix, devant le Canadien Kevin Chen[18],[19],[20],[21].
Le quotidien britannique Financial Times rapporte que sa victoire est « controversée, mais méritée »[22]. L'agence de presse polonaise Polska Agencja Prasowa (PAP) évoque, quant à elle, une « surprise » à l'annonce des résultats[23].
Un album contenant des extraits des auditions de Lu sort en novembre[24].
Accueil critique
Années 2010
En , juste après son passage au concours Chopin, Élisabeth Schneiter, du webzine français ResMusica, observe déjà que Lu « se joue de tout avec une facilité fascinante, dans un style « Chopin abstrait », teinté d'une grâce presque féminine[25]. »
En , Maciej Chiżyński du même webzine estime que « le jeu d'Eric Lu est de bout en bout fascinant. On est saisi non seulement par le naturel et la beauté des phrasés, mais également par la variété de ses nuances, sa sonorité ronde, pure et riche en harmoniques, de même que par sa compréhension du style de ces pièces et sa capacité à émouvoir. Les émotions que ses interprétations expriment tout au long de leur durée poétisent et animent les moindres détails de ces partitions[8]. »
En , Rian Evans (The Guardian) écrit à la suite d'un récital à Bristol, deux mois après sa victoire au concours de Leeds : « Lu semble déjà posséder quelque chose du toucher magique des premiers lauréats de Leeds, Murray Perahia et Radu Lupu, et est certainement l'un des talents les plus prometteurs depuis longtemps. Un véritable poète du clavier[10]. »
En 2019, après la sortie de son album du concours de Leeds, Benedict Hévry (ResMusica) décrit Lu comme « un pianiste majeur de la génération montante, doublé d'un musicien raffiné et exigeant[3] ».
Années 2020
En 2020, Christophe Huss, du quotidien québécois Le Devoir, considère Lu comme « tout sauf une « bête de concours », mais plutôt un vrai artiste, à l'âme étonnamment nostalgique pour un jeune homme de vingt-deux ans[5] ». En revanche, Chiżyński, qui assiste à son récital à Varsovie, est plus négatif qu'en 2018 : « son jeu est, par instants, empli de finesse, mais il manque tout de même de profondeur […]. Sa prestation exagérément conceptuelle est dépourvue de la mélancolie typiquement « slave », et manque d'entrain […]. On aurait souhaité être davantage galvanisé, la faute à certains phrasés trop longs, les forte pas assez charnus, la pédale droite trop présente[12]. »
Après un concert au Queen Elizabeth Hall (Londres) en , Alexander Hall (Bachtrack (en)) voit en Lu « un artiste remarquablement sobre, peu enclin à l'ostentation ou à la provocation. […] La gamme dynamique extraordinairement détaillée de Lu, les textures légères comme une plume du Scherzo et les rayons de soleil qui se détachent sans cesse sur la pénombre pesante témoignent tous du fait que Lu habite pleinement l'univers de Schubert[14]. »
En 2023, Huss félicite Lu pour son nouvel album Schubert : « cet Américain de vingt-cinq ans […] est un artiste rare et précieux que nous avons hâte de voir en récital […]. Il se distingue par sa finesse de toucher, un art des subtiles transitions et une hypersensibilité qui parvient à ne jamais tomber dans l'artificiel ou la mièvrerie. […] Magnifique CD[13]. » Claire Jackson (BBC Music Magazine (en)) confirme ce jugement positif : « Le premier mouvement de l'avant-dernière sonate pour piano de Schubert, D959, est magnifiquement interprété dans ce dernier album […]. Le talent de Lu se poursuit dans le solennel Andantino, qu'il imprègne d'un charme choral. […] Un mouvement final virtuose [d'une autre sonate] confirme la place de Lu parmi les schubertistes d'aujourd'hui[26]. »
Discographie
- 2018 : Late Works by Mozart, Schubert & Brahms
- 2018 : Beethoven: Piano Concerto No. 4 - Chopin: Piano Sonata No. 2 & Ballade No. 4 (Live)
- 2020 : Chopin - Brahms - Schumann
- 2022 : Schubert: Piano Sonatas D. 784 & 959
- 2025 : Schubert: Four Impromptus, Op. 90, D. 899