Ils garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis la Réunion et Mayotte.
Elles constituent le point d'appui principal du théâtre Océan Indien pour lutter contre les menaces régionales, telles que la piraterie ou l'immigration illégale, assurer la surveillance des Zones Economiques Exclusives (ZEE) associées à l'ensemble des îles de la zone de responsabilité et conserver une capacité régionale d'intervention rapide.
Le positionnement de l'île de la Réunion lui a conféré un rôle stratégique d'importance variable selon les époques.
La Réunion est déjà à l'époque de la Route des Indes une position française située entre Le Cap et les comptoirs d'Inde, bien qu'éloignée du Canal du Mozambique. L'île Bourbon (son appellation sous l'Ancien Régime) n'est pourtant pas la position préférée pour le commerce et l'armée. En effet, le gouverneur Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais affirme alors que l'Isle de France (l'île Maurice) est une terre d'avenir, grâce à sa topographie peu contraignante et à la présence de deux ports naturels. Il considère que Bourbon a plutôt pour vocation d'être un entrepôt ou une base de secours pour l'Isle de France[1].
L'ouverture du Canal de Suez en 1869 détourne une grande partie du trafic maritime du sud de l'Océan Indien et réduit l'importance stratégique de l'île. Ce déclin est confirmé par l'importance accordée à Madagascar, bientôt colonisée[2].
Force de souveraineté et force de présence dans une zone de responsabilité permanente aux élongations importantes, les FAZSOI remplissent un large éventail de missions qui sollicitent les capacités des trois armées:
Des missions de souveraineté dans la Zone de Responsabilité Permanente (ZRP) des FAZSOI en maintenant une présence permanente sur les îles Eparses Europa, Juan de Nova et Glorieuses, en assurant des missions de police des pêches, de recherche et de sauvetage en mer, de lutte contre la piraterie et de surveillance des approches maritimes;
Des missions de surveillance et de protection de la navigation commerciale et des intérêts français dans la Zone Economique Exclusive (ZEE);
Des missions de formation au Centre d'aguerrissement tropical de la Réunion (CATR) du 2eRPIMa et au centre d'instruction et d'aguerrissement nautique (CIAN) du DLEM;
L'organisation d'activités de coopération régionale;
La conduite ou la participation à une opération militaire dans un environnement national ou multinational dans la zone.Le Transall des FAZSOI en mission sur l'Île Tromelin en 2013.
Exercice
Tous les 2 ans, les FAZSOI réalisent un grand exercice interarmées multinational, souvent avec la participation de troupes étrangères de la région. Ces manœuvres sont intitulées «Papangue».
Du 11 avril au 14 avril 2022, la mission Jeanne d'Arc a participé à l’exercice PAPANGUE sur l’île de La Réunion. Organisé sous l’égide de la Commission pour l’océan Indien (COI) dont la France est membre permanent et mené par les Forces armées dans la zone sud de l’océan indien (FAZSOI), l’exercice PAPANGUE a consisté à conduire une évacuation de ressortissants (RESEVAC) par la voie aéromaritime[3].
Du 07 au 12 avril 2024 s’est déroulé l’exercice PAPANGUE sur l’île de La Réunion. Les Forces Armées dans la Zone Sud de l’Océan Indien (FAZSOI) et les forces partenaires de la Commission de l’Océan Indien (COI) se sont entrainées pendant près d’une semaine sur une opération menée, en mer, sur terre et dans les airs[4].
Les FAZSOI se composent de 1 700 militaires des trois armées dont près de 140 permanents[6] ainsi que de 300 civils de La Défense.
Commandement
Les FAZSOI sont placées sous la responsabilité d'un Commandant Supérieur (COMSUP FAZSOI), qui est lui-même sous le commandement opérationnel du chef d'état-major des armées (CEMA). Ce Commandant supérieur est un officier général de l'Armée de terre qui a le grade de général de brigade ou de général de division. Le poste de commandement des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien est situé à la caserne Lambert de Saint-Denis.
La compagnie de commandement et de soutien comprend une section commando d’appui à l’engagement (SCAE) composée du groupe de commandos parachutistes (GCP) et du groupe d’assaut par mer (GAM).
Le 5e régiment étranger est basé à Dzaoudzi. Il est stationné au Quartier Cabaribère sur l'île de Dzaoudzi. Il comprend deux unités élémentaires. Le 5eRE dispose du centre d'instruction et d'aguerrissement nautique (CIAN) installé sur la plage du Bouilleur et d'un camp brousse à Kwale.
L'ensemble de la flotte militaire basée à Port Réunion photographiée en 2002. De gauche à droite: le patrouilleur austral Albatros P681 (désarmé en 2015), la frégate Floréal (F730) à couple, derrière les patrouilleurs type P400La Rieuse P690 (transféré au Kenya en 2011) et La Boudeuse P683 (désarmé en 2011) et le patrouilleur de gendarmerie maritime la Jonquille P721 (basé à Toulon depuis 2008), le BATRALLa Grandière à couple du BSM Garonne A617, derrière la citerne CIGH22, et en bas à droite la vedette de sureté maritime et portuaire (VSMP) Vetiver (P790) (à sec).La vedetteOdet (P611) de la Gendarmerie maritime et la poupe du remorqueurMorse (Y770) à Dzaoudzi en 2009.
Les forces navales sont réparties entre la Réunion, où se trouve la base navale du Port des Galets, et Mayotte où est implantée la base navale de Dzaoudzi (statut obtenu le , auparavant élément de base navale (ELBN))[7]. Elles se composent d'éléments de la force d'action navale et de la Gendarmerie maritime.
Le Champlain (A623) admis en service actif en 2017. Il remplace le bâtiment de transport léger La Grandière (L9034) rentré à Brest en 2016 pour son désarmement.
Bâtiments de soutien
2 pousseurs de port de type PS4 B, le no36 admis au service actif en 1996 et le no37 admis au service actif en 1997[11]
Le Vetiver (P700) admis au service en 2010, 12,3 m de long (avec 2 × 250 cv) et armé par un équipage de deux hommes. Il remplace la vedette de servitude côtière (VSC) Vetiver (P790), une ancienne vedette de la gendarmerie maritime de La Réunion..
Le CTM 13, lancé et admis au service actif en 1983 et armé par un équipage de six hommes. Utilisé notamment pour le DLEM. Il remplace le CTM 18 depuis 2017 ou 2018.
Bâtiment de soutien
1 remorqueur portuaire et pousseurs type RT 10 T, le Morse (Y770), admis au service actif en 2004 et armé par un équipage de quatre hommes. Il remplace le remorqueur portuaire de type Aigrette Martinet (Y636) désarmé en 2007.
À partir du poste de commandement de l’action de l’État en mer (PC AEM), la marine exploite notamment quatre radars de veille répartis sur le département.
Autres unités militaires dans le sud de l'océan Indien
Un certain nombre de personnels de statut militaire servent dans le sud de l'océan Indien sans appartenir directement aux Forces armées de la zone sud de l'océan Indien. Il s'agit:
des éléments de la Gendarmerie nationale à la Réunion et à Mayotte. Ces éléments mettent notamment en œuvre des hélicoptères de type EC145 et AS350 Écureuil pour les missions de surveillance, de secours et d'intervention, ainsi que des véhicules blindés à roues de la Gendarmerie (VBRG). Destinés essentiellement au maintien de l'ordre, ces véhicules sont les seuls engins blindés déployés en permanence par les forces armées françaises dans la zone de l'océan Indien.
PGHM de La Réunion. Départ d'une équipe de secours
Le commandement de la gendarmerie (COMGEND) de La Réunion est subordonné au commandement de la gendarmerie outre-mer[15]. Commandé par un général de brigade[16], il dispose de 743 hommes et femmes répartis en 3 compagnies (7 communautés de brigades et 16 brigades territoriales), 1 escadron de sécurité routière (4 brigades motorisées), 1 escadron de gendarmes mobiles, 1 section de recherche (SER), 1 peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) ainsi que plusieurs autres unités spécialisées. C'est la formation de Gendarmerie la plus importante des départements et collectivités d’outre-mer. La Gendarmerie de La Réunion est responsable de la sécurité sur 87,66% du département occupée par 62% de la population. Elle est également compétente sur les Îles Éparses (Europa, Juan de Nova et Les Glorieuses) où elle assure de manière permanente des missions de police administrative par délégation du préfet des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et de police judiciaire par habilitation du procureur général de Saint-Denis. Force de police à statut militaire, la Gendarmerie est rattachée au ministère de l’Intérieur pour l’exercice de ses missions de sécurité intérieure et au ministère de la Défense pour l’exercice des missions de défense. Elle agit sous le contrôle de l'appareil judiciaire (Parquet, juges d'instruction) dans l’exercice de ses missions judiciaires[17].
1 brigade nautique (BN) de Pamandzi, dotée notamment de deux embarcations semi-rigides RHIB 11 Hard Top de 11 mètres. (Raidco Marine), le Kondzo (ESCG 0701) et le M'Djabbar (ESCG 0903)
Le mot «gendarmerie», lorsqu'il désigne l'organisme d’État à caractère unique, e.g. dans les expressions «la Gendarmerie» ou «la Gendarmerie nationale», prend une majuscule comme cela est préconisé dans les conventions typographiques de Wikipédia, notamment au § «Organismes uniques» et au § «Unités militaires»; dans les autres cas, il garde la minuscule, comme pour la «gendarmerie outre-mer» ou les «forces de gendarmerie»
Olivier Fontaine, Quelle défense pour l'île Bourbon?: l'organisation de la défense et ses répercussions sur la population durant la période royale, , 210x297
Yasmine Siddarmya, De la clé des Indes à la clé de France: 1815 à 1840 ou La défense militaire de l'île Bourbon, à travers le parc d'Artillerie, 1815 à 1840, , 210x297
Charles Michel, Les îles Éparses: un avenir à inventer étude géopolitique de l'espace constitué par les îles Europa, Bassas da India, Juan de Nova, les Glorieuses et Tromelin, Université de La Réunion, , 232p., 210x297 (lire en ligne)
Cyril Bouvard, Soldats de l'Empire à l'île Bonaparte: personnel militaire, organisation, comportements et attitudes des troupes en temps de guerre,1803-1810, Université de La Réunion, , 164p., 210x290
Georges Ripol, Les forces aériennes françaises dans la zone Sud de l'océan Indien: 1929-2004: du camp d'aviation d'Ivato à la B.A. 181 de Saint-Denis-Gillot: soixante-quinze [75] années de présence de l'Armée de l'air à Madagascar et à La Réunion, Saint-Denis de La Réunion, Université de La Réunion, , 514p. (lire en ligne)
Autres publications
Pierre Maurice, Géopolitique et géostratégie dans l'hémisphère sud: actes du colloque international, Saint-Denis de La Réunion, Université de la Réunion, , 556p., 210x297 (ISBN2-905607-17-3)
(en) Alvin J Cottrell, Sea power and strategy in the Indian Ocean, Sage Publications, , 148p., 23x?cm (0-8039-1577-2)