Famille Colas
famille française issue de la noblesse orléanaise d'Ancien Régime
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La famille Colas est une famille française subsistante de noblesse d'extraction[2],[3] sur preuves de 1389[4], originaire de Paris puis établie en Beauce orléanaise.
de la Borde (éteinte en 1675)
de Brouville (éteinte en 1879)
de Brouville-Malmusse (éteinte en 1827)
des Francs (subsistante, ANF 1954)
des Francs de Parabère (subs., ANF 1954)
de Jouy (éteinte en 1671)
de La Fère (éteinte en 1774)
de La Noue (subsistante, ANF 1954)
de Malmusse (éteinte en 1759)
de Marolles (éteinte en 1746)
de Mondru (éteinte en 1753)
de Montbard (éteinte[Quand ?])
d'Orme (éteinte vers 1550)
des Ormeaux (éteinte en 1855)
de Rocheplatte (éteinte en 1754)
de Senneville (éteinte en 1621)
| Famille Colas | ||
Armes anciennes. | ||
| Blasonnement | D'or à un chêne terrassé de sinople, au sanglier de sable brochant sur le fût. | |
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| Devise | « Ulterius Ardet » (il brûle encore au-delà)[1] |
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| Fondateur | Nicolas Colas | |
| Branches | d'Anjouan (éteinte en 1746) de la Borde (éteinte en 1675) de Brouville (éteinte en 1879) de Brouville-Malmusse (éteinte en 1827) des Francs (subsistante, ANF 1954) des Francs de Parabère (subs., ANF 1954) de Jouy (éteinte en 1671) de La Fère (éteinte en 1774) de La Noue (subsistante, ANF 1954) de Malmusse (éteinte en 1759) de Marolles (éteinte en 1746) de Mondru (éteinte en 1753) de Montbard (éteinte[Quand ?]) d'Orme (éteinte vers 1550) des Ormeaux (éteinte en 1855) de Rocheplatte (éteinte en 1754) de Senneville (éteinte en 1621) |
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| Période | depuis le XIVe siècle | |
| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Fiefs tenus | Andeglou, Aulnay-la-Rivière, Brouville, les Grèves, Guillerville, La Fère, les Francs, Janville, Lumeau, Malmusse, Marle, Marolles, Melleray, Mondru, Ormes, Poinville, Puchesse, Senneville, Spuis, Villepion, etc. | |
| Titres obtenus | comtes | |
| Demeures | château de la Chevrolière (Dhuizon) château de Courtail (Sennely) château de Gautray (Saint-Cyr-en-Val) château de Lavée (Yssingeaux) anciennement : château de Beaulieu (Joué-lès-Tours) château du la Bigaudière (Lutz-en-Dunois) château du Boulay d'Achères (Clévilliers) château de Chérupeaux (Tigy) château de Coquille (Saint-Jean-de-Braye) château de La Fère château de Maisonfort (Ardon) château de la Matholière (Tigy) château de Mézières-lez-Cléry château de la Motte (Saint-Cyr-en-Val) château de Mousseaux (Chaumont-sur-Tharonne) château de Noras (Olivet) château d'Orbellière (Olivet) château de Puchesse (Sandillon) château de Rocheplatte (Aulnay-la-Rivière) maison de Jeanne d'Arc (Orléans) pavillon Colas des Francs (Orléans), etc. |
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| Charges | conseillers d'État conseillers du roi aumônier du roi intendant du roi de Pologne maître des requêtes député aux États généraux (1576) conseillers au parlement de Paris échevins de la ville d'Orléans maires d'Orléans (8 fois) maire de Joué-lès-Tours vice-président du Comice agricole d'Orléans secrétaire à la Chambre d'agriculture du Loiret contrôleur général des turcies et levées receveurs des tailles présidents-trésoriers de la généralité d'Orléans inspecteur des finances publiques président de tribunal de première instance procureur de la République |
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| Fonctions militaires | commissaire des guerres lieutenants mousquetaire capitaine lieutenant de frégate |
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| Récompenses civiles | ordre de la Légion d'honneur ordre des Palmes académiques ordre de Charles III d'Espagne ordre de Saint-Grégoire-le-Grand |
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| Récompenses militaires | ordre de Saint-Louis ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel ordre de Saint-Lazare de Jérusalem |
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| Preuves de noblesse | ||
| Montres | maintenue en 1667, 1668 et 1674 confirmée par Louis XIV en 1670 |
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| modifier |
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La famille est surtout restée active localement dans la noblesse de robe, principalement à la municipalité d'Orléans où elle a été la famille ayant fourni le plus de maires sous l'Ancien Régime puisque 7 de ses membres ont occupé l'office durant, au total, 8 mandats[5]. Ayant fait fortune grâce à l'essor du port et du canal d'Orléans reliant la Loire à Paris — dans un contexte de colonisation des Amériques par la France —, les Colas ont multiplié leurs domaines, en particulier en Beauce, en Sologne et en Touraine.
En 1594, une branche cadette, d'abord établie en Dauphiné, est créée comte de La Fère et de Marle (Picardie) par le roi Philippe II d'Espagne, au cours de la première guerre franco-espagnole déclenchée par la huitième et dernière guerre de Religions[6]. De même, Louis XV concéda l'élévation de la seigneurie de Rocheplatte en comté en 1724 en faveur d'un rameau cadet de branche de Marolles[7].
Bien que ces deux rameaux titrés se soient éteints, les trois branches subsistantes de la famille ont été admises en 1954 à l'association d'entraide de la noblesse française : les Colas des Francs[a], les Colas des Francs de Parabère et les Colas de La Noue[8].
Histoire
Origines
Originaire de Paris, la famille s'est installée à Orléans au milieu du XIVe siècle. Un Nicolas Colas apparaît ainsi comme conseiller du prince Philippe de France, fils cadet du roi Philippe VI tout juste apanagé du nouveau duché d'Orléans[9],[4],[10],[11],[12]. Si le prince s'éteignit sans descendance en 1375, réunissant de fait le duché à la Couronne, les premiers Colas restèrent dans la périphérie d'Orléans.
Selon Henri Daniel-Lacombe, un Guillot Colas, habitant d'Orléans et époux d'une Catherine de Troye, aurait participé à la défense de la ville lors du siège de 1429, que Jeanne d'Arc fit lever[13].
Le fils de Nicolas, Jean († ), de mère inconnue, épousa en 1380 Jeanne de Marolles, principale héritière de ladite famille, faisant entrer le fief beauceron de Marolles[Fief 1] dans le patrimoine des Colas[9],[4],[14],[12].
Le couple eut deux fils — Jean II et Pierre — dont la descendance s'est scindée au fil des générations en au moins onze branches[9],[15].
Ancien Régime
La postérité de chaque branche reste à renseigner.
Noblesse
Déclarée de noblesse d'extraction à la suite de plusieurs décisions de justice, Louis XIV officialisa la confirmation définitive du statut de noblesse de la famille Colas le , en plus d'environ 300 autres familles orléanaises[16].
Une famille de grands marchands
À l'instar de la famille Tassin spécialisée dans le raffinage de la canne à sucre importée d'Amérique, plusieurs branches des Colas ont profité de la proximité avec Orléans et l'axe ligérien pour faire fortune dans le commerce, d'autant plus que le canal d'Orléans reliant la Loire et la Seine — et par conséquent Nantes et Paris, sans avoir à contourner la Bretagne et passer par la Manche — est inauguré à la fin du XVIIe siècle.
On retrouve ainsi les Colas des Francs dans le commerce des épices, les Colas de Brouville, de Malmusse et de La Noue dans le raffinage du sucre[17], ainsi que les Colas de Brouville dans la production de couvertures en laine et coton[18].
Continuité
La postérité des branches subsistantes reste à renseigner.
Personnalités notables
- François II Colas des Francs (1515–1598), conseiller du roi Charles IX puis d'Henri III, élu maire d'Orléans, de 1575 à 1576 puis de 1580 à 1583[b],[19],[20],[21],[22].
- Jacques Colas de La Fère (1547–1600), député du tiers-état de Dauphiné aux États généraux de 1576 (à Blois), adhérent à la Ligue catholique avant d'être créé en 1594 comte de La Fère et de Marle par le roi Philippe II d'Espagne[c],[23],[6],[24], a partiellement inspiré le personnage d'Athos dans Les Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas père[25].
- Jacques Colas de Jouy, d'abord échevin à Orléans également dévoué à la Ligue catholique, avant d'être nommé maire de la même ville en 1622[d],[26],[22].
- Thomas Colas de Marolles, député de la noblesse d'Orléans aux États généraux de 1651, devant être convoqués à Tours mais finalement avortés, avant d'être nommé président-trésorier de France en la généralité d'Orléans[27],[28],[29].
- Jacques Colas des Francs († ), nommé maire d'Orléans de 1695 à 1697[e],[30],[31],[32].
- Charles II Colas d'Anjouan, nommé maire d'Orléans entre 1739 et 1742[f],[33],[34],[35].
- Pierre-Édouard Colas de Mondru († ), nommé maire d'Orléans de 1745 à 1748[g],[36],[37],[38],[22].
- Robert IV Colas des Francs († ), nommé nommé maire d'Orléans entre 1760 et 1763[h],[39],[40],[41].
- Jacques Colas de Brouville de La Noue (1787–1855), membre du conseil municipal d'Orléans puis préfet du Var.
- Ludovic Colas des Francs (1815–1895), membre du conseil municipal d'Orléans de 1848 à 1855, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, comte romain et fondateur de plusieurs organisations de bienfaisance catholique laïque[42],[43],[44],[45],[46].
- Gaston Colas des Francs (1834–1890), membre du conseil municipal d'Orléans puis maire de cette ville de 1888 à 1890[47],[48],[49],[50].
- Edouard Colas de la Noue (1841–1914), substitut du procureur général près de la Cour d'appel d'Angers, puis membre du conseil municipal de cette ville, commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand et auteur d'ouvrages littéraires[51],[52],[53].
- Guillaume Colas des Francs (1907–1937), lieutenant de vaisseau et pilote d'avion émérite[54],[55].
- Michel Colas des Francs (1911–1945), prêtre, artiste et lieutenant motocycliste[56],[57].
Généalogie simplifiée
| Nicolas († ???) | famille de Marolles | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Jean († 1410) | Jeanne (???) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Jean II († ???) | Pierre (???) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nicolas II († ???) | Gilles (???) | Isabeau (???) | branche d'Orme | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Jean III († v. ) | François (???) | branche de La Fère | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| François II († 1598) | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Robert († ???) | Michel (???) | François († ???) | Claude († 1620) | Jacques († ap. 1629) | Gilles (???) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Mathurin († v. 1609) | Robert (???) | rameau de la Borde | François II (???) | Antoine († 1655) | branche de Malmusse | rameau de Jouy | ram. de Senneville | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Robert II († v. 1650) | branche de Mondru | Thomas († ???) | Pierre († ??) | branche d'Anjouan | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Jacques († 1698) | branche de Marolles | rameau de Rocheplatte | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Robert III († 1724) | Jacques († 1748) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Robert IV († 1780) | François III († 1747) | branche de Brouville | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| branche des Francs (suite) | rameaux des Francs | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Héraldique
Armoiries
La famille Colas portait initialement « d’or à un chêne terrassé de sinople au sanglier de sable, brochant sur le fût »[58],[59],[60],[61],[12],[62].
Armes originelles de la famille. |
D'après certains auteurs, les dernières branches de la famille — des Francs et de Brouville — en ont brisé la couleur du champ : « d’azur à un chêne de sinople, terrassé de même, au sanglier de sable, brochant sur le fût »[63],[61],[i]. En rompant ainsi la règle de contrariété des couleurs, ces armes sont devenues purement fautives : on parle alors d'armes à enquerre.
La branche de Marolles a quant à elle porté des armes composées : « écartelé : aux 1er et 4e, d’or à un chêne de sinople et au sanglier de sable, sur une terrasse de même[j] ; aux 2e et 3e, de sable à trois bars d’argent, superposés, et en chef à trois annelets d’argent posés en fasce (de Marolles) »[64],[60]. Étant tous deux issus de la branche de Marolles, les rameaux d'Anjouan et de Rocheplatte ont porté de même[65].
D'autres branches ont néanmoins porté des armes sensiblement différentes. Lors de la grande enquête sur la noblesse ordonnée par Louis XIV, les branches d'Anjouan[66] et de Mondru[67] ont toutes deux déclaré des armes « de sable à trois têtes de corbeaux arrachées d’argent et une quintefeuille d’or en abîme »[68]. Dans un second temps, les Colas de Mondru les réformèrent « écartelé : aux 1er et 4e, d’or à un chêne terrassé de sinople, au sanglier de sable, brochant sur le fût ; aux 2e et 3e, de sable à la croix d’argent, chargée de cinq aigles volantes en pal (de Houmain) »[60].
La branche des comtes de La Fère, aussi établie en Dauphiné, aurait quant à elle porté « d’or à trois flammes de gueules »[69]. Ces armes sont néanmoins sujettes à caution : Édouard Colas de La Noue précise que l'Armorial de Dauphiné de Gustave de Rivoire de La Bâtie contient des erreurs[70], et le baron de Coston affirme que les comtes de La Fère portaient, au moins depuis leur anoblissement en 1582, les armes originelles de la famille[71].
- Armes réformées des Colas de Mondru : écartelé de Colas ancien et de Houmain[60].
Ornements extérieurs

L'écu des Colas est « timbré d'un casque taré de front, grillé et orné de ses lambrequins, sommé d'une couronne de comte »[10],[60],[12].
Le cimier porte « un sanglier issant de sable »[10],[60],[12].
Jadis supporté par deux sangliers[60], l'écu est désormais supporté par deux lévriers[10],[12].
Devise
On attribue à la famille Colas la devise latine « Ulterius ardet »[65],[10],[60],[12], traduisible par « il brûle encore au-delà » ou bien « il s'embrase encore davantage »[1]. D'après le baron de Coston, cette maxime fait référence au caractère brave et impétueux régulièrement associé au sanglier, présent sur les armes originelles des Colas[71].