Federico Chaves

ancien président du Paraguay From Wikipedia, the free encyclopedia

Federico Chaves Careaga (né à Paraguarí le et mort à Asunción le ) est un homme politique et soldat paraguayen, 40e président du Paraguay du au . Il est membre du Parti colorado.

PrédécesseurFelipe Molas López
Nom de naissanceFederico Chaves Careag
Date de naissance
Faits en bref Fonctions, Président de la république du Paraguay ...
Federico Chaves
Illustration.
Federico Chávez en 1950.
Fonctions
Président de la république du Paraguay

(4 ans, 7 mois et 25 jours)
Prédécesseur Felipe Molas López
Successeur Tomás Romero Pereira
Biographie
Nom de naissance Federico Chaves Careag
Date de naissance
Lieu de naissance Paraguarí, Paraguay
Date de décès (à 96 ans)
Lieu de décès Asunción, Paraguay
Nationalité Paraguayenne
Parti politique Parti colorado
Père Federico Chaves
Mère Felicia Careaga
Profession Homme politique, juge, diplomate
Religion Catholicisme

Image illustrative de l’article Federico Chaves
Présidents de la république du Paraguay
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Accédant à la fonction de président en 1949, il est élu pour un mandat de trois ans en 1950, puis réélu en 1953. Lorsque Chaves tente de renforcer son régime en armant la police nationale en 1954, un coup d'État mené par le général Alfredo Stroessner le met fin à son gouvernement.

Naissance et famille

Federico Chaves naît le [1] à Paraguarí. Il est le fils du Portugais Federico Chaves et de sa femme Felicia Careaga, de Guaira, au Paraguay.

Avant la présidence

Chaves, qui obtient son diplôme en droit en 1905, est un leader de longue date du parti de centre droit du Colorado. Lorsque son parti entre dans un gouvernement de coalition en 1946, Chaves est nommé à la Cour suprême. Il est ministre des Affaires étrangères du Paraguay à partir de 1947. Il est élu en président de la Chambre des députés[2],[3],[4] et conserve ce poste jusqu'à ce qu'il devienne président en septembre 1949.

Présidence

Cabinet

Davantage d’informations Cabinet Chaves ...
Cabinet Chaves
Portefeuille Titulaire Période
Ministre de l'Intérieur Rigoberto Caballero Villalba 11 septembre 1949 - 15 août 1953
- Tomás Romero Pereira 15 août 1953 - 7 janvier 1954
- Gustavo F. Storm 7 janvier 1954 - 1 mars 1954
- Ramón Méndez Paiva 1 mars 1954 - 4 mai 1954
Ministre des Affaires étrangères Bernardo Ocampos 11 septembre 1949 - 15 août 1953
- José Antonio Moreno 15 août 1953 - 4 mai 1954
Ministre des Finances Ramón Méndez Paiva 11 septembre 1949 - 1 octobre 1952
- Guillermo Enciso Velloso 1 octobre 1952 - 7 janvier 1954
- Julián Augusto Saldívar 7 janvier 1954 - 4 mai 1954
Ministre de l'Éducation et du Culte Víctor Boettner 11 septembre 1949 - 15 août 1953
- Juan Ramón Chaves 15 août 1953 - 7 janvier 1954
- Ezequiel González Alsina 7 janvier 1954 - 4 mai 1954
Ministre de l'Agriculture et de l'Élevage Fabio Da Silva 11 septembre 1949 - 15 août 1953
- Ángel Florentín Peña 15 août 1953 - 4 mai 1954
Ministre de la Défense nationale José Zacarías Arza 11 septembre 1949 - 15 mai 1951
- Francisco Caballero Álvarez 15 mai 1951 - 4 mai 1954
Ministre des Travaux publics et des Communications Evaristo Méndez Paiva 11 septembre 1949 - 15 août 1950
- Tomás Romero Pereira 15 août 1950 - 4 novembre 1952
- Gustavo F. Storm 4 novembre 1952 - 4 mai 1954
Ministre de la Santé publique Pedro Hugo Peña 11 septembre 1949 - 4 mai 1954
Ministre de l'Industrie et du Commerce Fabio Da Silva 11 septembre 1949 - 15 août 1950
- Evaristo Méndez Paiva 15 août 1950 - 1 janvier 1953
- J. Bernardino Gorostiaga 1 janvier 1953 - 4 mai 1954
Ministre de la Justice et du Travail Guillermo Enciso Velloso 11 septembre 1949 - 15 août 1953
- Fabio Da Silva 15 août 1953 - 4 mai 1954
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Présidence intérimaire

Le 11 septembre 1949, jour de la fondation du Parti Colorado, Federico Chaves accède de manière intérimaire à la présidence de la République après la démission de Felipe Molas López et forme son gouvernement le jour même. L'une de ses premières mesures est de « pacifier spirituellement la nation ». Le gouvernement Chaves est confronté à une corruption généralisée. Le rationnement des biens de première nécessité offre aux notables locaux et aux opportunistes l'occasion de s'enrichir. Le gouvernement chaviste commence à perdre de son prestige à mesure que les affaires de corruption impliquant des fonctionnaires se multiplient. Deux mois après son entrée en fonction, il convoque de nouvelles élections présidentielles, qui se tiennent en juillet 1950, afin d'élire le président pour la fin du mandat présidentiel de Natalicio González, soit la période de cinq ans allant de 1948 à 1953. Le président Chaves remporte ces élections dès le premier tour et conserve la fonction de président intérimaire jusqu'en 1953.

En décembre 1952, compte tenu de la situation économique de l'époque, le Plan de stabilisation et de développement est promulgué. Ce plan s'inscrit dans le cadre d'un engagement précis du gouvernement à adopter certaines mesures au cours de l'année suivante afin de consolider la situation économique et financière du pays[5].

Présidence constitutionnelle

Federico Chaves exerce les fonctions de président par intérim jusqu'en 1953, moment auquel il décide de se représenter pour le mandat 1953-1958. Dans un système de parti unique, se tiennent les élections générales de 1953 qui ont lieu le 15 février. Federico Chaves, unique candidat présidentiel du Parti colorado (ANR), remporte évidemment les élections, qui visent aussi à élire les membres du Congrès. Le 15 août 1953, il prête serment devant le Congrès en tant que président.

Avec l'élection de Chaves, le pays entre dans une période de relative stabilité politique après plusieurs années d'anarchie. Aucune avancée démocratique n'est cependant constatée dans le pays : l'activité politique de l'opposition est restreinte, l'état de siège demeure en vigueur et la presse est contrôlée et censurée par les médias officiels. Le Parti colorado devient le seul parti politique, mais sans les querelles internes qui avaient menacé sa stabilité auparavant. Depuis son accession à la présidence en 1949, Chaves détient la majorité des sièges de la junte de l'ANR, ce qui lui assure une relative stabilité au début des années 1950. Les principaux problèmes commencent plutôt lors de son entrée en fonction à titre de président constitutionnel.

Insatisfaits de la corruption endémique qui gangrène l'État, le ministre de la Défense nationale, José Zacarías Arza, et le commandant en chef, le général Emilio Díaz de Vívar, démissionnent de leurs fonctions respectives en mai 1951. Chaves décide alors de nommer le général d'artillerie Alfredo Stroessner commandant en chef, qui gagne rapidement sa confiance. L'antipathie réciproque entre Stroessner et le commandant de la cavalerie, Néstor Ferreira, annonce une crise imminente. Stroessner et Epifanio Méndez Fleitas, nommé par Chaves directeur de la Banque centrale du Paraguaydeviennent les hommes les plus puissants du gouvernement Chaves.

Concurrence avec Epifanio Méndez Fleitas

Peu à peu, Epifanio Méndez Fleitas s'impose comme une figure politique de premier plan et éclipse l'influence de Chaves, qui en réaction cherche à exploiter une protestation de l'Association rurale paraguayenne contre l'administrateur de la Banque centrale concernant le prix du kilogramme de bétail. Une demande des éleveurs sur l'augmentation de celui-ci suscite une vive opposition de Méndez Fleitas et engendre une crise qui entraîne son départ à titre de directeur de la Banque centrale, le 4 janvier 1954.

Insatisfaits de sa destitution, des partisans de Méndez Fleitas veillent à l'empêcher par la force des armes. Le chef de la police, le colonel Esteban López Martínez, ordonne la mobilisation de ses troupes et le bataillon 40 est placé en état d'alerte maximale. En réaction, le colonel Néstor Ferreira, favorable au président, prépare les membres de la cavalerie, qui reçoivent le soutien de miliciens du Parti colorado. Dans ce contexte, Méndez Fleitas est démis de ses fonctions le 6 janvier 1954, bien qu'il ait signé sa démission le 7 janvier 1954.

Suite à la démission de Méndez Fleitas, les ministres des Finances, Guillermo Enciso Vellos, et de l'Intérieur, Tomás Romero Pereira, de ses fervents partisans, présentent également leur démission.

Crise de 1954

Le limogeage de Méndez Fleitas déclenche une crise politique profonde au sein de l'ANR, un mécontentement se fait ressentir tant au sein du cabinet de Chaves que parmi les officiers militaires qui lui sont fidèles, lesquels commencent à prendre leurs distances avec Chaves, dont l'influence déclinait déjà.

Ce limogeage entraîne d'importantes divisions au sein des forces armées et du Parti Colorado, dans un plus grand ensemble.

Le général Stroessner, commandant en chef, commence à susciter la crainte au sein du gouvernement en raison de son pouvoir grandissant, qui menace de s'étendre rapidement au-delà des forces armées. Chaves perd tranquillement toute autorité au sein des forces armées.

Confrontation Chaves-Stroessner

Les relations entre Chaves et Stroessner se dégradent à mesure que le pouvoir de ce dernier s'affirmait. La confrontation éclate début 1954 lorsque Stroessner accuse le président Chaves de « paresse » et de se laisser emporter par les événements. Stroessner déplore l'acquiescement de Chaves aux agissements du colonel Néstor Ferreira, qui outrepasse constamment son autorité. Les forces armées se divisent. D'un côté, la cavalerie et la police, fidèles à Chaves, et de l'autre, le reste de l' armée, sous les ordres de Stroessner.

Déjà, au sein des élites militaires et politiques, le nom de Stroessner est évoqué afin de succéder à Chaves et pacifier le pays, compte tenu de son leadership et de ses compétences militaires, alors que l'économie s'enfonce dans une dangereuse récession. Les dirigeants de l'ANR souhaitent au contraire qu'un civil, Ángel Florentín Peña, succède à Chaves. Ce dernier refuse, arguant ne vouloir trahir son ami Chaves.

Coup d'État du 4 mai 1954

Un coup d'État visant à destituer le président Chaves est imminent, mais un événement précipite les choses. Le matin du 3 mai, le commandant Virgilio Candia, ami de Méndez Fleitas et partisan du général Stroessner, est arrêté sur ordre direct du lieutenant-colonel Ferreira. Le mandat d'arrêt n'est pas communiqué au commandant en chef des forces armées, le général Stroessner. Informé de la situation, Stroessner confronte Chaves et le réprimande pour avoir laissé Ferreira outrepasser son autorité. La confrontation s'envenime et, la nuit suivante, il décide d'agir. Préalablement, Stroessner avait fait arrêter le colonel Ferreira.

Le 4 mai, peu après 20 h, un bataillon attaque la police. Les combats s'intensifient dans le centre d'Asunción, principalement autour du quartier général de la police, où son chef est tué lors de l'attaque. La 1e division de cavalerie, privée de son commandant, est paralysée et incapable de combattre, ce qui permet à Stroessner de vaincre celle-ci.

Mort

Chaves meurt le à l'âge de 96 ans dans la ville d'Asunción, de causes naturelles. Il est enterré avec tous les honneurs d'État ; Stroessner assiste aux obsèques. De la mort d'Isidro Ayora est décédé le 22 mars 1978 à sa propre mort, il est le plus ancien chef d'État paraguayen en vie.

Notes et références

Annexes

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