Course en montagne
discipline sportive de course à pied
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La course en montagne est une discipline sportive de course à pied en pleine nature, généralement en moyenne montagne, ou sur route, avec un dénivelé important à gravir. Pour les premiers, la durée des épreuves est généralement comprise entre 30 minutes et 4 heures, selon le format[1].
Classique montée et descente :
Philemon Ombogo Kiriago
Nina Engelhard
Course verticale :
| Catégorie | Fond |
|---|---|
| Genre | M/F |
| Surface | Nature, route |
| Championnats du monde |
Classique montée et descente :
Course verticale : |
|---|
Terminologie
La course en montagne se déroule sur tout type de chemin, allant des routes goudronnées au sentier. Le terrain permet généralement de garder une allure rapide sur des chemins peu techniques, même si certains passages très raides ou technique imposent ponctuellement de marcher pour économiser de l’énergie.
Les ravitaillements le long du parcours sont courants, ce qui permet aux concurrents de ne pas avoir à le transporter sur eux, contrairement au trail[2]. De plus les bâtons sont prohibés. Il n’y a donc pas de matériel obligatoire à transporter sur soi. Ces caractéristiques rapprochent la course en montagne de la course pédestre classique, mais avec un dénivelé important sur un terrain montagneux.
Les compétitions sont organisées au niveau mondial par WMRA qui organise la Coupe du monde tous les ans, ainsi que les championnats du monde tous les deux ans.
Il existe trois formats de course distincts :
- course verticale : 3 à 12 km avec un dénivelé positif minimum de 500 m et maximum de 1 250 m. Le parcours est principalement en montée. La pente est généralement comprise entre 15 et 25 % ;
- classique montée et descente : 9 à 21 km. Ce format peut comporter des montées et des descentes, ou uniquement des montées. La pente est généralement comprise entre 10 et 15 % ;
- longue distance : 22 à 45 km. Ce parcours peut comporter des montées et des descentes, ou uniquement des montées. La pente est généralement comprise entre 8 et 12 %[3].
Les distances peuvent être raccourcies pour les catégories jeunes.
Il convient de distinguer la discipline de « course en montagne » relevant de la course à pied, de la « course de montagne », activité relevant de l'alpinisme[note 1],[4].
Historique

Genèse
La première course en montagne connue se serait déroulée en Écosse, à Braemar. Elle aurait été organisée par le roi Malcolm III d'Écosse aux alentours de 1040-1064 pour transmettre rapidement un message, un événement qui semble avoir été le précurseur du Braemar Gathering (en), bien qu'aucun document ne permette d'établir un lien direct entre cet événement et les courses en montagne qui auront lieu, plus tard, au XIXe siècle[5].
La première course en montagne moderne à être organisée est la Grasmere Guides Race en 1868 dans le Lake District[6]. Des courses longues font également leur apparition dans les Pyrénées au début du XXe siècle avec notamment le Trophée du Vignemale en 1904 et le championnat du Canigou en 1905[7].
Aux États-Unis, la première course de montagne à voir le jour est la course du mont Marathon en Alaska en 1915. D'autres courses voient le jour en dans les années 1930 avec l'ascension de Pikes Peak et la course du Mont Washington avant d'être interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il faut attendre les années 1950 pour qu'elles soient à nouveau organisées[8].
Au Japon, une première course de montagne est organisée sur le mont Fuji en 1913, courue de manière épisodique avant la Seconde Guerre mondiale[9]. Un autre évènement, la course du mont Fuji, a lieu de manière pérenne depuis sa création en 1948[10].
Dans les Alpes, la première course de montagne créée est Ivrea-Mombarone en Italie en 1922[11]. D'autres courses voient le jour également en Italie à la fin des années 1940. Différents formats sont organisés : course individuelle avec départ en ligne ou en contre-la-montre et courses de relais[7].
Course en montagne moderne
En Suisse, la première course de montagne à voir le jour est le Trophée des Combins en 1965 avec un départ à la carte[12]. Le début des années 1970 voit la création de nombreuses courses de montagne en Suisse, en Autriche et en Allemagne. En 1974 la course Sierre-Zinal voit le jour avec un parcours long et des inscriptions ouvertes aux femmes et aux amateurs. Cette course connaît rapidement un succès et permet de populariser la discipline[13].
En 1975, en l'absence de toute compétition internationale, le magazine Spiridon met en place la Coupe internationale de la montagne (CIME), désigné de manière inofficielle comme le championnat d'Europe. Elle regroupe des courses de montagne en Suisse, France, Allemagne et Royaume-Uni et s'étend par la suite à l'Italie et à l'Autriche[13].
Le à Zogno, en Italie, est fondé le Comité international pour les courses en montagne. Ses membres fondateurs provenaient de cinq pays européens : le Royaume-Uni, la Suisse, Saint-Marin, l’Autriche et l’Italie. C'est l’Italien De Biassi qui a été élu premier président.
À la suite de cela est organisé dès 1985 le premier Trophée mondial de course en montagne à San Vigilio di Marebbe. Il devient le championnat du monde en 2008, après l'accord de l'IAAF.
En 1989, l'ICMR change de nom pour devenir World Mountain Running Association (WMRA). À partir de cette date, l'organisation est autorisée à inclure le parrainage de l'IAAF dans son logo. La course en montagne est officiellement intégrée comme discipline de l'athlétisme dans la constitution de l'IAAF en 2003. En raison de ces liens étroits avec la fédération internationale (désormais World Athletics), le siège de la WMRA est officiellement rattaché aux bureaux de World Athletics.
En 1998 est créé le premier championnats du monde de course en montagne Masters.
En 1999 est créé le Grand prix, appelé depuis 2014 Coupe du monde. Il comporte en 2026 seize courses sur trois continents[14].
En 2006 est créée la Coupe du monde U18. C'est une seule course qui se déroule tous les ans aux quatre coins du monde.
En 2019 est organisé le dernier championnat du monde de course en montagne, remplacé depuis par le WMTRC[15].
Coupes et championnats internationaux
WMRA organise tous les ans avec le soutien de World Athletics la Coupe du monde de course en montagne, qui compte en 2026 seize courses en Asie, Europe et Amérique du Nord.
Les championnats du monde sont organisée touts les deux ans par WMRA, ITRA et IAU avec le soutien de World Athletics. Quatre épreuves sont au programme : la Classique montée / descente qui compte également une épreuve U20, la course verticale, le trail court et le trail long.
WMRA organise également tous les ans la Coupe du monde U18, qui prend la forme d'une course classique dont la distance est adaptée aux U18[16].
Tous les ans ont lieu les championnats du monde Masters, organisés par WMRA[17].
Les années paires ont lieu les championnats d'Europe de course en montagne et trail, organisés par l'Association européenne d'athlétisme. Il compte trois épreuves : la Classique montée / descente plus la course U20, la course verticale et la course U20, ainsi que le trail.
Pour l'Amérique du Nord sont organisés les championnats NACAC de course en montagne et trail et en Amérique du Sud les championnats d'Amérique du Sud de course en montagne et trail.
Fell running

Le fell running est une discipline pratiquée presque exclusivement au Royaume-Uni et en Irlande. Il consiste à gravir un sommet et à en redescendre. Il se distingue de la course en montagne par le fait que le parcours ne suit pas toujours un chemin et qu'il est parfois volontairement mal indiqué. Il reprend ainsi des éléments du cross-country et de la course d'orientation. Les courses sont généralement plutôt courtes (moins de 16 km) mais il existe également des courses plus longues, telles que la Three Peaks Race avec ses 37,4 km, qui peuvent parcourir plusieurs sommets[18],[19],[20].
Des courses célèbres incluent notamment la course du Snowdon au pays de Galles, la course du Ben Nevis en Écosse ou encore la Three Peaks Race dans le Yorkshire.
Afin d'inclure un format de course similaire avec montée et descente, les championnats du monde de course en montagne proposent deux parcours pour les hommes jusqu'en 1992, un long avec principalement de la montée et un court avec montée et descente. À partir de 1993, une seule course est proposée avec les deux formats en alternance[21].
Alpirunning
L'alpirunning est une activité de plein air mêlant alpinisme et trail. Il s'agit de course de montagne pratiquée avec un équipement léger permettant de courir sur les sections où cela est possible. Les parties hautes des parcours ne comportent généralement pas de sentier et peuvent être enneigées. Les sections à escalader (faciles à peu difficiles), sont franchies en scrambling (en) avec un équipement minimal.
Les records d'ascension de montagnes élevées (montée ou montée-descente), se réalisent en alpirunning[22]. Le Catalan Kilian Jornet a mieux fait connaître cette discipline en améliorant, en août-septembre 2024, le temps d'enchaînement des 82 plus hauts sommets des Alpes[23],[note 2].