Flottemanville

commune française du département de la Manche From Wikipedia, the free encyclopedia

Flottemanville est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 230 habitants. Elle est aussi appelée Flottemanville-Bocage pour la différencier de Flottemanville-Hague, également dans le Cotentin.

Faits en bref Administration, Pays ...
Flottemanville
Flottemanville
L'église Saint-Clément.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Cherbourg
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Cotentin
Maire
Mandat
Hubert Lemonnier
2020-2026
Code postal 50700
Code commune 50186
Démographie
Population
municipale
230 hab. (2023 en évolution de +17,35 % par rapport à 2017)
Densité 47 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 28′ 28″ nord, 1° 27′ 19″ ouest
Altitude Min. 7 m
Max. 43 m
Superficie 4,85 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Cherbourg-en-Cotentin
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Valognes
Législatives Première circonscription
Localisation
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Flottemanville
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Flottemanville
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Géographie

Les communes limitrophes sont Colomby, Hémevez, Huberville, Lieusaint, Sortosville, Urville et Valognes.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Merderet, le cours d'eau 01 de la commune d'Hemevez[1], le cours d'eau 02 de la commune d'Hemevez[2] et le fossé 01 du Rond Pillet[3],[4],[Carte 1].

Le Merderet, d'une longueur de 36 km, prend sa source dans la commune de Tamerville et se jette dans la Douve en limite de Beuzeville-la-Bastille et de Sainte-Mère-Église, après avoir traversé 17 communes[5].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[8] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[9]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 902 mm, avec 13,8 jours de précipitations en janvier et 6,9 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Gonneville-Le Theil à 18 km à vol d'oiseau[12], est de 11,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 940,4 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 33,7 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −12,3 °C, atteinte le [Note 1].

Urbanisme

Typologie

Au , Flottemanville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15].

Elle est située hors unité urbaine[16].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Cherbourg-en-Cotentin, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[16]. Cette aire, qui regroupe 77 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[17],[18].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (100 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (36,4 %), zones agricoles hétérogènes (35,5 %), prairies (22,2 %), mines, décharges et chantiers (6 %)[19].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie

Flottemanville est attesté sous les formes latinisées (pour des textes rédigés en latin) Flotemanvilla en 1147 et Flottemanvilla en 1250[20].

Il s'agit d'une formation toponymique en -ville, appellatif toponymique ayant le sens ancien de « domaine rural »[20].

Le premier élément est un nom de personne comme c'est généralement le cas dans les composés en -ville.

Certains auteurs ont identifié l'anthroponyme anglo-danois Floteman qui signifierait « viking » en vieil anglais, ainsi qu'on le retrouve dans Flotemanby, Yorkshire[20]. Cependant, le vieil anglais est plutôt flot-mån(n) « marin, pirate »[21] et -by est un élément toponymique scandinave. Par conséquent, on peut y voir l'ancien scandinave flottamaðr (accusatif flottamann) « fugitif »[22]. Ce nom de personne se retrouve par exemple dans le texte Tveggia postola saga petrs ok pals rédigé en vieil islandais : « Eigi em ek flottamaðr, helldr hraustr riddari mins konungs. Ef ec vissa eigi vist, at ek skyllda fyrir 4° þenna dauða koma til lifs oc dyrðar, þa munda »[23].

Elle s'est appelée autrefois Flottemanville-près-Valognes.

Homonymie avec Flottemanville-Hague et Flottemanville, lieu-dit du Bessin.

Histoire

Protohistoire

Des fouilles réalisées au lieu-dit la Sablière du Haut-Pitois et au Poistils ont mis au jour une occupation gauloise[24].

Antiquité

La voie romaine 20, Alauna-Cosedia (Coutances), traversait la commune[25].

Moyen Âge

Flottemanville fit partie en , après la mort de Philippe, comte de Boulogne, d'un premier lot de partage entre sa veuve, Mathilde de Dammartin, et le roi de France, et échut au roi[26].

La famille de Pierrepont (XIVe siècle) est la première famille connue à tenir la seigneurie de Flottemanville jusqu'en 1622[25].

Temps modernes

Les fiefs, terre et seigneurie de Flottemanville, avec droit de patronage, relevaient de la baronnie de Varenguebec[26].

En 1463, dans sa recherche de noblesse, Montfaut mentionne comme noble à Flottemanville, Pierre de La Roque.

En 1548, après la mort de Pierre IV de La Rocque, chevalier, seigneur de Flottemanville, de Saussey, d'Omonville-la-Folliot, du Breuil à Anneville-en-Saire, de Crasville, d'Urville, de Rouville à Orglandes, de Baudreville, de Thury à Lieusaint, de la Haulle, le fief de Flottemanville passe aux Pierrepont, à la suite du mariage en 1541 de sa fille, Françoise de La Rocque, dame de Flottemanville, avec François de Pierrepont. En 1567, alors veuve, elle est taxée pour le fief de Flottemanville de 24 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, qu'il réalise à Coutances les -. Le fief de Flottemanville, plein fief de haubert relevait du roi sous la vicomté de Valognes[27].

Hervé de Pierrepont ( 1662), chevalier, fut seigneur et patron d'Étienville, de Flottemanville, d'Urville, de Rouville (Orglandes), du Ronceray, et gouverneur pour le roi aux ville et forteresse de Granville[28]. En 1632, Isabeau de Pierrepont, à la suite de son mariage apporte la seigneurie de Flottemanville à son époux, François du Moncel[26].

Dans la recherche de Chamillart, en 1666, Jean-Théodore du Moncel justifie de sa noblesse par quatre degrés[26].

Époque contemporaine

En 1858, la commune a été coupée en deux par la ligne de chemin de fer Paris-Cherbourg. L'église et le château à l'est des rails, et la mairie à l'ouest. Le pont Cochon est le trait d'union pour les habitants de la commune[29].

Politique et administration

Circonscriptions administratives avant la Révolution

La paroisse de Flottemanville relevait de la généralité de Caen, de l'élection de Valognes et de la sergenterie de Valognes[26].

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires[30]
Période Identité Étiquette Qualité
1913 1919 Jules Noël   Fermier
1920 1922 Paul Huet   Propriétaire-cultivateur, décédé en cours de mandat
1923 1925 Auguste Burnouf   Cultivateur
1925 1941 Jean Burnouf   Cultivateur
1941 1978 Maurice Lucas MRP Agriculteur, député MRP de la Manche de 1946 à 1958
1978 mars 2008 Victor Quesnel SE Agriculteur
mars 2008 en cours Hubert Lemonnier[31] SE Journaliste à La Presse de la Manche
Les données manquantes sont à compléter.
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Population et société

Les habitants de la commune sont appelés les Flottemanvillais.

Démographie

Sous l'Ancien Régime

En 1722, Masseville donne 90 feux imposables, Saugrain, en 1735, et Dumoulin, en 1765, donnent 107 feux (509 habitants)[26].

Depuis la Révolution

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[32]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[33].

En 2023, la commune comptait 230 habitants[Note 3], en évolution de +17,35 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
416399463433373369364361342
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
310318306286297295274262250
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
248238240197180165206202222
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
183184147149181176196201195
Davantage d’informations - ...
2014 2019 2023 - - - - - -
185218230------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[34] puis Insee à partir de 2006[35].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités

Économie

La commune se situe dans la zone géographique des appellations d'origine protégée (AOP) Beurre d'Isigny et Crème d'Isigny[36].

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Patrimoine civil

Le manoir de la Cour.
  • Manoir de la Cour des XVe, XVIIe – XVIIIe siècles. Le manoir, avec sa chapelle située dans une des deux tours octogonales, est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [37].
  • Fermes-manoirs du Ruage du XVIe siècle, situé de l'autre côté du chemin de fer, des Portes du XVIe siècle, du Grand Manoir du XVIe siècle.
  • Manoir du Cul-de-Fer, à proximité du pont dit romain.
  • Ferme-manoir de La Navette du XVIe siècle : la façade ouest a été remaniée au XVIIe siècle[38]. On accède au colombier situé dans les combles au niveau de la lucarne de gauche par la tour d'escalier.
  • Pont du Cul-de-Fer (dit romain) sur le Merderet.
  • Anciens fours à chaux.

Pour mémoire : moulin de Quiefdefer, mentionné en 1227[26].

Patrimoine religieux

L'édifice abrite un maître-autel à baldaquin en bois ciselé du XVIIe, un groupe sculpté du XVIe dit sainte Jeanne de Chantal, une Vierge à l'Enfant du XIVe, le monument funéraire de Françoise de Longaunay ( 1597), épouse de Guillaume de Pierrepont (2e moitié du XVIe siècle), une statue de sainte Catherine d'Alexandrie du XVIe, œuvres classées au titre objet aux monuments historiques[40], des verrières : calvaire du XIXe et douze verrières du XXe vie de saint Clément classées à l'Inventaire général du patrimoine culturel, les statues de saint Claude et saint Clément du XVe.
  • Croix de cimetière du XVIIe siècle.
  • La Croix Blanche du XVIIe siècle, la Croix Manchon du XVIIe siècle, la croix de chemin sur la D24 du XVIIIe siècle, la Croix des Véziels du XVIIIe siècle, la Croix des Frênes du XXe siècle.

Personnalités liées à la commune

  • Maurice Lucas, maire de la commune et député de la Manche sous la Quatrième République.

Pour approfondir

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Bibliographie

  • Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 84.
  • René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 204.

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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